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DECLARATION PAR M. ROMAIN KOHN, ATTACHE,
AU NOM DE L’UNION EUROPEENNE,
A LA 27EME SESSION ORDINAIRE
DU COMITE DE L'INFORMATION
18 AVRIL 2005


Monsieur le Président,

J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. La Bulgarie et la Roumanie, pays en voie d'adhésion, la Turquie et la Croatie , pays candidats à l’Union européenne, l’Albanie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie-Monténégro, pays du Processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, ainsi que le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE, membres de l'Espace économique européen, se rallient à la présente déclaration.

Monsieur le Président,

Je tiens en premier lieu à féliciter le Département de l'information (DPI) d'avoir présenté en temps voulu toute une série de rapports concis et détaillés. Ces rapports nous permettent d'avoir une remarquable vue d'ensemble des travaux du DPI et nous seront d'une très grande utilité lors de nos délibérations. Nous saluons sans réserve la détermination dont le DPI a fait preuve en s'efforçant de répondre aux exigences complexes liées à un contexte difficile, tourné vers l'efficacité et la productivité.

L'Union européenne note également avec satisfaction l'interaction constructive existant entre le Département de l'information et les membres du Comité de l'information. Nous sommes convaincus que le DPI a un rôle essentiel à jouer au service de notre objectif commun, à savoir fournir un service d'information ciblé de qualité élevée à la grande famille de l'ONU ainsi qu'au public en général. L'orientation stratégique adoptée par le DPI depuis 2002 offre, à notre sens, une occasion importante de rationaliser et d'optimiser encore ses activités, de faire l'usage le plus efficace possible de ses ressources et de renforcer la visibilité et l'impact de son action.

Je tiens à vous assurer que l'Union européenne est déterminée, lors des délibérations qui suivront notre séance publique, à travailler en concertation étroite avec les autres membres du Comité pour parvenir à une convergence de vues quant à la voie à suivre pour le profit de tous.

RÉORIENTATION DE L'ACTION DES NATIONS UNIES

Monsieur le Président,

Nous sommes heureux que le processus de réorientation de l'action des Nations unies dans le domaine de l'information du public et des communications se soit poursuivi depuis la session du Comité de l'information tenue l'année dernière, ainsi qu'il ressort du rapport du Secrétaire général. L'Union européenne salue les efforts réalisés par le DPI pour relever les défis auxquels il était confronté en 2004, et aussi pour mettre sur pied une démarche stratégique visant à promouvoir une conscience et une meilleure compréhension, au niveau mondial, du travail accompli par les Nations unies dans des domaines prioritaires. À cet égard, nous nous félicitons de l'approche, centrée sur des messages clés inscrits dans une stratégie de communications coordonnée, qui a été adoptée par le Département.

Les discussions qui portent cette année sur la réforme des Nations unies revêtent une importance capitale au regard de l'avenir de cette Organisation. Elles ont pour but de préparer le Sommet de septembre, qui doit faire le bilan des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Déclaration du millénaire. L'Union européenne loue les efforts que déploie le DPI pour attirer l'attention du monde sur le processus de dynamisation et de réforme des Nations unies qui est en cours.

L'autre date cruciale cette année sera celle, cet automne, du soixantième anniversaire de l'Organisation, qui sera aussi une occasion fort propice de souligner combien il importe de mener des actions coordonnées en matière d'information. L'Union européenne est convaincue que ces actions devraient notamment prévoir un appui important aux campagnes menées par les États membres auprès de leur population en vue de favoriser chez celle ci une meilleure connaissance des activités et des réalisations de l'ONU, ainsi que la coopération la plus large possible à cet égard.

L'action du DPI repose sur son mandat. L'Union européenne est satisfaite de constater que celui ci, faisant écho à l'orientation définie dans la Déclaration du millénaire, met l'accent sur les priorités essentielles, telles que la pauvreté, la prévention des conflits, le développement durable, les droits de l'Homme, l'épidémie du VIH/sida, la lutte contre le terrorisme international et les besoins du continent africain. Nous partageons le point de vue exprimé par le Secrétaire général dans son rapport intitulé "Dans une liberté plus grande", selon lequel "le développement, la sécurité et les droits de l'Homme sont indissociables". Nous croyons également que ces objectifs ne peuvent être atteints que si le grand public est conscient de la relation d'interdépendance existant entre développement, sécurité, droits de l'Homme, justice et État de droit. Le DPI peut, par une exploitation judicieuse de la révolution des technologies de l'information et des progrès des télécommunications, jouer un rôle capital pour ce qui est de communiquer au grand public les informations nécessaires.

