Numéro 1

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AU SOMMAIRE DU PREMIER NUMÉRO :
Chers amis,

C'est avec plaisir que le secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts présente la première édition de « Voix régionales ». Il est très clair pour nous que les actions régionales et sous-régionales sont fondamentales pour la gestion durable des forêts (GDF) dans le monde entier. À cet égard, notre secrétariat tente de trouver des moyens d'augmenter le flux de communication avec et parmi nos partenaires régionaux et sous-régionaux.

Notre première édition suit deux développements importants dans l'arène régionale/sous-régionale des forêts : le Premier sommet sur les écosystèmes forestiers tropicaux des bassins de l'Amazonie, du Congo et de l'Asie du Sud-est, qui s'est tenu à Brazzaville en République du Congo, et la conférence ministérielle de FOREST EUROPE à Oslo en Norvège.

La réunion de Brazzaville a lancé un chemin porteur d'avenir vers un véritable processus de coopération Sud-Sud en gestion durable de forêts, tandis qu'à Oslo les pays européens ont décidé de mener un accord juridiquement contraignant dans le contexte de FOREST EUROPE.

En outre, cette première édition de notre bulletin contient une contribution apportée par le Réseau international des Forêts Modèles (RIFM) sur leurs diverses Forêts Modèles dans le monde entier. Nous sommes heureux de voir comment les mêmes principes appliqués dans différentes régions ont réussi et que ce bulletin contribue à faire connaître encore plus le travail important mené par nos amis du RIFM.

Le bassin du Congo, par la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC) et le Réseau des parlementaires pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d'Afrique Centrale (REPAR) nous rappellent que les êtres humains doivent être pris en considération et que la promotion de la GDF est un travail de collaboration parmi les divers secteurs de la société. Surtout parce qu'il s'agit du thème de l'Année internationale des forêts, nous sommes doublement reconnaissants à ces organismes régionaux pour leur vision et leur engagement.

J'espère que vous apprécierez « Voix régionales » et que nous pourrons avoir de vos nouvelles. N'hésitez pas à envoyer vos commentaires, suggestions et idées à Mme Barbara Tavora-Jainchill (tavora-jainchill@un.org) et Mme Miriam Danar (danar@un.org). Merci d'avance!

Avec mes salutations cordiales,

Jan McAlpine
Directrice
Secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts

FOREST EUROPE : La conférence ministérielle d'Oslo 2011

Les pays européens inspirent les politiques forestières: une percée historique
Pendant 20 ans, le processus politique de FOREST EUROPE a stimulé la protection et la gestion durable des forêts de l'Europe. À la conférence ministérielle pour la protection des forêts en Europe, dite FOREST EUROPE, qui s'est tenue à Oslo du 14 au 16 juin 2011, les Ministres et les représentants à échelon élevé des signataires de FOREST EUROPE ont conclu un engagement historique visant à assurer la durabilité de leurs forêts, en soulignant les contributions de l'Europe pour l'Année internationale des forêts 2011 et le rôle des forêts pour le bien-être de l'humanité.

En lançant des négociations pour un accord juridiquement contraignant sur les forêts en Europe, les ministres des forêt ont confirmé que la gestion durable des forêts européennes nécessite une plateforme pour la mise en ouvre des politiques.

Le Prince Héritier Haakon de Norvège a ouvert la conférence ministérielle de FOREST EUROPE, dont l'hôte fut le Ministre norvégien de l'agriculture et de l'alimentation, M. Lars Peder Brekk ; l'événement a été co-organisé par la Ministre espagnole de l'environnement et des affaires rurales et marines, Dr. Rosa Aguilar Rivero.

Défis et Opportunités
Les défis et les opportunités de la gestion durable des forêts européennes sont adressés dans la publication « State of Europe's Forests 2011 », lancée pendant la conférence.

Ce rapport, préparé conjointement par FOREST EUROPE, UNECE et FAO, indique les défis des forêts de l'Europe, en informant les décideurs et le public de la gestion de durable des forêts en Europe de 1990 à 2010.

