*************************************************************************** The electronic version of this document has been prepared at the Fourth World Conference on Women by the United Nations Development Programme (UNDP) in collaboration with the United Nations Fourth World Conference on Women Secretariat. *************************************************************************** AS WRITTEN Mme. Cristina Alberdi Union Europeenne Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire général, Mesdames et Messieurs les délégués et les représentants des organisations internationales et non gouvernementales J'ai l'honneur aujourd'hui de prendre la parole devant cette assemblée au nom de l'Union européenne et je souhaiterais avant tout exprimer nos remerciements les plus sincères à tous ceux qui ont fendu possible la tenue de cette quatrième Conférence mondiale sur les femmes, et en particulier à Mme Gertrude Mongella, Secrétaire générale de la Conférence, et à la République populaire de Chine, pays hôte, pour les efforts déployés dans l'organisation de la présente Conférence La Conférence a suscité de grandes attentes et nous sommes persuadés qu'elle constituera un nouveau point de référence dans la lutte des femmes pour l'égalité dans le monde entier Nous vivons aujourd’hui un moment historique déterminant, un événement d'une portée considérable pour les femmes: il a été reconnu sur le plan international que l'égalité entre les femmes et les hommes est indispensable pour faire avancer la société, qu’elle répond à un souci de justice et qu’elle constitue une condition du développement. Ainsi que le souligne le rapport de 1995 du Programme de développement des Nations Unies, consacré au développement humain, "Investir dans les potentialités des femmes et leur donner la possibilité de choisir n’est pas seulement une attitude louable en soi, c'est également le meilleur moyen de contribuer à la croissance économique et au développement dans son ensemble." A l'occasion du cinquantième anniversaire des Nations Unies, l’Union européenne souhaite rendre un hommage mérité à la première organisation internationale qui a résolument soutenu la cause de la promotion des femmes. Dans leur Charte constitutive, les Nations Unies exprimaient leur adhésion au principe de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, ces droits étant indispensables pour le progrès de l'humanité Depuis l'année 1975, proclamée "Année internationale de la Femme, les Nations Unies jouent un rôle de premier plan dans la promotion de la condition des femmes dans le monde entier. Les Conférences de Mexico, Copenhague et Nairobi ont eu une importance fondamentale; elles ont permis de réaliser des progrès indispensables pour la cause des femmes et de tisser un lien de solidarité entre toutes les femmes du monde qui, malgré la diversité de leurs situations et de leurs milieux, sont confrontées aux mêmes problèmes, partagent les mêmes points de vue et préconisent les mêmes solutions. Cependant, les rapports nationaux indiquent que nous n’atteindrons pas les objectifs fixés à Nairobi pour l'an 2000 si nous n'accélérons pas la mise en oeuvre des Stratégies progressives d'action La Conférence internationale de Rio de Janeiro sur l'environnement et le développement a souligné le rôle des femmes dans le développement ainsi que dans la gestion de l'environnement dans le cadre d'un développement durable La Conférence mondiale de Vienne sur les droits de l'Homme a réaffirmé explicitement que les droits des femmes et des fillettes font inaliénablement, intégralement et indissociablement partie des droits de l'Homme. La Conférence internationale du Caire sur la population et le développement a insisté sur le fait que la promotion de l'autonomie et des droits des femmes constitue un élément clé du développement social, et a reconnu que l'avenir de l'humanité dépendra de la nouvelle place de la femme dans la société. En outre, le récent Sommet mondial de Copenhague pour le développement social est convenu de la nécessité de réaliser l'égalité entre les femmes et les hommes en encourageant la participation et le rôle de direction des femmes dans la vie politique, civile, économique et sociale ainsi que dans le processus de développement . Il est indispensable que nous réitérions, une fois de plus, la nécessité d'un soutien énergique de la communauté internationale tout entière aux accords et acquis des principaux sommets et conférences des Nations Unies qui ont précédé et qui devraient être considérés comme un ensemble homogène offrant un cadre global, intégré et coordonné pour les différentes dimensions du développement, tant sur le plan de l'élaboration des mesures d'action que sur celui du suivi et de l'évaluation du degré de leur exécution. L'Union européenne considère que tous ces