****************************************************************************** Ce document a e'te' expe'die' en ligne par le De'partement de la coordination des politiques et du de've'loppement durable (DPCSD) des Nations Unies. La reproduction et la distribution de ce document -- sous forme e'lectronique ou imprime'e -- sont encourage'es, a` condition qu'il soit reconnu que l'Organisation des Nations Unies a facilite' cette reproduction. ****************************************************************************** TABLE DES MATIE`RES Chapitre Page I. RE'SOLUTIONS ADOPTE'ES PAR LA CONFE'RENCE . . . . . . . . . . . 4 1. De'claration et Programme d'action de Beijing . . . . . . . 4 2. Remerciements au peuple et au Gouvernement de la Re'publique populaire de Chine. . . . . . . . . . . . . . . 160 3. Pouvoirs des repre'sentants a` la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes . . . . . . . . . . . . 161 C. Les femmes et la sante'* 89. Les femmes ont le droit de jouir du meilleur e'tat possible de sante' physique et mentale. La jouissance de ce droit est d'une importance cruciale pour leur vie et leur bien-e^tre, et pour leur aptitude a` participer a` toutes les activite's publiques et prive'es. La sante' est un e'tat de total bien- e^tre physique, psychologique et social et non pas seulement l'absence de maladies ou d'infirmite's. Le bien-e^tre affectif, social et physique est de'termine' aussi bien par le contexte social, politique et e'conomique que par la biologie. Force est de constater que la sante' et le bien-e^tre sont inaccessibles a` la plupart des femmes. Un des principaux obstacles qui les empe^che de jouir du meilleur e'tat de sante' possible est l'ine'galite' tant entre les hommes et les femmes qu'entre les femmes des diffe'rentes re'gions, classes, populations et ethnies. Des femmes ont souligne' dans les instances nationales et internationales, que l'e'galite' (y compris le partage des responsabilite's familiales), le de'veloppement et la paix sont des conditions ne'cessaires pour que les femmes puissent jouir d'une sante' optimale tout au long de leur existence. 90. L'acce`s aux services de sante', en particulier aux soins de sante' primaires þ pre'vention et traitement des maladies infantiles, de la malnutrition, de l'ane'mie, des maladies diarrhe'iques, des maladies transmissibles, du paludisme et des autres maladies tropicales, de la tuberculose, etc. þ et l'utilisation de ces services sont diffe'rents et ine'gaux selon le sexe, de me^me que les possibilite's de prote'ger, ame'liorer et conserver la sante'. Dans de nombreux pays en de'veloppement, les services obste'triques d'urgence font cruellement de'faut. Les politiques et programmes de sante' perpe'tuent souvent les ste're'otypes sexuels, et ne tiennent pas compte des disparite's socio-e'conomiques et autres entre les femmes; ni du fait qu'elles ne sont pas libres de ge'rer leur sante' comme elles l'entendent. Leur sante' souffre aussi du sexisme des syste`mes de sante' et de l'insuffisance qualitative et quantitative des services me'dicaux qui leur sont fournis. 91. Dans de nombreux pays, notamment dans les pays en de'veloppement et surtout les moins avance's, la re'duction des budgets et, dans certains cas, l'ajustement structurel contribuent a` la de'te'rioration des syste`mes de sante' publique. La privatisation, en l'absence d'une couverture universelle d'un cou^t abordable, re'duit encore l'acce`s aux services de sante'. Non seulement la sante' des filles et des femmes en souffre directement, mais cela leur impose des responsabilite's excessives en raison de leurs multiples fonctions, notamment au sein de la famille et de la communaute'. Comme ces fonctions sont souvent me'connues, les femmes ne rec'oivent pas le soutien social, psychologique et e'conomique dont elles ont besoin. 92. Le droit des femmes de jouir du meilleur e'tat de sante' possible doit e^tre garanti pendant toute leur vie, a` e'galite' avec les hommes. Elles souffrent, pour l'essentiel, des me^mes proble`mes de sante' que les hommes, mais de manie`re diffe'rente. La pre'valence de la pauvrete' et de la de'pendance e'conomique parmi les femmes, leur expe'rience de la violence, les pre'juge's dont elles sont victimes de`s l'enfance, les discriminations raciales et autres, leur manque d'autonomie face a` la sexualite' et a` la procre'ation et le peu d'influence qu'elles exercent sur les de'cisions sont autant de re'alite's sociales nocives pour leur sante'. Les pe'nuries alimentaires et la re'partition ine'quitable de la nourriture dans les familles, le manque d'installations sanitaires, la difficulte' de s'approvisionner en eau potable et en combustible, notamment dans les campagnes et les quartiers pauvres des villes, et l'insalubrite' des logements cre'ent pour les femmes et les familles des conditions de vie tre`s dures et malsaines. Il faut e^tre en bonne sante' pour pouvoir mener une vie productive et satisfaisante et les femmes n'auront aucun pouvoir d'action tant qu'elles ne jouiront pas du droit de ge'rer tous les aspects de leur sante', en particulier leur fe'condite'. 93. La discrimination en matie`re de nutrition et de sante', qui re'sulte souvent d'une pre'fe'rence pour la descendance masculine n'est pas sans incidences sur l'e'tat de sante' et leur bien-e^tre actuels et futurs des filles. Les coutumes qui contraignent les filles a` des mariages et a` des maternite's pre'coces, et les soumettent a` des pratiques telles que les mutilations ge'nitales, compromettent gravement leur sante'. A` mesure qu'elles se de'veloppent, les adolescentes doivent avoir acce`s aux services sanitaires et nutritionnels ne'cessaires, ce qui n'est que trop rarement le cas. Les services de conseil et d'information en matie`re de sexualite' et de reproduction a` l'intention des jeunes, lorsqu'il en existe, sont encore insuffisants, et le droit a` la vie prive'e, a` la confidentialite', au respect et a` la liberte' de prendre des de'cisions en toute connaissance de cause est souvent refuse' aux jeunes filles. Les adolescentes sont plus vulne'rables que les garc'ons, sur le plan biologique comme sur le plan psychosocial, aux se'vices sexuels, a` la violence et a` la prostitution, ainsi qu'aux conse'quences des relations sexuelles non prote'ge'es et pre'mature'es. Les expe'riences sexuelles pre'coces, et le manque d'informations et de services, accroissent le risque de grossesse non de'sire'e pre'mature'e, d'infection par le VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles, et d'avortements pratique's dans de mauvaises conditions. Dans toutes les re'gions du monde, les maternite's pre'coces continuent de freiner l'ame'lioration de l'e'ducation des femmes et de leur situation e'conomique et sociale. Le mariage et la maternite' pre'coces compromettent gravement leurs chances en matie`re d'e'ducation et d'emploi et ont souvent des effets a` long terme pre'judiciables a` la qualite' de leur vie et a` celle de leurs enfants. Les jeunes gens rec'oivent rarement une e'ducation qui les encourage a` respecter l'autonomie des femmes et a` partager avec elles les responsabilite's en matie`re de sexualite' et de procre'ation. 94. La sante' en matie`re de procre'ation est un e'tat de bien-e^tre total, tant physique que mental et social, pour tout ce qui concerne l'appareil ge'nital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l'absence de maladies ou d'infirmite's. Elle suppose le droit de mener une vie sexuelle satisfaisante en toute se'curite', et la liberte' et la possibilite' de de'cider si et quand on veut avoir des enfants. Cela implique qu'hommes et femmes ont le droit d'e^tre informe's sur les me'thodes su^res, efficaces, abordables et acceptables de planification familiale et d'utiliser celle qui leur convient ou toute autre me'thode de re'gulation des naissances qui ne soit pas ille'gale, ainsi que le droit a` des services de sante' assurant un bon de'roulement de la grossesse et de l'accouchement et donnant aux couples toutes les chances d'avoir un enfant en bonne sante'. Il faut donc entendre par services de sante' en matie`re de procre'ation l'ensemble des me'thodes, techniques et services qui contribuent a` la sante' et au bien-e^tre ge'ne'siques en pre'venant et re'solvant les proble`mes qui peuvent se poser. Cette notion englobe la sante' en matie`re de sexualite', c'est-a`-dire que les conseils et les soins ne doivent pas e^tre limite's au seul domaine de la procre'ation et des maladies sexuellement transmissibles, mais doivent aussi aider a` ame'liorer la qualite' de la vie et les relations interpersonnelles. 95. En ce sens, les droits en matie`re de procre'ation correspondent a` certains droits de l'homme de'ja` consacre's dans des le'gislations nationales, dans des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et dans d'autres textes des Nations Unies adopte's par consensus. Ces droits reposent sur la reconnaissance du droit fondamental de tous les couples et de toutes les personnes de de'cider librement et de fac'on responsable du nombre de leurs enfants et de l'espacement des naissances et d'e^tre informe's des moyens de le faire, ainsi que du droit au meilleur e'tat possible de sante' en matie`re de sexualite' et de procre'ation. Ils reposent aussi sur le droit de prendre des de'cisions en matie`re de procre'ation sans e^tre en butte a` la discrimination, a` la contrainte ou a` la violence, conforme'ment aux textes relatifs aux droits de l'homme. Dans l'exercice de ce droit, il importe que les couples et les individus tiennent compte des besoins de leurs enfants pre'sents et a` venir et de leurs propres responsabilite's envers la socie'te'. Les politiques et programmes publics, nationaux ou locaux, de sante' en matie`re de procre'ation, et de planification familiale doivent avoir pour objectif essentiel de promouvoir l'exercice responsable de ces droits. Ils doivent aussi favoriser des relations de respect mutuel et d'e'galite' entre les sexes, et particulie`rement fournir aux adolescents l'e'ducation et les services ne'cessaires pour qu'ils apprennent a` assumer leur sexualite' dans un esprit positif et responsable. Nombreux sont ceux qui ne peuvent jouir d'une ve'ritable sante' en matie`re de procre'ation pour des raisons diverses : de'faut d'e'ducation sexuelle; insuffisance qualitative ou quantitative des services et de l'information; comportements sexuels a` risque; pratiques sociales discriminatoires; pre'juge's contre les femmes et les filles; limitation du droit des femmes de prendre librement leurs de'cisions en matie`re de sexualite' et de fe'condite'. Faute d'information et de services satisfaisants, les adolescents sont, dans la plupart des pays, particulie`rement vulne'rables. Les personnes a^ge'es des deux sexes ont des besoins spe'cifiques qui, souvent, ne sont pas satisfaits d'une manie`re ade'quate. 96. Les droits fondamentaux des femmes comprennent le droit d'e^tre mai^tresses de leur sexualite', y compris leur sante' en matie`re de sexualite' et de procre'ation, sans aucune contrainte, discrimination ou violence, et de prendre librement et de manie`re responsable des de'cisions dans ce domaine. L'e'galite' entre les femmes et les hommes en ce qui concerne la sexualite' et la procre'ation, y compris le respect total de l'inte'grite' de la personne, exige le respect mutuel, le consentement et le partage de la responsabilite' des comportements sexuels et de leurs conse'quences. 97. Par ailleurs, la sante' des femmes court des risques particuliers parce que leurs besoins en matie`re de sexualite' et de procre'ation ne sont pas pris en conside'ration comme il conviendrait et que les services qui permettraient de les satisfaire ne leur sont pas offerts. Dans de nombreuses re'gions en de'veloppement, les complications de la grossesse et de l'accouchement figurent parmi les principales causes de mortalite' et de morbidite' des femmes en a^ge de procre'er. Des proble`mes analogues existent, dans une mesure plus ou moins grande, dans certains pays en transition. Les avortements faits dans de mauvaises conditions menacent la vie de nombreuses femmes; c'est la` un grave proble`me de sante' publique, du fait que ce sont principalement les femmes les plus pauvres et les plus jeunes qui prennent les plus grands risques. La pre'vention de ces de'ce`s, des maladies et des le'sions serait possible si les femmes avaient plus facilement acce`s a` des services de sante' ade'quats, notamment a` des me'thodes de planification familiale su^res et efficaces et a` des soins obste'triques d'urgence et si le droit des femmes et des hommes d'e^tre informe's sur les me'thodes de planification familiale qui soient su^res, efficaces, abordables et acceptables, et d'utiliser celle qui leur convient, ainsi que toute autre me'thode de re'gulation des naissances qui ne soit pas ille'gale e'tait reconnu, de me^me que le droit a` des services de sante' assurant un bon de'roulement de la grossesse et de l'accouchement et donnant aux couples toutes les chances d'avoir un enfant en bonne sante'. Ces proble`mes et les solutions possibles devraient e^tre examine's sur la base du rapport de la Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement, et en particulier des paragraphes pertinents du Programme d'action de la Confe'rence 14/. Dans la plupart des pays, les activite's publiques et prive'es des femmes et, en particulier leur e'ducation et leurs moyens d'action e'conomique et politique sont tre`s limite's parce que leurs droits en matie`re de procre'ation ne sont pas respecte's. La possibilite' pour les femmes d'e^tre mai^tresses de leur fe'condite' est une base importante pour la jouissance d'autres droits. Le partage entre les femmes et les hommes de la responsabilite' des comportements sexuels et de la procre'ation est aussi un facteur essentiel de l'ame'lioration de la sante' des femmes. 