****************************************************************************** Ce document a e'te' expe'die' en ligne par le De'partement de la coordination des politiques et du de've'loppement durable (DPCSD) des Nations Unies. La reproduction et la distribution de ce document -- sous forme e'lectronique ou imprime'e -- sont encourage'es, a` condition qu'il soit reconnu que l'Organisation des Nations Unies a facilite' cette reproduction. ****************************************************************************** TABLE DES MATIE`RES Chapitre Page I. RE'SOLUTIONS ADOPTE'ES PAR LA CONFE'RENCE . . . . . . . . . . . 4 1. De'claration et Programme d'action de Beijing . . . . . . . 4 2. Remerciements au peuple et au Gouvernement de la Re'publique populaire de Chine. . . . . . . . . . . . . . . 160 3. Pouvoirs des repre'sentants a` la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes . . . . . . . . . . . . 161 F. Les femmes et l'e'conomie 150. Les femmes sont loin d'avoir les me^mes chances que les hommes d'acce'der au pouvoir et d'agir sur les structures e'conomiques. Presque partout dans le monde, les femmes ne participent pas, ou participent peu, a` la prise des de'cisions e'conomiques. Elles ne sont pratiquement pas repre'sente'es dans les instances de formulation des politiques e'conomiques, financie`res, mone'taires et commerciales et de de'termination des re'gimes fiscaux et salariaux. Or, comme ce sont souvent ces politiques et ces re'gimes qui de'finissent le cadre dans lequel les agents e'conomiques, hommes ou femmes, prennent leurs de'cisions, notamment concernant le partage de leur temps entre activite's re'mune're'es et non re'mune're'es, leur e'volution a une incidence directe et concre`te sur l'acce`s des hommes et des femmes aux ressources e'conomiques, sur leur pouvoir e'conomique et donc sur leur degre' d'e'galite', aux niveaux personnel et familial, et au niveau de la socie'te' dans son ensemble. 151. Dans de nombreuses re'gions, les activite's re'mune're'es des femmes ont sensiblement augmente' dans le secteur structure' comme dans le secteur informel et elles ont e'volue' au cours de la dernie`re de'cennie. Tout en continuant a` travailler dans l'agriculture et la pe^che, les femmes sont de plus en plus actives dans les micro-entreprises et les petites et moyennes entreprises et, dans certaines re'gions, elles ont accentue' leur pre'dominance dans le secteur informel en expansion. En raison notamment de la difficile conjoncture e'conomique et du fait qu'elles n'ont aucun pouvoir de ne'gociation, a` cause de l'ine'galite' entre les sexes, de nombreuses femmes ont e'te' contraintes d'accepter une faible re'mune'ration et de mauvaises conditions de travail, devenant ainsi des recrues de pre'dilection. D'un autre co^te', il arrive de plus en plus souvent qu'elles travaillent par choix, lorsqu'elles ont pris conscience de leurs droits et se sont mises a` exiger qu'ils soient respecte's. Certaines ont re'ussi a` faire carrie`re et a` obtenir une re'mune'ration plus e'leve'e et de meilleures conditions de travail. Les femmes ont cependant e'te' particulie`rement touche'es par la crise e'conomique et par les restructurations qui ont modifie' la nature du travail et dans certains cas, entrai^ne' des pertes d'emplois, me^me parmi les cadres et les travailleuses qualifie'es. En outre, nombre d'entre elles sont entre'es dans le secteur informel, faute d'autres de'bouche's. Les institutions multilate'rales n'associent encore gue`re les femmes a` l'e'laboration des programmes d'ajustement structurel, de pre^ts et de subventions, ni a` la de'termination, en coope'ration avec les gouvernements, de leurs objectifs, et elles tiennent encore trop peu compte des sexospe'cificite's. 152. Les pratiques discriminatoires dans l'enseignement, la formation, l'embauche et les re'mune'rations, la promotion et la mobilite' horizontale, la rigidite' des conditions de travail, le manque d'acce`s aux ressources productives et le partage ine'gal des responsabilite's familiales, conjugue's au manque de services tels que les garderies d'enfants continuent de limiter les possibilite's d'emploi et la mobilite' des femmes ainsi que leurs perspectives e'conomiques et professionnelles et sont pour elles des sources de stress. De plus, des pre'juge's entravent leur participation a` la formulation des politiques e'conomiques et, dans certaines re'gions, restreignent l'acce`s des femmes et des filles aux e'tudes et a` la formation e'conomiques. 153. La part des femmes dans la population active continue de s'e'lever et, presque partout, les femmes travaillent davantage en dehors de chez elles. Mais les travaux non re'mune're's qu'elles assument, qu'il s'agisse de ta^ches me'nage`res ou de travaux d'inte're^t ge'ne'ral, n'ont pas diminue' pour autant. Dans la plupart des me'nages, le revenu des femmes est devenu un apport indispensable. Dans certaines re'gions, on a constate' que de plus en plus de femmes cre'aient leur propre entreprise ou se lanc'aient dans des activite's autonomes, en particulier dans le secteur informel. Dans de nombreux pays, les femmes constituent la majorite' des travailleurs ayant un re'gime de travail non traditionnel þ travail temporaire ou occasionnel, temps partiels multiples, sous-traitance ou travail a` domicile. 154. Les travailleuses migrantes, notamment les employe'es de maison, contribuent a` l'e'conomie de leur pays d'origine par des transferts de fonds et a` celle de leur pays d'accueil par leur travail. Dans de nombreux pays d'accueil, toutefois, les migrantes sont plus expose'es au cho^mage que les migrants de sexe masculin ou que les travailleurs non migrants des deux sexes. 155. L'analyse des contributions respectives des hommes et des femmes a` l'e'conomie e'tant peu de'veloppe'e, les institutions, telles que les marche's financiers et les institutions financie`res, les marche's du travail, les e'coles et faculte's d'e'conomie, les services e'conomiques et sociaux, les re'gimes fiscaux et de se'curite' sociale, ainsi que les familles et les me'nages, me'connaissent trop souvent les contributions et les pre'occupations des femmes. Il s'ensuit que beaucoup de politiques et programmes contribuent peut-e^tre encore a` perpe'tuer les ine'galite's entre les hommes et les femmes. En revanche, la` ou` des progre`s ont e'te' re'alise's dans l'inte'gration de la proble'matique hommes-femmes, les programmes et les politiques ont ge'ne'ralement gagne' en efficacite'. 156. Bien que de nombreuses femmes aient re'ussi a` progresser dans les institutions e'conomiques, le parcours de la majorite' d'entre elles, et notamment de celles qui ont a` faire face a` des obstacles supple'mentaires, est entrave' par la persistance des barrie`res qui les empe^chent d'acque'rir leur autonomie e'conomique et de gagner durablement de quoi vivre et faire vivre deux dont elles ont la charge. Les femmes exercent des activite's þ qu'elles me`nent souvent de front þ dans de nombreux secteurs de l'e'conomie, allant des emplois salarie's aux activite's du secteur paralle`le et a` l'agriculture et la pe^che de subsistance. Mais les obstacles juridiques et les coutumes qui les empe^chent d'acce'der a` la terre, aux ressources naturelles, au capital, au cre'dit, a` la technique et aux autres moyens de production, ainsi que les e'carts de salaires, freinent leur progre`s e'conomique. Les femmes contribuent au de'veloppement non seulement par leur travail re'mune're', mais aussi par de nombreux travaux non re'mune're's. D'une part, elles participent a` la production de biens et de services pour le marche' et l'autoconsommation, que ce soit dans l'agriculture, la production alimentaire ou les entreprises familiales. Bien qu'il soit pris en conside'ration dans le Syste`me de comptabilite' nationale de l'ONU, et donc dans les normes internationales applicables aux statistiques du travail, ce travail non re'mune're' þ en particulier dans l'agriculture þ est souvent sous-e'value' et incomple`tement enregistre'. D'autre part, les femmes continuent d'exe'cuter la grande majorite' des ta^ches me'nage`res et des travaux d'inte're^t ge'ne'ral; notamment en s'occupant des enfants et des personnes a^ge'es, en pre'parant les repas de la famille, en prote'geant l'environnement et en apportant une aide be'ne'vole aux personnes et aux groupes vulne'rables et de'favorise's. La valeur de travail n'est souvent ni chiffre'e ni incluse dans la comptabilite' nationale. Ainsi, la contribution des femmes au de'veloppement est-elle gravement sous-e'value'e et me'connue par la socie'te'. En mettant les pleins feux sur la nature, l'importance et la porte'e de ce travail non re'mune're', on pourra mieux re'partir les responsabilite's. 157. Si la mondialisation de l'e'conomie a ouvert de nouvelles possibilite's d'emploi aux femmes, d'autres tendances ont exacerbe' les ine'galite's entre les sexes. D'un autre co^te', la mondialisation, et notamment l'inte'gration e'conomique, peut cre'er des pressions favorisant un ajustement de l'emploi des femmes et la recherche de nouvelles sources d'emploi au fur et a` mesure que se modifie la structure des e'changes. Il faudrait analyser plus a` fond les effets de la mondialisation sur la condition e'conomique des femmes. 158. Tout cela se traduit par des salaires bas, des normes insuffisantes ou inexistantes, de mauvaises conditions de travail, en particulier en ce qui concerne la protection de la sante' et la se'curite' des travailleuses, de faibles qualifications, la pre'carite' de l'emploi et l'absence de se'curite' sociale, dans le secteur structure' comme dans le secteur informel. Dans de nombreux pays et secteurs, le proble`me du cho^mage des femmes est de plus en plus grave. Les jeunes travailleuses du secteur informel et du secteur rural et les travailleuses migrantes demeurent moins prote'ge'es que le reste de la population active par le code du travail et les lois relatives a` l'immigration. Les possibilite's d'emploi des femmes, notamment celles des femmes chefs de famille qui ont de jeunes enfants, sont limite'es par des conditions de travail rigides et par la mauvaise re'partition des responsabilite's familiales entre les femmes, les hommes et la socie'te'. 159. Dans les pays qui connaissent de profondes transformations politiques, e'conomiques et sociales, les femmes, si leurs compe'tences e'taient mieux utilise'es, pourraient apporter une contribution majeure a` l'e'conomie de leurs pays. Il faudrait de'velopper et renforcer cette contribution et donner aux femmes les moyens de mieux re'aliser leur potentiel. 160. La de'te'rioration de l'emploi dans le secteur prive' et les re'ductions d'effectifs ope're'es dans les services publics et dans la fonction publique ont touche' les femmes de fac'on disproportionne'e. Dans certains pays, les femmes doivent assumer des activite's non re'mune're'es supple'mentaires þ par exemple, elles soignent les enfants, les malades et les personnes a^ge'es þ pour compenser la baisse du revenu du me'nage, notamment en l'absence de services publics. Bien souvent, les strate'gies de cre'ation d'emplois ne font pas une place suffisante aux activite's et aux secteurs ou` les femmes pre'dominent, et ne favorisent pas re'ellement l'acce`s des femmes aux activite's et aux secteurs traditionnellement masculins. 161. Nombre de femmes qui occupent des emplois re'mune're's doivent faire face a` des obstacles qui les empe^chent de re'aliser pleinement leur potentiel. En effet, s'il y a de plus en plus de femmes dans ces postes subalternes, leurs chances de promotion sont souvent re'duites du fait d'attitudes discriminatoires. Par ailleurs, le harce`lement sexuel, qui insulte leur dignite', empe^che les femmes d'apporter une contribution a` la mesure de leurs compe'tences. Enfin, l'absence d'ame'nagements permettant de concilier travail et famille, et notamment de garderies ade'quates et abordables et la rigidite' des horaires, est un autre facteur qui empe^che les femmes de re'aliser pleinement leur potentiel. 162. Dans le secteur prive', notamment dans les entreprises transnationales et nationales, les femmes sont le plus souvent absentes des postes d'administration et de direction, ce qui de'note une discrimination dans l'embauche et les promotions. Ces mauvaises conditions de travail et le nombre limite' des offres d'emploi ont conduit de nombreuses femmes a` rechercher d'autres options. C'est pourquoi de plus en plus de femmes ont un travail inde'pendant ou sont devenues proprie'taires ou gestionnaires de micro, petites et moyennes entreprises. Dans de nombreux pays, le de'veloppement du secteur paralle`le et l'augmentation du nombre d'entreprises autonomes et autoge're'es sont imputables pour une grande part aux femmes dont les activite's, fonde'es sur la collaboration, l'effort personnel et les traditions, ainsi que les entreprises de production et de commercialisation, constituent une pre'cieuse ressource e'conomique. Lorsqu'elles ont acce`s au capital, au cre'dit et aux autres ressources, a` la technologie et a` la formation, les femmes sont capables de contribuer a` la production, au commerce et au revenu, et donc au de'veloppement durable. 163. La persistance des ine'galite's, alors me^me que des progre`s sont re'alise's, montre bien la ne'cessite' de repenser les politiques de l'emploi pour y inte'grer la proble'matique hommes-femmes et faire ressortir un plus large e'ventail de possibilite's ainsi que pour e'liminer toute partialite' au de'triment des femmes dans l'organisation du travail et de l'emploi. Pour re'aliser pleinement l'e'galite' e'conomique entre les sexes, il faut s'employer activement a` faire reconnai^tre et appre'cier impartialement le poids du travail, de l'expe'rience et des connaissances des hommes et des femmes dans la socie'te'. 