L'Europe est la région la plus riche en forêt dans le monde, représentant 25% des ressources globales de forêt, avec un grand potentiel d'atténuation du changement climatique, de fourniture de matériaux renouvelables, bois, énergie, et de stimulation d'une économie verte. La gestion durable des forêts favorise la biodiversité. Cependant, des menaces comment la pollution atmosphérique, les insectes et les maladies ont affecté les sols et l'équilibre normal des espèces. Des tempêtes, du vent et des incendies augmentent également à cause du changement climatique.

Pendant 20 années, les forêts européennes s'agrandissent en moyenne de 0,8 million d'hectares par an. De 2005 - 2010, les forêts de l'Europe ont annuellement absorbé approximativement 10% des émissions régionales de 2008 du gaz à effet de serre CO2.

Les forêts régionales protégées se sont agrandies d'environ un demi-million d'hectares par an au cours des 10 dernières années, principalement grâce à la réussite des politiques gouvernementales. Les forêts d'Europe ont le potentiel pour créer une économie verte et de l'emploi; 4 millions d'Européens travaillent dans le domaine de la de sylviculture.

Le rapport est basé sur la vision commune de ce que signifie la gestion durable des forêts européennes, la collaboration dans la création des principes communs, des critères et des directives pour la gestion durable.

L'avenir
Les décisions d'Oslo créeront des bases pour atténuer le changement climatique, conserver la biodiversité, stimuler une économie à faible émission de carbone, créer des emplois verts et s'attaquer à l'exploitation forestière illicite.

Pendant la cérémonie de signature de la Décision ministérielle d'Oslo : Forêts européennes 2020 et du Mandat ministériel d'Oslo pour négocier un accord juridiquement contraignant sur les forêts en Europe, F, les signataires de FOREST EUROPE ont adopté une vision, des objectifs et des nouvelles cibles en assurant que les forêts pourront exécuter leurs fonctions écologiques, économiques et sociales, ainsi que fournir des produits et des services. Les représentants ont décidé d'élaborer un accord juridiquement contraignant sur les forêts en Europe ; d'établir un Comité de négociation intergouvernemental (en anglais, INC) avec pour mandat de développer un accord juridiquement contraignant, et un bureau pour l'INC.

Les ministres et représentants à échelon élevé de 41 pays de FOREST EUROPE et de l'Union Européenne ont assisté à la conférence. Six pays observateurs hors d'Europe et 29 organismes internationaux, ONG environnementales et sociales, associations des propriétaires de forêt, l'industrie forestière et d'autres organismes intergouvernementaux ont également participé en tant qu'observateurs.

Cour Vert, Avenir Rose

Depuis 2008, les Députés membres du « Réseau des parlementaires pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d'Afrique Centrale » - REPAR-Cameroun se sont engagés dans un projet de reboisement baptisé ''Cour Vert-Avenir Rose'. Il vise la lutte contre le changement climatique et l'avancée du désert en s'appuyant sur des Conventions de collaboration conclues avec des Collectivités Décentralisées ou des Institutions Universitaires et des associations de protection de l'environnement. Prévu pour couvrir l'ensemble du territoire national, les zones les plus menacées par ces deux phénomènes ont constitué les premières étapes de la bataille des Députés. Ainsi, sur les 10 Régions que compte le pays, 4 ont déjà été couvertes par le projet.

Approchés, certains intervenants du secteur forêt-environnement estiment que l'initiative mérite une attention particulière. De leur point de vue, le bilan des éditions antérieures est globalement satisfaisant : 24 sites de reboisement aménagés, pour 32000 arbres plantés. Il faut surtout relever qu'en dépit de l'insuffisance des moyens financiers, les Députés ont fait montre d'une volonté militante non seulement en répondant massivement présents à ces rendez-vous destinés à la sensibilisation de l'opinion publique, mais aussi en apportant des appuis multiformes.

Au moment où la campagne 2011 est annoncée, tous les yeux sont déjà rivés sur les Régions du Littoral et du Sud-ouest, zones de montagnes et de mangroves à l'écologie fragile, subissant les assauts de l'urbanisation sauvage, où sont annoncées de nombreuses innovations. Il est notamment envisagé outre la plantation des arbres, dont le nombre (27000) est en augmentation par rapport aux précédentes éditions, des débats publics et tables rondes pour mieux impliquer les populations, en particulier les jeunes. Déjà fortement mobilisés, les Parlementaires appellent à une synergie avec les actions et stratégies développées au niveau national et international.

