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DECLARATION PAR MADAME JACQUELINE OUBIDA, ATTACHE,
MISSION PERMANENTE DU BURKINA FASO AUPRES DES NATIONS UNIES,
A LA 27EME SESSION ORDINAIRE
DU COMITE DE L'INFORMATION
19 AVRIL 2005


Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Délégués,

La délégation du Burkina Faso voudrait par ma voix féliciter les membres du bureau pour son accession à la présidence et pour l’organisation des travaux de la présente session du Comité de l’information d’une part, et adresser ses sincères encouragements à Monsieur Shashi THAROOR pour l’abnégation avec laquelle son département s’attèle à promouvoir l’information au sein des Nations Unies et dans le monde entier, d’autre part.

Monsieur le Président,

Il est important de rappeler que la constante diminution des ressources allouées au Département de l’information et par conséquent le budget prévu pour les centres d’information des Nations Unies, a interpellé les autorités de ce département des années durant. C’est de là qu’est née l’idée de la rationalisation des Centres d’information des Nations Unies, volet sur lequel portera principalement ma déclaration.

Il vous souviendra que la rationalisation telle que proposée, a débuté en Europe de l’Ouest avec la mise en place du centre régional de Bruxelles et devait servir d’expérience pour la suite des actions. Malheureusement, il ressort du rapport devant nous que les ressources financières dégagées à l’issue de la création du centre de Bruxelles n’ont pas été reversées au Département afin de renforcer les capacités et activités des centres dans les pays en développement comme préconisées dans le paragraphe 46 de la résolution B intitulée « Politiques et Activités de l’Organisation des Nations Unies en matière d’information ».

Le Burkina Faso a déjà eu l’occasion de faire connaître directement ses vues sur le processus de rationalisation ainsi que par la voix de la distinguée représentante de la Jamaïque au nom du Groupe des 77.

Vous me permettrez toutefois, Monsieur le Président, d’insister une fois de plus sur le fait que les pays en développement dont le Burkina Faso fait partie, accusent un retard croissant en ce qui concerne l’accès à l’information et aux techniques de la communication. Des sociétés entières en développement sont privées des avantages offerts par la révolution qui s’est produite dans ces domaines ; Il est d’ailleurs de notoriété publique que le fossé numérique et plus particulièrement l’absence de raccordement à l’Internet, rendent les obstacles qui existent dans la plupart des pays en développement, en matière d’information et de communication, encore plus difficile à surmonter.

Dans un tel environnement, les Centres d’information jouent un rôle de premier plan par les services mis à la disposition des populations, notamment ceux qui en ont le plus besoin.

Faut-il alors s’étonner que ces Centres éprouvent des difficultés en personnel et en ressources financières et matérielles qui limitent ainsi considérablement leurs activités opérationnelles sur le terrain ?

La rationalisation a été enclenchée comme un processus à même d’apporter des solutions viables à une telle situation.

Pour le Burkina Faso, la rationalisation visait à trouver les voies et moyens de renforcer les activités de ces centres de façon pérenne. C’est dans cet esprit qu’ensemble avec le Groupe des 77, nous nous étions inclinés pour une démarche prudente et ainsi préconisé, qu’il soit procédé d’abord à une évaluation des résultats de la rationalisation en Europe afin d’en tirer les leçons pour les actions à venir.

Aujourd’hui, la position du Groupe des 77 semble avoir été très inspirée. En effet, le présent rapport du Secrétaire Général publié sous le symbole A/AC.198/2005/3, fait ressortir qu’il est impossible de continuer avec cette rationalisation car ne permettant pas d’asseoir une politique viable pour les centres.

Monsieur le Président,

Le rôle d’un centre d’information des Nations Unies est de rapprocher l’Institution aux populations locales. Dans cet ordre d’idée, le Burkina Faso soutient et soutiendra qu’au lieu de fermer les Centres en Afrique, où les nouvelles technologies de l’information ne sont pas encore développés pour permettre l’accès à l’information à distance, il faut plutôt les renforcer. Il convient de noter que malgré les difficultés auxquelles ils font face, les Gouvernements octroient aux Centres basés en Afrique, des facilités tels que les locaux et du personnel qualifié, contribuant ainsi à alléger les frais de gestion.

Ces Centres jouent un rôle de premier plan en matière d’information vis à vis de nos populations marginalisées par l’incapacité de nos pays à suivre ce développement vertigineux des nouvelles technologies de l’information.

Monsieur le Président,

Le Centre d’information des Nations Unies que le Burkina Faso abrite, fait la fierté des populations de l’ensemble des pays qu’il couvre.

En effet, basé à Ouagadougou, il est le seul situé au cœur du Sahel et couvre le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. La zone qu’il couvre a des préoccupations spécifiques en matière de lutte contre la pauvreté et en matière de sécurité, de santé publique et, en un mot, de développement.

A titre d’exemple, dans la situation de crise qui prévaut en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, le Centre d’information des Nations Unies de Ouagadougou occupe une position stratégique pour l’information publique, le plaidoyer et la promotion des initiatives engagées, notamment par les Nations Unies, pour la restauration de la paix et la gestion des questions humanitaires liées à la crise en Côte d’Ivoire.

Il est à noter par ailleurs que ce Centre se situe dans une ville qui est le siège de nombreuses organisations régionales et sous-régionales dont le Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), l’Autorité de Développement Intégré de la Région du Liptako Gourma, etc.

Nous ne pouvons perdre de vue que la présence d’un Centre d’information des Nations Unies au Burkina Faso permet de renforcer le partenariat entre les Nations Unies et toutes ses institutions internationales basées dans la sous-région.

Afin de lui permettre de remplir la mission qui lui a été assignée, le Gouvernement du Burkina Faso a mis à la disposition du Centre de Ouagadougou, diverses facilités à savoir des locaux gratuits, des temps d’antenne gratuits à la télévision et à la radio diffusion nationale pour produire et diffuser des émissions sur l’action de l’Organisation des Nations Unies.

Le Centre d’Information à Ouagadougou favorise un partenariat efficace avec le Gouvernement du Burkina Faso, la société civile, les milieux d’enseignements et les médias implantés au Burkina Faso.

Ce partenariat se traduit notamment par un appui en supports d’information, l’organisation conjointe d’activités telles des séminaires, la célébration des journées proclamées par les Nations Unies, les expositions. Il appuie également les actions de renforcement des capacités des acteurs locaux de la communication.

En conclusion, je dirai que le Centre d’information des Nations Unies à Ouagadougou joue un rôle de premier ordre qui milite pour le renforcement de son personnel, son matériel et ses ressources. Cela permettra de consolider les acquis ci-dessus mentionnés et surtout de redynamiser ses activités, au grand bénéfice de cet ensemble de pays sahéliens et pauvres de la sous-région.

Je vous remercie.

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