164. Pour favoriser l'inde'pendance e'conomique des femmes et la re'alisation de leur potentiel, les gouvernements et les autres acteurs devraient encourager l'adoption de mesures e'nergiques et visibles visant a` assurer la prise en compte de la proble'matique hommes-femmes dans toutes les politiques et tous les programmes afin d'en analyser les conse'quences sur les femmes et les hommes avant toute de'cision. Objectif strate'gique F.1. Promouvoir les droits et l'inde'pendance e'conomique des femmes, notamment l'acce`s a` l'emploi, des conditions de travail approprie'es et l'acce`s aux ressources e'conomiques Mesures a` prendre 165. Les gouvernements devraient : a) Adopter et appliquer des lois consacrant le principe de la re'mune'ration e'gale des femmes et des hommes pour un travail e'gal ou de valeur e'gale; b) Adopter et appliquer des lois interdisant toute discrimination sexuelle sur le marche' du travail, en particulier a` l'e'gard des travailleuses a^ge'es, en matie`re d'embauche, de promotion, de salaire et avantages accessoires et de se'curite' sociale, et de conditions de travail; c) Prendre les mesures ne'cessaires pour qu'il soit tenu compte du ro^le et des fonctions des femmes en tant que me`res et mettre fin aux pratiques discriminatoires des employeurs qui refusent d'embaucher les femmes enceintes ou allaitantes ou les licencient, ou qui demandent aux femmes de prouver qu'elles utilisent des moyens de contraception, prendre des mesures efficaces pour mettre fin a` toute discrimination a` l'e'gard des femmes au moment de la grossesse, du conge' de maternite' ou du retour sur le marche' du travail apre`s l'accouchement; d) Concevoir des me'canismes et prendre des mesures concre`tes pour permettre aux femmes de participer pleinement et dans des conditions d'e'galite' avec les hommes a` la formulation des politiques et a` la de'finition des structures dans des organes tels que les ministe`res des finances et du commerce, les commissions e'conomiques nationales, les instituts de recherche e'conomique et les autres organismes clefs, ainsi que dans les organismes internationaux approprie's; e) Re'former les le'gislations et les pratiques administratives afin que les femmes puissent jouir sur un pied d'e'galite' des me^mes droits que les hommes sur les ressources e'conomiques, et notamment d'un acce`s e'gal a` la proprie'te' des terres et d'autres biens, au cre'dit, a` la succession, aux ressources naturelles et aux nouvelles techniques approprie'es; f) E'tudier les re'gimes nationaux d'impo^t sur le revenu et de droits de succession et de se'curite' sociale pour e'liminer toute partialite' au de'triment des femmes; g) Chercher a` comple'ter les connaissances concernant le travail et l'emploi, notamment en s'efforc'ant de mesurer et de mieux comprendre la nature, l'ampleur et la re'partition du travail non re'mune're', en particulier des soins donne's a` la famille, ainsi que du travail dans les entreprises agricoles ou commerciales familiales, et encourager la mise en commun et la diffusion d'informations sur les e'tudes et les expe'riences dans ce domaine, notamment sur la mise au point de me'thodes d'e'valuation quantitative du travail non re'mune're' qui permettraient e'ventuellement de le comptabiliser dans des tableaux distincts de ceux de la comptabilite' nationale, mais harmonise's avec eux; h) Revoir les lois re'gissant le fonctionnement des institutions financie`res et les modifier de fac'on que les femmes puissent be'ne'ficier de leurs services sur un pied d'e'galite' avec les hommes; i) Ame'liorer, aux niveaux approprie's, la transparence de l'e'tablissement et de l'exe'cution des budgets; j) Modifier les politiques nationales de fac'on a` ce qu'elles favorisent les syste`mes traditionnels d'e'pargne, de cre'dit et de pre^t accessibles aux femmes; k) Veiller a` ce que les politiques adopte'es pour appliquer les accords commerciaux internationaux et re'gionaux ne fassent pas obstacle aux activite's e'conomiques nouvelles et traditionnelles des femmes; l) Veiller a` ce que toutes les entreprises, notamment les socie'te's transnationales, respectent les lois et les codes nationaux, les re'gimes de se'curite' sociale, les accords, conventions et instruments internationaux applicables, notamment ceux qui ont trait a` l'environnement, et les autres lois pertinentes; m) Modifier les politiques de l'emploi de fac'on a` favoriser la restructuration des rythmes de travail et le partage des responsabilite's familiales; n) Cre'er des me'canismes et instances offrant aux femmes chefs d'entreprise et salarie'es la possibilite' de contribuer a` la formulation des politiques et programmes e'labore's par les ministe`res de l'e'conomie et les institutions financie`res; o) Adopter et appliquer des lois sur l'e'galite' des chances, prendre des mesures constructives de discrimination positive et assurer par diffe'rents moyens leur application dans les secteurs public et prive'; p) Effectuer, lors de l'e'laboration des politiques macro et micro-e'conomiques et sociales, une analyse pre'alable de leurs effets sexospe'cifiques pour pouvoir en assurer le suivi et modifier celles dont les conse'quences seraient ne'fastes; q) Promouvoir des politiques et des mesures soucieuses d'e'quite' entre les sexes pour permettre aux femmes de s'affirmer au me^me titre que les hommes dans le domaine technique, et en tant que cadres et chefs d'entreprise; r) Re'former les lois ou adopter des politiques qui favorisent l'adoption de dispositions du code du travail assurant la protection de toutes les travailleuses, notamment en garantissant la se'curite' de leurs conditions de travail et leur droit de se syndiquer et de recourir a` la justice. Objectif strate'gique F.2. Faciliter l'e'galite' d'acce`s des femmes aux ressources, a` l'emploi, aux marche's et aux e'changes commerciaux Mesures a` prendre 166. Les gouvernements devraient : a) Promouvoir et appuyer le travail inde'pendant des femmes, ainsi que la cre'ation de petites entreprises par les femmes, et aider ces dernie`res a` obtenir plus facilement des cre'dits et des capitaux dans des conditions e'quitables au me^me titre que les hommes, en renforc'ant les institutions d'appui a` la cre'ation d'entreprises par les femmes, y compris, le cas e'che'ant, les me'canismes de cre'dit mutuel et les formules non traditionnelles de cre'dit, ainsi que l'instauration de nouveaux rapports avec les institutions financie`res; b) Faire en sorte que l'E'tat en tant qu'employeur donne davantage l'exemple par une politique assurant des chances e'gales aux femmes et aux hommes; c) Donner aux femmes davantage de moyens, aux niveaux national et local, de gagner de l'argent en leur permettant d'utiliser et de posse'der, au me^me titre que les hommes, les moyens de production et la terre, d'avoir acce`s au cre'dit, aux capitaux, a` la proprie'te', et de participer aux programmes de de'veloppement et aux coope'ratives; d) Promouvoir et renforcer les micro-entreprises, les petites entreprises nouvelles, les coope'ratives, l'e'largissement des marche's et la cre'ation d'emplois et, le cas e'che'ant, faciliter le passage du secteur informel au secteur structure', en particulier dans les zones rurales; e) Modifier les programmes et politiques ou en adopter de nouveaux pour faire connai^tre et renforcer le ro^le essentiel des femmes dans la se'curite' alimentaire et permettre aux productrices, re'mune're'es ou non þ en particulier aux productrices de denre'es alimentaires travaillant dans l'agriculture, la pe^che, l'aquaculture, et dans des entreprises urbaines þ d'avoir acce`s, dans des conditions d'e'galite' avec les hommes, aux techniques, aux moyens de transport, aux services de vulgarisation, ainsi qu'aux me'canismes de commercialisation et de cre'dit aux niveaux local et communautaire; f) Cre'er les me'canismes ne'cessaires et encourager les institutions intersectorielles qui permettent aux coope'ratives de femmes d'optimiser l'acce`s aux services; g) Augmenter la proportion des femmes parmi les agents de vulgarisation et les fonctionnaires qui fournissent une assistance technique ou administrent des programmes e'conomiques; h) Revoir les politiques, les reformuler si ne'cessaire, et les mettre en oeuvre, notamment en matie`re de droit des socie'te's, de droit commercial, de droit des contrats et de droit administratif, pour e'liminer toute discrimination a` l'e'gard des micro-entreprises et des petites et moyennes entreprises appartenant a` des femmes dans les campagnes comme dans les villes; i) Analyser, coordonner et mettre en oeuvre des politiques qui assurent la prise en compte des besoins et des inte're^ts des salarie'es, des travailleuses inde'pendantes et des femmes chefs d'entreprise dans les politiques, programmes et budgets interministe'riels et sectoriels et fournir des services consultatifs dans ce domaine; j) Assurer l'e'galite' d'acce`s des femmes a` des services de formation, de recyclage, de conseil et de placement efficaces qui ne se limitent pas aux secteurs d'emploi traditionnels; k) E'liminer les obstacles politiques et le'gislatifs qui freinent l'initiative prive'e et individuelle des femmes dans les programmes sociaux et dans les programmes de de'veloppement; l) Prote'ger les droits fondamentaux des travailleurs et en promouvoir le respect, notamment en ce qui concerne l'interdiction du travail force' et du travail des enfants, la liberte' d'association, le droit de se syndiquer et le droit de ne'gociation collective, l'e'galite' de re'mune'ration entre les hommes et les femmes pour un travail de valeur e'gale et la non-discrimination dans l'emploi, en appliquant pleinement les conventions de l'Organisation internationale du Travail dans le cas des E'tats parties a` ces conventions et en prenant en compte les principes de'fendus par ces conventions dans le cas des pays qui n'y sont pas parties, afin de parvenir a` une croissance e'conomique ve'ritablement soutenue et a` un de'veloppement durable. 167. Les gouvernements, les banques centrales, les banques nationales de de'veloppement et les e'tablissements bancaires prive's, selon le cas, devraient : a) Accroi^tre la participation des femmes, notamment des femmes chefs d'entreprise de tous les secteurs et de leurs associations, aux organes consultatifs et a` d'autres instances pour leur permettre de contribuer a` la formulation et a` l'examen des politiques et programmes e'labore's par les ministe`res de l'e'conomie et les e'tablissements bancaires; b) Mobiliser le secteur bancaire pour accroi^tre les pre^ts et les refinancements en prenant des mesures d'incitation et en mettant en place des structures interme'diaires qui re'pondent aux besoins des femmes chefs d'entreprise et des productrices des zones rurales et urbaines, et qui comprennent des femmes aux postes de direction, de programmation et de de'cision; c) Structurer les services de manie`re a` atteindre les femmes s'occupant de micro-entreprises et de petites et moyennes entreprises dans les campagnes comme dans les villes, en particulier les jeunes femmes, les femmes dont les revenus sont faibles, celles qui appartiennent a` des minorite's ethniques et raciales ou a` des populations autochtones, et qui n'ont pas acce`s au capital ni aux autres actifs; et faciliter l'acce`s des femmes aux marche's financiers en e'laborant et en encourageant des re'formes du contro^le et des re`glements financiers qui appuient les efforts directs et indirects de'ploye's par les institutions financie`res pour mieux satisfaire les besoins de cre'dit et autres services financiers des micro-entreprises et des petites et moyennes entreprises appartenant a` des femmes; d) Veiller a` ce qu'il soit tenu compte des priorite's des femmes dans les programmes d'investissements publics dans les infrastructures, notamment dans les syste`mes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, dans l'e'lectrification et les e'conomies d'e'nergie, dans les transports et la construction de routes; renforcer la participation des femmes qui be'ne'ficient des projets a` la planification a` la mise en oeuvre de ces projets de fac'on a` leur permettre d'obtenir des emplois et des contrats. 168. Les gouvernements et les organisations non gouvernementales devraient : a) Pre^ter une attention particulie`re aux besoins des femmes lorsqu'ils diffusent des informations sur les marche's, les e'changes commerciaux et les ressources, et leur dispenser des formations approprie'es dans ces domaines; b) Encourager les strate'gies de de'veloppement e'conomique communautaire qui s'appuient sur des partenariats existant entre les gouvernements et encourager les membres de la socie'te' civile a` cre'er des emplois et a` tenir compte de la situation sociale des individus, des familles et des communaute's. 169. Les bailleurs de fonds multilate'raux et les banques re'gionales de de'veloppement, ainsi que les institutions de financement bilate'rales et prive'es, aux niveaux international, re'gional et sous-re'gional, devraient : a) Examiner, reformuler au besoin, et mettre en oeuvre leurs politiques, programmes et projets de telle sorte qu'une proportion plus e'leve'e des ressources soit mise a` la disposition des femmes dans les zones rurales ou isole'es; b) E'laborer des me'canismes souples pour financer les institutions interme'diaires cible'es sur les activite's e'conomiques des femmes, qui favorisent leur autonomie et permettent d'accroi^tre la capacite' et la rentabilite' de leurs entreprises e'conomiques; c) E'laborer des strate'gies permettant de coordonner et de renforcer l'aide au secteur des micro-entreprises et des petites et moyennes entreprises afin de donner aux femmes davantage de possibilite's de participer pleinement et a` e'galite' aux activite's de ce secteur et de collaborer pour les coordonner et en ame'liorer la rentabilite', en utilisant leur savoir-faire et leurs moyens financiers propres et en tirant e'galement parti de ceux des organismes bilate'raux, des gouvernements et des organisations non gouvernementales. 170. Les organisations internationales, multilate'rales et bilate'rales de coope'ration pour le de'veloppement devraient : Appuyer, par des capitaux ou d'autres ressources, les institutions financie`res qui servent les femmes dirigeant de petites entreprises et des micro-entreprises et les productrices a` faible revenu, tant dans le secteur structure' que dans le secteur informel. 171. Les gouvernements et les institutions financie`res multilate'rales devraient : Revoir les re`gles et proce'dures des institutions financie`res publiques, nationales et internationales qui empe^chent de fournir des cre'dits aux femmes rurales suivant le mode`le de la banque Grameen. 