Le VIH/sida et les jeunes

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Rapport mondial sur la jeunesse, 2005

C. Le VIH/sida et les jeunes

19. La jeune génération actuelle n’a pas connu un monde sans sida. En tant que groupe, ces jeunes sont tout particulièrement vulnérables pour ce qui est de contracter ou transmettre cette maladie. Actuellement, 10 millions de jeunes vivent avec le VIH/sida, dont 6,2 millions en Afrique subsaharienne et 2,2 millions en Asief. En même temps, les jeunes qui peuvent faire des choix en toute connaissance de cause sont beaucoup plus à même de réduire considérablement le nombre de nouvelles infections.

20. Les jeunes sont plus enclins que leurs aînés à adopter des comportements dangereux, de sorte qu’ils sont plus exposés aux risques de l’infection. Ce phénomène s’explique notamment par le manque d’informations, les pressions exercées par les autres jeunes, l’ignorance du danger, un discernement diminué par l’alcool, l’impossibilité de refuser un rapport sexuel non protégé et l’accès limité aux contraceptifs.

21. À l’échelle mondiale, près d’un quart de ceux qui vivent avec le VIH ont moins de 25 ans. Un tiers des femmes qui vivent avec le VIH ont entre 15 et 24 ans. Le taux des nouvelles infections est plus élevé chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes. Ce phénomène est dû à de nombreux facteurs dont, notamment, le fait que les filles sont biologiquement plus sujettes à la contamination, l’inégalité des sexes, les normes socioculturelles, l’absence de sécurité financière, le mariage forcé et précoce, la violence sexuelle et la traite des jeunes femmes. En Afrique subsaharienne et dans les Caraïbes, de deux à trois fois plus de jeunes femmes que d’hommes risquent d’être séropositives. Dans certains pays, au moins un quart des jeunes femmes sont victimes de rapports sexuels forcés et non protégés, d’où une éventuelle importante transmission du VIHg. En Europe de l’Est et en Asie centrale, ainsi que dans une grande partie de l’Amérique latine, les jeunes hommes sont toutefois beaucoup plus sujets à l’infection que les jeunes femmes. Dans de nombreuses régions, les consommateurs de drogues injectables et les hommes ayant des rapports homosexuels sont particulièrement en danger.

22. Les jeunes risquent tout particulièrement de contracter le VIH du fait qu’ils représentent un pourcentage élevé des groupes particulièrement vulnérables dans des environnements très menacés par l’infection. À titre d’exemple, dans plusieurs pays d’Asie, les jeunes représentent plus de 60 % des travailleurs du sexe; en Asie centrale et en Europe de l’Est, on estime que jusqu’à 25 % des consommateurs de drogues injectables sont âgés de moins de 20 ansh. Dans certaines régions, en particulier celles où la prévalence de la consommation de drogues injectables est particulièrement élevée, l’âge de l’initiation à l’utilisation des drogues a diminué. Un autre groupe particulièrement vulnérable au VIH est celui des jeunes réfugiés et des jeunes migrants. Ceux qui ont abandonné l’école – environ 120 millions d’enfants d’âge scolaire dans le monde entier – sont aussi désavantagés dans la mesure où ils ont perdu l’occasion d’apprendre les rudiments en matière d’hygiène procréative et de VIH dans un environnement stable et fiable, à savoir la salle de classei.

23. On estime actuellement que le nombre d’orphelins du sida ayant perdu un ou leurs deux parents s’élève à 15 millions d’enfants dont 12 millions vivent en Afrique subsaharienne, chiffre qui risque de passer à 18 millions d’ici à 2010. L’insuffisance des systèmes de protection et des ressources fait que les risques de malnutrition, d’abus de maladie et d’infection au VIH se sont considérablement accrusj.

24. Les politiques et programmes d’intervention aux niveaux national et local devraient comprendre des programmes d’information et d’éducation concernant le VIH/sida et reposant sur l’autonomie fonctionnelle pour permettre aux jeunes de faire des choix et de prendre des décisions concernant leur santé. Pour bénéficier dans les faits des informations, du savoir-faire et des services, les jeunes doivent pouvoir compter sur un environnement sûr et sur des relations familiales et collectives susceptibles de les protéger des dangers.

25. Pour réduire la vulnérabilité des jeunes à l’infection, les gouvernements devraient développer des services de soins de santé primaire de haute qualité accessibles, disponibles et bon marché, notamment dans les domaines de l’hygiène sexuelle et de la santé procréative, allant de pair avec des programmes d’éducation des jeunes portant notamment sur les maladies sexuellement transmissibles dont le VIH/sida. Les interventions au niveau des collectivités se sont avérées hautement efficaces lorsqu’elles ciblaient précisément les jeunes marginalisés, tels que les travailleurs du sexe et les consommateurs de drogues injectables, qui n’ont guère accès à l’information et aux services et sont tout particulièrement vulnérables au VIH/sida. Censées être l’expression de l’engagement national, ces politiques devraient préciser le contexte général des dispositions prises pour réduire la vulnérabilité des jeunes au VIH/sida tout en favorisant des interventions ciblées. Elles devraient reposer sur des mesures qui se sont avérées efficaces et devraient être renforcées pour faire face au problème dans toute son ampleur. La coopération internationale et les efforts mondiaux collectifs doivent se poursuivre pour contenir la propagation du VIH/sida. Toute la gamme des options de prévention doit être mise à la disposition des jeunes et être non seulement axée sur la promotion de modes de vie sains mais aussi sur l’hygiène sexuelle et la modification des comportements. Pour ce faire, on peut notamment encourager l’abstinence, l’entrée plus tardive dans la vie sexuelle, la réduction du nombre des partenaires sexuels et l’utilisation correcte et systématique des moyens de contraception.

Footnotes:

f. Voir ONUSIDA, Rapport de 2004 sur l’épidémie mondiale du sida (Genève, 2004).
g. Voir ONUSIDA et la Coalition mondiale des femmes et le sida, Violence contre les femmes ayant le sida (Genève, 2004).
h. Voir UNAIDS and Development Cooperation Ireland, op. cit.
i. Voir Family Health International, « Reaching out-of school youth with reproductive health and HIV/AIDS information and services », Youth Issues Paper no4 (Washington, 2004).
j. Voir ONUSIDA, op. cit.
k. A/59/282.
l. Le terme « enfant » au regard des conventions des Nations Unies sur leur protection juridique dans la plupart des cas renvoie à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans. Le terme « jeune adulte soldat » renvoie aux personnes âgées de 18 à 21 ans.