La 3ème Conférence de Libreville

Après Yaoundé en 2006 et Bata en 2009, les Parlementaires de l'Afrique Centrale s'apprêtent à se retrouver une fois de plus pour parler de gestion durable des écosystèmes forestiers. Et cette fois, ce sera à Libreville en terre gabonaise.

Annoncée dans un contexte dominé par la persistance de la mal gouvernance, l'émergence de nouveaux défis (REDD) et la préparation des négociations internationales, cette 3ème conférence devrait s'inscrire dans la continuité des engagements souscrits à Bata et constituer une réponse aux nombreuses mutations de l'heure. Il devrait également être question de dresser le bilan des actions menées, puis de formuler des recommandations en vue de la réalisation des objectifs fixés par les Gouvernements.

Si l'on se réfère aux deux précédentes éditions, il ya lieu de considérer que les résultats sont perceptibles. Il n y a qu'à considérer la position commune adoptée en vue de la Conférence internationale sur le climat tenue à Copenhague la même année et puis, le regain de vitalité observé chez les parlementaires au sortir des assises de Bata.

Un coup d'oil du coté de Libreville nous révèle que les préparatifs avancent, quoique beaucoup reste à faire. Une destination jugée favorable, si l'on se réfère à la politique d'émergence prônée par S.E le Président Ali Bongo Ondimba autour du « Gabon Vert » et du Triptyque « Paix- Développement-Partage ».

Vu l'importance de ces assises, et profitant de l'occasion offerte par une réunion de son bureau régional tenue à Yaoundé le 05 Mai dernier, le REPAR a recommandé que la réflexion relativement aux thèmes de la conférence soit mûrie à l'occasion de son AG prévue à N'Djamena. Mais avant, une mission exploratoire composée de Députés Camerounais membres du réseau sera dépêchée à Libreville dans les prochaines semaines.

La méthode des Forêts Modèles et le Réseau international des Forêts Modèles

Une Forêt Modèle est un vaste paysage ayant comme cour une forêt et qui prend en considération l'usage des terres, les valeurs, la gestion des ressources, la propriété et le droit d'usage, ainsi que les acteurs multipartites.

L'une des réponses du Canada au défi de la gestion durable des forêts (GDF) au début des années 1990 fut le programme Forêts Modèles. Le Réseau international des forêts modèles ou RIFM, qui commença avec dix Forêts Modèles canadiennes, inclut maintenant plus de 55 sites dans plus de 24 pays sur cinq continents, avec des milliers d'organisations associées.

Chaque Forêt Modèle est membre du RIFM et d'un réseau régional : Le Canada, l'Amérique latine, l'Afrique, l'Asie et la Méditerranée, avec des Forêts Modèles aussi en Suède et en Russie.

Le RIFM facilite le partage des leçons apprises entre ces régions, en traduisant des idées relatives à la gestion durable des ressources naturelles en activités sur le terrain.

Les Forêts Modèles et la mise en valeur de la GDF : La ca de l'Inde
Le fleuve Cauvery à Karnataka, en Inde, fournit de l'eau pour Bangalore, Mysore, et une population rurale considérable. Cependant, l'écoulement annuel de pluie dans le bassin hydrologique a chuté de manière significative, exacerbé par la perte de couverture forestière. La production de café ombrophile est responsable de la plupart des activités économiques et les producteurs de café tentent d'augmenter leurs droits de coupe pour compléter les revenus diminués.

Avec du financement fourni par le RIFM, la Forêt Modèle de Kodagu appuie une évaluation des produits et services écologiques du bassin hydrologique. Les producteurs de café contactent de plus en plus les gouvernements locaux sur la question des paiements pour services environnementaux (PSE), ce qui encourage l'utilisation de PSE à long terme pour conserver le capital naturel et augmenter la durabilité économique locale.

Collaboration interregionale
La Forêt Modèle de Manitoba, Canada, s'est associée à la Forêt Modèle de Reventazón, Costa Rica, en ce qui concerne le tourisme ethnoculturel, les plans de gestion, l'infrastructure et la technologie pour les affaires et l'éducation de la jeunesse et des femmes.