172. Les organisations internationales devraient : Fournir un appui ade'quat aux programmes et projets visant a` promouvoir les initiatives productives et viables parmi les femmes, en particulier les femmes de'savantage'es. Objectif strate'gique F.3. Fournir aux femmes, notamment a` celles a` faible revenu, des services professionnels et des moyens de formation, et leur ouvrir l'acce`s aux marche's, a` l'information et a` la technologie Mesures a` prendre 173. Les gouvernements, en coope'ration avec les organisations non gouvernementales et le secteur prive', devraient : a) Cre'er des infrastructures publiques permettant d'assurer l'acce`s des femmes chefs d'entreprise aux marche's, sur un pied d'e'galite' avec les hommes; b) E'laborer des programmes qui offrent aux femmes des possibilite's de formation et de recyclage, notamment dans le domaine des nouvelles technologies ainsi que des services abordables de gestion, de de'veloppement des produits, de financement, de contro^le de la production et de la qualite', de commercialisation et de conseil juridique; c) Mettre en oeuvre des programmes de vulgarisation visant a` informer les femmes a` faible revenu et les femmes pauvres, notamment dans les zones rurales et les re'gions isole'es, des possibilite's d'acce`s aux marche's et a` la technologie et a` les aider a` tirer parti de ces possibilite's; d) Cre'er des services d'appui non discriminatoires, notamment des fonds de placement, a` l'intention des entreprises dirige'es par des femmes, et e'laborer des programmes de promotion du commerce axe's sur les femmes, notamment les femmes a` faible revenu; e) Diffuser des informations sur des femmes chefs d'entreprise ayant re'ussi, aussi bien dans des activite's e'conomiques traditionnelles que dans des secteurs non traditionnels, et sur les aptitudes ne'cessaires pour re'ussir; favoriser la mise en place de re'seaux et les e'changes d'informations; f) Prendre des mesures pour garantir aux femmes l'e'galite' d'acce`s a` la formation continue sur le lieu de travail, notamment aux cho^meuses, aux me`res ce'libataires, aux femmes re'inte'grant le marche' du travail apre`s un long arre^t pour raisons familiales ou autres et aux femmes prive'es de leur emploi par l'adoption de nouvelles structures de production ou de mesures de compression; prendre des mesures d'incitation supple'mentaires pour encourager les entreprises a` multiplier les centres de formation professionnelle offrant aux femmes une formation dans des domaines non traditionnels; g) Fournir des services peu cou^teux, par exemple des services de garderie d'enfants qui soient de bonne qualite', souples et abordables et qui prennent en compte les besoins des travailleurs et des travailleuses. 174. Les associations professionnelles locales, nationales et internationales et les organisations non gouvernementales qui s'occupent de la conditions de la femme devraient : Pre'coniser, a` tous les niveaux, la promotion et le soutien des entreprises dirige'es par les femmes, y compris celles du secteur informel, ainsi que le plein acce`s des femmes aux ressources productives. Objectif strate'gique F.4. Renforcer la capacite' e'conomique et les re'seaux commerciaux des femmes Mesures a` prendre 175. Les gouvernements devraient : a) Adopter des politiques d'appui aux associations professionnelles, aux organisations non gouvernementales, aux coope'ratives, aux fonds de cre'dit renouvelables, aux coope'ratives d'e'pargne et de cre'dit, aux organisations locales, aux groupes fe'minins d'assistance mutuelle et aux autres groupes afin de fournir des services aux femmes chefs d'entreprise des zones rurales et urbaines; b) Inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans toutes les politiques de restructuration e'conomique et d'ajustement structurel et concevoir des programmes a` l'intention des femmes qui subissent le contrecoup de la restructuration e'conomique, notamment des programmes d'ajustement structurel, ainsi que des femmes travaillant dans le secteur informel; c) Adopter des politiques qui cre'ent un climat porteur pour ces groupes fe'minins d'assistance mutuelle, les associations et coope'ratives de travailleuses au moyen de formes de soutien non classiques et en reconnaissant la liberte' d'association et le droit syndical; d) Soutenir les programmes visant a` accroi^tre l'autonomie de groupes particuliers de femmes, comme les jeunes femmes, les handicape'es, les femmes a^ge'es et les femmes appartenant a` des minorite's raciales et ethniques; e) Promouvoir l'e'galite' entre les sexes en encourageant la re'alisation d'e'tudes sur les femmes et en utilisant les re'sultats de ces e'tudes et de travaux sexospe'cifiques de recherche dans tous les domaines, et notamment dans les domaines e'conomique, scientifique et technique; f) Soutenir les activite's e'conomiques des femmes des populations autochtones, en tenant compte de leurs connaissances traditionnelles, afin d'ame'liorer leur situation et de favoriser leur e'panouissement; g) Prendre des mesures pour e'tendre la protection du code du travail et des syste`mes de se'curite' sociale aux femmes exerc'ant une activite' re'mune're'e au foyer, ou maintenir cette protection si elle existe de'ja`; h) Reconnai^tre la contribution des chercheuses et des techniciennes et les encourager; i) Veiller a` ce que les politiques et les re`glements ne pe'nalisent pas les petites et moyennes entreprises dirige'es par des femmes. 176. Les interme'diaires financiers, les instituts nationaux de formation, les coope'ratives d'e'pargne et de cre'dit, les organisations non gouvernementales, les associations de femmes, les organismes professionnels et le secteur prive' devraient : a) Proposer aux niveaux national, re'gional et international une formation commerciale, financie`re et technique pour permettre aux femmes, particulie`rement aux jeunes femmes, de participer a` la prise de de'cisions e'conomiques a` ces niveaux; b) Offrir aux entreprises dirige'es par des femmes, y compris dans le secteur travaillant pour l'exportation, des services, notamment de commercialisation et d'information sur le commerce, de conception des produits et d'innovation, de transfert de technologie et de contro^le de la qualite'; c) Favoriser l'e'tablissement de liens techniques et commerciaux et cre'er aux niveaux national, re'gional et international, des partenariats entre femmes chefs d'entreprise afin de soutenir les initiatives locales; d) Renforcer la participation des femmes, et en particulier des femmes marginalise'es, dans les coope'ratives de production et de commercialisation en apportant un soutien commercial et financier, en particulier dans les campagnes et les zones isole'es; e) Promouvoir et renforcer les micro-entreprises dirige'es par des femmes, les petites entreprises nouvelles, les coope'ratives, l'e'largissement des marche's et la cre'ation d'emploi et, le cas e'che'ant, favoriser la transition du secteur informel au secteur structure', tant dans les villes que dans les campagnes; f) Investir des capitaux et constituer des portefeuilles- titres permettant de financer les entreprises dirige'es par des femmes; g) Veiller a` fournir une assistance technique, des services de conseil et des possibilite's de formation et de reconversion aux femmes touche'es par le passage a` l'e'conomie de marche'; h) Appuyer les formules nouvelles d'investissement et les re'seaux de cre'dit, y compris les plans d'e'pargne traditionnels; i) Favoriser la constitution de re'seaux de femmes chefs d'entreprise, afin notamment de donner la possibilite' aux plus expe'rimente'es de conseiller les autres; j) Encourager les organisations locales et les collectivite's publiques a` e'tablir des mutuelles de cre'dit a` l'intention des femmes chefs d'entreprise en s'inspirant des mode`les de petites coope'ratives ayant re'ussi. 177. Le secteur prive', notamment les socie'te's transnationales et nationales, devrait : a) Adopter des politiques et cre'er des me'canismes non discriminatoires de passation des marche's; b) Recruter des femmes a` des postes de responsabilite', de de'cision et de direction et leur offrir des programmes de formation, dans des conditions d'e'galite' avec les hommes; c) Respecter les le'gislations nationales þ code du travail, protection des consommateurs, re`glements sanitaires et de se'curite' þ particulie`rement celles qui concernent les femmes. Objectif strate'gique F.5. E'liminer la se'gre'gation professionnelle et toutes les formes de discrimination dans l'emploi Mesures a` prendre 178. Les gouvernements, les employeurs, les employe's, les syndicats et les organisations de femmes devraient : a) Veiller a` l'application des lois et des directives et encourager l'adoption spontane'e de codes de conduite qui garantissent que les normes internationales de travail, telles que la Convention No 100 de l'Organisation internationale du Travail concernant l'e'galite' de re'mune'ration entre hommes et femmes pour un travail de valeur e'gale, s'appliquent aussi bien aux travailleuses qu'aux travailleurs; b) Promulguer et appliquer des lois et instaurer dans les entreprises des re`glements pre'voyant notamment des voies de recours et des possibilite's d'action en justice, en vue d'interdire toute forme de discrimination directe ou indirecte fonde'e sur le sexe et sur la situation matrimoniale ou familiale dans l'acce`s a` l'emploi, les conditions d'emploi, y compris la formation, la promotion, la sante' et la se'curite', ainsi que le licenciement, la protection sociale et la protection juridique contre le harce`lement sexuel et la discrimination raciale; c) Promulguer et appliquer des lois et mettre au point des re`glements interdisant toute discrimination fonde'e sur le sexe sur le marche' du travail, notamment dans le cas des travailleuses a^ge'es, en matie`re d'embauche, de promotion, de re'mune'ration et avantages accessoires et de se'curite' sociale, ainsi que les conditions de travail discriminatoires et le harce`lement sexuel; e'tablir des me'canismes pour assurer l'examen permanent de ces lois et le suivi de leur application; d) E'liminer la discrimination pratique'e par les employeurs au motif des fonctions de procre'ation des femmes, y compris le refus d'embauche et le licenciement des femmes enceintes et allaitantes; e) Mettre au point et promouvoir des programmes et services pour les femmes qui arrivent ou reviennent sur le marche' du travail, en particulier les femmes pauvres des zones urbaines et rurales, les jeunes femmes et les travailleuses inde'pendantes, ainsi que celles qui subissent le contrecoup des programmes d'ajustement structurel; f) Assurer la mise en oeuvre et le suivi de programmes d'e'galite' des chances en matie`re d'emploi de discrimination positive dans les secteurs public et prive' afin de lutter contre la discrimination syste'matique a` l'e'gard des femmes sur le marche' du travail, en particulier des femmes handicape'es ou appartenant a` des groupes de'favorise's, en matie`re d'embauche, de maintien en fonctions et de promotion, ainsi que de formation professionnelle dans tous les secteurs; g) E'liminer la se'gre'gation dans le travail, en favorisant tout particulie`rement la repre'sentation e'gale des sexes a` des postes de haute qualification et de direction et en adoptant d'autres mesures, telles que l'orientation professionnelle et le placement, visant a` acce'le'rer le de'roulement des carrie`res et l'avancement professionnel, et en favorisant la diversification des de'bouche's professionnels pour les hommes et les femmes; encourager les femmes a` obtenir des emplois auxquels elles n'ont pas traditionnellement acce`s, surtout dans les domaines scientifique et technique, et encourager les hommes a` chercher des emplois dans le secteur social; h) Reconnai^tre le droit a` la ne'gociation collective et son importance pour l'e'limination des e'carts de salaires entre hommes et femmes et l'ame'lioration des conditions de travail; i) Promouvoir l'e'lection de femmes a` des postes de responsables syndicaux et s'assurer que les responsables e'lues pour repre'senter les femmes be'ne'ficient d'une protection de l'emploi et de garanties quant a` leur se'curite' physique dans l'accomplissement de leurs fonctions; j) E'laborer et offrir des programmes spe'ciaux pour permettre aux handicape'es d'obtenir et de conserver un emploi et veiller a` ce qu'elles aient acce`s a` l'e'ducation et a` la formation a` tous les niveaux, conforme'ment aux Re`gles pour l'e'galisation des chances des handicape's 30/; adapter, dans la mesure du possible, les conditions de travail aux besoins des handicape'es, qui devraient be'ne'ficier d'une protection juridique en cas de licenciement abusif du^ a` leur handicap; k) Redoubler d'efforts pour re'duire les e'carts de salaires entre hommes et femmes, prendre les mesures ne'cessaires pour faire appliquer le principe de la re'mune'ration e'gale pour un travail e'quivalent de valeur e'gale, en renforc'ant la le'gislation, et notamment en l'harmonisant avec les normes et codes internationaux du travail, et encourager la mise en place de syste`mes d'e'valuation du travail fonde's sur des crite`res non sexistes; l) Renforcer et/ou cre'er des instances juridiques compe'tentes en matie`re de discrimination salariale; m) E'tablir des dates butoirs pour l'e'limination de toutes les formes de travail des enfants qui sont contraires aux normes internationales reconnues, garantir l'application inte'grale des lois en vigueur et, le cas e'che'ant, adopter les lois ne'cessaires pour l'application de la Convention relative aux droits de l'enfant et des normes de l'Organisation internationale du Travail, et prote'ger les enfants qui travaillent, en particulier les enfants des rues, par des services approprie's de sante' et d'e'ducation et d'autres services sociaux; n) S'assurer que les strate'gies pour l'e'limination du travail des enfants prennent en conside'ration l'exploitation de petites filles pour des travaux me'nagers non paye's, au sein de leur famille ou ailleurs; o) E'tudier, analyser et, le cas e'che'ant, refondre les structures de salaires des professions majoritairement fe'minines, telles que les professions d'enseignantes, d'infirmie`res et d'assistantes maternelles, afin de valoriser le statut social et d'accroi^tre les revenus des inte'resse'es; p) Faciliter l'emploi productif des migrantes en situation re'gulie`re, (y compris les femmes dont on a de'termine' qu'elles ont le statut de re'fugie' en vertu de la Convention de 1951 relative au statut des re'fugie's), en reconnaissant davantage les diplo^mes e'trangers et les e'tudes faites a` l'e'tranger et en inte'grant une formation linguistique dans la formation professionnelle. Objectif strate'gique F.6. Permettre aux hommes et aux femmes de concilier responsabilite's familiales et responsabilite's professionnelles Mesures a` prendre 179. Les gouvernements devraient : a) Adopter des politiques visant a` ce que les travailleurs a` temps partiel, temporaires, saisonniers et a` domicile soient prote'ge's par le Code du travail et par les re'gimes de se'curite' sociale; favoriser le de'roulement des carrie`res dans des conditions de travail qui permettent de concilier les responsabilite's professionnelles et les responsabilite's familiales; b) Veiller a` ce que les hommes et les femmes puissent choisir, librement et sur un pied d'e'galite', de travailler a` temps partiel ou a` plein temps, et e'tudier un syste`me de protection approprie' pour les travailleurs atypiques, en ce qui concerne l'acce`s a` l'emploi, les conditions de travail et la se'curite' sociale; c) Promulguer des lois ou adopter des mesures d'incitation permettant aux hommes et aux femmes de prendre un conge' parental et de be'ne'ficier des prestations parentales; encourager le partage des responsabilite's familiales entre hommes et femmes, notamment en adoptant une le'gislation et des mesures d'incitation approprie'es et donner aux me`res qui travaillent plus de facilite's pour allaiter leur enfant; d) Concevoir des politiques, notamment en matie`re d'e'ducation, en vue de modifier les comportements qui renforcent la division sexiste du travail pour promouvoir le principe du partage par la formule des responsabilite's domestiques et en particulier de la garde des enfants et des personnes a^ge'es; e) Favoriser le de'veloppement technologique et ame'liorer l'acce`s aux techniques qui facilitent les ta^ches me'nage`res et professionnelles, encouragent l'autonomie, cre'ent des revenus, modifient les ro^les traditionnellement attribue's aux femmes et aux hommes dans la production et permettent aux femmes de n'e^tre plus rele'gue'es dans les emplois mal paye's; f) Sans pre'judice des priorite's et des politiques nationales, e'tudier, notamment dans le domaine de la le'gislation en matie`re de se'curite' sociale et des re'gimes fiscaux, un e'ventail de politiques et de programmes visant a` promouvoir une re'partition souple et e'galitaire du temps que les hommes et les femmes consacrent a` l'e'ducation et a` la formation, a` l'emploi re'mune're', aux responsabilite's familiales, aux activite's be'ne'voles et a` d'autres formes de travail d'inte're^t collectif, au repos et aux loisirs, et des avantages qu'ils en tirent. 