L'Union européenne se félicite à cet égard que le DPI s'efforce sans relâche de développer la culture d'évaluation. Nous constatons avec satisfaction que la coopération avec le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) a permis de renforcer l'évaluation systématique.

L'Union européenne est convaincue que l'auto-évaluation et une gestion axée sur les résultats sont des facteurs essentiels de réussite pour un organe aussi vaste et complexe que le DPI. Nous sommes persuadés que le succès auprès du grand public est assuré lorsque la nature des publics visés et de leurs attentes est connue. Les examens systématiques de l'impact des programmes, que mène le DPI depuis 2002, sont un outil important pour déterminer dans quelle mesure l'information sur les Nations unies correspond aux exigences des utilisateurs. L'Union européenne félicite le DPI pour avoir jusqu'ici satisfait quelque 80 % en moyenne des publics visés pour ce qui est de l'utilité, de la pertinence et de la qualité de ses produits, services et activités et l'encourage à poursuivre les efforts engagés pour développer la culture d'évaluation dans tous les aspects de son action. Permettez-moi de mentionner, à titre d'exemple, la nouvelle initiative visant à offrir au personnel des formations le mettant à même de procéder à un suivi et une analyse systématiques des médias.

Le succès du site Web des Nations unies, en tant que source première d'information à la fois dans le cadre des Nations unies et pour le public en général, continue de croître. Nous saluons les efforts réalisés par le DPI pour attirer de nouveaux utilisateurs en rénovant la conception des pages principales, notamment en introduisant des outils gérés par des bases de données afin de faciliter l'accès aux dernières mises à jour. Nous nous félicitons particulièrement que ce site soit de plus en plus conforme aux prescriptions liées à l'utilisation par des personnes handicapées. Ces innovations devraient rendre le site Web plus performant, et le fait que le système de diffusion électronique des documents de l'ONU (SEDOC), registre multilingue de la documentation des Nations unies, soit désormais ouvert au public en général va dans le même sens. Nous saluons les efforts du DPI visant à renforcer la capacité linguistique de la section consacrée au site Web et l'invitons instamment à poursuivre ses travaux efficients dans ce domaine.

L'Union européenne soutient en outre l'approche adoptée par le DPI concernant l’établissement d'un cadre de coopération avec la société civile dans le domaine des communications. Le recours à des partenariats et des intermédiaires aidera le DPI à démultiplier ses activités et à en optimiser l'impact auprès du public. Nous nous félicitons à cet égard des efforts novateurs du DPI pour accroître la portée de son action vers les ONG par les moyens de communication électroniques via l'Internet et par les réunions virtuelles avec des partenaires à distance, rendues possibles par la diffusion en direct sur la toile et la vidéoconférence.

UNIC

Monsieur le Président,

L'Union européenne remercie M. Shashi Tharoor, Secrétaire général adjoint, pour son rapport actualisé sur l'état d'avancement des travaux concernant le processus de régionalisation des centres d'information des Nations unies (UNIC).

Nous convenons que la poursuite de la régionalisation doit être adaptée en fonction de la situation de chaque région. Le modèle de l'Europe occidentale ne pourra pas être appliqué dans toutes les régions et, de fait, il ressort du rapport que nous nous trouvons dans une phase où nous tirons encore les enseignements de l'établissement du centre régional de Bruxelles. Nous comprenons donc, dans une certaine mesure, les avantages d'une approche pour l'heure plus progressive dans ce domaine.

Néanmoins, approche progressive ne doit pas signifier approche statique. En 2002, l'Union européenne a soutenu sans réserve les propositions du Secrétaire général visant à établir des centres régionaux, reconnaissant qu'il s'agissait d'un programme ambitieux dont il était permis d'espérer qu'il offrirait, à moyen ou à long terme, des avantages réels pour les Nations unies et les peuples du monde entier. Le soutien apporté à cette proposition a contraint un certain nombre de pays européens à prendre la décision difficile de fermer des bureaux dans leur capitale. Nous n'attendions certes pas de résultats immédiats, mais espérions tout de même que l'ONU ferait avancer le programme plus énergiquement qu'elle ne l'a fait. Nous prévoyions également que d'autres États membres et groupes régionaux prendraient des décisions tout aussi difficiles concernant les UNIC de leurs pays si la situation le justifiait. Nous partageons la déception du Secrétariat face à l'incapacité de l'Assemblée générale de parvenir à un accord, dans le cadre du budget du programme pour 2004 2005, sur le réinvestissement des économies dégagées par la fermeture de plusieurs UNIC en Europe occidentale. Nous rappelons que l'Union européenne ainsi que de nombreux autres États membres partageant le même avis étaient prêts à consentir ces efforts sous réserve que les ressources dégagées soient allouées aux centres d'information de l'ONU dans le monde qui étaient sensés faire partie du processus de régionalisation. Ce point n'a malheureusement pas fait l'objet d'un consensus des membres de l'Assemblée générale.