98. Le VIH/sida et d'autres maladies sexuellement transmissibles, dont la transmission est parfois la conse'quence d'un viol, ont des effets de'vastateurs sur la sante' des femmes, en particulier pour les adolescentes et les jeunes femmes. Elles sont rarement en mesure d'exiger de leur partenaire qu'il prenne des pre'cautions et elles ont un acce`s limite' a` l'information et aux services de pre'vention et de traitement. Il y a maintenant autant de femmes que d'hommes dans les nouveaux cas de sida et de se'ropositivite' et d'autres maladies sexuellement transmissibles parmi les adultes; dans leurs campagnes pour combattre la propagation des maladies sexuellement transmissibles, les femmes ont souligne' que la vulne'rabilite' sociale des femmes et les rapports de force ine'gaux entre les sexes font obstacle aux relations sexuelles sans risque. Ce n'est pas seulement la sante' des femmes qui souffre du VIH/sida, mais aussi leur ro^le en tant que me`res et dispensatrices de soins et leur contribution au soutien e'conomique de leur famille. Il faut examiner les conse'quences du VIH/sida et des autres maladies sexuellement transmissibles sur la socie'te', le de'veloppement et la sante' dans une perspective tenant compte des sexospe'cificite's. 99. La violence sexuelle et sexospe'cifique, y compris les se'vices physiques et psychologiques, la traite des femmes et des petites filles, l'exploitation sexuelle et autres mauvais traitements font courir aux petites filles et aux femmes des risques de traumatisme physique et psychique, de maladie et de grossesse non de'sire'e. Les victimes ont souvent peur de recourir aux services de sante' et autres. 100. D'autres proble`mes de sante' touchent de plus en plus les femmes : troubles mentaux lie's a` la marginalisation, au sentiment d'impuissance et a` la pauvrete', surmenage et stress, incidence croissante de la violence dans la famille, toxicomanie. Dans le monde entier, les femmes, et plus particulie`rement les jeunes femmes, fument de plus en plus, ce qui a de graves conse'quences pour leur sante' et celle de leurs enfants. Les maladies du travail ont une importance croissante car de plus en plus de femmes ont un travail mal re'mune're', pe'nible et insalubre dans le secteur structure' ou dans le secteur informel. Les cancers du sein et du col de l'ute'rus et autres cancers ge'nitaux, de me^me que la ste'rilite', affectent un nombre croissant de femmes, alors qu'ils pourraient e^tre e'vite's ou traite's gra^ce a` un diagnostic pre'coce. 101. L'espe'rance de vie augmentant, de me^me que le nombre de femmes a^ge'es, il faut accorder une attention particulie`re a` la sante' de ces dernie`res. A` long terme, celle-ci se ressent des changements lie's a` la me'nopause qui, conjugue's aux conditions que les femmes connaissent depuis leur jeune a^ge et a` d'autres facteurs tels que la mauvaise nutrition et le manque d'activite' physique, peuvent aggraver le risque de maladies cardio-vasculaires et d'oste'oporose. Il faut e'galement se pre'occuper d'autres maladies dues au vieillissement et des corre'lations entre le vieillissement et les handicaps chez les femmes. 102. Les femmes, comme les hommes, en particulier dans les zones rurales et les quartiers pauvres des villes, courent de plus en plus le risque de voir leur sante' se ressentir de catastrophes e'cologiques et de la de'gradation de l'environnement. Les femmes ne re'agissent pas de la me^me fac'on aux contaminants et autres substances toxiques. 103. La qualite' des soins de sante' fournis aux femmes est insuffisante a` divers e'gards et de'pend des circonstances locales. Les femmes sont souvent traite'es sans respect, la protection de leur vie prive'e et la confidentialite' des informations qui les concernent ne sont pas assure'es et elles ne sont pas toujours pleinement informe'es des options et services qui s'offrent a` elles. En revanche, dans certains pays, les femmes sont souvent surme'dicalise'es, d'ou` des interventions chirurgicales inutiles et des the'rapeutiques inadapte'es. 104. La collecte des statistiques de sante' n'est souvent pas syste'matique et les donne'es ne sont pas toujours ventile'es ni analyse'es selon l'a^ge, le sexe, la situation socio-e'conomique et des parame`tres de'mographiques et autres qui seraient utiles pour servir les inte're^ts et re'soudre les proble`mes des groupes vulne'rables et marginalise's. Nombre de pays ne disposent pas de donne'es re'centes et fiables sur la mortalite' et la morbidite' fe'minines ni sur l'e'tat de sante' des femmes et les maladies qui les frappent plus que les hommes. On sait relativement peu de choses sur les facteurs e'conomiques et sociaux qui influent sur la sante' des fillettes et des femmes de tous a^ges, sur les services de sante' dont elles be'ne'ficient et la manie`re dont elles les utilisent, ainsi que sur la qualite' des programmes de pre'vention et de sante' qui leur sont destine's. La recherche sur les questions importantes pour la sante' des femmes n'est pas suffisante et manque souvent de cre'dits. Dans de nombreux pays, il est fre'quent que la recherche me'dicale, sur les maladies cardiaques par exemple, et les e'tudes e'pide'miologiques portent uniquement sur les hommes et ne tiennent pas compte des sexospe'cificite's. Quand des essais cliniques sont faits sur des femmes pour e'tudier la posologie, les effets secondaires et l'efficacite' des me'dicaments, notamment des contraceptifs, ce qui est rare, ils ne respectent pas toujours la de'ontologie de la recherche et de l'expe'rimentation. Nombre de protocoles the'rapeutiques, d'actes et de traitements me'dicaux applique's aux femmes reposent sur des recherches effectue'es sur des hommes sans que l'on ait cherche' a` les adapter aux spe'cificite's de chaque sexe. 105. Afin de re'duire les disparite's entre hommes et femmes en matie`re de sante', de services me'dicaux et de soins de sante', les gouvernements et les autres acteurs devraient inte'grer explicitement la proble'matique hommes-femmes dans leurs politiques et programmes, c'est-a`-dire mesurer avant toute de'cision, ses e'ventuels effets sexospe'cifiques. * Le Saint-Sie`ge a exprime' une re'serve ge'ne'rale au sujet de cette section. Cette re'serve doit e^tre interpre'te'e a` la lumie`re de la de'claration qu'a faite le Repre'sentant du Saint-Sie`ge a` la 4e se'ance de la Grande Commission, le 14 septembre 1995 (voir ci-apre`s, chap. V, par. 11). Objectif strate'gique C.1. E'largir l'acce`s des femmes tout au long de leur vie a` des soins de sante', a` l'information et a` des services connexes adapte's, abordables et de bonne qualite' Mesures a` prendre 106. Les gouvernements, en coope'ration avec les organisations non gouvernementales et les associations patronales et syndicales et avec l'appui des institutions internationales, devraient : a) Appuyer et mettre en oeuvre les engagements qui de'coulent du Programme d'action de la Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement, figurant dans le rapport de la Confe'rence, ainsi que de la De'claration de Copenhague sur le de'veloppement social et du Programme d'action du Sommet mondial pour le de'veloppement social 15/ et honorer les obligations des E'tats parties a` la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes et a` d'autres accords internationaux pertinents, afin de re'pondre aux besoins des petites filles et des femmes de tous a^ges en matie`re de sante'; b) Re'affirmer le droit a` une sante' physique et mentale optimale, prote'ger et promouvoir l'exercice de ce droit par les femmes et les fillettes, et l'incorporer, par exemple, dans la le'gislation nationale; revoir la le'gislation existante, notamment les textes concernant la sante', et au besoin les politiques afin qu'elles refle`tent le souci de prote'ger la sante' des femmes et qu'elles correspondent aux nouveaux ro^les et aux nouvelles responsabilite's des femmes, ou` qu'elles re'sident; c) Concevoir et mettre en place, en coope'ration avec les organisations fe'minines et les organisations communautaires, des programmes de sante' tenant compte des sexospe'cificite's, en particulier des services de sante' de'centralise's, afin de re'pondre aux besoins des femmes tout au long de leur vie, de prendre en compte leurs ro^les et leurs responsabilite's multiples, le peu de temps dont elles disposent, les besoins particuliers des rurales et des handicape'es, la diversite' des besoins, selon l'a^ge, la situation socio-e'conomique et la culture; associer les femmes, en particulier les villageoises et les femmes des populations autochtones, a` la de'finition et a` la planification des programmes et des priorite's en matie`re de soins de sante'; supprimer tout ce qui fait obstacle aux services de sante' et offrir une vaste gamme de services de sante'; d) Assurer aux femmes, a` e'galite' avec les hommes, l'acce`s a` des syste`mes de se'curite' sociale tout au long de leur vie; e) Assurer des services de soins de sante' primaires de bonne qualite', plus accessibles, plus nombreux et moins cou^teux, notamment dans le domaine de la procre'ation et de la sexualite', ainsi que des services d'information et autres en matie`re de planification familiale, en accordant une attention particulie`re aux soins obste'triques d'urgence et a` la sante' maternelle, comme convenu dans le Programme d'action de la Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement; f) Revoir l'information, les services et la formation destine's aux agents sanitaires, de manie`re a` tenir compte des spe'cificite's de chaque sexe, des attentes de l'utilisateur en matie`re de communication interpersonnelle et de son droit au respect de la vie prive'e et a` la confidentialite'. Ces services, cette information et cette formation devraient s'inspirer d'une approche globale; g) S'assurer que tous les services de sante' fournis aux femmes et le personnel de sante' respectent les droits de l'homme, les normes professionnelles et e'thiques et les diffe'rences entre les sexes, lorsqu'ils s'adressent a` une cliente`le fe'minine en vue de garantir que rien ne soit fait sans le consentement volontaire et e'claire' des inte'resse'es; encourager l'e'laboration, l'application et la diffusion de codes d'e'thique se fondant sur les codes internationaux de de'ontologie me'dicale et les principes e'thiques re'gissant les activite's d'autres professionnels de la sante'; h) Prendre toutes les mesures approprie'es pour e'liminer les interventions me'dicales nocives, inutiles ou impose'es, ainsi que les the'rapeutiques inade'quates et la surme'dicalisation des femmes, et veiller a` ce que toutes les femmes soient pleinement informe'es des options qui s'offrent a` elles, y compris de leurs avantages probables et de leurs effets secondaires e'ventuels, par un personnel qualifie'; i) Renforcer et re'orienter les services de sante', en particulier les soins de sante' primaires, pour garantir que toutes les petites filles et les femmes aient acce`s a` des services de sante' de qualite', re'duire les se'quelles de la maternite' et la morbidite' maternelle et re'aliser a` l'e'chelon mondial l'objectif convenu, a` savoir re'duire d'au moins 50 % d'ici a` l'an 2000 et d'encore 50 % pour l'an 2015 les taux de mortalite' lie'e a` la maternite' par rapport a` 1990; veiller a` ce que les services ne'cessaires soient disponibles a` chaque niveau du syste`me de sante'; mettre le plus to^t possible, et au plus tard pour l'an 2015, des soins de sante' en matie`re de procre'ation a` la porte'e de tous ceux qui sont en a^ge d'en avoir besoin, dans le cadre de syste`me de soins de sante' primaires; j) Prendre conscience du fait que les se'quelles des avortements pratique's dans de mauvaises conditions posent un proble`me majeur de sante' publique, et reme'die a` cette situation comme en est convenue la Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement au paragraphe 8.25 de son Programme d'action 14/; k) Aux termes du paragraphe 8.25 du Programme d'action de la Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement : "L'avortement ne devrait, en aucun cas, e^tre promu en tant que me'thode de planification familiale. Tous les gouvernements et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales inte'resse'es sont vivement invite's a` renforcer leur engagement en faveur de la sante' de la femme, a` traiter les conse'quences des avortements pratique's dans de mauvaises conditions de se'curite' 16/ en tant que proble`me majeur de sante' publique et a` re'duire le recours a` l'avortement en e'tendant et en ame'liorant les services de planification familiale. La plus haute priorite' doit toujours e^tre accorde'e a` la pre'vention des grossesses non de'sire'es et tout devrait e^tre fait pour e'liminer la ne'cessite' de recourir a` l'avortement. Les femmes qui ont des grossesses non de'sire'es devraient avoir facilement acce`s a` une information fiable et a` des conseils empreints de compre'hension. Toute mesure ou toute modification relatives a` l'avortement au sein du syste`me de sante' ne peuvent e^tre arre^te'es qu'a` l'e'chelon national ou local conforme'ment aux proce'dures le'gislatives nationales. Dans les cas ou` il n'est pas interdit par la loi, l'avortement devrait e^tre pratique' dans de bonnes conditions de se'curite'. Dans tous les cas, les femmes devraient avoir acce`s a` des services de qualite' pour reme'dier aux complications de'coulant d'un avortement. Apre`s un avortement, des services de conseil, d'e'ducation et de planification familiale devraient e^tre offerts rapidement, ce qui contribuera e'galement a` e'viter des avortements re'pe'te's"; envisager de re'viser les lois qui pre'voient des sanctions contre les femmes en cas d'avortement ille'gal; l) Accorder une attention particulie`re aux besoins des fillettes en encourageant particulie`rement l'adoption de modes de vie sains, notamment l'activite' physique; prendre des mesures visant expresse'ment a` re'duire les diffe'rences entre les taux de morbidite' et de mortalite' des filles et ceux des garc'ons, tout en re'duisant la mortalite' infantile et post-infantile, conforme'ment aux objectifs approuve's sur le plan international, a` savoir : d'ici a` l'an 2000, faire baisser les taux de mortalite' infantile et des enfants de moins de 5 ans d'un tiers par rapport au niveau de 1990, ou, si cela repre'sente une re'duction plus importante, les faire tomber respectivement a` 50 et 70 pour 1 000 naissances vivantes; d'ici a` l'an 2015, ramener le taux de mortalite' infantile a` moins de 35 pour 1 000 naissances vivantes et le taux de mortalite' des enfants de moins de 5 ans a` moins de 45 pour 1 000; m) Veiller a` ce que les fillettes aient acce`s en permanence, a` mesure qu'elles grandissent, aux informations et services ne'cessaires en matie`re de nutrition et de sante', afin qu'elles passent en bonne sante' de l'enfance a` l'a^ge adulte; n) E'laborer des informations, des programmes et des services qui aident les femmes a` comprendre les changements qu'entrai^ne le