180. Les gouvernements, le secteur prive', les organisations non gouvernementales, les syndicats et l'Organisation des Nations Unies devraient : a) Adopter des mesures approprie'es, en consultation avec les organisations patronales, les associations de travailleurs et les organismes gouvernementaux compe'tents pour que les hommes et les femmes puissent prendre des conge's temporaires, be'ne'ficier de prestations lie'es a` l'emploi et de droits a` la retraite transfe'rables, et ame'nager leur emploi du temps sans sacrifier leurs perspectives de carrie`re ni leur promotion professionnelle; b) Concevoir et proposer des programmes d'enseignement, faisant appel a` des campagnes me'diatiques novatrices, ainsi qu'a` l'e'cole et aux collectivite's, en vue de sensibiliser l'opinion publique a` l'e'galite' entre les sexes et de donner une image non ste're'otype'e des ro^les des hommes et des femmes dans la famille; mettre en place des services d'appui, tels que des garderies d'enfants sur le lieu de travail, et offrir des horaires souples; c) Adopter et appliquer des lois pour lutter contre le harce`lement sexuel et toutes les formes de harce`lement sur le lieu de travail. G. Les femmes et la prise de de'cisions 181. La De'claration universelle des droits de l'homme stipule que toute personne a le droit de prendre part a` la direction des affaires publiques de son pays. Une gestion et une administration transparente et responsable et un de'veloppement durable dans tous les domaines ne seront possibles que si les femmes ont plus de pouvoir d'action et plus d'autonomie et si elles jouissent d'une meilleure situation sociale, e'conomique et politique. Les rapports de force qui empe^chent les femmes de s'e'panouir existent a` tous les niveaux et dans tous les domaines de la socie'te', du plus prive' au plus public. Une participation e'gale des femmes et des hommes a` la prise de de'cisions e'tablira un e'quilibre qui correspondra mieux a` la composition de la socie'te', ce qui est ne'cessaire au renforcement de la de'mocratie et a` son bon fonctionnement. L'e'galite' dans la prise de de'cisions donnera aux femmes un poids qui seul permettra l'inte'gration d'une perspective e'galitaire dans l'e'laboration des politiques. La participation e'gale a` la vie politique sera donc de'terminante pour la promotion de la femme. L'e'galite' de participation aux prises de de'cisions n'est pas seulement une simple question de justice et de de'mocratie; on peut y voir aussi une condition ne'cessaire pour que les inte're^ts des femmes soient pris en conside'ration. Sans une participation active des femmes et la prise en compte de leurs points de vue a` tous les niveaux de la prise de de'cisions, les objectifs d'e'galite', de de'veloppement et de paix sont impossibles a` re'aliser. 182. Malgre' le mouvement ge'ne'ralise' de de'mocratisation en cours dans la plupart des pays, les femmes sont largement sous-repre'sente'es a` pratiquement tous les niveaux de l'administration, en particulier dans les ministe`res et autres organes exe'cutifs; elles ne sont gue`re plus nombreuses a` avoir acce'de' au pouvoir politique au sein des organes le'gislatifs et l'objectif de parvenir a` une proportion de 30 % de femmes aux postes de prise de de'cisions avant 1995, qu'avait fixe' le Conseil e'conomique et social, n'est pas atteint. Dans l'ensemble du monde, seuls 10 % des sie`ges dans les parlements et un pourcentage encore plus re'duit des portefeuilles ministe'riels sont actuellement de'tenus par des femmes. En fait, dans certains pays, y compris des pays qui connaissent des changements politiques, e'conomiques et sociaux profonds, le nombre des femmes sie'geant dans les organes le'gislatifs a beaucoup diminue'. Bien que les femmes repre'sentent plus de la moitie' de l'e'lectorat dans pratiquement tous les pays et qu'elles aient le droit de vote et soient e'ligibles dans presque tous les E'tats Membres de l'ONU, elles sont toujours gravement sous-repre'sente'es parmi les candidates aux postes politiques. Les modes de fonctionnement traditionnels de beaucoup de partis et structures politiques continuent a` faire obstacle a` la participation des femmes a` la vie publique. Des attitudes et pratiques discriminatoires, les responsabilite's familiales et maternelles, le cou^t de la campagne e'lectorale et de l'exercice des fonctions politiques, sont autant d'e'le'ments qui peuvent dissuader les candidatures fe'minines. Lorsqu'elles occupent des postes politiques et de responsabilite's aux niveaux des gouvernements et des organes le'gislatifs, les femmes exercent une influence qui ame`ne a` rede'finir les priorite's politiques, a` inscrire dans les programmes politiques de nouvelles questions qui refle`tent leurs pre'occupations spe'cifiques, leurs valeurs et leurs expe'riences, et a` re'pondre a` ces pre'occupations et a` e'clairer d'un jour nouveau les questions politiques ge'ne'rales. 183. Les femmes ont montre' qu'elles sont capables d'e^tre des chefs aussi bien dans des organisations communautaires et informelles que dans des fonctions publiques. Mais la place reconnue a` la femme et a` l'homme dans la socie'te' et les ste're'otypes ve'hicule's notamment par les me'dias renforcent la tendance a` re'server aux hommes le pouvoir et les responsabilite's politiques. Le fait que les femmes sont sous- repre'sente'es aux postes de responsabilite' dans les arts, la culture, le sport, les me'dias, l'e'ducation, les e'glises et la justice les empe^che de jouer un ro^le important dans de nombreuses institutions clefs. 184. E'tant exclues des voies traditionnelles qui me`nent au pouvoir, telles que les organes directeurs des partis politiques, les organisations patronales et les syndicats, les femmes y ont acce'de' par le biais d'autres structures, en particulier dans le secteur des organisations non gouvernementales. Les organisations non gouvernementales et les organisations communautaires leur ont permis d'exposer leurs inte're^ts et leurs proble`mes, et de promouvoir le de'bat national, re'gional et international sur la condition de la femme. 185. L'ine'galite' dans la vie publique commence souvent par des comportements et pratiques discriminatoires et des rapports de force de'se'quilibre's entre les sexes au sein de la famille (voir par. 29). A` cause de la division ine'gale du travail et des responsabilite's au sein des me'nages, elle-me^me fonde'e sur des rapports de force ine'gaux, les femmes n'ont pas le temps d'acque'rir les connaissances ne'cessaires pour participer a` la prise de de'cisions dans les organes publics. Un partage plus e'quitable de ces responsabilite's entre femmes et hommes permettra non seulement d'ame'liorer la qualite' de la vie des femmes et de leurs filles, mais leur donnera aussi l'occasion de participer a` l'e'laboration des politiques, des pratiques administratives et des budgets afin que leurs inte're^ts soient reconnus et qu'il en soit tenu compte. Des re'seaux et structures informels de prise de de'cisions au niveau local qui refle`tent la domination masculine empe^chent les femmes de participer de fac'on e'gale a` la vie politique, e'conomique et sociale. 186. La faible proportion de femmes occupant des postes de responsabilite' aux niveaux national, re'gional et international fait apparai^tre l'existence d'obstacles dus aux structures et aux comportements, qu'il faut chercher a` e'liminer par des mesures concre`tes. Les gouvernements, les entreprises transnationales et nationales, les me'dias, les banques, les e'tablissements universitaires et scientifiques et les organisations internationales et re'gionales, y compris celles qui rele`vent du syste`me des Nations Unies, ne tirent pas pleinement parti des talents des femmes a` des postes de direction, de responsabilite' politique, de diplomatie et de ne'gociation. 187. La re'partition e'quitable du pouvoir et des responsabilite's a` tous les niveaux est du ressort des gouvernements et d'autres acteurs qui doivent e'tablir une analyse statistique des sexospe'cificite's et inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans l'e'laboration des politiques et l'exe'cution des programmes. L'e'galite' dans le processus de'cisionnel est essentielle a` l'e'mancipation de la femme. Dans certains pays, des mesures de discrimination positive ont permis de porter a` 33,3 % ou plus la proportion de femmes dans le gouvernement et les pouvoirs locaux. 188. Les institutions de statistiques nationales, re'gionales et internationales ne savent pas encore comment pre'senter les statistiques relatives a` l'e'galite' entre les femmes et les hommes dans les domaines e'conomique et social. Ainsi, les bases de donne'es et les me'thodologies existantes dans l'important domaine de la prise de de'cisions ne sont pas suffisamment exploite'es. 189. Pour reme'dier au partage ine'gal du pouvoir et des responsabilite's de de'cision entre les femmes et les hommes a` tous les niveaux, les gouvernements et les autres acteurs devraient encourager l'adoption de mesures e'nergiques et visibles visant a` inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans toutes les politiques et tous les programmes afin d'en analyser les effets sur les deux sexes, avant toute de'cision. Objectif strate'gique G.1. Prendre des mesures propres a` assurer aux femmes l'e'galite' d'acce`s et la pleine participation aux structures du pouvoir et a` la prise de de'cisions Mesures a` prendre 190. Les gouvernements devraient : a) S'engager a` re'e'quilibrer la proportion d'hommes et de femmes dans les organes et commissions gouvernementaux, les administrations publiques et les services judiciaires, notamment en fixant des objectifs pre'cis et en appliquant des mesures visant a` augmenter substantiellement le nombre de femmes dans la fonction publique afin de re'aliser l'e'galite' de repre'sentation dans tous les postes du gouvernement et de l'administration publique, au besoin par des mesures de discrimination positive; b) Introduire, notamment, s'il y a lieu, dans les syste`mes e'lectoraux, des mesures qui encouragent les partis politiques a` faire en sorte que les femmes soient pre'sentes dans les postes publics e'lectifs et non e'lectifs dans les me^mes proportions et au me^me niveau que les hommes; c) Prote'ger et promouvoir l'e'galite' des droits des hommes et des femmes en ce qui concerne la participation aux activite's politiques, et la liberte' d'association, y compris le droit d'e^tre membres de partis politiques et de syndicats; d) E'tudier les effets des diffe'rents modes de scrutin sur la repre'sentation politique des femmes dans les organes e'lectifs et envisager, le cas e'che'ant, d'ajuster ou de modifier le syste`me e'lectoral; e) Suivre et e'valuer les progre`s dans la repre'sentation des femmes en assurant re'gulie`rement la collecte, l'analyse et la diffusion de donne'es quantitatives et qualitatives sur le nombre de femmes et d'hommes occupant des postes de responsabilite' a` tous les niveaux dans les secteurs public et prive', et diffuser tous les ans des donne'es sur le nombre de femmes et d'hommes employe's a` divers niveaux de l'administration; assurer l'e'galite' d'acce`s a` tous les postes de la fonction publique et e'tablir dans les structures gouvernementales des me'canismes pour suivre les progre`s dans ce domaine; f) Soutenir les organisations non gouvernementales et les instituts de recherche qui e'tudient la participation des femmes a` la prise de de'cisions et l'effet de cette participation sur les de'cisions et sur le climat des organes de de'cision; g) Encourager les femmes des populations autochtones a` participer davantage a` la prise de de'cisions a` tous les niveaux; h) Encourager les organisations finance'es par des fonds publics a` adopter des politiques et pratiques non discriminatoires de fac'on a` employer plus de femmes a` des postes plus e'leve's, et veiller a` ce qu'elles le fassent; i) Reconnai^tre que le partage des responsabilite's a` l'e'gard du travail et a` l'e'gard des enfants entre hommes et femmes, contribue a` promouvoir la participation des femmes a` la vie publique, et prendre les mesures voulues pour atteindre cet objectif, y compris des mesures permettant de concilier vie familiale et vie professionnelle; j) S'efforcer d'e'quilibrer la proportion d'hommes et de femmes dans les listes de candidats pre'sente's par les pays a` des postes e'lectifs et autres dans les organes des Nations Unies, les institutions spe'cialise'es et les autres organismes autonomes des Nations Unies, en particulier aux postes de direction. 191. Les partis politiques devraient : a) Envisager de revoir les structures et proce'dures des partis aux fins d'e'liminer tous les obstacles qui entravent directement ou indirectement la participation des femmes; b) Envisager des initiatives qui permettent aux femmes de participer pleinement a` toutes les structures internes d'e'laboration des politiques et aux processus de pre'sentation de candidature a` des postes e'lectifs et autres; c) Envisager d'incorporer la proble'matique hommes-femmes dans leur programme politique et veiller a` ce que les femmes puissent participer au me^me titre que les hommes a` la direction des partis politiques. 