accords et acquis devraient constituer un point de départ à partir duquel nous devons progresser, sans permettre un retour en arrière. A cet effet, nous invitons tous les Etats qui ne l'auraient pas encore fait à adhérer aux instruments internationaux relatifs à la promotion et à la protection des droits de l'Homme et en particulier la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, à les ratifier et à les appliquer. Ce faisant, les Etats devraient, autant que possible, éviter d'émettre des réserves ou, lorsque cela n'est pas possible, tenir compte du fait qu'elles devraient être formulées avec la plus grande précision et la plus grande concision possibles, afin de s’assurer qu'aucune réserve n'est incompatible avec l'objet et le but du traité en question. Ils devraient également réexaminer régulièrement toute réserve émise, en vue de la lever. En outre, ils devraient prendre les mesures nécessaires pour soutenir la rédaction d'un protocole facultatif à la Convention et instituer un droit de pétition et une procédure d'enquête, susceptibles d'entrer en vigueur le plus rapidement possible et, au plus tard, avant l'an 2000. Madame la Présidente, La présente Conférence constitue notre prochain défi. Il nous faudra trouver des solutions aux différents problèmes auxquels sont confrontées les femmes dans toutes les régions du monde et en particulier dans les pays en développement La féminisation de la pauvreté et du chômage, l’inégalité du pouvoir des femmes et des hommes dans tous les domaines de la société, la violence contre les femmes ainsi que les législations et pratiques discriminatoires mettent en exergue la nécessité de poursuivre, de façon constante, les objectifs d'égalité, de développement et de paix, de promotion des droits de l'Homme et de la démocratie, et de recherche de solutions permettant de garantir un développement durable, axé sur la personne. A cet égard, I' Union européenne estime que la Déclaration et le Programme d'action de Vienne constituent une base solide, qui permettra à la communauté internationale de réaliser des progrès importants dans le domaine de la protection et de la promotion de l'égalité et des droits fondamentaux de la femme, et d'éliminer des discriminations fondées sur le sexe. L'éducation est un facteur important pour assurer l'égalité et constitue, avec la santé, un outil fondamental pour la promotion du pouvoir des femmes. L'investissement dans l'éducation et dans la santé des femmes et des fillettes est un objectif primordial et de la plus grande importance pour la réalisation d'un développement humain durable. L'Union européenne tient à exprimer sa conviction de l'importance de la promotion de la santé des femmes et des hommes en matière sexuelle et de procréation et se féliciterait vivement d'un accord sur l'inclusion, dans le programme d'action, d’une6 référence aux droits en matière sexuelle. L'Union européenne réaffirme son engagement à assurer aux femmes et aux fillettes la pleine jouissance de tous les droits de l'Homme et de toutes les libertés fondamentales, y compris leurs droits en matière de sexualité et de procréation, et à agir efficacement contre les violations de ces droits et de ces libertés. Nous condamnons fermement l'utilisation des abus sexuels et de la violence, sous toutes ses formes, exercée contre les femmes dans la vie publique et dans la vie privée et notamment son utilisation comme arme de guerre dans les conflits armés. Nous appelons à une prévention et à une répression de ces pratiques ainsi qu’à l'adoption de politiques appropriées de soutien et d'assistance aux victimes. Les principes du droit humanitaire international, lorsque ceux-ci sont applicables, et les droits de l'Homme, y compris la Déclaration sur l'élimination de la violence contre les femmes, devraient constituer un point de référence clair dans de tels cas. En ce qui concerne la pauvreté, nous attirons l'attention sur le nombre croissant de femmes qui vivent dans la pauvreté, en particulier les femmes chefs de famille avec des personnes à charge, âgées ou mineures, tant dans les pays en développement que dans les pays développés, et sur les restrictions à leurs droits à la propriété, à la terre, au crédit et autres ressources productives. La condition des femmes dans les zones rurales, des femmes souffrant d'incapacités, des femmes migrantes et réfugiées, qui sont défavorisées sur le plan économique et ont moins de chances de bénéficier de services de santé et d'éducation, devrait également faire l'objet d'une attention particulière. Il est nécessaire d'assurer aux femmes un accès égalitaire aux débouchés et ressources économiques et un traitement égalitaire en matière d'emploi et dans le domaine de la libre entreprise. L'Union européenne souligne l'importance du rôle actif des femmes et de leur