vieillissement et a` s'y adapter, et qui re'pondent aux besoins de sante' des femmes a^ge'es, notamment a` ceux des femmes qui sont physiquement ou psychologiquement de'pendantes; o) Veiller a` ce que les fillettes et les femmes de tous a^ges souffrant de tout type d'incapacite' be'ne'ficient de services d'aide; p) Formuler des politiques spe'cifiques, concevoir des programmes et adopter des lois pour re'duire et e'liminer les risques d'accident ou de maladie lie's a` l'environnement et au travail auxquels sont expose'es les femmes, chez elles, sur leur lieu de travail et ailleurs en accordant une attention particulie`re aux femmes enceintes et aux me`res allaitantes; q) Pre'voir des services de sante' mentale dans les syste`mes de soins de sante' primaires, ou a` d'autres niveaux approprie's, mettre en place des programmes d'aide et apprendre au personnel des services de sante' primaire a` repe'rer et soigner les petites filles et les femmes de tous a^ges qui sont victimes d'actes de violence, notamment de violence au sein de la famille, de se'vices sexuels ou d'autres mauvais traitements de'coulant de situations de conflits arme's et non arme's; r) Sensibiliser l'opinion aux avantages de l'allaitement maternel; e'tudier tous les moyens d'appliquer pleinement le Code international OMS/UNICEF de commercialisation des substituts du lait maternel, et permettre aux femmes d'allaiter leurs nourrissons en leur fournissant un appui psycho-affectif, pratique, e'conomique et juridique; s) Cre'er des me'canismes pour appuyer les organisations non gouvernementales, en particulier les organisations fe'minines, les associations professionnelles et autres organismes qui s'emploient a` ame'liorer la sante' des petites filles et des femmes, et les associer a` tous les niveaux a` l'e'laboration des politiques, e'ventuellement a` la conception des programmes et a` leur exe'cution, dans le secteur de la sante' et les secteurs connexes; t) Appuyer les organisations non gouvernementales qui oeuvrent pour la sante' des femmes et favoriser la cre'ation de re'seaux de collaboration et de coordination entre tous les secteurs qui se rapportent a` la sante'; u) Rationaliser l'achat des me'dicaments, garantir une distribution re'gulie`re et fiable de produits pharmaceutiques, de contraceptifs, d'autres fournitures et mate'riels de haute qualite', en prenant comme re'fe'rence la liste mode`le OMS des me'dicaments essentiels et garantir l'innocuite' des me'dicaments et dispositifs au moyen d'un me'canisme d'autorisation de mise sur le marche' et de re'glementation; v) Faciliter aux femmes toxicomanes et a` leur famille l'acce`s a` des services approprie's de traitement et de re'e'ducation et ame'liorer la qualite' de ces services; w) Promouvoir et garantir le degre' approprie' de se'curite' alimentaire aux niveaux national et familial, et mettre en place des programmes visant a` ame'liorer la nutrition des femmes et des fillettes, en honorant les engagements pris dans le Plan d'action adopte' par la Confe'rence internationale sur la nutrition 17/, notamment en re'duisant de moitie' par rapport au niveau de 1990 l'incidence mondiale de la malnutrition grave et mode're'e chez les enfants de moins de 5 ans d'ici a` l'an 2000, en s'attachant a` re'duire les disparite's entre les sexes dans le domaine de la nutrition, et en re'duisant d'un tiers par rapport au niveau de 1990, les cas d'ane'mie ferriprive chez les petites filles et les femmes d'ici a` l'an 2000; x) Mettre l'eau potable et les services d'assainissement a` la disposition de tous et mettre en place dans les meilleurs de'lais des re'seaux publics efficaces de distribution; y) Veiller a` ce que les femmes des populations autochtones aient pleinement acce`s, dans des conditions d'e'galite', aux infrastructures sanitaires et aux services de sante'. Objectif strate'gique C.2. Renforcer les programmes de pre'vention propres a` ame'liorer la sante' des femmes Mesures a` prendre 107. Les gouvernements, en collaboration avec les organisations non gouvernementales, les organes d'information, le secteur prive' et les organismes internationaux compe'tents, notamment les organismes des Nations Unies, devraient, selon qu'il convient : a) Accorder la priorite' aux programmes d'enseignement scolaire et extrascolaire visant a` aider les femmes a` avoir davantage confiance en elles-me^mes, a` enrichir leurs connaissances, a` prendre elles-me^mes les de'cisions et les responsabilite's concernant leur sante', a` faire re'gner le respect mutuel dans la sexualite' et en ce qui concerne la fe'condite', et a` sensibiliser les hommes a` l'importance de la sante' et du bien-e^tre des femmes, en privile'giant tout particulie`rement les programmes conc'us pour encourager les deux sexes a` renoncer a` des comportements et pratiques nocifs comme les mutilations ge'nitales fe'minines, la pre'fe'rence pour la descendance masculine (qui se traduit par le meurtre des nouveau- ne's de sexe fe'minin et la se'lection sexuelle pre'natale), le mariage pre'coce, y compris le mariage d'enfants, la violence contre les femmes, l'exploitation sexuelle, les se'vices sexuels, parfois cause d'infection par le VIH/sida et d'autres maladies sexuellement transmissibles, la consommation de drogue, la discrimination a` l'e'gard des petites filles et des femmes dans la re'partition de la nourriture, et autres comportements et pratiques portant atteinte a` la vie, a` la sante' et au bien-e^tre des femmes et dont certaines peuvent constituer des violations des droits de l'homme et de la de'ontologie me'dicale; b) Adopter des politiques de de'veloppement social et humain, d'e'ducation et d'emploi, en vue d'e'liminer le paupe'risme fe'minin de fac'on que les femmes aient une meilleure sante' et soient moins expose'es a` la maladie; c) Encourager les hommes a` s'occuper des enfants et a` prendre part au travail domestique autant que les femmes et a` assumer leur part de la charge financie`re que repre'sente l'entretien de leur famille, me^me s'ils ne vivent pas sous le me^me toit; d) Renforcer les lois, re'former les institutions et promouvoir les normes et les pratiques qui conviennent, de fac'on a` e'liminer la discrimination a` l'e'gard des femmes et a` encourager les deux sexes a` assumer leurs responsabilite's dans leur vie sexuelle et dans la procre'ation, assurer le total respect de l'inte'grite' de la personne, re'aliser les conditions ne'cessaires pour que les femmes puissent exercer leurs droits en matie`re de procre'ation et e'liminer les lois et pratiques coercitives; e) Rassembler et diffuser les informations disponibles par des campagnes d'e'ducation sanitaire, et en utilisant les me'dias, des services fiables de conseil et les e'coles, afin que les hommes et les femmes, en particulier les jeunes, soient mieux informe's sur leur sante', notamment en ce qui concerne la sexualite' et la procre'ation, sans perdre de vue les droits des enfants þ droit a` l'information, a` une vie prive'e, a` la confidentialite', au respect et au consentement e'claire' þ non plus que les responsabilite's, droits et devoirs des parents ou tuteurs þ qui doivent leur donner des conseils et des renseignements adapte's a` leur a^ge pour les guider dans l'exercice des droits qui leur sont reconnus par la Convention relative aux droits de l'enfant, en respectant les dispositions de la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes; veiller a` ce que toute mesure concernant les enfants soit principalement motive'e par le souci de prote'ger leurs inte're^ts; f) Cre'er dans les e'coles, dans les entreprises et dans les communaute's des programmes offrant aux petites filles et aux femmes de tout a^ge des possibilite's de sport, de culture physique et de loisirs e'gales a` celles qui sont offertes aux hommes et aux garc'ons; g) Reconnai^tre les besoins spe'cifiques des adolescents et mettre en oeuvre des programmes approprie's, d'e'ducation et d'information, par exemple, sur les questions de sante' se rapportant a` la sexualite' et a` la procre'ation et sur les maladies sexuellement transmissibles, notamment le VIH/sida, compte tenu des droits de l'enfant et des droits, devoirs et responsabilite's des parents tels qu'ils sont rappele's au paragraphe 107 e); h) Prendre des mesures afin de re'duire le fardeau de plus en plus disproportionne' qui pe`se sur les femmes en raison de leurs ro^les multiples dans la famille et la communaute', en e'laborant des politiques qui leur assurent des services sociaux et de sante' adapte's; i) Adopter des re'glementations assurant que les conditions de l'emploi, a` tous les niveaux du secteur de la sante', notamment la re'mune'ration et le syste`me de promotion, soient non discriminatoires et re'pondent a` des normes professionnelles justes pour permettre aux femmes de travailler efficacement; j) Introduire des notions d'hygie`ne et de nutrition dans tous les programmes d'alphabe'tisation des adultes et dans les e'coles, de`s le primaire; k) Concevoir et lancer des campagnes de presse et des programmes d'information et d'e'ducation pour que les femmes et les petites filles prennent conscience des risques de sante' et autres auxquels les expose l'usage de la drogue, et adopter des strate'gies et programmes pour combattre cette pratique et la toxicomanie et promouvoir la re'e'ducation et la gue'rison; l) Formuler et mettre en oeuvre des programmes inte'gre's et cohe'rents de pre'vention, diagnostic et traitement de l'oste'oporose, maladie qui touche principalement les femmes; m) Cre'er des programmes et services de pre'vention, diagnostic pre'coce et traitement du cancer du sein, du col de l'ute'rus et d'autres cancers des organes ge'nitaux, et renforcer ceux qui existent, en ayant notamment recours a` des campagnes de presse; n) Re'duire les risques croissants que cre'e la pollution de l'environnement, en particulier dans les re'gions et les communaute's pauvres; adopter l'approche prudente pre'conise'e dans la De'claration de Rio sur l'environnement et le de'veloppement, adopte'e par la Confe'rence des Nations Unies sur l'environnement et le de'veloppement 18/, et inclure dans le suivi d'Action 21 la question des risques que la pollution de l'environnement peut pre'senter pour la sante' des femmes 19/; o) Sensibiliser les femmes, les professionnels de la sante', les dirigeants et le grand public aux risques graves mais e'vitables que comporte la consommation de tabac et a` l'importance de l'e'ducation et de la re'glementation antitabac, pour promouvoir la sante' et pre'venir la maladie; p) Veiller a` ce que les e'coles de me'decine et autres e'tablissements d'enseignement dans le domaine de la sante' offrent des cours complets obligatoires portant spe'cifiquement sur la sante' de la femme; q) Adopter des mesures pre'ventives spe'cifiques pour prote'ger les femmes, les jeunes et les enfants de tout abus þ par exemple se'vices, exploitation, traite et violences sexuelles þ, notamment en e'laborant et faisant appliquer des lois et en assurant une protection juridique, me'dicale et autre. Objectif strate'gique C.3. Lancer des initiatives tenant compte des besoins des femmes face aux maladies sexuellement transmissibles, au VIH/sida et aux autres proble`mes de sante' se rapportant a` la sexualite' et a` la procre'ation Mesures a` prendre 108. Les gouvernements, les organisations internationales, notamment les organismes compe'tents des Nations Unies, les donateurs bilate'raux et multilate'raux et les organisations non gouvernementales devraient : a) Veiller a` ce que les femmes, en particulier celles qui sont malades du sida ou se'ropositives ou ont d'autres maladies sexuellement transmissibles ou sont affecte'es par la pande'mie de sida, participent a` toutes les de'cisions relatives a` la formulation, a` l'application, au suivi et a` l'e'valuation des politiques et programmes de lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles; b) Revoir et modifier comme il convient les lois et pratiques susceptibles de rendre les femmes plus vulne'rables a` l'infection par le VIH et aux maladies sexuellement transmissibles, lutter contre ces pratiques socioculturelles, notamment en le'gife'rant, et prote'ger les femmes, les adolescentes et les fillettes contre toute discrimination lie'e au VIH/sida par une le'gislation, des politiques et des attitudes approprie'es; c) Inciter toute la socie'te', notamment le secteur public, et les organisations internationales, a` adopter face au VIH/sida des politiques et des pratiques empreintes d'humanite', constructives et non discriminatoires qui prote`gent les droits des personnes infecte'es; d) Reconnai^tre l'ampleur des manifestations de la pande'mie de sida dans chaque pays et en particulier de ses re'percussions sur les femmes, et veiller a` ce que les femmes infecte'es ne soient pas stigmatise'es ou victimes de discrimination, notamment en cas de voyage; e) E'tablir des programmes et des strate'gies multisectoriels tenant compte des sexospe'cificite's pour mettre fin a` la subordination sociale des femmes et des filles et leur assurer davantage de moyens d'action et l'e'galite' avec les hommes sur les plans social et e'conomique, et favoriser les programmes destine's a` e'duquer les hommes pour qu'ils assument leurs responsabilite's dans la pre'vention du sida et des autres maladies sexuellement transmissibles; f) Faciliter l'e'tablissement de strate'gies communautaires pour prote'ger les femmes de tout a^ge contre l'infection par le VIH et les autres maladies sexuellement transmissibles, dispenser des soins et une assistance aux petites filles et aux femmes infecte'es et a` leur famille et mobiliser toute la collectivite' face a` la pande'mie de sida pour qu'elle exerce des pressions sur toutes les autorite's responsables et les ame`ne a` re'agir a` temps et d'une fac'on efficace, durable et en tenant compte des sexospe'cificite's; g) Appuyer et renforcer les capacite's nationales afin de pouvoir e'tablir et de'velopper des politiques et programmes sexospe'cifiques de lutte contre le VIH/sida et les maladies sexuellement transmissibles, et notamment de mettre des ressources et des services a` la disposition des femmes qui ont la charge morale ou financie`re de personnes infecte'es par le VIH ou qui subissent les conse'quences de la pande'mie de sida, en particulier les enfants et les personnes a^ge'es dont des proches sont morts de cette maladie; h) Organiser a` l'intention des