192. Les gouvernements, les institutions publiques, le secteur prive', les partis politiques, les syndicats, les organisations patronales, les e'tablissements universitaires et de recherche, les organes sous-re'gionaux et re'gionaux et les organisations non gouvernementales et internationales devraient : a) Agir concre`tement pour cre'er une masse critique de femmes dirigeantes, cadres et gestionnaires aux postes strate'giques de prise de de'cisions; b) Cre'er des me'canismes permettant de ve'rifier que les femmes acce`dent aux niveaux supe'rieurs de la prise de de'cisions, ou renforcer les me'canismes existants; c) Examiner les crite`res de recrutement et de nomination aux organes consultatifs et de de'cision, ainsi que de promotion aux postes e'leve's, pour s'assurer qu'ils sont approprie's et n'entrai^nent pas de discrimination a` l'e'gard des femmes; d) Encourager les organisations non gouvernementales, les syndicats et le secteur prive' a` s'efforcer de re'aliser dans leurs rangs l'e'galite' entre femmes et hommes, y compris l'e'galite' de participation dans leurs organes de de'cision et dans les ne'gociations dans tous les domaines et a` tous les niveaux; e) E'laborer des strate'gies de communication pour promouvoir le de'bat public sur les nouveaux ro^les des hommes et des femmes dans la socie'te' et dans la famille (tels qu'ils sont de'finis au paragraphe 30); f) Restructurer les programmes de recrutement et d'organisation des carrie`res pour que toutes les femmes, en particulier les jeunes femmes, puissent be'ne'ficier a` e'galite' avec les hommes de la formation þ y compris la formation en cours d'emploi þ a` la gestion, a` la cre'ation d'entreprises, aux ta^ches techniques et a` la direction; g) Mettre au point des programmes de promotion professionnelle des femmes de tous a^ges, comprenant la planification des carrie`res, la de'finition du profil des carrie`res, le tutorat et les conseils, et des activite's de formation et de recyclage; h) Encourager et appuyer la participation des organisations non gouvernementales de femmes aux confe'rences des Nations Unies et a` leur pre'paration; i) Chercher a` ce que les de'le'gations a` l'Organisation des Nations Unies et a` d'autres instances internationales comptent une proportion e'quilibre'e d'hommes et de femmes, et appuyer cet effort. 193. L'Organisation des Nations Unies devrait : a) Appliquer les politiques et dispositions existantes en matie`re d'emploi et en adopter de nouvelles, afin de re'aliser globalement l'e'galite' entre les sexes d'ici a` l'an 2000, en particulier dans la cate'gorie des cadres, compte du^ment tenu de la ne'cessite' d'assurer une repre'sentation ge'ographique aussi large que possible, conforme'ment au paragraphe 3 de l'Article 101 de la Charte des Nations Unies; b) Cre'er des me'canismes pour pre'senter des candidatures fe'minines aux postes de rang supe'rieur a` l'ONU, dans les institutions spe'cialise'es et les autres organismes des Nations Unies; c) Continuer a` rassembler et a` diffuser des donne'es quantitatives et qualitatives sur le ro^le des femmes et des hommes dans la prise de de'cisions, et analyser les effets diffe'rents qu'ils produisent sur les de'cisions, et suivre les progre`s vers la re'alisation de l'objectif fixe' par le Secre'taire ge'ne'ral tendant a` ce que des femmes occupent 50 % des postes de gestion et de de'cision d'ici a` l'an 2000. 194. Les organisations de femmes, les organisations non gouvernementales, les syndicats, les partenaires sociaux, les producteurs et les associations professionnelles devraient : a) Stimuler et renforcer la solidarite' entre les femmes par des activite's d'information, d'e'ducation et de sensibilisation; b) Plaider la cause des femmes a` tous les niveaux pour leur permettre d'influencer les de'cisions, processus et syste`mes politiques, e'conomiques et sociaux, et veiller a` ce que les e'lus tiennent leur engagement en faveur de l'e'quite' entre les sexes; c) E'tablir, en respectant les dispositions qui prote`gent les fichiers informatiques, des bases de donne'es sur les femmes et leurs qualifications, qui serviront a` nommer des femmes aux postes supe'rieurs de prise de de'cisions et aux postes consultatifs, et les diffuser aupre`s des gouvernements, des organisations internationales et re'gionales, des entreprises prive'es, des partis politiques et des divers organismes concerne's. Objectif strate'gique G.2. Donner aux femmes les moyens de participer a` la prise de de'cisions et d'exercer des responsabilite's Mesures a` prendre 195. Les gouvernements, les institutions publiques, le secteur prive', les partis politiques, les syndicats, les organisations patronales, les organes sous-re'gionaux et re'gionaux, les organisations non gouvernementales et internationales et les e'tablissements d'enseignement devraient : a) Assurer une formation pour pre'parer les femmes et les jeunes filles, en particulier celles qui ont des besoins particuliers, les handicape'es et les femmes appartenant a` des minorite's raciales ou ethniques, a` prendre conscience de leur valeur et a` assumer des postes de de'cision; b) Avoir des crite`res transparents de nomination aux postes de de'cision et veiller a` ce que la composition des organes de se'lection respecte l'e'quilibre entre les sexes; c) Cre'er un syste`me de tutorat pour les femmes qui n'ont pas encore acquis d'expe'rience et, en particulier, leur offrir une formation, notamment pour leur apprendre a` diriger et a` prendre des de'cisions, a` parler en public, a` avoir de l'assurance, et a` mener des campagnes politiques; d) Donner aux femmes et aux hommes une formation soucieuse de l'e'quite' entre les sexes afin de promouvoir des relations de travail non discriminatoires et le respect de la diversite' dans le travail et dans le style de gestion; e) E'laborer des me'canismes et assurer une formation qui encouragent les femmes a` participer au processus e'lectoral, aux activite's politiques et a` la prise de de'cisions. H. Me'canismes institutionnels charge's de favoriser la promotion de la femme 196. Des me'canismes nationaux charge's de favoriser la promotion de la femme ont e'te' e'tablis dans pratiquement tous les E'tats Membres en vue, notamment, d'e'laborer des politiques de promotion de la femme, d'en favoriser la mise en place, d'exe'cuter, de surveiller et d'e'valuer ces politiques, d'engager des actions de sensibilisation et de mobiliser l'appui en leur faveur. Ces me'canismes nationaux reve^tent diverses formes, leur efficacite' est ine'gale et, dans certains cas, ils ont perdu de leur importance. Souvent marginalise's dans les structures gouvernementales, ils souffrent de leurs mandats mal de'finis, du manque de personnel, de formation, de donne'es et de ressources et de l'absence de soutien de la part des autorite's nationales. 197. Aux niveaux re'gional et international, les me'canismes et institutions charge's de la promotion de la femme dans le cadre des activite's de de'veloppement politique, e'conomique, social et culturel et des actions en faveur du de'veloppement et des droits de l'homme connaissent les me^mes proble`mes, imputables a` un manque de de'termination au plus haut niveau. 198. Des confe'rences internationales successives ont mis l'accent sur la ne'cessite' de tenir compte des sexospe'cificite's dans l'e'laboration des politiques et des programmes. Cependant, ce n'est souvent pas le cas. 199. Les organes re'gionaux oeuvrant pour la promotion de la femme ont e'te' renforce's, de me^me que des me'canismes internationaux tels que la Commission de la condition de la femme et le Comite' pour l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes. Cependant, le manque de ressources continue de les empe^cher de s'acquitter pleinement de leur mandat. 200. Des me'thodes d'analyse des sexospe'cificite's et des mesures propres a` e'liminer les effets sexospe'cifiques des politiques et programmes ont e'te' e'labore'es dans de nombreuses organisations et sont pre^tes a` e^tre mises en pratique, mais bien souvent elles ne sont pas applique'es ou ne le sont pas de manie`re syste'matique. 201. Tout e'tat devrait avoir un me'canisme charge' de la promotion de la femme, qui soit la principale entite' de coordination des politiques nationales. De tels me'canismes ont pour ta^che essentielle d'appuyer l'inte'gration de la proble'matique hommes-femmes dans tous les secteurs et dans toutes les entite's de l'E'tat. Pour fonctionner efficacement, ces me'canismes nationaux doivent re'unir les conditions ci-apre`s : a) E^tre situe' au niveau le plus e'leve' possible de l'E'tat et relever directement d'un ministre; b) E^tre un me'canisme ou dispositif institutionnel qui facilite, comme il convient, la de'centralisation de la planification, de l'exe'cution et du suivi en vue d'assurer la participation des organisations non gouvernementales et des collectivite's depuis la base jusqu'au sommet; c) Disposer de ressources financie`res et humaines suffisantes; d) Pouvoir influer sur l'e'laboration de toutes les politiques du gouvernement. 202. Lors de l'examen des me'canismes charge's de favoriser la promotion de la femme, les gouvernements et les autres acteurs devraient encourager l'adoption de mesures e'nergiques et visibles visant a` assurer la prise en compte de la proble'matique hommes-femmes dans toutes les politiques et tous les programmes afin d'en analyser les conse'quences sexospe'cifiques, avant toute de'cision. Objectif strate'gique H.1. Cre'er ou renforcer les me'canismes nationaux et autres organes gouvernementaux Mesures a` prendre 203. Les gouvernements devraient : a) Veiller a` ce que la responsabilite' de la promotion de la femme soit exerce'e au plus haut niveau possible de l'E'tat. Dans de nombreux cas, ce pourrait e^tre a` l'e'chelon ministe'riel; b) En se fondant sur une volonte' politique re'solue, cre'er, la` ou` il n'en n'existe pas, des me'canismes nationaux charge's de favoriser la promotion de la femme, et renforcer, comme il convient, les me'canismes nationaux existants au niveau le plus e'leve' possible de l'E'tat et les doter de mandats et de pouvoirs clairement de'finis; il est essentiel que ces me'canismes disposent des ressources ade'quates ainsi que des capacite's et compe'tences ne'cessaires pour pouvoir influer sur la politique et e'laborer et e'valuer la le'gislation. Ces me'canismes devraient, entre autres, faire des analyses pre'alables des politiques et se charger des campagnes de sensibilisation, de la communication, de la coordination et du suivi; c) Assurer la formation du personnel a` la conception et a` l'analyse des donne'es ventile'es par sexe; d) E'tablir des proce'dures permettant au me'canisme national de recueillir rapidement des informations sur les questions de politique intersectorielle et l'associer en permanence a` l'e'laboration et a` l'examen des politiques nationales; e) Rendre compte pe'riodiquement aux organes le'gislatifs des progre`s de l'action entreprise en vue d'inte'grer la proble'matique hommes-femmes, en prenant en conside'ration la mise en oeuvre du Programme d'action; f) Encourager et favoriser la participation active de l'ensemble des institutions des secteurs public, prive' et be'ne'vole a` l'action en faveur de l'e'galite' entre les femmes et les hommes. Objectif strate'gique H.2. Inte'grer une de'marche soucieuse d'e'galite' entre les sexes dans l'e'laboration des dispositions le'gislatives, des politiques et des programmes et projets d'inte're^t ge'ne'ral Mesures a` prendre 204. Les gouvernements devraient : a) Proce'der, avant toute de'cision politique, a` une analyse de ses conse'quences sexospe'cifiques; b) Examiner pe'riodiquement les politiques, programmes et projets nationaux, ainsi que leur mise en oeuvre, en e'valuant les effets des politiques de l'emploi et des revenus afin que les femmes be'ne'ficient directement du de'veloppement et que leur contribution au de'veloppement, qu'elle soit re'mune're'e ou non, soit entie`rement prise en conside'ration dans la politique et la planification e'conomiques; c) Promouvoir des strate'gies nationales e'galitaires, assorties d'objectifs, afin d'e'liminer les obstacles a` l'exercice des droits des femmes ainsi que toutes formes de discrimination a` leur e'gard; d) Oeuvrer avec les membres des organes le'gislatifs, le cas e'che'ant, afin de les amener a` adopter des politiques et une le'gislation soucieuses de l'e'galite' entre les sexes; e) Donner a` tous les ministe`res l'instruction de re'viser les politiques et programmes dans une perspective e'galitaire et compte tenu du Programme d'action; en assigner la responsabilite' au niveau le plus e'leve' possible; cre'er a` cet effet une structure interministe'rielle de coordination, de suivi et de liaison avec les me'canismes compe'tents, ou renforcer les structures existantes. 