participation et rôle de direction croissants, dans tous les domaines de la vie. Afin de continuer à encourager et à consolider ce rôle actif, il est nécessaire que les femmes du monde entier puissent parvenir à l'autonomie et au pouvoir économique. A cet effet, il demeure nécessaire de parvenir à un changement structurel, fondé sur un nouveau contrat entre les femmes et les hommes et à une nouvelle compréhension mutuelle entre eux, dans la vie publique et dans la vie privée, y compris en consolidant l’intégration des femmes dans la vie économique et publique et en encourageant la prise en charge par les hommes d'une part égale des responsabilités domestiques et familiales. A cet égard, un partenariat entre les femmes et les hommes, fondé sur l'égalité des droits, des responsabilités et du pouvoir, tant dans la vie publique que dans la vie privée, est fondamental. En ce qui concerne la participation à la prise de décision, il est nécessaire de valoriser le potentiel politique des femmes car la réalisation de l'égalité dans le processus de la prise de décision politique est essentielle pour renforcer la démocratie et nous permettra de renforcer la légitimité des décisions et d'avancer sur la voie d'une société plus juste, démocratique et participative. Les gouvernements doivent s’engager fermement à mettre en oeuvre des politiques spécifiques conçues pour réaliser l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’à intégrer la perspective de genre dans tous les domaines sociaux, économiques, politiques et culturels. Il est indispensable que les Nations Unies prennent position en faveur de la promotion de la condition des femmes et prennent des mesures concrètes à cet effet, et que la perspective de genre soit pleinement intégrée dans tous les domaines qui relèvent du système des Nations Unies, y compris le Secrétariat. L'Union européenne est engagée depuis longtemps en faveur de l'égalité. Toutefois, la présente Conférence est l'occasion d’imprimer un nouvel élan pour réaffirmer et renforcer cet engagement. Un nouveau programme d'action sur l’égalité des chances devrait être adopté après la Conférence, dont les résultats viendront nourrir et enrichir nos discussions sur son contenu. Nous avons récemment lancé une initiative en vue d'assurer l'intégration, dans toutes les politiques et tous les programmes de coopération au développement, d'une perspective de genre et nous allons poursuivre et développer cet objectif. Madame la Présidente, Au nom de l'Union européenne, je tiens à souligner que, afin de garantir la crédibilité et l'efficacité des mesures que nous approuvons au titre du programme d'action, une attention particulière doit être accordée aux aspects institutionnels et financiers. Les objectifs que nous nous sommes fixés ne pourront être atteints que si des moyens budgétaires appropriés sont alloués et si les mécanismes institutionnels sont dotés du pouvoir nécessaire pour mettre en oeuvre et suivre de près les politiques d'égalité entre les femmes et les hommes. L'Union européenne, qui est le premier donateur au monde en termes d'aide publique au développement, estime que la coopération au développement tenant compte d'une perspective de genre constitue une stratégie clé que nous devons poursuivre avec la plus grande détermination. Nous avons un engagement de solidarité et de soutien envers les femmes du monde entier et en particulier à l’égard de celles qui luttent contre la pauvreté ou les conséquences de conflits armés ainsi qu’avec celles qui ne peuvent jouir pleinement de leurs droits fondamentaux. De même, l'’Union européenne souhaite reconnaître le rôle fondamental du mouvement d es femmes et des organisations non gouvernementales dans la conception et la mise en oeuvre des politiques d'égalité. L'importance de leur contribution est apparue clairement lors des travaux de préparation de la Conférence et au Forum des organisations non gouvernementales. Le long processus qui a mené à la présente Conférence s’est révélé efficace pour les femmes mais notre tâche n’est pas encore achevée. Aucun pays du monde n’offre aux femmes les mêmes chances qu’aux hommes et, dans certains pays, les discriminations subsistent dans la législation. En matière de promotion du pouvoir des femmes, de nombreux objectifs restent à réaliser, qui constituent les clés de l'égalité et du développement. L'Union européenne s’inspire du principe de solidarité avec toutes les femmes du monde et est totalement engagée sur cette voie car nous sommes convaincus que l'avenir de l’humanité dépendra en grande mesure des femmes qui parviennent à un rôle de direction et à un nouveau rôle dans la société. C'est seulement ainsi que nous pourrons réaliser une société plus juste et plus ouverte à la participation de tous, hommes et femmes. Merci, Madame la Présidente.