parents, des de'cideurs et des personnalite's influentes a` tous les niveaux de la communaute', y compris les autorite's religieuses et les autorite's traditionnelles, des ateliers d'information, d'e'ducation et de formation sur la pre'vention du VIH/sida et des autres maladies sexuellement transmissibles et sur leurs re'percussions aussi bien sur les femmes que sur les hommes de tout a^ge; i) Donner a` toutes les femmes et a` tous les personnels de sante' toute information et toute formation utiles concernant les maladies sexuellement transmissibles, notamment le VIH/sida, chez les femmes enceintes et sur les conse'quences pour le be'be', par exemple en ce qui concerne l'allaitement; j) Aider les femmes et les organisations fe'minines, officielles et autres, a` stimuler l'e'ducation par les contacts entre les femmes elles-me^mes et par des programmes de'centralise's ainsi qu'a` participer a` la conception, a` l'exe'cution et au suivi de ces programmes; k) S'attacher a` promouvoir le respect mutuel et l'e'galite' dans les relations entre les sexes et, en particulier, a` fournir aux adolescents l'e'ducation et les services dont ils ont besoin pour pouvoir vivre leur sexualite' de fac'on constructive et responsable; l) Concevoir a` l'intention des hommes de tout a^ge et des adolescents, en tenant compte du ro^le des parents tel qu'il est rappele' au paragraphe 107 e), des programmes spe'cifiques et complets d'information pre'cise sur le comportement sexuel et la procre'ation responsables et sans risques, notamment sur l'utilisation volontaire par les hommes de me'thodes approprie'es et efficaces pour pre'venir l'infection par le VIH/sida et les autres maladies sexuellement transmissibles, en particulier l'abstinence et l'emploi de pre'servatifs; m) Offrir a` tous, hommes, femmes et couples, dans les syste`mes de sante' primaires, des services ade'quats et abordables de pre'vention des maladies sexuellement transmissibles, notamment de l'infection par le VIH/sida, et de'velopper des services de conseil, de diagnostic et de traitement confidentiels et non contraignants a` l'intention des femmes; veiller a` ce que des pre'servatifs de bonne qualite' et les me'dicaments ne'cessaires au traitement des maladies sexuellement transmissibles soient, chaque fois que possible, distribue's aux services de sante'; n) Appuyer des programmes de pre'vention qui tiennent compte de ce que l'infection des femmes par le VIH est souvent lie'e a` des comportements a` risque, tels que l'injection intraveineuse de drogue ou les rapports sexuels sans protection et irresponsables sous l'influence de la drogue, et prendre des mesures de pre'vention approprie'es; o) Appuyer et acce'le'rer la recherche visant a` mettre au point des me'thodes abordables que puissent utiliser les femmes pour pre'venir l'infection par le VIH et les autres maladies sexuellement transmissibles, des strate'gies donnant aux femmes le pouvoir de se prote'ger et des me'thodes pour les aider, les soutenir et les soigner, en les faisant participer a` tous les aspects de cette recherche; p) Appuyer et entreprendre des travaux de recherche sur les besoins et les conditions de vie des femmes, en particulier sur l'infection par le VIH et les maladies sexuellement transmissibles, les me'thodes de protection utilisables par les femmes elles-me^mes, comme les bacte'ricides non spermicides, et sur les comportements et pratiques a` risque des hommes et des femmes. Objectif strate'gique C.4. Promouvoir la recherche et diffuser des informations sur la sante' des femmes Mesures a` prendre 109. Les gouvernements, le syste`me des Nations Unies, le personnel me'dical, les instituts de recherche, les organisations non gouvernementales, les donateurs, l'industrie pharmaceutique et les me'dias devraient, selon qu'il convient : a) Former des chercheurs et mettre en place des syste`mes permettant d'utiliser chaque fois qu'il y a lieu des donne'es recueillies, analyse'es et ventile'es par sexe, par a^ge, et selon d'autres parame`tres de'mographiques et socio-e'conomiques reconnus, pour l'e'laboration des politiques et la planification, le suivi et l'e'valuation; b) Promouvoir la recherche, les techniques et les traitements sanitaires axe's sur les femmes et sexospe'cifiques, inte'grer les connaissances traditionnelles et autochtones dans la me'decine moderne, et donner aux femmes les informations dont elles ont besoin pour prendre des de'cisions e'claire'es et responsables; c) Accroi^tre le nombre de femmes occupant des postes de responsabilite' dans les professions de sante', notamment parmi les chercheurs et les scientifiques, de manie`re que l'objectif de l'e'galite' soit atteint le plus to^t possible; d) Accroi^tre le soutien financier et autre, de toutes sources, a` la recherche pre'ventive, biome'dicale, comportementale, e'pide'miologique concernant la sante' fe'minine et aux e'tudes sur les services de sante' s'adressant aux femmes, ainsi qu'a` la recherche sur les causes et conse'quences sociales, e'conomiques et politiques des proble`mes de sante' des femmes, y compris les effets des ine'galite's entre les sexes et ceux de l'a^ge, notamment en ce qui concerne les maladies chroniques et les maladies non transmissibles (entre autres les affections cardio-vasculaires, les cancers, les affections et le'sions de l'appareil ge'nital), l'infection par le VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles, les maladies lie'es a` la pollution et les maladies tropicales; e) Informer les femmes sur les facteurs qui accroissent les risques de cancer et d'infection de l'appareil ge'nital, de manie`re qu'elles aient tous les e'le'ments ne'cessaires pour prendre les de'cisions concernant leur sante'; f) Appuyer et financer la recherche sociale, e'conomique, politique et culturelle sur les incidences que l'ine'galite' entre les sexes a sur la sante' des femmes (e'tiologie, e'pide'miologie, services offerts, utilisation de ces services, re'sultats des traitements prescrits); g) Appuyer la recherche sur les syste`mes de sante' et leur fonctionnement, en vue d'e'largir l'acce`s a` ces services et d'ame'liorer leur qualite', de soutenir comme il convient les femmes qui ont dans leur entourage des personnes a` soigner, et dresser un tableau des services de sante' offerts aux femmes en matie`re de sante' et de l'usage que celles-ci en font; h) Fournir un appui financier et institutionnel a` la recherche visant a` mettre au point des me'thodes et techniques su^res, efficaces, peu cou^teuses et acceptables, pour assurer la sante' des femmes et des hommes en matie`re de sexualite' et de procre'ation, y compris des me'thodes de re'gulation de la fe'condite', notamment la planification familiale naturelle par les deux sexes, des me'thodes de protection contre les maladies sexuellement transmissibles et le VIH, ainsi que des techniques simples et peu cou^teuses de diagnostic de ces maladies, et d'autres; cette recherche devra, a` chaque stade, e^tre guide'e par les utilisateurs et tenir compte de la spe'cificite' de chaque sexe et en particulier de celle des femmes, et respecter strictement les normes juridiques, e'thiques, me'dicales et scientifiques internationales qui re'gissent la recherche biome'dicale; i) L'avortement pratique' dans de mauvaises conditions 16/ constituant l'une des principales menaces pour la sante' et la vie des femmes, il faudrait promouvoir la recherche afin de mieux comprendre et mai^triser les causes et les conse'quences de l'avortement provoque', y compris ses se'quelles sur la fe'condite' et la sante' ge'ne'sique et mentale de la femme et les pratiques contraceptives, ainsi que la recherche sur le traitement des complications de l'avortement et les soins apre`s avortement; j) Reconnai^tre la valeur de la me'decine traditionnelle notamment de celle que pratiquent les femmes des populations autochtones et l'encourager, en vue d'en pre'server les aspects be'ne'fiques et de les incorporer dans les soins assure's par les services de sante', et appuyer la recherche a` cet effet; k) Mettre au point des me'canismes permettant d'e'valuer et de diffuser les donne'es disponibles et les re'sultats de la recherche, notamment parmi les chercheurs, les de'cideurs, les professionnels de la sante' et les associations fe'minines; l) Suivre la recherche ge'ne'tique, notamment sur le ge'nome humain, sous l'angle de la sante' des femmes, et diffuser les informations et les re'sultats des e'tudes effectue'es dans le respect des normes e'thiques reconnues. Objectif strate'gique C.5. Augmenter les ressources consacre'es a` la sante' des femmes et suivre et e'valuer la situation dans ce domaine Mesures a` prendre 110. Les gouvernements et administrations a` tous les niveaux, en collaboration avec les organisations non gouvernementales, en particulier les organisations fe'minines et de jeunesse devraient : a) Accroi^tre les budgets des services de sante' primaires et des services sociaux, tout en soutenant comme il faut les services de sante' secondaires et tertiaires, et accorder une attention particulie`re a` la sante' en matie`re de procre'ation et de sexualite' des femmes et des petites filles; la priorite' devrait e^tre accorde'e aux programmes de sante' dans les zones rurales et les quartiers pauvres des villes; b) De'velopper de nouveaux moyens de financer les services de sante', en favorisant la participation des collectivite's et le financement local; accroi^tre, si ne'cessaire, les cre'dits budge'taires alloue's aux centres de sante', programmes et services communautaires qui re'pondent aux besoins spe'cifiques des femmes; c) De'velopper des services de sante' locaux qui encouragent la participation et l'initiative communautaires compte tenu des besoins spe'cifiques des femmes, ainsi que l'auto-me'dication et les programmes spe'cifiques de pre'vention; d) Fixer des objectifs et des de'lais, selon qu'il convient, pour ame'liorer la sante' fe'minine, et planifier, appliquer, suivre et e'valuer les programmes a` partir d'e'tudes de leurs effets sexospe'cifiques fonde'es sur des donne'es qualitatives et quantitatives ventile'es par sexe, a^ge, et selon d'autres parame`tres de'mographiques et socio-e'conomiques reconnus; e) E'tablir, selon les besoins, des me'canismes ministe'riels et interministe'riels, afin de suivre l'application des re'formes des politiques et programmes de sante' concernant les femmes et cre'er, au besoin, des centres de liaison de haut niveau dans les services nationaux de planification responsables de leur suivi, afin que les proble`mes de sante' des femmes soient pris en conside'ration dans tous les organismes et programmes gouvernementaux compe'tents. 111. Les gouvernements, l'ONU et les institutions spe'cialise'es des Nations Unies, les institutions financie`res internationales, les donateurs bilate'raux et le secteur prive' devraient, selon qu'il convient : a) De'finir des politiques qui favorisent les investissements dans les services de sante' destine's aux femmes et, le cas e'che'ant, accroi^tre les cre'dits pour de tels investissements; b) Fournir une assistance mate'rielle, financie`re et logistique approprie'e pour renforcer les organisations non gouvernementales de jeunesse, afin qu'elles puissent mieux re'pondre aux besoins des jeunes dans le domaine de la sante', y compris la sante' en matie`re de sexualite' et de procre'ation; c) Accorder une plus grande priorite' a` la sante' des femmes et mettre au point des me'canismes pour coordonner et exe'cuter les activite's inspire'es par les objectifs de sante' de'finis dans le Programme d'action et les accords internationaux pertinents, afin de stimuler le progre`s. D. La violence a` l'e'gard des femmes 112. La violence a` l'e'gard des femmes fait obstacle a` la re'alisation des objectifs d'e'galite', de de'veloppement et de paix. Elle constitue une violation des droits fondamentaux et des liberte's fondamentales des femmes et empe^che partiellement ou totalement celles-ci de jouir de ces droits et liberte's. Le fait que la protection et la promotion des droits et liberte's fondamentaux ne soient pas assure'es dans le cas de la violence a` l'e'gard des femmes, est un proble`me ancien qui pre'occupe tous les E'tats et auquel il faut s'attaquer. Depuis la Confe'rence de Nairobi, on a beaucoup appris sur les causes et les conse'quences de cette violence, ainsi que sur son incidence et sur les mesures a` prendre pour la combattre. Dans toutes les socie'te's, a` des degre's divers, les femmes et les petites filles sont victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques, quels que soient leur revenu, leur classe sociale et leur culture. La subordination e'conomique et social des femmes peut e^tre a` la fois une cause et une conse'quence de la violence qu'elles subissent. 113. L'expression "violence a` l'e'gard des femmes" de'signe tous actes de violence dirige's contre des femmes en tant que telles et causant ou pouvant causer aux femmes un pre'judice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberte', que ce soit dans la vie publique ou dans la vie prive'e. En conse'quence, la violence a` l'e'gard des femmes s'entend comme englobant, sans y e^tre limite'e, les formes de violence e'nume're'es ci-apre`s : a) La violence physique, sexuelle et psychologique exerce'e au sein de la famille, y compris les coups, les se'vices sexuels inflige's aux enfants de sexe fe'minin au foyer, les violences lie'es a` la dot, le viol conjugal, les mutilations ge'nitales et autres pratiques traditionnelles pre'judiciables a` la femme, la violence non conjugale et la violence lie'e a` l'exploitation; b) La violence physique, sexuelle et psychologique exerce'e au sein de la socie'te', y compris le viol, les se'vices sexuels, le harce`lement sexuel et l'intimidation sur les lieux de travail, dans les e'tablissements d'enseignement et ailleurs, le proxe'ne'tisme et la prostitution force'e; c) La violence physique, sexuelle et psychologique perpe'tre'e ou tole're'e par l'E'tat, ou` qu'elle s'exerce. 114. Constituent e'galement des actes de violence a` l'e'gard des femmes les violations de leurs droits fondamentaux dans les zones de conflit arme', notamment le meurtre, le viol syste'matique, l'esclavage sexuel et la grossesse force'e. 115. La violence a` l'e'gard des femmes comprend aussi les ste'rilisations force'es et les avortements force's, la contraception impose'e par la contrainte ou la force, la se'lection pre'natale en fonction du sexe et l'infanticide des petites filles. 