205. Les me'canismes nationaux devraient : a) Faciliter l'e'laboration et l'exe'cution des politiques nationales en matie`re d'e'galite' entre les femmes et les hommes, e'laborer des strate'gies et me'thodes approprie'es et promouvoir la coordination et la coope'ration au sein du gouvernement afin d'inte'grer la proble'matique hommes-femmes a` tous les niveaux de l'e'laboration des politiques; b) Favoriser et cre'er des relations de coope'ration avec les secteurs compe'tents de l'administration, les centres d'e'tudes et de recherche sur les femmes, les universite's et les e'tablissements d'enseignement, le secteur prive', les me'dias, les organisations non gouvernementales, en particulier les organisations fe'minines, et tous les autres acteurs de la socie'te' civile; c) Mener des activite's centre'es sur les re'formes juridiques concernant, notamment, la famille, les conditions d'emploi, la se'curite' sociale, l'impo^t sur le revenu, l'e'galite' des chances en matie`re d'e'ducation, les mesures concre`tes en faveur de la promotion de la femme et la cre'ation de comportements et d'une culture e'galitaires, et promouvoir l'adoption d'une perspective e'galitaire dans toute re'forme des politiques et programmes dans le domaine juridique; d) Promouvoir la participation accrue des femmes en tant que partenaires actifs et be'ne'ficiaires du de'veloppement, de fac'on a` ame'liorer la qualite' de la vie pour tous; e) E'tablir des contacts directs avec les organes nationaux, re'gionaux et internationaux s'occupant de la promotion de la femme; f) Fournir une formation et des services consultatifs aux organismes gouvernementaux afin de leur permettre d'inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans leurs politiques et programmes. Objectif strate'gique H.3. Produire et diffuser des donne'es et des informations ventile'es par sexe aux fins de planification et d'e'valuation Mesures a` prendre 206. Les services statistiques nationaux, re'gionaux et internationaux, ainsi que les organes compe'tents des pays et des institutions des Nations Unies, devraient, travaillant en coope'ration avec des organismes de recherche et de documentation dans leurs domaines de compe'tence respectifs : a) Veiller a` ce que les statistiques soient collecte'es, compile'es, analyse'es et pre'sente'es par a^ge et par sexe et refle`tent la proble'matique hommes-femmes existant dans la socie'te'; b) Collecter, compiler, analyser et pre'senter a` intervalles re'guliers des donne'es ventile'es par a^ge, sexe, indicateurs socio-e'conomiques et autres indicateurs pertinents, y compris le nombre de personnes a` charge, a` utiliser pour la planification et la mise en oeuvre des politiques et des programmes; c) Faire participer les centres d'e'tudes et de recherche sur les femmes a` l'e'laboration et a` la mise a` l'essai d'indicateurs approprie's et de me'thodes de recherche afin de renforcer l'analyse des sexospe'cificite's, ainsi qu'au suivi et a` l'e'valuation de la re'alisation des objectifs du Programme d'action; d) De'signer ou nommer des agents charge's de renforcer les programmes de statistiques ventile'es par sexe et assurer la coordination, le suivi et la liaison avec les travaux de statistique dans tous les autres domaines, et mettre au point des statistiques intersectorielles; e) Ame'liorer la collecte de donne'es sur la totalite' des apports des femmes et des hommes a` l'e'conomie, notamment sur leur participation aux secteurs informels; f) Acque'rir une connaissance plus de'taille'e de toutes les formes de travail et d'emploi en : i) Ame'liorant la collecte de donne'es sur le travail non re'mune're', par exemple dans l'agriculture, en particulier l'agriculture de subsistance, et dans d'autres types d'activite's de production non marchande, qui est de'ja` pris en conside'ration dans le syste`me de comptabilite' nationale de l'ONU; ii) Ame'liorant les e'valuations qui, a` l'heure actuelle, sous-estiment le cho^mage et le sous-emploi des femmes sur le marche' du travail; iii) E'laborant, dans les instances approprie'es, des me'thodes d'e'valuation quantitative, du travail non re'mune're' qui n'est pas pris en conside'ration dans la comptabilite' nationale, par exemple la garde des personnes de'pendantes et la pre'paration de la nourriture, afin de l'inte'grer e'ventuellement dans des comptes accessoires ou d'autres comptes officiels qui seraient e'tablis se'pare'ment de la comptabilite' nationale de base, mais harmonise's avec celle-ci, afin de prendre en compte la contribution e'conomique des femmes et de faire apparai^tre la re'partition ine'gale du travail re'mune're' et du travail non re'mune're' entre les femmes et les hommes; g) E'laborer une classification internationale des activite's qui sera utilise'e pour e'tablir des statistiques des budgets-temps et qui tienne compte des diffe'rences entre les femmes et les hommes en matie`re de travail re'mune're' et non re'mune're', et rassembler des donne'es ventile'es par sexe. Au niveau national, sous re'serve des contraintes nationales : i) Effectuer pe'riodiquement des e'tudes des budgets-temps pour mesurer quantitativement le travail non re'mune're', et notamment comptabiliser les activite's qui sont mene'es simultane'ment avec des activite's re'mune're'es ou d'autres activite's non re'mune're'es; ii) Mesurer quantitativement le travail non re'mune're' qui n'est pas pris en conside'ration dans la comptabilite' nationale et s'employer a` ame'liorer les me'thodes pour que sa valeur soit du^ment inte'gre'e dans des comptes accessoires ou d'autres comptes officiels qui seraient e'tablis se'pare'ment de la comptabilite' nationale de base, mais harmonise's avec celle-ci; h) Ame'liorer les principes et me'thodes de collecte de donne'es concernant l'e'valuation de la pauvrete' chez les femmes et les hommes, et leur acce`s aux ressources; i) Renforcer les syste`mes d'e'tablissement des statistiques de l'e'tat civil et introduire des analyses des sexospe'cificite's dans les publications et la recherche; donner la priorite' aux spe'cificite's de chaque sexe dans la conception de la recherche, ainsi que dans la collecte et l'analyse des donne'es, afin d'ame'liorer les statistiques de morbidite'; ame'liorer la collecte de donne'es relatives a` l'acce`s aux soins de sante' y compris l'acce`s a` des services de sante' inte'gre's en matie`re de sexualite' et de reproduction, aux soins obste'triques et a` la planification familiale, en accordant la priorite' aux me`res adolescentes et a` la garde des personnes a^ge'es; j) E'tablir de meilleures statistiques ventile'es par sexe et par tranche d'a^ge sur les victimes et les auteurs de toutes les formes de violence contre les femmes, comme la violence familiale, le harce`lement sexuel, le viol, l'inceste et les se'vices sexuels, ainsi que la traite des femmes et des petites filles, y compris les violences commises par des agents de l'E'tat; k) Ame'liorer les principes et me'thodes de collecte de donne'es sur la participation des femmes et des hommes handicape's, y compris en ce qui concerne leur acce`s aux ressources. 207. Les gouvernements devraient : a) Assurer la publication re'gulie`re d'un bulletin statistique contenant des donne'es ventile'es par sexe, qui pre'sente et interpre`te des donne'es d'actualite' concernant les femmes et les hommes, sous une forme compre'hensible par un large e'ventail d'utilisateurs non spe'cialise's; b) Veiller a` ce que les producteurs et les utilisateurs de statistiques de chaque pays ve'rifient a` intervalle re'gulier si le syste`me statistique officiel est ade'quat et dans quelle mesure il couvre les sexospe'cificite's, et, s'il y a lieu, e'tablissent un plan pour l'ame'liorer; c) Re'aliser et encourager les organisations de recherche, les syndicats, les employeurs, le secteur prive' et les organisations non gouvernementales a` re'aliser des e'tudes quantitatives et qualitatives, sur le partage du pouvoir et de l'influence dans la socie'te', notamment sur la proportion de femmes et d'hommes occupant des postes de direction tant dans le secteur public que dans le secteur prive'; d) Utiliser davantage de donne'es sexospe'cifiques dans la formulation des politiques et l'exe'cution des programmes et projets. 208. L'Organisation des Nations Unies devrait : a) Promouvoir la mise au point de me'thodes permettant de mieux collecter, collationner et analyser des donne'es concernant les droits fondamentaux des femmes, et notamment la violence a` leur e'gard, a` l'intention de tous les organismes compe'tents des Nations Unies; b) Promouvoir la mise au point de me'thodes statistiques permettant d'ame'liorer les donne'es concernant la place des femmes dans le de'veloppement e'conomique, social, culturel et politique; c) Actualiser tous les cinq ans la publication Les femmes dans le monde et lui assurer une large diffusion; d) Aider les pays qui en font la demande a` e'laborer des politiques des programmes en fonction des besoins de chaque sexe; e) Veiller a` ce que les rapports, donne'es et publications pertinents de la Division de statistique du Secre'tariat de l'ONU et de l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme sur les progre`s re'alise's aux niveaux national et international soient transmis a` la Commission de la condition de la femme de fac'on re'gulie`re et coordonne'e. 209. Les institutions multilate'rales de de'veloppement et les donateurs bilate'raux devraient : Encourager et soutenir la mise en place de capacite's nationales dans les pays en de'veloppement et dans les pays en transition en fournissant a` ces pays des ressources et une assistance technique, de sorte qu'ils puissent mesurer la totalite' du travail accompli par les femmes et les hommes, tant re'mune're' que non re'mune're', et, le cas e'che'ant, e'tablir des comptes accessoires ou d'autres comptes officiels du travail non re'mune're'. I. Les droits fondamentaux de la femme 210. Les droits de l'homme et les liberte's fondamentales sont inhe'rents a` tous les e^tre humains; leur protection et leur promotion incombent au premier chef aux gouvernements. 211. La Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme a re'affirme' l'engagement solennel pris par tous les E'tats de s'acquitter de leur obligation de promouvoir le respect universel, l'observation et la protection de l'ensemble des droits de l'homme et des liberte's fondamentales pour tous, conforme'ment a` la Charte des Nations Unies, aux autres instruments relatifs aux droits de l'homme et au droit international. Elle a e'galement affirme' que le caracte`re universel de ces droits et liberte's e'tait incontestable. 212. La promotion et la protection de tous les droits de la personne humaine et des liberte's fondamentales doivent e^tre conside're'es comme un objectif prioritaire de l'Organisation des Nations Unies, conforme'ment a` ses buts et principes, notamment le principe de coope'ration internationale. Compte tenu de ces buts et principes, la promotion et la protection de tous les droits de l'homme est une pre'occupation le'gitime de la communaute' internationale. Celle-ci doit envisager les droits de l'homme de fac'on globale, juste et e'galitaire, en les plac'ant sur un pied d'e'galite' et en leur accordant la me^me importance. Le Programme d'action re'affirme qu'il faut veiller a` ce que l'examen des questions relatives aux droits de l'homme respecte les principes de l'universalite', de l'objectivite' et de la non-se'lectivite'. 213. Le Programme d'action re'affirme que tous les droits de l'homme, c'est-a`-dire les droits civils, culturels, e'conomiques, politiques et sociaux, et le droit au de'veloppement, sont universels, indissociables, interde'pendants et intimement lie's, comme indique' dans la De'claration et le Programme d'action de Vienne adopte's par la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme. La Confe'rence a re'affirme' que les droits fondamentaux des femmes et des fillettes faisaient inalie'nablement, inte'gralement et indissociablement partie des droits universels de la personne. Il est essentiel pour la promotion de la femme que les femmes et les filles jouissent pleinement et sur un pied d'e'galite' de l'ensemble des droits fondamentaux et des liberte's premie`res, et il s'agit la` d'une priorite' pour les gouvernements et l'Organisation des Nations Unies. 214. Le pre'ambule de la Charte des Nations Unies mentionne expresse'ment l'e'galite' de droits des hommes et des femmes. Dans les principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme le sexe est explicitement cite' parmi les crite`res de discrimination que les E'tats ne doivent pas invoquer. 215. Les gouvernements doivent non seulement s'abstenir de violer les droits fondamentaux des femmes, mais aussi s'employer activement a` les promouvoir et a` les prote'ger. Le fait que les trois quarts des E'tats Membres de l'Organisation aient adhe're' a` la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes montre a` quel point l'importance des droits fondamentaux de ces dernie`res est reconnue. 216. La Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme a clairement re'affirme' que les droits fondamentaux des femmes, a` toutes les e'tapes de leur vie, font inalie'nablement, inte'gralement et indissociablement partie des droits universels de la personne. La Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement a re'affirme' les droits des femmes en matie`re de reproduction et leur droit au de'veloppement. La De'claration des droits de l'enfant 31/ et la Convention relative aux droits de l'enfant 11/ garantissent les droits des enfants et consacrent le principe selon lequel toute discrimination fonde'e sur le sexe est inacceptable. 217. Si la reconnaissance des droits ne s'accompagne pas de jouissance effective, c'est parce que les gouvernements ne sont pas suffisamment de'termine's a` les promouvoir et a` les prote'ger, et qu'ils n'informent ni les femmes ni les hommes a` ce sujet. L'absence de me'canismes de recours approprie's et l'insuffisance des ressources aux niveaux national et international aggravent le proble`me. La plupart des pays ont pris des mesures pour tenir compte des droits garantis par la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes. Certains ont e'tabli des me'canismes visant a` aider les femmes a` mieux faire respecter leurs droits. 218. Afin de prote'ger les droits fondamentaux des femmes, il convient, dans la mesure du possible, d'e'viter d'e'mettre des re'serves et de faire en sorte qu'aucune des re'serves formule'es ne soit incompatible avec l'objet et le but de la Convention ou de quelque autre manie`re incompatible avec le droit conventionnel international. Les droits fondamentaux des femmes, tels que de'finis par les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, resteront sans effet tant qu'ils ne seront pas pleinement reconnus par les le'gislations nationales et, en pratique, dans les codes de la famille, du travail et du commerce, les codes civils et pe'naux et les re`glements administratifs, et tant qu'ils ne seront pas effectivement prote'ge's et respecte's. 219. Dans les pays qui ne sont pas encore parties a` la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes et a` d'autres instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, qui ont e'mis des re'serves incompatibles avec l'objet ou le but de la Convention, ou dont la le'gislation nationale n'a pas e'te' aligne'e sur les normes internationales, l'e'galite' de jure de la femme n'est pas encore assure'e. Les divergences entre certaines le'gislations nationales et le droit international et les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme empe^chent les femmes de jouir pleinement de droits e'gaux. L'extre^me complexite' des proce'dures administratives, le manque de vigilance au niveau de la proce'dure judiciaire et les carences des me'canismes de surveillance des violations des droits des femmes, conjugue's a` la sous-repre'sentation des femmes dans les syste`mes judiciaires, au fait qu'elles connaissent mal leurs droits et a` la persistance d'attitudes et de pratiques discriminatoires, perpe'tuent l'ine'galite' de fait dont les femmes sont victimes. Cette ine'galite' de fait est aussi perpe'tue'e par le non-respect des lois pertinentes et des codes de la famille et du travail, des codes de commerce, et des codes civils et pe'naux, ainsi que des re`gles et re`glements administratifs visant a` garantir aux femmes la pleine jouissance de leurs droits fondamentaux et liberte's premie`res. 220. Toute personne devrait avoir le droit de participer et de contribuer au de'veloppement culturel, e'conomique, politique et social, ainsi que le droit d'en profiter. Or, dans de nombreux cas, les femmes et les filles sont victimes de discrimination dans la re'partition des ressources e'conomiques et sociales, ce qui est une violation directe de leurs droits e'conomiques, sociaux et culturels. 