Abus des drogues

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Apprenez ce que les gouvernements se sont engagés à faire, en 1995: Le Programme d'Action mondial pour la jeunesse: Abus des drogues(A/RES/50/81)

F. Abus des drogues

73. Le fait que de plus en plus de jeunes succombent à la tentation de la drogue est devenu très alarmant. Les conséquences de l’abus et du trafic généralisés des drogues, surtout chez les jeunes des deux sexes, ne sont que trop manifestes. La violence, en particulier celle de la rue, est souvent due à l’abus des drogues et à l’existence de réseaux de trafic illicite des drogues.

74. Étant donné que les drogues psychotropes ne cessent d’augmenter et qu’on en ignore souvent tous les effets et qu’en plus, on ne sait pas toujours quels médicaments prescrire, il se peut que certains malades ne reçoivent pas un traitement adéquat alors que d’autres prennent trop de médicaments. L’automédication (absorption de tranquillisants, somnifères et stimulants) peut également engendrer de graves problèmes, surtout dans les pays ou régions où la distribution n’est pas soumise à un contrôle rigoureux et où les drogues créant une accoutumance sont achetées à l’étranger ou détournées des circuits de distribution légaux. À cet égard, la solution du problème de la vulnérabilité des jeunes appelle des mesures spécifiques.

75. La communauté internationale insiste tout particulièrement sur le fait qu’il faut réduire la demande et l’offre de drogues illicites et en empêcher l’abus. Il ne peut y avoir de réduction de la demande de drogues sans lutte contre le trafic international des drogues. À cet égard, les initiatives prises pour prévenir l’abus des drogues consistent à décourager l’usage de la drogue afin d’empêcher la dépendance involontaire et à aider les toxicomanes à guérir. Les programmes de traitement doivent tenir compte du fait que la toxicomanie est un état chronique et que le risque de rechute est réel. Les programmes doivent être adaptés au contexte socio-culturel et combiner efficacement les diverses méthodes de traitement. À cet effet, les mesures et initiatives prises au niveau national pour lutter contre le trafic illicite des drogues devraient être pleinement appuyées et renforcées aux niveaux régional et international.

76. Les stratégies de lutte contre la drogue aux niveaux national et international mettent systématiquement l’accent sur des initiatives visant à réduire l’abus des drogues chez les jeunes, comme en témoignent les résolutions adoptées par la Commission des stupéfiants et les programmes de réduction de la demande élaborés par le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues.

Mesures proposées

1. Participation des organisations de jeunes et des jeunes aux programmes de réduction de la demande établis à leur intention

77. Pour être efficaces, les programmes de réduction de la demande devraient viser tous les jeunes, notamment les groupes précis d’adolescents considérés à risque, et leurs éléments répondre directement aux intérêts et préoccupations de ces jeunes. À cet égard, les programmes d’éducation visant la prévention, qui mettent en relief les dangers de l’abus des drogues, revêtent une importance particulière. L’accroissement des possibilités d’emploi rémunéré et des activités faisant appel à la participation sociale sont d’importantes mesures pour empêcher les jeunes de devenir des toxicomanes. Les organisations de jeunes peuvent jouer un rôle de premier plan dans la formulation et l’exécution de programmes d’éducation et d’orientation individuelle ayant pour objet d’encourager les jeunes à s’intégrer dans la communauté et à mener une vie saine, et de leur faire prendre conscience des effets destructeurs des drogues. Les programmes devraient également initier les animateurs de groupes de jeunes aux techniques de communication et d’orientation.

78. En collaboration avec les organismes concernés des Nations Unies et les organisations non gouvernementales, en particulier les organisations de jeunes, les organes gouvernementaux devraient oeuvrer à la mise en oeuvre de programmes de réduction de la demande de drogues illicites, de tabac et d’alcool.