116. Certains groupes de femmes, dont les femmes appartenant a` des minorite's ou a` des populations autochtones, les re'fugie'es, les migrantes, les femmes pauvres vivant dans des communaute's rurales ou isole'es, les femmes sans ressources, interne'es ou de'tenues, les petites filles, les handicape'es, les femmes a^ge'es, de'place'es, rapatrie's, y compris les travailleuses expatrie'es, les femmes vivant dans la pauvrete' ou dans des zones de conflit arme', ou dans des re'gions sous occupation e'trange`re ou qui sont le the'a^tre d'une guerre d'agression, d'une guerre civile ou de mene'es terroristes, y compris les prises d'otages, sont aussi particulie`rement vulne'rables face a` la violence. 117. Qu'ils se produisent au sein du foyer ou de la collectivite', ou qu'ils soient perpe'tre's ou tole're's par les E'tats, les actes ou les menaces de violence instillent la peur et l'inse'curite' dans la vie des femmes et font obstacle a` l'instauration de l'e'galite' ainsi qu'au de'veloppement et a` la paix. La peur d'e^tre victime de violences, y compris de harce`lement, limite en permanence la mobilite' des femmes et leur acce`s aux ressources et aux activite's essentielles. La violence a` l'e'gard des femmes a un cou^t social, sanitaire et e'conomique e'leve' pour les individus et pour la socie'te'. Elle compte parmi les principaux me'canismes sociaux sur lesquels repose la subordination des femmes. Dans bien des cas, la violence a` l'e'gard des femmes et des petites filles se manifeste au sein de la famille ou du foyer, ou` elle est fre'quemment tole're'e. Souvent, le manque de soins, les violences physiques et sexuelles et les viols dont sont victimes les petites filles et les femmes de la part de membres de leur famille ou d'autres membres du foyer ne sont pas signale's, non plus que les actes de violence commis par le conjoint ou par d'autres, ce qui les rend difficiles a` de'tecter. On constate couramment que, me^me dans les cas ou` de tels actes sont signale's, les victimes ne sont pas prote'ge'es et les coupables ne sont pas punis. 118. La violence a` l'e'gard des femmes traduit des rapports de force historiques qui ont abouti a` la domination des femmes par les hommes et a` la discrimination et freine' la promotion des femmes. La violence a` l'e'gard des femmes de tous a^ges de'coule essentiellement de comportements culturels, en particulier des effets ne'fastes de certaines coutumes et pratiques traditionnelles et de comportements extre'mistes fonde's sur la race, le sexe, la langue ou la religion, qui perpe'tuent le statut infe'rieur re'serve' aux femmes dans la famille, sur le lieu de travail et au sein de la communaute' et de la socie'te'. La violence a` l'e'gard des femmes est encore aggrave'e par les pressions sociales, notamment la honte qu'entrai^ne pour les femmes la de'nonciation de certains actes dont elles ont e'te' victimes, le manque d'information, d'aide et de protection juridique, l'absence de lois interdisant clairement les actes de violence a` l'e'gard des femmes, la non-re'vision des le'gislations en vigueur, l'insuffisance des mesures prises par les pouvoirs publics pour faire connai^tre et appliquer les lois en vigueur et l'absence de moyens e'ducatifs et autres qui permettraient d'e'liminer les causes de la violence et de reme'dier a` ses conse'quences. Les images de violences a` l'e'gard des femmes ve'hicule'es par les me'dias, notamment les sce`nes de viol ou d'esclavage sexuel et toutes celles ou` les femmes et les petites filles sont traite'es comme des objets sexuels, en particulier les images pornographiques, contribuent a` ge'ne'raliser ces formes de violence et ont un effet de'plorable sur le public en ge'ne'ral et plus spe'cialement sur les enfants et les jeunes. 119. Pour relever le de'fi que constitue l'e'limination de toute violence a` l'e'gard des femmes au sein de la famille, de la communaute' et de l'E'tat, il est ne'cessaire et possible de mettre au point une approche globale et multidisciplinaire. Le principe de l'e'galite' et du partenariat entre hommes et femmes et le respect de la dignite' humaine doivent pre'valoir dans tous les aspects de la vie en socie'te'. Il faudrait que les syste`mes e'ducatifs favorisent le respect de soi, ainsi que le respect mutuel et l'esprit de coope'ration entre les femmes et les hommes. 120. Faute de donne'es et de statistiques fiables, ventile'es par sexe, sur l'incidence de la violence, il est difficile d'e'laborer des programmes et de suivre l'e'volution de la situation. La pe'nurie, voire l'absence totale de documents et d'e'tudes sur la violence au sein de la famille, le harce`lement sexuel et la violence dont les femmes et les petites filles sont victimes dans la vie prive'e et publique, notamment sur le lieu de travail, fait obstacle a` l'e'laboration de strate'gies d'intervention spe'cifiques. L'expe'rience acquise dans un certain nombre de pays montre que les hommes et les femmes peuvent e^tre mobilise's pour lutter contre la violence sous toutes ses formes, et qu'il est possible de prendre des mesures d'ordre public efficaces pour s'attaquer tant aux conse'quences qu'aux causes de la violence. Pour changer les choses, il est indispensable d'obtenir l'appui d'associations masculines de'termine'es a` lutter contre les violences qui s'exercent en fonction du sexe. 121. Les femmes peuvent e^tre expose'es a` des formes de violence de la part de personnes qui de'tiennent l'autorite', en situation de conflit ou non. Si tous les agents de l'E'tat auxquels les femmes devraient pouvoir faire confiance, notamment les agents de police, les fonctionnaires des administrations pe'nitentiaires et les agents des forces de se'curite' avaient une formation dans le domaine du droit humanitaire et des droits de l'homme et si les auteurs de violences a` l'e'gard des femmes e'taient punis, celles-ci subiraient moins de violences de la part d'agents de l'E'tat. 122. La suppression effective de la traite des femmes et des petites filles a` des fins sexuelles est un sujet de pre'occupation tre`s important pour la communaute' internationale. Il faut revoir et renforcer l'application de la Convention de 1949 pour la re'pression et l'abolition de la traite des e^tres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui 20/, et des autres instruments pertinents. L'exploitation des femmes dans des re'seaux internationaux de prostitution et de traite est devenue l'une des principales activite's de la criminalite' internationale organise'e. Le Rapporteur spe'cial de la Commission des droits de l'homme sur la violence a` l'e'gard des femmes, qui a e'tudie' ce phe'nome`ne en tant que cause supple'mentaire de violation des droits et liberte's fondamentaux des femmes et des petites filles, est invite' a` examiner d'urgence dans le cadre de son mandat la question de la traite internationale d'e^tres humains a` des fins sexuelles, notamment la prostitution force'e, le viol, les se'vices sexuels et le tourisme sexuel. Les femmes et les petites filles qui en sont victimes sont plus que d'autres expose'es a` de nouvelles violences, a` des grossesses non de'sire'es et aux maladies sexuellement transmissibles, dont l'infection par le VIH/sida. 123. Dans le cadre de la lutte contre la violence a` l'e'gard des femmes, les gouvernements et les autres parties inte'resse'es devraient encourager activement et de fac'on visible l'inte'gration syste'matique de la proble'matique hommes-femmes dans toutes les politiques et tous les programmes afin que les de'cisions soient prises en connaissance de cause. Objectif strate'gique D.1. Prendre des mesures concerte'es afin de pre'venir et d'e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes Mesures a` prendre 124. Les gouvernements devraient : a) Condamner la violence a` l'e'gard des femmes et s'abstenir d'invoquer la coutume, la tradition ou la religion pour se soustraire a` l'obligation de l'e'liminer conforme'ment a` la De'claration sur l'e'limination de la violence a` l'e'gard des femmes; b) S'abstenir de tout acte de violence a` l'e'gard des femmes et agir avec la diligence voulue pour pre'venir de tels actes, enque^ter sur ces actes et les punir conforme'ment a` la le'gislation nationale, qu'ils soient perpe'tre's par l'E'tat ou par des particuliers; c) Instituer dans les codes pe'nal, civil, du travail et administratif les sanctions voulues pour punir et re'parer les torts cause's aux femmes et aux petites filles victimes de violence, que cette violence s'exerce dans le cadre familial, sur le lieu de travail, dans la communaute' ou dans la socie'te', ou renforcer les sanctions existantes; d) Le'gife'rer et appliquer les lois et les examiner et les analyser pe'riodiquement en vue de s'assurer qu'elles contribuent efficacement a` e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes, en mettant l'accent sur la pre'vention de la violence et la poursuite des de'linquants; assurer la protection des femmes contre la violence, leur donner acce`s a` des voies de recours justes et efficaces, pre'voyant notamment l'indemnisation et la re'adaptation des victimes et la re'e'ducation des de'linquants; e) Promouvoir activement la ratification et l'application de toutes les normes et de tous les instruments internationaux en matie`re des droits de l'homme qui se rapportent a` la violence a` l'e'gard des femmes, notamment la De'claration universelle des droits de l'homme 21/, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques 13/, le Pacte international relatif aux droits e'conomiques, sociaux et culturels 13/ et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou de'gradants 22/; f) Appliquer la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes en tenant compte de la recommandation 19 adopte'e a` sa onzie`me session par le Comite' pour l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes 23/; g) Promouvoir activement une politique visant explicitement a` inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans les politiques et programmes de pre'vention de la violence a` l'e'gard des femmes et encourager, appuyer et appliquer e'nergiquement des mesures et programmes tendant a` mieux faire comprendre les causes, les conse'quences et les me'canismes de cette violence aux responsables de l'application de ces politiques, tels que le personnel charge' de l'application des lois, le personnel policier, judiciaire et me'dical et de protection sociale, ainsi que le personnel qui s'occupe des minorite's, des migrations et des re'fugie's, et e'laborer des strate'gies propres a` garantir que les femmes n'aient pas a` subir un surcroi^t de violence du fait de lois et de modes de re'pression ne prenant pas en conside'ration leur spe'cificite'; h) Permettre aux femmes victimes d'actes de violence d'avoir acce`s a` l'appareil judiciaire et, conforme'ment a` la le'gislation nationale, a` des me'canismes de recours justes et efficaces et les informer de leur droit a` s'adresser a` ces me'canismes pour obtenir des re'parations; i) Promulguer et appliquer des lois sanctionnant les auteurs de pratiques et d'actes de violence a` l'e'gard des femmes tels que les mutilations ge'nitales, la se'lection pre'natale en fonction du sexe, l'infanticide et les violences lie'es a` la dot, et appuyer vigoureusement les efforts de'ploye's par les organisations non gouvernementales et les organisations communautaires en vue d'e'liminer ces pratiques; j) E'laborer et appliquer a` tous les niveaux approprie's des plans d'action visant a` e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes; k) Adopter toutes les mesures voulues, notamment dans le domaine de l'e'ducation, pour modifier les comportements sociaux et culturels des hommes et des femmes et e'liminer les pre'juge's, coutumes et pratiques tenant a` l'ide'e que l'un des deux sexes est supe'rieur ou infe'rieur a` l'autre ou a` des conceptions ste're'otype'es des ro^les masculin et fe'minin; l) Mettre en place des me'canismes institutionnels, ou renforcer ceux qui existent, pour permettre aux femmes et aux filles de de'noncer, en toute se'curite' et confidentialite', sans crainte de sanctions ni de repre'sailles, les actes de violence dont elles sont victimes, et de porter plainte; m) Veiller a` ce que les handicape'es aient acce`s aux informations se rapportant a` la violence a` l'e'gard des femmes et aux services de protection; n) Mettre au point, ame'liorer ou organiser, le cas e'che'ant, et financer les programmes de formation a` l'intention des personnels judiciaire, juridique, me'dical, social, pe'dagogique et policier et des services d'immigration, afin d'e'viter les abus de pouvoir susceptibles de donner lieu a` des actes de violence contre les femmes et de sensibiliser ces personnels a` la nature des actes de violence et des menaces a` l'e'gard des femmes, afin que les victimes de tels actes soient traite's avec justice; o) Le'gife'rer le cas e'che'ant, ou renforcer la le'gislation existante, pour sanctionner les agents de la police et des forces de se'curite' ou tous autres agents de l'E'tat qui se livrent a` des actes de violence a` l'e'gard des femmes dans l'accomplissement de leurs fonctions, examiner la le'gislation existante et prendre des mesures efficaces contre les auteurs de tels actes; p) Inscrire au budget national des ressources suffisantes et mobiliser les ressources de la collectivite' pour financer les activite's visant a` e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes, notamment pour appliquer les plans d'action a` tous les niveaux approprie's; q) Inclure dans les rapports pre'sente's en application des instruments internationaux pertinents relatifs aux droits de l'homme des informations concernant la violence a` l'e'gard des femmes et les mesures prises pour donner effet a` la De'claration sur l'e'limination de la violence a` l'e'gard des femmes; r) Coope'rer avec le Rapporteur spe'cial de la Commission des droits de l'homme sur la violence a` l'e'gard des femmes dans l'exercice de son mandat, appuyer ses travaux et fournir toutes les informations demande'es; coope'rer e'galement avec d'autres instances compe'tentes telles que le Rapporteur spe'cial de la Commission des droits de l'homme sur la torture et le Rapporteur spe'cial de la Commission des droits de l'homme sur les exe'cutions sommaires, extrajudiciaires et arbitraires, en ce qui concerne la violence a` l'e'gard des femmes; s) Recommander a` la Commission des droits de l'homme de renouveler le mandat du Rapporteur spe'cial sur la violence a` l'e'gard des femmes lorsqu'il viendra a` expiration en 1997 et, si ne'cessaire, de le mettre a` jour et de le renforcer. 