Nous souhaitons donc réaffirmer notre engagement en faveur de la poursuite de la régionalisation. Nous encourageons vivement le Secrétariat à user de toute son autorité pour prendre des décisions d'exécution s'agissant des domaines sur lesquels il doit concentrer ses efforts. Lorsque l'approbation de l'Assemblée générale est nécessaire pour prendre des mesures de plus grande portée, nous encourageons le Secrétariat à ne pas craindre de faire des propositions courageuses, y compris de redéploiement, afin de réformer le réseau des UNIC. Cela devrait garantir l'utilisation rationnelle d'effectifs, de compétences et d'activités opérationnelles dans les lieux qui s'y prêtent le mieux, de manière à véritablement et efficacement toucher les populations de ces régions.

RADIO ET TÉLÉVISION

Monsieur le Président,

La radiodiffusion comme moyen de diffusion d'informations concernant les Nations unies et leurs activités demeure à ce jour le média traditionnel le plus rentable et dont la portée est la plus large. Nous estimons que le Département de l'information devrait continuer d'établir des partenariats avec des radiodiffuseurs locaux, nationaux et régionaux, afin de faire connaître le message de l'ONU dans toutes les régions du monde. Il devrait également continuer de s'attacher à renforcer ce service dans ses six langues officielles, ainsi qu'en portugais, pour répondre aux besoins des auditeurs dont le nombre ne cesse de croître.

Par ailleurs, l'Union européenne est d'avis que le Département de l'information devrait poursuivre ses efforts pour accroître la distribution de son matériel vidéo et télévisuel par l'intermédiaire de diffuseurs et d'autres distributeurs. La télévision est le média traditionnel le plus influent et constitue un atout majeur lorsqu'il s'agit de faire passer un message important, tel que la commémoration du soixantième anniversaire des Nations unies ou, à un autre niveau, la lutte contre le VIH/sida. Nous encourageons la promotion active du matériel produit par le Département de l'information grâce, entre autres initiatives, à la participation au grand salon annuel du marché international des programmes de télévision (MIP TV).

BIBLIOTHÈQUES

L'Union européenne se félicite que les bibliothèques des Nations unies déploient des "efforts coordonnés pour s'assurer que leurs activités et services soutiennent sans réserve les objectifs actuels de l'Organisation", ainsi que le Secrétaire général l'indique dans son rapport. Nous appuyons la nouvelle devise "Des collections aux connexions", qui associe lieux de conservation de documents papier et nouvelles méthodes de préservation de l'information et présente les bibliothèques des Nations unies comme un réseau de communautés de partage des connaissances. Nous attendons avec impatience de plus amples détails sur la réorganisation interne de la Bibliothèque Dag Hammarskjöld, en particulier sur les activités des nouveaux services de partage des connaissances, chargés de fournir des services de conseil aux bureaux du Secrétariat et aux Missions permanentes afin d'aider leur personnel à mieux utiliser les instruments et méthodes de gestion de l'information.

JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Dans la perspective de la Journée mondiale de la liberté de la presse, qui aura lieu le 3 mai prochain, l'Union européenne souhaiterait rappeler son engagement en faveur de la liberté de la presse, qui joue un rôle majeur dans une société libre. Nous sommes profondément préoccupés par l'absence de liberté de la presse dans de nombreux pays, où la diffusion de l'information reste contrôlée et limitée. Par ailleurs, nous souhaiterions souligner une nouvelle fois que la liberté d'opinion et d'expression est un droit énoncé dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Cela implique "le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit".

Nous condamnons fermement l'usage de la violence pour empêcher les journalistes de travailler et réprouvons également toutes les tentatives visant à contrôler ou à influencer les médias en faussant ou en taisant certaines informations ou opinions. Nous sommes convaincus que la liberté de la presse est indispensable aux sociétés démocratiques et ouvertes. L'instauration d'une presse libre est par ailleurs l'un des indicateurs d'une transition réussie d'un conflit vers une société d'après-conflit. Il s'agit d'ailleurs d'un instrument déterminant pour éviter la réapparition de conflits.

En conclusion, Monsieur le Président, je souhaiterais mettre en avant la volonté de l'Union européenne de mener ses délibérations, lors de la vingt-septième session du Comité de l'information, dans un esprit aussi constructif et coopératif que par le passé, afin de rechercher des solutions par consensus.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

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