221. La de'fense des droits fondamentaux des femmes et des filles doit faire partie inte'grante des activite's de l'Organisation des Nations Unies dans le domaine des droits de l'homme. Il importe d'intensifier les efforts visant a` inte'grer les questions relatives a` l'e'galite' des sexes et aux droits fondamentaux des femmes et des petites filles dans toutes les activite's du syste`me des Nations Unies et de faire en sorte que ces questions soient examine'es re'gulie`rement et de manie`re syste'matique par les organes compe'tents et me'canismes approprie's. Pour ce faire, il faudra notamment ame'liorer la coope'ration et la coordination entre la Commission de la condition de la femme, le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, la Commission des droits de l'homme, y compris ses rapporteurs spe'ciaux et ses rapporteurs the'matiques, ses experts inde'pendants, ses groupes de travail et sa Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorite's, la Commission du de'veloppement durable, la Commission du de'veloppement social, la Commission pour la pre'vention du crime et la justice pe'nale, le Comite' pour l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes et les autres organes de suivi des traite's relatifs aux droits de l'homme, ainsi que toutes les entite's compe'tentes du syste`me des Nations Unies, y compris les institutions spe'cialise'es. Il faut aussi coope'rer pour renforcer, rationaliser et simplifier les me'canismes du syste`me des Nations Unies relatifs aux droits de l'homme et pour en ame'liorer l'efficacite', compte tenu de la ne'cessite' d'e'viter les doubles emplois et les chevauchements de mandats et de travaux. 222. Pour assurer la jouissance universelle des droits de la personne humaine, il faut tenir compte de la nature syste'matique des discriminations dont les femmes sont victimes, que l'analyse par sexe fait clairement apparai^tre, dans l'application des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme. 223. Ayant a` l'esprit le Programme d'action de la Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement 14/ ainsi que la De'claration et le Programme d'action de Vienne 2/ adopte's par la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme, la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes re'affirme que les droits en matie`re de reproduction sont fonde's sur la reconnaissance du droit fondamental qu'ont tous les couples et tous les individus de de'cider librement et en toute responsabilite' du nombre de leurs enfants et de l'espacement des naissances, et de disposer de l'information et des moyens voulus, ainsi que du droit qu'a chacun de jouir du meilleur e'tat de sante' possible en matie`re de sexualite' et de reproduction, et de prendre des de'cisions en matie`re de reproduction sans faire l'objet de discrimination, de contrainte ou de violence, comme pre'vu dans les instruments relatifs aux droits de l'homme. 224. La violence a` l'e'gard des femmes constitue une violation de leurs droits fondamentaux et de leurs liberte's premie`res et entrave ou empe^che l'exercice de ces droits et liberte's. Il de'coule de la De'claration sur l'e'limination de la violence a` l'e'gard des femmes et des travaux des rapporteurs spe'ciaux, que la violence fonde'e sur l'appartenance au sexe fe'minin, comme les coups et les autres types de violence exerce'e au sein de la famille, les se'vices sexuels, l'esclavage et l'exploitation sexuels, la traite internationale de femmes et d'enfants, la prostitution force'e et le harce`lement sexuel, ainsi que toute violence contre les femmes motive'e par des pre'juge's culturels, le racisme ou la discrimination raciale, la xe'nophobie, la pornographie, le nettoyage ethnique, les conflits arme's, l'occupation e'trange`re et l'extre'misme et le terrorisme religieux et antireligieux portent atteinte a` la dignite' et a` la valeur de la personne humaine et doivent e^tre combattues et e'limine'es. Tous les aspects nocifs de certaines pratiques traditionnelles, coutumie`res ou modernes qui violent les droits de la femme doivent e^tre interdits et e'limine's. Les gouvernements devraient prendre d'urgence des mesures visant a` combattre et a` e'liminer toutes les formes de violence a` l'e'gard des femmes, que ce soit dans la vie prive'e ou dans la vie publique, et qu'elles soient perpe'tre'es ou tole're'es par l'E'tat ou par des individus. 225. De nombreuses femmes rencontrent des obstacles supple'mentaires entravant la jouissance de leurs droits fondamentaux, du fait de leur race, leur langue, leur origine ethnique, leur culture, leur religion ou leur situation socio- e'conomique, ou parce qu'elles sont handicape'es, membres d'une population autochtone, migrantes, de'place'es ou re'fugie'es. Elles sont e'galement de'favorise'es et marginalise'es parce qu'elles ne connaissent pas leurs droits fondamentaux, parce que ceux-ci ne sont pas reconnus, et parce qu'il leur est difficile d'acce'der a` l'information et aux me'canismes de recours qui leur permettraient de les faire respecter. 226. Les facteurs qui expliquent l'exode des femmes re'fugie'es, des autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et des femmes de'place'es a` l'inte'rieur de leur pays sont parfois diffe'rents de ceux qui poussent les hommes a` quitter leur lieu de re'sidence. Lors de leur de'placement et par la suite, ces femmes restent vulne'rables aux violations de leurs droits fondamentaux. 227. Dans l'ensemble, les femmes recourent de plus en plus a` la justice pour obtenir le respect de leurs droits, mais, dans de nombreux pays, la me'connaissance de ces droits les empe^che de les exercer inte'gralement et fait obstacle a` l'e'galite' des sexes. L'exemple de nombreux pays montre qu'il est possible de donner aux femmes le pouvoir et la volonte' d'exiger le respect de leurs droits, quel que soit leur degre' d'instruction et leur situation socio-e'conomique. Des programmes de vulgarisation juridique et des campagnes de presse ont efficacement contribue' a` faire comprendre aux femmes le lien qui existe entre leurs droits et d'autres aspects de leur vie et a` montrer qu'il est possible de prendre, a` peu de frais, des initiatives susceptibles de les aider a` faire respecter ces droits. Il est essentiel de dispenser un enseignement dans le domaine des droits de l'homme pour faire connai^tre aux femmes leurs droits et les me'canismes de recours qui s'offrent a` elles en cas de violation. Il est indispensable que chacun, et en particulier les femmes rendues vulne'rables par les circonstances, connaisse parfaitement ses droits et ait a` sa disposition des voies de recours en cas de violation. 228. Les femmes qui militent en faveur du respect des droits fondamentaux doivent e^tre prote'ge'es. Il incombe aux gouvernements de garantir aux femmes qui oeuvrent pacifiquement, individuellement ou en association, a` la promotion et a` la protection des droits de l'homme, la jouissance de tous les droits e'nonce's dans la De'claration universelle des droits de l'homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits e'conomiques, sociaux et culturels. Les organisations non gouvernementales, les organisations fe'minines et les groupes fe'ministes ont joue' un ro^le catalyseur dans la promotion des droits fondamentaux des femmes, en menant des activite's au niveau local, en cre'ant des re'seaux et en menant des campagnes de sensibilisation, et les gouvernements doivent les encourager, les appuyer, et leur donner acce`s a` l'information ne'cessaire a` leur action. 229. Pour assurer la jouissance des droits de l'homme, les gouvernements et les autres inte'resse's devraient promouvoir des mesures concre`tes et visibles afin d'inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans tous leurs programmes et politiques, de sorte que toute de'cision soit pre'ce'de'e d'une analyse de ses effets sexospe'cifiques. Objectif strate'gique I.1. Promouvoir et prote'ger les droits fondamentaux des femmes par la pleine application de tous les instruments relatifs aux droits de l'homme, en particulier de la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes Mesures a` prendre 230. Les gouvernements devraient : a) Adhe'rer aux traite's internationaux et re'gionaux relatifs aux droits de l'homme et s'employer activement a` les faire ratifier et appliquer; b) Ratifier la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes ou y adhe'rer et en garantir l'application, de fac'on que la Convention soit universellement ratifie'e d'ici a` l'an 2000; c) Limiter leurs e'ventuelles re'serves a` la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes, formuler les re'serves de fac'on aussi pre'cise et restrictive que possible, veiller a` ce qu'aucune re'serve ne soit incompatible avec l'objet et le but de la Convention ou contraire au droit conventionnel international et reconside'rer re'gulie`rement les re'serves qu'ils ont formule'es, en vue de les retirer; retirer les re'serves qui sont contraires a` l'objet et au but de la Convention sur toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes ou qui sont incompatibles avec le droit conventionnel international; d) Envisager d'e'laborer des plans d'action nationaux indiquant les mesures a` prendre pour mieux promouvoir et prote'ger les droits fondamentaux, notamment ceux des femmes, comme l'a recommande' la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme; e) Cre'er des institutions nationales inde'pendantes pour la protection et la promotion de ces droits, notamment les droits fondamentaux des femmes, ou renforcer celles qui existent, comme l'a recommande' la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme; f) Mettre au point un programme exhaustif d'e'ducation en matie`re de droits de l'homme pour sensibiliser les femmes et le reste de la population aux droits fondamentaux des femmes; g) Si leur pays est partie a` la Convention, appliquer celle-ci en reconside'rant toutes les lois, politiques, pratiques et proce'dures en vigueur pour qu'elles soient conformes aux obligations qui en de'coulent; par ailleurs, tous les E'tats devraient re'examiner toutes les lois, politiques, pratiques et proce'dures nationales afin qu'elles satisfassent aux obligations internationales en matie`re de droits de l'homme; h) Traiter des aspects inte'ressant spe'cifiquement les femmes dans les rapports qu'ils soumettent en vertu de tous les autres instruments et conventions relatifs aux droits de l'homme, y compris les conventions de l'OIT, de fac'on que les droits fondamentaux des femmes soient analyse's et re'examine's; i) Pre'senter re'gulie`rement au Comite' pour l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes des rapports sur l'application de la Convention, en suivant a` la lettre les directives e'tablies par le Comite' et en faisant participer selon qu'il convient des organisations non gouvernementales a` l'e'laboration de ces rapports ou en tenant compte de leurs contributions; j) Permettre a` la Commission pour l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes de s'acquitter pleinement de son mandat en pre'voyant des dure'es de session suffisantes au moyen d'une large ratification de la re'vision adopte'e le 22 mai 1995 par les E'tats parties a` la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes concernant le paragraphe 1 de l'article 20 32/, et en faisant pre'valoir des me'thodes de travail efficaces; k) Appuyer le processus lance' par la Commission de la condition de la femme en vue d'e'tablir un projet de protocole facultatif a` la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes, qui pourrait entrer en vigueur de`s que possible au titre d'une proce'dure de droit de pe'tition, compte tenu du rapport du Secre'taire ge'ne'ral sur le protocole facultatif, notamment des vues concernant la faisabilite' d'un tel instrument; l) Prendre d'urgence des mesures en vue de parvenir a` une ratification universelle de la Convention relative aux droits de l'enfant, ou a` une adhe'sion universelle a` cet instrument, avant la fin de 1995, et en assurer l'application pleine et entie`re, de fac'on a` garantir des droits e'gaux aux filles et aux garc'ons; ceux qui ne l'ont pas encore fait sont instamment invite's a` devenir parties a` cet instrument afin que la Convention relative aux droits de l'enfant soit universellement applique'e d'ici a` l'an 2000; m) S'attaquer aux graves proble`mes touchant les enfants, notamment en appuyant les efforts entrepris dans le cadre du syste`me des Nations Unies pour adopter des mesures internationales efficaces visant a` pre'venir et a` e'liminer l'infanticide des filles, l'emploi des enfants dans des conditions nocives, la vente d'enfants et d'organes d'enfants, la prostitution et la pornographie enfantines et d'autres formes de se'vices sexuels et envisager de contribuer a` la re'daction d'un protocole facultatif se rapportant a` la Convention relative aux droits de l'enfant; n) Renforcer l'application de tous les instruments pertinents relatifs aux droits de l'homme, afin de combattre et d'e'liminer, en ayant notamment recours a` la coope'ration internationale, la traite organise'e et d'autres formes de trafic de femmes et d'enfants, y compris a` des fins d'exploitation sexuelle, de pornographie, de prostitution et de tourisme sexuel, et de fournir des services sociaux et juridiques aux victimes; en pre'voyant une coope'ration internationale en vue de poursuivre et de punir ceux qui se livrent a` l'exploitation organise'e de femmes et d'enfants; o) Eu e'gard a` la ne'cessite' de garantir le respect total des droits fondamentaux des femmes des populations autochtones, envisager de soumettre une de'claration sur les droits des populations autochtones a` l'Assemble'e ge'ne'rale pour que cette dernie`re l'adopte dans le cadre de la De'cennie internationale des populations autochtones et encourager la participation de femmes autochtones au groupe de travail charge' de re'diger le projet de de'claration, conforme'ment aux dispositions relatives a` la participation d'organisations de populations autochtones. 