125. Les gouvernements, y compris les pouvoirs locaux, et les organisations communautaires, les organisations non gouvernementales, les e'tablissements d'enseignement, les secteurs public et prive', en particulier les entreprises, ainsi que les me'dias devraient, selon le cas : a) Fournir des structures d'accueil et des secours bien finance's aux femmes et aux petites filles victimes de violences, ainsi que des conseils me'dicaux, psychologiques et autres, de me^me qu'une assistance judiciaire gratuite ou peu cou^teuse, en cas de besoin, et leur apporter l'assistance voulue pour les aider a` trouver des moyens de subsistance; b) Mettre en place des services accessibles sur les plans linguistique et culturel a` l'intention des femmes et des petites filles migrantes, y compris les travailleuses migrantes qui sont victimes de violences en raison de leur sexe; c) Prendre conscience de la vulne'rabilite' des migrantes, notamment des travailleuses migrantes dont le statut juridique dans le pays d'accueil de'pend d'employeurs qui risquent d'abuser de la situation, a` la violence et a` d'autres formes d'abus; d) Appuyer les initiatives prises par des organisations fe'minines et les organisations non gouvernementales du monde entier pour sensibiliser le public au proble`me de la violence contre les femmes et pour contribuer a` son e'limination; e) Organiser, soutenir et financer les campagnes communautaires d'e'ducation et de formation visant a` faire comprendre que la violence a` l'e'gard des femmes est une violation de leurs droits fondamentaux et encourager les communaute's locales a` recourir a` des me'thodes traditionnelles ainsi qu'a` des me'thodes novatrices de re`glement des conflits qui tiennent du^ment compte des spe'cificite's des hommes et des femmes; f) Reconnai^tre, soutenir et promouvoir le ro^le essentiel que jouent les institutions interme'diaires, telles que centres de soins de sante' primaires, centres de planification familiale, services de me'decine scolaire, services de protection maternelle et infantile, centres a` l'intention des familles migrantes, etc., dans l'information et l'e'ducation concernant les mauvais traitements; g) Organiser et financer des campagnes d'information, des programmes d'e'ducation et de formation a` l'intention des filles et des garc'ons, des hommes et des femmes, concernant les effets nocifs, sur les plans personnel et social, de la violence au sein de la famille, de la communaute' et de la socie'te', et les moyens de communiquer sans violence; encourager une formation des victimes et des victimes potentielles afin de leur permettre de se prote'ger et de prote'ger les autres; h) Diffuser des informations sur l'assistance offerte aux femmes et aux familles qui sont victimes d'actes de violence; i) Assurer, financer et promouvoir des programmes de conseils et de re'adaptation a` l'intention des auteurs d'actes de violence et encourager la recherche dans ces domaines, afin d'empe^cher que de tels actes de violence ne se reproduisent; j) Sensibiliser les me'dias a` la responsabilite' qu'ils ont de promouvoir des images non ste're'otype'es des hommes et des femmes, ainsi que d'e'liminer les pre'sentations qui engendrent la violence, et encourager les responsables du contenu des me'dias a` e'tablir des re`gles de de'ontologie et des codes de conduite; faire comprendre l'importance du ro^le qui incombe aux me'dias d'informer, d'e'duquer et de stimuler le de'bat public sur les causes et les effets de la violence a` l'e'gard des femmes. 126. Les gouvernements, les employeurs, les syndicats, les organisations communautaires, les organisations de jeunesse et les organisations non gouvernementales devraient, selon le cas : a) Concevoir des programmes et mettre en place des proce'dures visant a` e'liminer le harce`lement sexuel et les autres formes de violence a` l'e'gard des femmes dans les e'tablissements d'enseignement, les lieux de travail et partout ailleurs; b) Concevoir des programmes et mettre en place des proce'dures visant a` e'duquer et sensibiliser le public au sujet des actes de violence a` l'e'gard des femmes qui constituent un crime et une violation des droits fondamentaux des femmes; c) E'laborer des programmes de conseils, de the'rapie et d'appui a` l'intention des petites filles, des adolescentes et des jeunes femmes qui sont ou ont e'te' victimes de violences de la part de leurs proches, notamment celles qui vivent dans un foyer ou un e'tablissement ou` elles sont maltraite'es; d) Prendre des mesures spe'ciales pour e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes, en particulier les femmes en situation vulne'rable (jeunes femmes, re'fugie'es, femmes de'place'es ou de'place'es a` l'inte'rieur de leur propre pays, handicape'es et travailleuses migrantes par exemple), et notamment faire appliquer la le'gislation existante et, au besoin, e'laborer de nouvelles lois en faveur des travailleuses migrantes, dans les pays d'origine comme dans les pays d'accueil. 127. Le Secre'taire ge'ne'ral de l'Organisation des Nations Unies devrait : Fournir au Rapporteur spe'cial de la Commission des droits de l'homme sur la violence a` l'e'gard des femmes tout l'appui ne'cessaire, en particulier le personnel et les ressources dont il a besoin pour s'acquitter de toutes les fonctions qui lui sont confie'es, et notamment pour effectuer des missions seul ou avec d'autres rapporteurs spe'ciaux et des groupes de travail et donner suite a` ces missions, et lui fournir un appui ade'quat pour les consultations pe'riodiques avec le Comite' pour l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes et tous les organes cre'e's en vertu d'instruments internationaux. 128. Les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales devraient : Encourager la diffusion et l'application des Principes directeurs du HCR concernant les femmes re'fugie'es et concernant la pre'vention de la violence sexuelle a` l'e'gard des re'fugie's et les moyens d'y reme'dier. Objectif strate'gique D.2. E'tudier les causes et conse'quences de la violence a` l'e'gard des femmes et l'efficacite' des mesures de pre'vention Mesures a` prendre 129. Les gouvernements, les organisations re'gionales, l'Organisation des Nations Unies, d'autres organisations internationales, les instituts de recherche, les organisations de femmes et de jeunes et les organisations intergouvernementales devraient, selon le cas : a) Stimuler la recherche, recueillir des donne'es et compiler des statistiques relatives aux diffe'rentes formes de violence a` l'e'gard des femmes, en particulier a` la violence au sein de la famille et encourager les recherches sur les causes, la nature, la gravite' et les conse'quences de la violence a` l'e'gard des femmes et sur l'efficacite' des mesures de pre'vention et de re'paration; b) Assurer une large diffusion aux re'sultats de la recherche et des e'tudes; c) Soutenir l'e'tude des effets de la violence, notamment du viol, sur les femmes et les petites filles, entreprendre des recherches sur ces effets et diffuser largement les informations et statistiques; d) Encourager les me'dias a` e'tudier les effets des ste're'otypes sexuels, notamment les ste're'otypes perpe'tue's par la publicite', qui favorisent la violence a` l'e'gard des femmes et les ine'galite's fonde'es sur le sexe, ainsi que la fac'on dont ils sont transmis aux diffe'rentes a^ges de la vie et prendre des mesures pour e'liminer ces images ne'gatives afin d'encourager l'instauration d'une socie'te' sans violence. Objectif strate'gique D.3. E'liminer la traite des femmes et aider les femmes victimes de violences lie'es a` la prostitution et a` la traite Mesures a` prendre 130. Les gouvernements des pays d'origine, de transit et de destination, les organisations re'gionales et internationales devraient, selon le cas : a) Envisager de ratifier et d'appliquer les conventions internationales sur la traite des e^tres humains et l'esclavage; b) Prendre les mesures voulues pour s'attaquer aux racines du mal, et notamment aux facteurs externes qui favorisent la traite des femmes et des petites filles a` des fins de prostitution et d'autres formes de commercialisation du sexe, les mariages force's et le travail force', de fac'on a` e'liminer la traite des femmes, notamment en renforc'ant la le'gislation existante afin de mieux prote'ger les droits des femmes et des petites filles et de punir les auteurs de de'lits, au pe'nal comme au civil; c) Renforcer la coope'ration et l'action concerte'e de tous les organismes et institutions compe'tents en matie`re d'application de la loi en vue de de'manteler les re'seaux nationaux, re'gionaux et internationaux de traite; d) Allouer des ressources en vue de mettre en place des programmes complets conc'us pour aider les victimes de la traite a` reprendre le dessus et les re'inse'rer dans la socie'te', notamment en leur dispensant une formation professionnelle, une assistance juridique et des soins de sante' confidentiels et prendre des mesures pour coope'rer avec les organisations non gouvernementales en vue d'apporter une aide sociale et de fournir des soins me'dicaux et psychologiques aux victimes de la traite; e) E'laborer des programmes et politiques d'e'ducation et de formation et envisager de promulguer une le'gislation visant a` empe^cher le tourisme sexuel et la traite, en s'attachant particulie`rement a` la protection des jeunes femmes et des enfants. E. Les femmes et les conflits arme's 131. Un environnement qui assure le maintien de la paix mondiale et la promotion et la de'fense des droits de l'homme, de la de'mocratie et du re`glement pacifique des diffe'rends, conforme'ment aux principes du non-recours a` la menace ou a` l'emploi de la force contre l'inte'grite' territoriale ou l'inde'pendance d'un pays et du respect de la souverainete' des E'tats e'nonce's dans la Charte des Nations Unies, est un e'le'ment important pour favoriser l'ame'lioration de la condition de la femme. La paix est indissociable de l'e'galite' entre les sexes et du de'veloppement. Des conflits, notamment des conflits arme's, ainsi que le terrorisme et les prises d'otages, persistent dans de nombreuses re'gions du monde; l'agression, l'occupation e'trange`re, les conflits ethniques et autres sont une re'alite' permanente dont souffrent des hommes et des femmes dans presque toutes les re'gions. On continue d'observer en divers endroits du monde des violations flagrantes et syste'matiques des droits de l'homme et des situations faisant gravement obstacle au plein exercice de ces droits. Outre la torture et les peines ou traitements cruels, inhumains ou de'gradants, les exe'cutions sommaires et arbitraires, les disparitions force'es et la de'tention arbitraire, on trouve parmi ces violations toutes les formes de racisme et de discrimination raciale, d'occupation et de domination e'trange`res, de xe'nophobie, de mise`re, de faim et de violation des droits e'conomiques, sociaux et culturels, d'intole'rance religieuse, de terrorisme, de discrimination a` l'e'gard des femmes et d'absence d'un e'tat de droit. Le droit humanitaire international, qui interdit les attaques contre les populations civiles en tant que telles, est parfois syste'matiquement ignore', et les droits de l'homme sont souvent viole's dans les situations de conflit arme'; la population civile, surtout les femmes, les enfants, les personnes a^ge'es et les handicape's, souffre de ces violations. La violation des droits fondamentaux des femmes dans les situations de conflit arme' est contraire aux principes fondamentaux des droits de l'homme reconnus sur le plan international et du droit humanitaire. Les violations syste'matiques des droits de l'homme, particulie`rement le ge'nocide, l'utilisation du nettoyage ethnique et ses conse'quences, le viol, notamment le viol syste'matique de femmes dans les situations de guerre, qui provoquent un exode massif de re'fugie's et de personnes de'place'es, sont des pratiques abominables, qui sont condamne'es et auxquelles il faut mettre un terme imme'diatement, et les auteurs de ces crimes doivent e^tre punis. Certains de ces conflits arme's ont leur origine dans la conque^te ou la colonisation d'un pays par un autre E'tat et dans la perpe'tuation de cette colonisation par la re'pression politique et militaire. 132. La Convention de Gene`ve relative a` la protection des personnes civiles en temps de guerre, de 1949, et ses protocoles additionnels de 1977 24/ stipulent que les femmes seront spe'cialement prote'ge'es contre toute atteinte a` leur honneur, et notamment contre les traitements humiliants et de'gradants, le viol, la contrainte a` la prostitution et tout attentat a` leur pudeur. La De'claration et le Programme d'action de Vienne, adopte's a` la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme, stipulent en outre que "les violations des droits fondamentaux des femmes dans les conflits arme's constituent des violations des principes fondamentaux des droits de l'homme internationaux et du droit humanitaire" 25/. On continue a` de'plorer dans divers endroits du monde des violations flagrantes et des situations qui font obstacle au plein exercice des droits de l'homme : toutes les violations de ce type, dont en particulier le meurtre, le viol, y compris le viol syste'matique, l'esclavage sexuel et les grossesses force'es, appellent une action particulie`rement e'nergique. Ces violations peuvent prendre de nombreuses formes : torture, peines ou traitements cruels, inhumains ou de'gradants, de'tentions sommaires et arbitraires, toutes sortes de manifestations du racisme et de la discrimination raciale, xe'nophobie, non-respect des droits e'conomiques, sociaux et culturels et intole'rance religieuse. 