La Forêt Modèle Lac-Saint-Jean collabore avec deux Forêts Modèles au Cameroun pour la promotion du développement de petites entreprises, l'harmonisation de l'usage de la forêt et la gestion intégrée des terres.

Les réseaux des forêts modèles argentin et canadien partagent les expériences et leçons apprises par les Forêts Modèles canadiennes sur les critères et indicateurs (C&I) pour la GDF à niveau local. Ceci augmente la capacité de rendre compte des impacts des activités de gestion de forêt localement et dans un cadre global de C&I.

Dans la région boréale, les peuples indigènes considèrent le renne et le caribou de région boisée en tant qu'espèces clefs culturelles. Les Forêts Modèles au Canada et en Suède collaborent pour lier les distributions de ces espèces, ayant comme base les observations indigènes, qui vont du changement climatique et d'habitats, aux stratégies adaptatives des chasseurs et bouviers. La mise au point est sur la façon dont la connaissance est obtenue plutôt que quelle connaissance est obtenue. On propose des modules d'enseignement à être liés aux cours de gestion de ressources dans des universités nordiques et boréales.

Le cas de l'Espagne
La Forêt Modèle d'Urbión, dans la région de Castille et León en Espagne, offre un système d'information en ligne pour aider les municipalités locales à augmenter les ventes de bois provenant des forêts gérées durablement dans l'une des plus grandes zones boisées de la Péninsule Ibérique. Ces forêts fournissent des emplois à la moitié de ses habitants. Le bois du pin sylvestre est traité et transformé ; des champignons comestibles et d'autres produits forestiers non ligneux sont recueillis ; et les bois constituent un lieu de loisirs et de détente. Tous ces usages forment la base pour le développement durable.

Ce système d'information en ligne montre des parcelles boisées, des routes pour évacuer le bois et des plans de distribution, tout en simplifiant l'enregistrement pour des sociétés qui offrent du bois de sciage aux enchères et en facilitant la commercialisation du bois.

Pour plus d'informations, visitez le www.imfn.net

Gestion participative des forêts en Afrique centrale

La gestion des ressources naturelles dans la plupart des pays du Bassin du Congo est orientée depuis plusieurs années vers une approche participative. Une telle approche prônée par la Commission des Forêts d'Afrique Centrale - COMIFAC vise à favoriser la contribution des ressources forestières à l'amélioration des moyens d'existence et au développement des communautés locales et autochtones de la sous-région. Une directive sous régionale sur l'implication des populations et ONG à la gestion durable des forêts a été adoptée en 2010 par la COMIFAC et les législations forestières de la plupart des pays de la sous-région prennent en compte les aspects participation des populations à la gestion forestière et même prévoient les dispositions sur le partage des bénéfices.

Dans le cas de la mise en ouvre de ces dispositions, des efforts ont été faits ça et là par les pays pour assurer la participation des acteurs locaux à la gestion forestière et faciliter la redistribution de ces redevances. Suivant les conclusions de l'étude portant sur la contribution des redevances forestières en Afrique Centrale, environ 10 milliards de FCFA (environ 20 millions US$) issus de l'exploitation forestière sont versés annuellement par l'administration pour le développement des collectivités locales et des communautés riveraines. Pour le cas spécifique du Cameroun dont la mesure est effective depuis 2000, on estime à environ 50 milliards de FCFA, la somme reversée jusqu'à cette date au profit de ces groupes d'acteurs. Au delà de ces montants importants rétrocédés, l'on est tenté de se poser la question si de tels fonds servent réellement au développement local. Les avis sur cette question sont mitigés. En effet, si par endroit l'on observe des réalisations visibles (accroissement du taux de scolarisation, amélioration des infrastructures de base comme écoles, cases de santé, forage de puits pour eau potable, ...), force est de constater que dans la majorité des cas, les fonds à rétrocéder aux communautés sont utilisés à d'autres fins.

Il s'avère donc important de renforcer le mécanisme de participation et le dispositif de partage des revenus issus de la gestion forestière au profit de l'amélioration des moyens d'existence des populations locales et peuples autochtones d'Afrique Centrale.