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DECLARATION PAR M. KAIS KABTANI,
AU NOM DE LA MISSION TUNISIENNE AUPRES DES NATIONS UNIES,
DEVANT LA 27EME SESSION DU COMITE DE L'INFORMATION
19 AVRIL 2005


Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d'abord de vous exprimer les chaleureuses félicitations de la délégation tunisienne à l'occasion de votre élection.

Je saisis également l'occasion pour saluer M. Sashi Tharoor pour la déclaration liminaire qu'il a faite hier, et dans laquelle il a fait le point des activités du Département et l'évaluation du rôle des Nations Unies dans le domaine de l'information.

Les rapports présentés par le Secrétaire général fournissent au Comité des détails sur ces efforts et constitueront une base utile pour les délibérations du Comité.

La délégation tunisienne souscrit entièrement au contenu de la déclaration faite par la Représentante de la Jamaïque, au nom du Groupe des 77 et de la Chine.

Je profite de l'occasion de ce débat pour revenir sur un certain nombre de points touchant le secteur de l'information et de la communication auxquels la délégation tunisienne attache une importance particulière.

Monsieur le Président,

La présente session de notre Comité revêt une importance particulière dans la mesure où elle se tient avant deux évènements majeurs pour les Nations Unies. Le premier événement est sans doute la tenue de la réunion plénière de haut niveau qui aura lieu en septembre 2005 et qui permettra d'examiner les progrès accomplis dans l'application de la Déclaration du Millénaire. Nous apprécions les dispositions prises par le Département de l'information et de la communication pour mettre en œuvre une stratégie de communication intégrée permettant de promouvoir non seulement l'événement, lui-même, mais aussi l'image des Nations Unies. Le deuxième événement est la célébration du soixantième anniversaire de l'Organisation, qui sera certainement une occasion propice pour mettre en exergue les réalisations de l'ONU.

L'information et la communication jouent un rôle central dans le travail de l'Organisation des Nations Unies. Cette tâche est devenue ces dernières années encore plus importante étant donné que l'ONU est devenue la cible de campagnes médiatiques qui n'ont cessé de remettre en question le rôle et l'efficacité de notre organisation. A cet effet, il est opportun que les Etats membres mettent en place, en coordination étroite avec le Département de l'information, une stratégie globale pour faire face à cette offensive médiatique et de doter le Département des ressources nécessaires pour s'acquitter pleinement de sa tâche notamment en matière de promotion de l'image de l'Organisation et de ses idéaux.

Ma délégation tient à saluer les efforts entrepris par le DPI pour améliorer son efficacité. Nous espérons que la nouvelle structure opérationnelle et la nouvelle approche stratégique du département constituent une réponse propice aux besoins d'une communication moderne et tournée vers l'avenir. A cet égard, nous notons avec satisfaction la progression fort remarquable de l'usage de nouvelles technologies de l'information et en particulier l'usage de l'Internet comme support médiatique de premier ordre. Les chiffres de visiteurs par an au site de l'ONU avancés hier par M. Tharoor (à savoir 2 milliards 300 millions de visiteurs en 2004), est en effet fort révélateur de l'engouement d'un public de plus en plus large aux activités des Nations Unies. Nous espérons à cette occasion que le " centre de nouvelles " du site web, qui constitue une source de fierté grâce à son style et à la couverture quotidienne qu'il assure des activités de l'Organisation, traite d'une manière plus équitable les langues officielles notamment les cinq langues autres que l'anglais. Pour ma délégation, la parité entre les six langues officielles devrait être placée parmi les premières priorités du Département de l'information.

Par ailleurs, la Tunisie considère que les Centres d'information des Nations Unies jouent un rôle indispensable en matière d'information, de communication et de documentation, en particulier dans les pays en développement. A cet égard, ma délégation ne peut que s'inquiéter de l'aggravation de la situation budgétaire des centres d'information à la suite de la décision inattendue de l'Assemblée générale, sur recommandation de la Cinquième Commission, de réduire de 2 millions de dollars les crédits affectés à ces bureaux pour l'exercice biennal 2004-2005. Au moment où tout le monde s'attendait à ce que l'expérience du Centre d'information régional de Bruxelles qui a remplacé neuf centres en Europe occidentale soit un modèle qui permettrait au Département de l'information de bénéficier de ressources additionnelles qui seraient affectées aux Centres d'information dans les pays en développement, c'est le contraire qui s'est passé.