133. Les violations des droits de l'homme commises dans les situations de conflit arme' et d'occupation militaire contreviennent aux principes fondamentaux des droits de l'homme internationalement reconnus et du droit humanitaire, tels qu'ils sont inscrits dans les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme et dans les Conventions de Gene`ve de 1949 et dans leurs Protocoles additionnels. Les violations flagrantes des droits de l'homme et les politiques de nettoyage ethnique se poursuivent dans les zones de'chire'es par la guerre et les zones occupe'es. Ces pratiques ont cre'e', entre autres, des courants massifs de re'fugie's et autres personnes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale, et de personnes de'place'es a` l'inte'rieur de leur propre pays, dont la majorite' sont des femmes, des adolescentes et des enfants. Il y a souvent plus de victimes dans la population civile þ surtout des femmes et des enfants þ que parmi les combattants. De plus, beaucoup de femmes soignent des combattants blesse's et, en raison du conflit, se trouvent soudain seules pour ge'rer le me'nage et soigner les enfants et les parents a^ge's. 134. Dans un monde ou` persistent l'instabilite' et la violence, il est urgent de mettre en oeuvre des approches de la paix et de la se'curite' fonde'es sur la coope'ration. L'e'galite' d'acce`s et la pleine participation des femmes aux structures de pouvoir et leur contribution a` tous les efforts de'ploye's pour pre'venir et re'gler les conflits sont indispensables au maintien et a` la promotion de la paix et de la se'curite'. Bien que les femmes commencent a` jouer un ro^le important dans le re`glement des conflits, dans le maintien de la paix, au sein des me'canismes de de'fense et dans les affaires e'trange`res, elles sont toujours sous-repre'sente'es aux postes de responsabilite'. Pour pouvoir jouer un ro^le e'gal a` celui des hommes, dans l'e'tablissement et le maintien de la paix, les femmes doivent avoir plus de pouvoir politique et e'conomique et e^tre suffisamment repre'sente'es a` tous les niveaux de la prise de de'cisions. 135. S'il est vrai que les communaute's subissent tout entie`res les conse'quences des conflits arme's et du terrorisme, les femmes et les petites filles sont particulie`rement touche'es en raison de leur place dans la socie'te' et de leur sexe. Le viol est souvent impuni et les parties a` un conflit l'utilisent parfois syste'matiquement comme tactique de guerre et de terrorisme. Les femmes de tous a^ges sont expose'es a` la violence et a` la violation de leurs droits fondamentaux : de'placements force's, perte de leur domicile et de leurs biens, perte ou disparition involontaire de proches parents, pauvrete', se'paration et de'sinte'gration des familles; elles peuvent e^tre victimes de meurtres, d'actes de terrorisme, de torture, de disparitions force'es, d'esclavage sexuel, de viols, de se'vices sexuels et de grossesses force'es dans les situations de conflit arme', surtout dans le sillage des politiques de nettoyage ethnique et d'autres formes nouvelles de violence. A` cela s'ajoutent les effets sociaux, e'conomiques et psychologiques irre'versibles des conflits armes, ainsi que de l'occupation et de la domination e'trange`res. 136. Les femmes et les enfants repre'sentent environ 80 % des millions de re'fugie's et d'autres personnes de'place'es de par le monde, y compris les personnes de'place'es a` l'inte'rieur de leur propre pays. Ils sont sous le coup de toutes sortes de menaces : pertes de leurs possessions, privation de biens et de services, de'ni du droit de rentrer chez eux, violence et inse'curite'. Il faut pre^ter une attention particulie`re a` la violence sexuelle exerce'e contre les femmes et les petites filles coupe'es de leurs racines, qui est employe'e comme me'thode de perse'cution dans des campagnes syste'matiques de terreur et d'intimidation visant a` contraindre les membres d'un groupe ethnique, culturel ou religieux particulier a` fuir. Les femmes peuvent e'galement e^tre force'es de s'enfuir en raison de craintes justifie'es de perse'cutions notamment sous forme de se'vices sexuels et d'autres violences sexospe'cifiques pour les raisons e'nume're'es dans la Convention de 1951 relative au statut des re'fugie's et son Protocole de 1967, et elles demeurent vulne'rables a` la violence et a` l'exploitation durant leur fuite, dans les pays d'asile et de re'installation, ainsi que pendant et apre`s leur rapatriement. Dans certains pays d'asile, elles ont du mal a` faire reconnai^tre leur statut de re'fugie'es quand leur demande se fonde sur ces perse'cutions. 137. Dans la plupart des cas, les re'fugie'es, les migrantes et les femmes de'place'es font preuve de force, d'endurance et d'initiative et peuvent e^tre un atout pour les pays ou` elles se re'installent, ou pour leur pays d'origine lors de leur retour. Il convient de les faire participer dans la mesure voulue aux de'cisions qui les concernent. 138. Nombre d'organisations non gouvernementales fe'minines ont re'clame' que l'on re'duise les de'penses militaires dans le monde entier, et que l'on mette un frein au commerce et au trafic internationaux des armes ainsi qu'a` la prolife'ration des armements. Les premie`res victimes des conflits et des de'penses militaires excessives sont les pauvres qui souffrent de l'absence d'investissement dans les services de base. Les femmes qui vivent dans la pauvrete', notamment dans les zones rurales, pa^tissent e'galement des effets de l'utilisation d'armes particulie`rement traumatisantes ou frappant sans discrimination. Plus de 100 millions de mines terrestres antipersonnel sont e'parses dans 64 pays. Il faut re'duire l'impact ne'gatif qu'ont sur le de'veloppement les de'penses militaires excessives, le commerce des armes et les investissements dans la fabrication et l'acquisition d'armements. Cela e'tant, le maintien de la se'curite' nationale et de la paix est un facteur important de croissance e'conomique et de de'veloppement, ainsi que de renforcement du pouvoir d'action des femmes. 139. En pe'riode de conflit arme' et d'e'clatement des collectivite's, les femmes ont un ro^le crucial a` jouer. C'est souvent a` elles qu'il incombe alors de pre'server l'ordre social. Elles jouent un ro^le important et souvent me'connu en assurant l'e'ducation a` la paix dans leur famille et leur entourage. 140. Pour parvenir a` une paix durable, il est fondamental que chacun s'impre`gne, de`s son plus jeune a^ge, d'une culture pacifiste, qui honore la justice et la tole'rance pour tous et pour toutes les nations. Chacun devrait e'galement e^tre initie' aux principes du re`glement des conflits, de la me'diation, de la lutte contre les pre'juge's et du respect de la diversite'. 141. S'agissant des conflits, notamment des conflits arme's, il faudrait promouvoir une politique active qui vise ostensiblement a` ge'ne'raliser la prise en compte des sexospe'cificite's dans toutes les initiatives et tous les programmes, de fac'on que toute de'cision soit pre'ce'de'e d'une analyse des re'percussions sur les inte'resse's en fonction de leur sexe. Objectif strate'gique E.1. E'largir la participation des femmes au re`glement des conflits au niveau de la prise de de'cisions et prote'ger les femmes vivant dans les situations de conflit arme' et autres ou sous occupation e'trange`re Mesures a` prendre 142. Les gouvernements et les institutions intergouvernementales, internationales et re'gionales devraient : a) Promouvoir la participation e'gale des femmes et des possibilite's e'gales de participation aux travaux de toutes les instances et a` toutes les activite's de paix a` tous les niveaux, notamment a` celui de la prise de de'cisions, y compris au Secre'tariat de l'Organisation des Nations Unies, tout en veillant a` assurer une re'partition ge'ographique e'quitable, conforme'ment a` l'Article 101 de la Charte des Nations Unies; b) Inte'grer la proble'matique hommes-femmes dans le re`glement des conflits, notamment les conflits arme's et l'occupation e'trange`re et s'efforcer de respecter un juste e'quilibre entre les sexes dans les propositions de candidature et les nominations a` des postes de juge et autres dans tous les organismes judiciaires internationaux tels que les Tribunaux internationaux des Nations Unies pour l'ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, la Cour internationale de Justice et d'autres organes compe'tents en matie`re de re`glement pacifique des diffe'rends; c) Pre'parer ces organes a` aborder comme il convient la proble'matique hommes-femmes en dispensant aux procureurs, aux juges et aux autres responsables la formation voulue pour traiter des affaires de viol, de grossesse force'e dans les situations de conflit arme', d'attentat a` la pudeur et d'autres formes de violence a` l'e'gard des femmes dans des conflits arme's, y compris en cas d'actes de terrorisme, et tenir compte des sexospe'cificite's dans leurs activite's. Objectif strate'gique E.2. Re'duire les de'penses militaires excessives et contro^ler la disponibilite' des armements Mesures a` prendre 143. Les gouvernements devraient : a) Intensifier et acce'le'rer, en tenant compte des impe'ratifs de se'curite' nationale, la conversion a` des fins pacifiques et aux fins du de'veloppement des ressources affecte'es a` la de'fense et aux industries connexes; b) Chercher les moyens de de'gager de nouvelles ressources financie`res de sources publiques et prive'es, notamment en re'duisant dans la mesure voulue sans pre'judice des impe'ratifs de se'curite' nationale, les de'penses militaires excessives þ budget global de la de'fense, commerce des armes, investissements dans la production et l'acquisition d'armes þ de manie`re a` pouvoir e'ventuellement allouer des fonds supple'mentaires au de'veloppement e'conomique et social, en particulier en vue de la promotion de la femme; c) Prendre des mesures pour de'masquer et punir les membres de la police, des forces de se'curite' et des forces arme'es et autres personnes qui se rendent coupables d'actes de violence a` l'e'gard des femmes, de violations du droit international humanitaire et de violations des droits fondamentaux des femmes lors de conflits arme's; d) Sans pre'judice des besoins le'gitimes de la de'fense nationale, prendre conscience du danger que font peser sur la socie'te' les conflits arme's et des effets ne'gatifs des de'penses militaires excessives, du commerce des armes, notamment des armes particulie`rement traumatisantes ou frappant sans discrimination, et des investissements excessifs dans la production et l'achat d'armements, et faire le ne'cessaire pour parer a` ce danger; dans le me^me esprit, prendre conscience de la ne'cessite' de lutter contre le trafic d'armes, la violence, la criminalite', la production, la consommation et le trafic de drogues illicites, et la traite des femmes et des enfants; e) Reconnaissant que les femmes et les enfants souffrent particulie`rement de l'emploi inconside're' de mines terrestres antipersonnel : i) S'engager a` s'employer activement a` ratifier, s'ils ne l'ont pas encore fait, la Convention de 1981 sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de certaines armes classiques qui peuvent e^tre conside're'es comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination, en particulier le Protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi de mines, pie`ges et autres dispositifs (Protocole II) 26/, en vue de leur ratification universelle d'ici a` l'an 2000; ii) S'engager a` envisager se'rieusement de renforcer la Convention en vue de contribuer a` re'duire le nombre des victimes et les souffrances intenses qu'inflige a` la population civile l'emploi inconside're' de mines terrestres; iii) S'engager a` promouvoir l'aide au de'minage, notamment en facilitant, l'e'change d'informations, le transfert de technologie et la recherche scientifique sur les moyens de de'minage; iv) Dans le cadre de l'ONU, s'engager a` soutenir les efforts visant a` coordonner un programme commun d'aide au de'minage, sans discrimination indue; v) Adopter de`s que possible, s'ils ne l'ont encore fait, un moratoire sur les exportations de mines terrestres antipersonnel y compris les exportations d'entite's non gouvernementales; la Confe'rence note avec satisfaction que de nombreux E'tats ont de'ja` proclame' des moratoires sur l'exportation, le transfert ou la vente de ces mines; vi) S'engager a` encourager de nouveaux efforts internationaux tendant a` rechercher des solutions aux proble`mes cause's par les mines terrestres antipersonnel, l'objectif ultime e'tant de les e'liminer; la Confe'rence conside`re que les E'tats pourront re'ellement progresser vers cet objectif lorsqu'ils trouveront d'autres moyens viables mais plus humains; f) Compte tenu du ro^le de premier plan des femmes dans le mouvement pacifiste : i) Oeuvrer en vue d'un de'sarmement ge'ne'ral et complet, soumis a` un contro^le international strict et efficace; ii) Promouvoir des ne'gociations en vue de conclure au plus vite un traite' d'interdiction comple`te des essais nucle'aires, ayant une porte'e universelle et qui soit multilate'ralement et effectivement ve'rifiable, afin de contribuer au de'sarmement nucle'aire et de pre'venir la prolife'ration des armements nucle'aires sous tous ses aspects; iii) En attendant l'entre'e en vigueur d'un traite' d'interdiction comple`te des essais nucle'aires, faire preuve de la plus grande retenue en ce qui concerne les essais nucle'aires. Objectif strate'gique E.3. Promouvoir des formes non violentes de re`glement des conflits et re'duire les violations des droits fondamentaux dans les situations de conflit Mesures a` prendre 144. Les gouvernements devraient : a) Envisager de ratifier les instruments internationaux contenant des dispositions relatives a` la protection des femmes et des enfants dans les conflits arme's, y compris la Convention de Gene`ve relative a` la protection des personnes civiles en temps de guerre, de 1949, les Protocoles additionnels aux Conventions de Gene`ve de 1949 relatifs a` la protection des victimes des conflits arme's internationaux (Protocole I) et a` la protection des victimes des conflits arme's non internationaux (Protocole II) 24/, ou d'y adhe'rer; b) Respecter pleinement les normes du droit international humanitaire lors des conflits arme's et prendre toutes les mesures ne'cessaires pour prote'ger les femmes et les enfants, en particulier contre le viol, la prostitution force'e et toute autre forme d'attentat a` la pudeur; c) Renforcer le ro^le des femmes et assurer leur repre'sentation e'gale a` tous les niveaux de responsabilite' au sein des institutions nationales et internationales susceptibles de de'finir ou d'influencer les politiques relatives au maintien de la paix, a` la diplomatie pre'ventive et aux activite's connexes, ainsi qu'a` tous les stades de la me'diation et des ne'gociations de paix, compte tenu des recommandations spe'cifiques formule'es par le Secre'taire ge'ne'ral dans son plan d'action strate'gique pour l'ame'lioration de la situation des femmes au Secre'tariat (1995-2000) (A/49/587, sect. IV). 