2. Formation des étudiants en médecine et des futurs membres du personnel paramédical dans le domaine de l’utilisation rationnelle des produits pharmaceutiques contenant des stupéfiants ou des substances psychotropes

79. L’Organisation mondiale de la santé, les associations médicales, paramédicales et pharmaceutiques ainsi que les sociétés pharmaceutiques et les facultés et instituts de médecine pourraient être invités à mettre au point des stages pilotes spécialisés et à diffuser des données destinées aux jeunes étudiants en médecine et à ceux qui suivent des études paramédicales sur l’utilisation des drogues à bon escient et le diagnostic précoce de la toxicomanie.

3. Traitement et réinsertion des jeunes toxicomanes ou pharmacodépendants et des jeunes alcooliques et fumeurs

80. Les recherches entreprises en vue de trouver un médicament qui supprimerait toute envie de drogue spécifique sans qu’il en résulte une autre accoutumance n’ont pas beaucoup progressé. Les recherches dans les domaines médical et social pour la prévention et le traitement de la toxicomanie et la réinsertion deviennent d’autant plus urgentes que le nombre de jeunes toxicomanes et de pharmacodépendants ne cesse de croître à travers le monde. Elles devraient mettre l’accent sur le fait que l’administration de drogues par voie intraveineuse augmente le risque de contagion, notamment dans le cas d’infection à VIH, du SIDA et de l’hépatite, en raison de l’utilisation collective des seringues et autres instruments d’injection. Tous les pays devraient bénéficier des résultats de ces recherches.

81. Il faudrait encourager les recherches sur certaines questions comme le traitement médical et la réinsertion des jeunes toxicomanes, notamment la combinaison de différents types de traitement, le problème de la rechute ainsi que les aspects administratifs des cures de désintoxication, et faire participer les étudiants des facultés concernées à ces recherches. 82. En coopération avec les institutions de la société civile et le secteur privé, il faudrait encourager la prévention de la toxicomanie et promouvoir les programmes visant à empêcher les enfants et les jeunes de devenir des toxicomanes ainsi que les programmes de réinsertion et d’éducation pour les anciens toxicomanes et alcooliques, en particulier les enfants et les jeunes, afin de leur permettre d’occuper un emploi productif et de vivre une vie indépendante, digne et responsable, à l’abri de la drogue et de la délinquance. L’adoption de techniques de traitement faisant intervenir la structure familiale ou l’entourage revêt un intérêt particulier. Les jeunes peuvent grandement y contribuer en participant à des séances de thérapie de leurs pairs en vue de faire accepter plus facilement les jeunes pharmacodépendants et toxicomanes une fois qu’ils sont réinsérés dans la communauté. La participation directe à la thérapie de réinsertion suppose une étroite collaboration entre les groupes de jeunes et d’autres services communautaires et sanitaires. L’Organisation mondiale de la santé ainsi que d’autres organismes internationaux s’occupant de questions médicales et de santé mentale pourraient établir des directives pour poursuivre la recherche et mener dans différents cadres des programmes comparables dont l’efficacité pourrait être évaluée au bout d’une certaine période.

4. Traitement des jeunes toxicomanes et pharmacodépendants soupçonnés et coupables de crimes dans le cadre du système de justice pénale et du système pénitentiaire

83. Les autorités devraient envisager d’adopter des stratégies destinées à moins exposer les jeunes soupçonnés ou convaincus de délits pénaux à l’abus des drogues et à la pharmacodépendance. Ces stratégies pourraient comporter, notamment, des mesures autres que l’incarcération, qui consisteraient par exemple pour ces jeunes à se présenter tous les jours au commissariat de police ou à rendre régulièrement visite aux agents chargés de surveiller leurs activités pendant qu’ils sont en libération conditionnelle et à consacrer un certain nombre d’heures à des tâches d’utilité collective.

84. Les autorités pénitentiaires devraient coopérer étroitement avec les organes chargés de faire respecter la loi pour veiller à ce que les drogues ne pénètrent pas dans les prisons. Toute tolérance par le personnel pénitentiaire de la présence de drogues dans les établissements de détention devrait être découragée.