231. Les organismes, organes et institutions compe'tents du syste`me des Nations Unies, tous les organes et organismes des Nations Unies s'occupant des droits de l'homme, ainsi que le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme et le Haut Commissaire des Nations Unies pour les re'fugie's devraient, tout en ame'liorant la coordination entre les divers organismes, me'canismes et proce'dures pour accroi^tre leur efficacite' et leur efficience et e'viter des chevauchements inutiles de leurs mandats et de leurs travaux : a) Accorder sans cesse leur pleine attention aux droits fondamentaux des femmes, a` e'galite' avec tous les autres droits, dans toutes les activite's qu'ils me`nent en application de leurs mandats pour promouvoir le respect universel et la protection de tous les droits fondamentaux þ civils, culturels, e'conomiques, politiques et sociaux þ notamment le droit au de'veloppement; b) Veiller a` l'application des recommandations de la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme ayant trait a` la pleine inte'gration et a` la prise en compte des droits fondamentaux des femmes; c) Mettre au point une politique globale de prise en compte des droits fondamentaux des femmes dans tout le syste`me des Nations Unies, notamment dans les services consultatifs, l'assistance technique, les me'thodes d'e'tablissement des rapports, l'e'valuation des impacts sexospe'cifiques, la coordination, l'information et l'e'ducation dans le domaine des droits de l'homme, et participer activement a` l'application de cette politique; d) Assurer l'inte'gration et la participation pleine et entie`re des femmes, comme agents et be'ne'ficiaires, au processus de de'veloppement, et re'affirmer les objectifs e'nonce's dans la De'claration de Rio sur l'environnement et le de'veloppement 18/ concernant une action mondiale des femmes pour assurer un de'veloppement durable et e'quitable; e) Inclure dans leurs activite's des informations sur des violations sexospe'cifiques des droits fondamentaux et en tenir compte dans tous leurs programmes et activite's; f) Veiller a` ce que tous les organismes et me'canismes de de'fense des droits de l'homme collaborent et coordonnent leurs travaux pour assurer le respect des droits fondamentaux des femmes; g) Renforcer la coope'ration et la coordination entre la Commission de la condition de la femme, la Commission des droits de l'homme, la Commission du de'veloppement social, la Commission du de'veloppement durable, la Commission pour la pre'vention du crime et la justice pe'nale, les organes qui suivent l'application des instruments des Nations Unies relatifs aux droits de l'homme, notamment le Comite' pour l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes, et le Fonds de de'veloppement des Nations Unies pour la femme, l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme, le Programme des Nations Unies pour le de'veloppement, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance et d'autres organismes des Nations Unies, dans les domaines relevant de leurs mandats respectifs, en vue de promouvoir les droits fondamentaux des femmes, et ame'liorer la coope'ration entre la Division de la promotion de la femme et le Centre pour les droits de l'homme; h) Instituer une coope'ration efficace entre le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les re'fugie's et d'autres organes compe'tents dans les domaines relevant de leurs mandats respectifs, en tenant compte du lien e'troit qui existe entre les atteintes massives aux droits de l'homme, notamment sous la forme de ge'nocide, de nettoyage ethnique, de viols syste'matiques en temps de guerre, d'exodes de re'fugie's et d'autres de'placements de populations, et le fait que les femmes re'fugie'es, de'place'es et rapatrie'es peuvent e^tre victimes de formes particulie`res de violations des droits de l'homme; i) Inciter a` inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans les programmes d'action nationaux et les activite's des organismes de de'fense des droits de l'homme et des institutions nationales, dans le contexte de services consultatifs en matie`re de droits de l'homme; j) Dispenser une formation dans le domaine des droits fondamentaux des femmes a` tout le personnel et aux repre'sentants officiels de l'ONU, en particulier a` ceux qui s'occupent d'activite's relatives aux droits de l'homme et d'assistance humanitaire et les amener a` mieux comprendre les droits fondamentaux des femmes, afin qu'ils puissent reconnai^tre les violations des droits fondamentaux des femmes, prendre les mesures voulues et tenir pleinement compte des sexospe'cificite's dans leurs travaux; k) Dans l'examen de l'application du plan d'action de la De'cennie des Nations Unies pour l'e'ducation dans le domaine des droits de l'homme (1995-2004), tenir compte des conclusions de la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes. Objectif strate'gique I.2. Garantir la non-discrimination et l'e'galite' devant la loi et dans la pratique Mesures a` prendre 232. Les gouvernements devraient : a) S'attacher en priorite' a` promouvoir et prote'ger le plein exercice par les femmes, a` e'galite' avec les hommes, de tous les droits et de toutes les liberte's fondamentales sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation; b) Pre'voir des garanties constitutionnelles ou promulguer des lois qui interdisent la discrimination fonde'e sur le sexe a` l'e'gard des femmes et des petites filles de tous a^ges et garantissent aux femmes de tous a^ges l'e'galite' des droits et la possibilite' d'en jouir pleinement; c) Consacrer le principe de l'e'galite' des hommes et des femmes dans la le'gislation et garantir, par voie le'gislative et autre, l'application pratique de ce principe; d) Re'viser le droit national, y compris le droit coutumier et la pratique juridique dans les domaines civil, pe'nal, commercial, du travail et de la famille, en vue d'assurer l'application des principes et proce'dures e'nonce's dans tous les instruments internationaux pertinents relatifs aux droits de l'homme au moyen de la le'gislation nationale, abroger toutes les lois encore en vigueur qui introduisent une discrimination fonde'e sur le sexe et e'liminer tous les pre'juge's contre les femmes qui subsistent dans l'administration de la justice; e) Renforcer et encourager les programmes de protection des droits fondamentaux des femmes dans les instances nationales de de'fense des droits de l'homme qui appliquent des programmes dans ce domaine, comme les commissions des droits de l'homme ou les me'diateurs, en les dotant d'un statut et de ressources approprie's, en leur donnant acce`s aux autorite's pour aider les particuliers, notamment les femmes, et veiller a` ce que ces institutions accordent suffisamment d'attention aux violations des droits fondamentaux des femmes; f) Prendre des mesures pour que les droits fondamentaux des femmes, notamment les droits mentionne's aux paragraphes 94 a` 97 ci-dessus, soient pleinement reconnus et respecte's; g) Prendre d'urgence des mesures pour combattre et e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes þ qui constitue une violation des droits de l'homme þ re'sultant de pratiques coutumie`res ou traditionnelles nocives, de pre'juge's culturels et de l'extre'misme; h) Interdire la mutilation ge'nitale des filles la` ou` cette pratique existe et appuyer e'nergiquement les efforts de'ploye's par les organisations communautaires, non gouvernementales et religieuses pour e'liminer ces pratiques; i) Dispenser une e'ducation et une formation en matie`re de droits de l'homme qui tiennent compte des sexospe'cificite's au personnel des services publics, notamment aux policiers et aux militaires, au personnel pe'nitentiaire, au personnel sanitaire et me'dical et aux travailleurs sociaux, ainsi qu'aux personnes qui s'occupent des questions de migration et de re'fugie's et aux enseignants a` tous les niveaux, et donner au personnel judiciaire et aux parlementaires la possibilite' d'acque'rir cette e'ducation et cette formation afin qu'ils puissent exercer mieux leurs fonctions; j) Promouvoir le droit des femmes d'e^tre membres de syndicats et d'autres organisations professionnelles et sociales, a` e'galite' avec les hommes; k) Instituer des me'canismes efficaces d'enque^te sur les violations des droits fondamentaux des femmes commises par des agents de l'E'tat et appliquer les sanctions pre'vues par la loi; l) Revoir et modifier les lois et proce'dures pe'nales, selon qu'il conviendra, pour e'liminer toute discrimination a` l'e'gard des femmes de manie`re qu'elles garantissent aux femmes une protection efficace contre les crimes qui les visent particulie`rement ou dont elles sont les principales victimes, ainsi que la poursuite des auteurs de ces crimes, inde'pendamment de leur lien de parente' e'ventuel avec les victimes, et veiller a` ce que des poursuites soient intente'es contre les auteurs de tels crimes et a` ce que les femmes de'fenderesses, victimes ou te'moins ne soient pas en butte a` de nouvelles perse'cutions ou a` des pratiques discriminatoires au cours de l'enque^te et du proce`s; m) Veiller a` ce que les femmes aient, a` e'galite' avec les hommes, le droit d'e^tre juges, avocates ou officiers de justice, policie`res et fonctionnaires de l'administration pe'nitentiaire, entre autres; n) Cre'er de nouveaux me'canismes administratifs et programmes d'assistance juridique qui soient d'acce`s facile et gratuits ou peu cou^teux pour aider les femmes de'favorise'es a` obtenir re'paration en cas de violation de leurs droits ou renforcer ceux qui existent; o) Veiller a` ce que toutes les femmes et les organisations non gouvernementales et leurs membres qui s'occupent de de'fendre et de promouvoir tous les droits de l'homme þ civils, culturels, e'conomiques, politiques et sociaux, y compris le droit au de'veloppement þ jouissent inte'gralement de tous les droits et liberte's fondamentaux consacre's dans la De'claration universelle des droits de l'homme, et de la protection de la le'gislation nationale; p) Renforcer et encourager l'application des recommandations figurant dans les Re`gles pour l'e'galisation des chances des handicape's 30/, en veillant tout spe'cialement a` ce que les femmes et les petites filles handicape'es ne fassent pas l'objet de discrimination, a` ce qu'elles jouissent de tous les droits et liberte's fondamentaux, notamment le droit a` l'information et aux services en matie`re de violence a` l'e'gard des femmes, et a` ce qu'elles puissent participer activement a` tous les aspects de la vie de la socie'te' et y apporter leur contribution e'conomique; q) Encourager la mise au point de programmes relatifs aux droits de l'homme qui tiennent compte des sexospe'cificite's. Objectif strate'gique I.3. Diffuser des notions e'le'mentaires de droit Mesures a` prendre 233. Les gouvernements et les organisations non gouvernementales, l'Organisation des Nations Unies et d'autres organisations internationales, selon les besoins, devraient : a) Traduire chaque fois que possible dans les langues vernaculaires et autochtones, publier sur des supports adapte's aux personnes handicape'es et aux personnes peu instruites, faire connai^tre et diffuser les lois et l'information relatives a` l'e'galite' de condition et de droits de toutes les femmes, notamment la De'claration universelle des droits de l'homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits e'conomiques, sociaux et culturels, la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes, la Convention internationale sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination raciale 33/, la Convention relative aux droits de l'enfant, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou de'gradants, la De'claration sur le droit au de'veloppement 34/ et la De'claration sur l'e'limination de la violence a` l'e'gard des femmes, ainsi que les re'sultats des confe'rences et sommets pertinents des Nations Unies et les rapports nationaux pre'sente's au Comite' pour l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes; b) Faire connai^tre et diffuser ces informations sous une forme facilement compre'hensible et sur des supports adapte's aux personnes handicape'es et aux personnes peu instruites; c) Diffuser des informations sur la le'gislation nationale et son impact sur les femmes, y compris des directives facilement accessibles sur les moyens de faire appel a` la justice pour faire respecter ses droits; d) Inclure des informations sur les normes et instruments internationaux et re'gionaux dans leurs activite's d'information et d'e'ducation en matie`re de droits de l'homme ainsi que dans les programmes d'e'ducation et de formation des adultes, en particulier a` l'intention de groupes comme l'arme'e, la police et les autres agents de la force publique, les magistrats, les membres des professions juridiques et le personnel me'dical, pour assurer la protection effective des droits de l'homme; e) Publier et diffuser des informations sur les me'canismes existants aux niveaux national, re'gional et international pour obtenir re'paration en cas de violation des droits fondamentaux des femmes; f) Encourager les associations fe'minines locales et re'gionales, les organisations non gouvernementales concerne'es, les enseignants et les me'dias a` mettre en oeuvre des programmes d'enseignement des droits de l'homme pour sensibiliser les femmes a` leurs droits, coope'rer avec eux et coordonner leur action; g) Promouvoir l'enseignement des droits de l'homme et des droits juridiques des femmes dans les programmes scolaires a` tous les niveaux et entreprendre, dans les principales langues vernaculaires, des campagnes sur l'e'galite' des hommes et des femmes dans la vie prive'e et publique, notamment sur les droits des femmes dans la famille et sur les instruments nationaux et internationaux pertinents relatifs aux droits de l'homme; h) Promouvoir dans tous les pays l'enseignement syste'matique et continu des droits de l'homme et du droit international humanitaire a` l'intention des militaires et des membres des forces de se'curite' nationales, notamment ceux affecte's aux ope'rations de maintien de la paix des Nations Unies, pour les sensibiliser a` leur obligation de respecter les droits des femmes a` tout moment, tant en service qu'hors service, en mettant particulie`rement l'accent sur les re`gles concernant la protection des femmes et des enfants et la protection des droits de l'homme en pe'riode de conflit arme'; i) Prendre les dispositions voulues pour que les re'fugie'es, les femmes de'place'es, les migrantes et les travailleuses migrantes soient informe'es de leurs droits fondamentaux et des me'canismes de recours dont elles peuvent se pre'valoir.