145. Les gouvernements et les organisations internationales et re'gionales devraient : a) Re'affirmer que tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-me^mes, en particulier les peuples soumis a` la domination coloniale ou a` d'autres formes de domination ou d'occupation e'trange`res, et qu'il importe que ce droit soit effectivement re'alise', comme l'affirment, notamment, la De'claration et le Programme d'action de Vienne 2/ adopte's par la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme; b) Encourager la diplomatie, la ne'gociation et le re`glement pacifique des diffe'rends, conforme'ment a` la Charte des Nations Unies, en particulier aux paragraphes 3 et 4 de son Article 2; c) Exiger la de'nonciation et la condamnation du recours syste'matique au viol et a` d'autres formes de traitement inhumain et de'gradant des femmes de'libe're'ment utilise's comme instrument de guerre et de nettoyage ethnique et veiller a` ce que toute l'assistance requise soit fournie aux victimes de ces se'vices en vue de leur re'tablissement physique et psychologique; d) Re'affirmer que le viol perpe'tre' au cours d'un conflit arme' est un crime de guerre et, dans certaines circonstances, un crime contre l'humanite' et un acte de ge'nocide; tel que de'fini dans la Convention pour la pre'vention et la re'pression du crime de ge'nocide 27/; prendre toutes les mesures requises pour prote'ger les femmes et les enfants contre les actes de cette nature et renforcer les me'canismes charge's de de'masquer et de punir tous les responsables de ces actes et d'en traduire les auteurs en justice; e) Appuyer et renforcer les normes e'nonce'es dans le droit international humanitaire et les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme afin de pre'venir tous actes de violence a` l'e'gard des femmes dans les situations de conflit, notamment de conflit arme'; enque^ter de manie`re approfondie sur tous les actes de violence perpe'tre's contre des femmes en temps de guerre, notamment sur les viols, en particulier les viols syste'matiques, la prostitution force'e et toute autre forme d'attentat a` la pudeur, et l'esclavage sexuel; poursuivre tous les responsables de crimes de guerre a` l'e'gard de femmes et faire en sorte que les victimes obtiennent entie`re re'paration; f) Engager la communaute' internationale a` condamner et a` combattre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations; g) Tenir compte des sexospe'cificite's lors de l'e'laboration de tous les programmes d'enseignement du droit international humanitaire et des droits de l'homme et recommander qu'un tel enseignement soit dispense' au personnel participant aux ope'rations humanitaires et de maintien de la paix des Nations Unies, en mettant l'accent sur la pre'vention de la violence a` l'e'gard des femmes, en particulier; h) S'opposer a` toute mesure unilate'rale contraire au droit international ou a` la Charte des Nations Unies, qui ferait obstacle a` la pleine re'alisation du de'veloppement e'conomique et social de la population des pays touche's, en particulier des femmes et des enfants, porterait pre'judice a` leur bien-e^tre et compromettrait le plein exercice de leurs droits fondamentaux, y compris le droit de chacun a` un niveau de vie convenable, a` la sante' et au bien-e^tre, a` la nourriture, aux soins de sante' et aux services sociaux essentiels, et s'abstenir d'adopter aucune mesure de ce genre. La Confe'rence re'affirme que la nourriture et les me'dicaments ne doivent pas e^tre un moyen de pressions politiques; i) Adopter des mesures conformes au droit international afin de minimiser les conse'quences ne'gatives des sanctions e'conomiques sur les femmes et les enfants. Objectif strate'gique E.4. Promouvoir la contribution des femmes au de'veloppement d'une culture valorisant la paix Mesures a` prendre 146. Les gouvernements, les institutions intergouvernementales, internationales et re'gionales, et les organisations non gouvernementales devraient : a) Promouvoir le re`glement pacifique des conflits, la paix, la re'conciliation et la tole'rance par l'e'ducation, la formation, l'action communautaire et des programmes d'e'change entre jeunes, en particulier a` l'intention des jeunes femmes; b) Encourager le de'veloppement de la recherche sur la paix avec la participation des femmes, en vue d'examiner les conse'quences des conflits arme's pour les femmes et les enfants ainsi que la nature et la porte'e de la participation des femmes aux mouvements pacifistes nationaux, re'gionaux et internationaux; e'tudier et de'finir des me'canismes novateurs de pre'vention de la violence et de re`glement des conflits, et les vulgariser en vue de leur utilisation tant par les femmes que par les hommes; c) Favoriser la recherche sur les conse'quences physiques, psychologiques, e'conomiques et sociales des conflits arme's sur les femmes, en particulier les jeunes femmes et les petites filles, et en diffuser les re'sultats, en vue d'e'laborer des politiques et des programmes d'atte'nuation des conse'quences des conflits; d) Envisager de mettre en place des programmes d'e'ducation a` l'intention des filles et des garc'ons afin de promouvoir une culture pacifiste, axe'e sur la solution des conflits par des moyens non violents et sur la tole'rance. Objectif strate'gique E.5. Fournir protection, assistance et formation aux re'fugie'es, aux autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et aux femmes de'place'es a` l'inte'rieur de leur propre pays Mesures a` prendre 147. Les gouvernements, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales, ainsi que les autres institutions charge'es de prote'ger et de fournir une assistance et une formation aux re'fugie'es, aux autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et aux femmes de'place'es dans leur propre pays, et notamment le Haut Commissariat des Nations Unies pour les re'fugie's et le Programme alimentaire mondial, devraient, selon les cas : a) Veiller a` ce que les femmes participent pleinement a` la programmation, a` la conception, a` l'exe'cution, au suivi et a` l'e'valuation de tous les projets et programmes a` court ou a` long terme d'assistance aux re'fugie'es, aux autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et aux femmes de'place'es dans leur propre pays, notamment a` la gestion des camps de re'fugie's et des ressources; faire en sorte que les femmes et les petites filles re'fugie'es et de'place'es aient directement acce`s aux services offerts; b) Offrir une protection et une assistance ade'quates aux femmes et enfants de'place's a` l'inte'rieur de leur propre pays et trouver des solutions, a` des fins de pre'vention, aux causes profondes de leur de'placement et, s'il y a lieu, faciliter leur retour ou leur re'installation; c) Prendre des dispositions visant a` garantir la se'curite' et l'inte'grite' des re'fugie'es, des autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et des femmes de'place'es dans leur propre pays, tant durant leur exil qu'a` leur retour dans leur localite' d'origine, notamment par des programmes de re'insertion; prote'ger efficacement les re'fugie'es et des femmes de'place'es de la violence; mener des enque^tes impartiales et approfondies sur toute violation et en porter les coupables devant la justice; d) Tout en respectant pleinement et en observant strictement le principe du non-refoulement des re'fugie's, prendre toute disposition ne'cessaire pour garantir le droit des re'fugie'es et des femmes de'place'es a` un retour librement consenti dans leur localite' d'origine en toute se'curite' et dans la dignite', et leur droit d'e^tre prote'ge'es apre`s leur retour; e) Prendre des dispositions, a` l'e'chelon national, le cas e'che'ant, avec une coope'ration internationale, conforme'ment a` la Charte des Nations Unies, pour trouver des solutions durables aux questions concernant les femmes de'place'es dans leur propre pays, notamment leur droit de retourner volontairement et en toute se'curite' dans leur lieu d'origine; f) Faire en sorte que la communaute' internationale et les organisations internationales apportent des ressources financie`res et autres pour fournir les secours d'urgence et des aides a` plus long terme qui tiennent compte des besoins, des ressources et des capacite's spe'cifiques des re'fugie'es, des autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et des femmes de'place'es a` l'inte'rieur de leur propre pays; dans les activite's de protection et d'assistance, prendre toutes les mesures voulues pour e'liminer la discrimination a` l'e'gard des femmes et des filles afin de leur assurer l'acce`s a` e'galite' a` une nourriture convenable et suffisante, a` l'eau, au logement, a` l'e'ducation, aux services sociaux et de sante', notamment de sante' en matie`re de procre'ation, aux soins obste'triques, et aux services de lutte contre les maladies tropicales; g) Veiller a` ce que du mate'riel e'ducatif soit disponible dans la langue approprie'e, me^me dans les situations d'urgence, afin de re'duire au maximum les interruptions de la scolarite' des enfants re'fugie's et de'place's; h) Appliquer les normes internationales garantissant aux femmes l'e'galite' des droits et l'e'galite' de traitement dans les proce'dures d'octroi du statut de re'fugie' et du droit d'asile, et veiller notamment au plein respect et a` la stricte application du principe du non-refoulement, en harmonisant les le'gislations nationales relatives a` l'immigration avec les instruments internationaux pertinents, et en envisageant de reconnai^tre le statut de re'fugie' aux femmes qui le demandent parce qu'elles craignent avec raison de subir des perse'cutions pour les raisons e'nume're'es dans la Convention de 1951 28/ et le Protocole de 1967 29/ sur le statut de re'fugie', notamment des violences sexuelles et d'autres formes de perse'cution lie'es a` leur sexe; et charger des agents et du personnel fe'minin ayant rec'u une formation spe'ciale de les interroger sur les e've'nements de'licats ou pe'nibles, tels que les attentats a` la pudeur, qu'elles ont subis; i) Encourager et aider les E'tats a` e'laborer des crite`res et des principes directeurs sur la fac'on de combattre les perse'cutions visant spe'cifiquement les femmes, en faisant connai^tre les initiatives prises dans ce domaine par certains E'tats et en veillant a` leur application stricte et e'quitable; j) Promouvoir l'autonomie des femmes re'fugie'es, des autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et des femmes de'place'es dans leur propre pays et mettre en place des programmes de formation aux responsabilite's et a` la prise de de'cisions a` l'intention des femmes, et en particulier des jeunes femmes, au sein des communaute's de re'fugie's ou de rapatrie's; k) Assurer la protection des droits fondamentaux des re'fugie'es et des femmes de'place'es et veiller a` ce qu'elles soient pleinement informe'es de ces droits; veiller a` ce que l'importance vitale du regroupement familial soit reconnue; l) Permettre, le cas e'che'ant, aux femmes dont la qualite' de re'fugie'e est e'tablie de suivre des programmes de formation professionnelle comprenant notamment des cours de langues, une formation a` la cre'ation et a` la gestion de petites entreprises, des services d'assistance et de conseil sur toutes les formes de violence a` l'e'gard des femmes, en particulier a` l'intention des victimes de tortures et de traumatismes. Les gouvernements et d'autres donateurs devraient fournir des contributions suffisantes aux programmes d'aide aux re'fugie'es, aux autres femmes de'place'es ayant besoin d'une protection internationale et aux femmes de'place'es a` l'inte'rieur de leur propre pays, compte tenu en particulier des effets qu'ont sur les pays ho^tes les besoins croissants de vastes populations re'fugie'es et de la ne'cessite' d'e'largir la gamme des donateurs de fac'on a` mieux partager les charges; m) Sensibiliser le public a` la contribution apporte'e par les re'fugie'es aux pays d'accueil, faire mieux comprendre leurs droits fondamentaux, leurs besoins et leurs compe'tences et promouvoir la compre'hension et l'acceptation mutuelles au moyen de programmes e'ducatifs encourageant des relations harmonieuses entre les cultures et entre les races; n) Fournir des services essentiels et des services d'appui aux femmes qui ont du^ quitter leur foyer a` cause du terrorisme, de la violence, du trafic des drogues ou d'autres raisons lie'es a` la violence; o) Faire mieux connai^tre les droits fondamentaux des femmes et dispenser, le cas e'che'ant, une formation et un enseignement sur les droits de l'homme aux militaires et policiers affecte's dans les zones de conflit arme' et dans les zones d'accueil des re'fugie's. 148. Les gouvernements devraient : a) Diffuser et appliquer les principes directeurs du Haut Commissariat des Nations Unies pour les re'fugie's sur la protection des femmes re'fugie'es et ses lignes directrices pour l'e'valuation des traumatismes et des violences et les soins a` apporter aux victimes, ou donner dans tous les secteurs des programmes d'assistance aux re'fugie's des instructions analogues e'labore'es en e'troite coope'ration avec les femmes re'fugie'es; b) Prote'ger les femmes et les enfants de migrants de toute violation ou de'ni de leurs droits fondamentaux que pourraient perpe'trer les entite's d'accueil, et examiner la possibilite' de prolonger leur permis de se'jour, en cas de dissolution des liens familiaux, dans le respect de la le'gislation nationale; Objectif strate'gique E.6. Pre^ter assistance aux femmes des colonies et des territoires non autonomes Mesures a` prendre 149. Les gouvernements, et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales devraient : a) Soutenir et promouvoir l'exercice du droit de tous les peuples a` disposer d'eux-me^mes, tel qu'il est de'fini, notamment, dans la De'claration et le Programme d'action de Vienne, en organisant des programmes spe'ciaux de formation aux responsabilite's et a` la prise de de'cisions; b) Sensibiliser le public, selon qu'il convient, par l'interme'diaire des me'dias, par l'e'ducation a` tous les niveaux et par des programmes spe'ciaux, afin de mieux faire comprendre la situation des femmes des colonies et des territoires non autonomes.