85. Les jeunes prisonniers qui sont déjà pharmacodépendants devraient, autant que faire se peut, être mis à l’écart, traités et réinsérés en priorité. Des directives et règles minima devraient être établies pour aider les autorités nationales chargées de l’application des lois et des systèmes pénitentiaires à effectuer les contrôles nécessaires et à créer des services de traitement et de réinsertion. De telles mesures profitent à la société à long terme, dans la mesure où le cycle dépendance-libération-récidiveincarcérations répétées pèse très lourd sur le système de justice pénale, sans parler des vies gâchées et des tragédies personnelles que causent la pharmacodépendance et le comportement criminel.


Rapport mondial sur la jeunesse, 2005

2. Drogues

68. L’adolescence est une période caractérisée par une quête d’indépendance vis-àvis des parents et d’autres adultes, par la création d’amitiés solides avec les pairs et par l’expérimentation d’idées, de produits et de styles de vie divers. Cela consiste parfois à prendre davantage de risques et à faire des choix et des compromis, ainsi qu’à saisir des occasions aux issues incertaines. La consommation de drogues, de tabac et d’alcool peut devenir une échappatoire à des situations face auxquelles les jeunes se sentent souvent désarmés.

69. Dans le monde, le tabac fait partie des principales causes de décès évitables. Au milliard de fumeurs que compterait actuellement le monde, devraient s’ajouter, d’ici à 2030, un milliard de jeunes adultes fumeurs24. Les pays en développement présentent les taux les plus élevés de tabagisme chez les jeunes. Si les femmes s’adonnent moins au tabagisme que les hommes, le phénomène touche de plus en plus les jeunes femmes. L’augmentation de la consommation de tabac chez les filles révèle la nécessité d’élaborer des politiques et des programmes axés sur cette catégorie de la population, afin de lutter contre les stratégies de commercialisation qui ciblent les jeunes femmes en associant le tabagisme à l’indépendance, au prestige et aux idylles.

70. Il semble que, dans de nombreux pays, les jeunes commencent à consommer de l’alcool de plus en plus tôt. Des études menées dans des pays développés ont révélé que plus tôt commence la consommation d’alcool et plus le risque est grand, ultérieurement, de voir naître un phénomène de dépendance et se produire des traumatismes liés à la consommation d’alcool. Statistiquement, les garçons sont plus nombreux à boire de l’alcool que les filles et à en boire en grande quantité. Toutefois, dans plusieurs pays européens, les niveaux de consommation d’alcool chez les jeunes femmes commencent à égaler, voire à dépasser, ceux des jeunes hommes. Les données concernant la consommation d’alcool chez les jeunes dans les pays en développement sont relativement rares. Certaines études indiquent que cette consommation est en augmentation dans les pays d’Amérique latine, en particulier chez les jeunes femmes.

71. En dépit des efforts déployés pour restreindre la publicité sur l’alcool et le tabac et la commercialisation de ces produits dans les pays industrialisés, ces deux industries continuent de cibler très précisément le marché que représentent les jeunes. Certaines mesures contraignantes ayant été imposées récemment aux méthodes de commercialisation dans les pays industrialisés, les industries susmentionnées se sont tournées de plus en plus vers les jeunes des pays en développement ou en transition, où nombre de ces mesures de protection n’ont pas encore été adoptées et où, malheureusement, les mesures destinées à protéger la santé des jeunes et leur sécurité sont moins nombreuses.

72. Dans de nombreux pays, l’augmentation de la consommation abusive d’alcool et de drogues a contribué à la hausse, chez les enfants et les jeunes, de la mortalité et du risque d’infection par le VIH. Dans certains pays d’Asie centrale, la proportion de la population se droguant par voie intraveineuse serait jusqu’à 10 fois supérieure à celle observée dans de nombreux pays d’Europe occidentale. En Asie centrale et en Europe orientale, jusqu’à 25 % des toxicomanes qui se droguent par voie intraveineuse auraient moins de 20 ans et, dans cette partie du monde, la consommation de tous types de drogues a considérablement augmenté chez les jeunes depuis le début des années 9025. Le tabagisme a également augmenté chez les garçons et les filles. Une enquête a révélé que, dans certains pays de la Communauté d’États indépendants, 60 % des garçons de 15 ans ont dit s’être enivrés au moins deux fois en 2001.