Dans sa déclaration devant notre Comité, M. Shashi Tharoor a indiqué qu'il est " plus coûteux de fermer les centres que de les garder ". Cette vérité, nous emmène à se poser la question suivante : si le budget du Département de l'information n'a pas bénéficié de la fermeture de neuf Centres d'information en Europe occidentale dont les locaux étaient coûteux, quel avantage financier y a t-il à tirer de la fermeture de Centres d'information dans les pays en développement dont la plupart des locaux sont mis gratuitement à la disposition des Nations Unies comme c'est le cas du Centre d'information de Tunis?

Il est désormais évident que l'expérience de la rationalisation des centres d'information a montré ses limites et ne peut être imitée dans d'autres régions. Pour cette raison ma délégation souscrit à la conclusion du Secrétaire général de maintenir les Centres d'information nationaux. Mises à part les contraintes budgétaires, ma délégation estime que cette idée de rationalisation des Centres d'information n'est pas la réponse adéquate aux besoins des pays en développement en matière d'information. Ces derniers ont, plus que jamais, besoin d'une présence de la voix de l'ONU notamment dans les circonstances actuelles de l'ordre international. La crédibilité de notre Organisation réside dans sa capacité d'être proche des peuples qui croient en elle en tant qu'idéal et en tant qu'instrument au service de la sécurité collective, du développement, de la paix et des droits de l'homme. Pour cette raison, il importe de penser désormais aux moyens et modalités permettant de renforcer les Centres d'information existants pour qu'ils s'acquittent parfaitement de leurs tâches.

S'agissant de la nouvelle stratégie proposée par le Département de l'information comme alternative à la rationalisation des Centres d'information, ma délégation espère avoir davantage de clarifications sur cette stratégie.

Monsieur le Président,

Nous sommes convaincus, face à l'écart numérique croissant entre pays industrialisés et pays en développement, de la nécessité de permettre à tous les Etats de se mettre au diapason des progrès technologiques notamment dans le domaine de l'information. A cet égard, le Sommet Mondial sur la Société de l'Information, dont la deuxième phase se tiendra à Tunis du 16 au 18 novembre 2005, constitue un évènement historique de nature à conférer aux technologies de l'information et de la communication une dimension centrale dans la promotion d'un développement juste et durable et d'une société de l'information équilibrée et accessible à tous.

Nous exprimons l'espoir que la phase de Tunis permettra d'identifier les voies et moyens susceptibles d'exploiter les possibilités offertes par les nouvelles technologies afin d'aider les pays à atteindre les objectifs de développement du Millénaire et à tirer parti des avantages potentiels de la mondialisation, outre l'instauration d'un nouveau type de relations entre les nations fondées sur la solidarité et le partage du savoir de manière à ouvrir de nouvelles perspectives ce qui ne manquera pas de réduire les écarts sociaux entre les pays du Nord et les pays du Sud.

D'un autre côté, ma délégation tient à rendre hommage aux efforts déployés, jusqu'à présent, par le Département de l'information pour appuyer activement et faire connaître le Sommet au large public afin de garantir son succès et appelle à ce que cet effort soit renforcé à mesure que la date de la phase de Tunis du Sommet se rapproche.

Monsieur le Président,

Ma délégation conçoit que l'information dans sa conception et ses dimensions les plus larges doit figurer parmi les priorités de notre Organisation dans cette phase de réforme que connaît l'ONU. A cet égard, nous considérons que la refonte de ce département important de notre Organisation ne doit pas se plier à des considérations comptables. Le département doit être le cordon ombilical qui lie notre Organisation à l'extérieur, c'est-à-dire à son terrain de déploiement.


Je vous remercie.

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