73. Parmi les substances illicites recensées dans les traités internationaux relatifs au contrôle des drogues, le cannabis est, de loin, le plus largement et le plus fréquemment utilisé, en particulier chez les jeunes. Toutefois, au cours des dernières années, la tendance à la hausse a subi un arrêt dans plusieurs pays d’Europe et, en 2003, pour la première fois depuis 10 ans, la consommation de cannabis a nettement fléchi dans certains de ces pays. Dans certains pays d’Asie, les données disponibles révèlent que le nombre de jeunes femmes qui consomment des drogues illicites va croissant. Les femmes qui se droguent par voie intraveineuse sont de plus en plus des travailleuses du sexe. Dans certains pays d’Asie, l’âge de la première prise de drogue est en recul.

74. Depuis l’adoption du Programme d’action mondial, on observe une évolution notable consistant en l’abus de drogues de synthèse. En dépit des efforts déployés par beaucoup de pays pour restreindre l’accès aux stimulants de type amphétamine, plusieurs drogues de synthèse récentes sont à présent plus faciles à obtenir. Dans la plupart des pays, les stimulants comme l’ecstasy sont consommés par les jeunes dans des cadres festifs, souvent associé à des soirées dansantes. Dans les pays en développement, la consommation est principalement le fait de jeunes qui disposent d’un revenu élevé, tandis que dans les pays développés, le phénomène touche toutes les classes sociales. La consommation d’ecstasy semble continuer de progresser chez les jeunes adultes.

75. Lors de l’élaboration des stratégies de prévention, il faudrait réexaminer les liens qui existent entre la consommation de différents types de drogues, d’alcool et de tabac. Pour pouvoir prévenir de manière efficace et crédible l’abus de drogues, en particulier la consommation à long terme et à haut risque, les programmes et les politiques doivent prendre en compte les facteurs qui ont poussé les jeunes à devenir toxicomanes.

76. Une approche plus globale de la politique de lutte contre la drogue devrait imposer davantage de restrictions à la commercialisation du tabac et de l’alcool et mettre l’accent sur des mesures de réduction de la demande qui séduisent les jeunes. La réduction de la demande étant un élément essentiel de toute stratégie de lutte contre la drogue, les pays devraient s’efforcer de promouvoir des modes de vie sains et l’éducation, en collaboration avec les jeunes et leur collectivité.

77. Il faut élaborer des stratégies spéciales pour les jeunes particulièrement exposés à la toxicomanie, ce qui englobe les jeunes issus de milieux défavorisés, les réfugiés et les déplacés, les toxicomanes se droguant par voie intraveineuse et les travailleurs du sexe. Les initiatives visant à lutter contre la consommation de drogues doivent être mises en place dans le cadre d’une stratégie globale destinée à réduire la pauvreté, à renforcer l’intégration sociale dans tous les secteurs de la société et à permettre à tous de profiter de la croissance économique. Les interventions à visées préventive et curative au niveau des collectivités ainsi que des mesures telles que les lois sur l’âge minimum pour la consommation d’alcool et les taxes sur l’alcool se sont révélées efficaces dans certains pays.

78. L’imposition de taxes peut être un moyen efficace de réduire la consommation d’alcool chez les jeunes. Les jeunes buveurs ont souvent un budget limité et leur consommation d’alcool répond aux variations des prix. Dans certains pays développés, l’augmentation des taxes sur l’alcool associée à d’autres mesures de prévention ont permis de faire baisser la consommation d’alcool et de réduire ses conséquences néfastes potentielles, comme les accidents de la route et la violence.

Footnotes:

24. Voir P. R. Lopez, « Future Worldwide health effects of current smoking patterns » dans C. E. Koop, M. R. Shwarz, éditeurs, Critical Issues in Global Health (San Francisco, 2001).
25. Voir ONUSIDA et Development Cooperation Ireland, « Breaking the Barriers », Partnership to Fight HIV/AIDS in Europe and Central Asia. Document présenté à la Conférence ministérielle tenue à Dublin les 23 et 24 février 2004.