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INTERVENTION DE M. KAIS KABTANI,
AU NOM DE LA MISSION TUNISIENNE AUPRES DES NATIONS UNIES,

DEVANT LA 26EME SESSION
DU COMITE DE L'INFORMATION
26 AVRIL 2004

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d'abord de vous exprimer les chaleureuses félicitations de la délégation tunisienne à l'occasion de votre réélection.

Je saisis également l'occasion pour saluer M. Sashi Tharoor pour la déclaration liminaire qu'il vient de faire, et dans laquelle il a fait le point des activités du Département et l'évaluation du rôle des Nations Unies dans le domaine de l'information.

Les rapports présentés par le Secrétaire Général fournissent au Comité des détails sur ces efforts et constitueront une base utile pour les délibérations du Comité.

Monsieur le Président.

La délégation tunisienne souscrit entièrement au contenu de la déclaration faite par l'honorable Représentant (Permanent) du Qatar, au nom du Groupe des 77 et de la Chine.

Je profite de l'occasion de ce débat pour revenir sur un certain nombre de points touchant le secteur de l'information et de la communication auxquels la délégation tunisienne attache une importance particulière.

Monsieur le Président.

Il est incontestable que le Département de l'information et les moyens mis à la disposition des Nations Unies dans le domaine médiatique et des communications revêtent une importance capitale aussi bien pour les Etats membres de notre Organisation dans leur travail quotidien que pour le public mondial le plus large qui s'intéresse ou qui doit plutôt être intéressé aux activités de notre Organisation, à ses stratégies, ainsi qu'à son action sur le terrain partout dans le monde et dans les différents domaines.

Ma délégation conçoit que l'information dans sa conception et ses dimensions les plus larges doit figurer parmi les priorités de notre Organisation dans cette phase de restructuration. A cet égard, nous considérons que la refonte de ce département important de notre Organisation ne doit pas se plier à des considérations comptables. Le département doit être le cordon ombilical qui lie notre Organisation à l'extérieur, c'est-à-dire à son terrain de déploiement.

L'absence de la voix de notre Organisation sur la scène internationale ne fera qu'apporter de l'eau au moulin de ceux qui veulent la marginaliser en faveur de nouvelles formes de gouvernance mondiales. La crédibilité de notre Organisation réside également dans sa capacité d'être proche des peuples qui croient en elle en tant qu'idéal et en tant qu'instrument au service de la sécurité collective, du développement, de la paix et des droits de l'homme.

Monsieur le Président,

Les efforts entrepris par le Département de l'information, au cours de ces derniers mois, comme Monsieur Tharoor nous l'a si pertinemment rappelé, ce matin, sont exceptionnels. Ces acquis sont à la hauteur des grands défis auxquels fait face l'ONU depuis les événements internationaux qui ont récemment secoué la scène internationale.

A cet égard, ma délégation exprime sa haute appréciation de la façon remarquable dont ont été médiatiquement couvertes les importantes et exceptionnelle rencontres internationales qui se sont déroulé ces dernières années.

D'un autre coté, ma délégation note avec grande satisfaction la progression fort remarquable de l'usage des nouvelles technologies de l'information et en particulier l'usage de l'internet ainsi que l'amélioration de la qualité du site de l'ONU dans les différentes langues officielles. C'est le meilleur moyen pour notre Organisation d'être en temps réel proche des zones et des peuples les plus reculés du monde. A cet égard, nous réitèrons notre appel pour que les six langues officielles des Nations Unies bénéficient d'un traitement équitable dans le développement des services qu'offrent l'ONU sur le Web.

S'agissant de la question des Centres d'information, ma délégation tient à réitérer l'importance primordiale de ces Centres pour les pays en développement et exprime son ferme attachement au maintien du Centre de Tunis, qui continue à jouer un rôle crucial auprès du public tunisien, qui bénéficie largement de ses services. Faut il rappeler aussi que Tunis accueille de nombreuses organisations arabes et maghrébines et en est l'hôte d'un Bureau régional de la Ligue Arabe.

La proposition de fermer le Centre de Tunis, figurant au rapport du Secrétaire général sur la régionalisation des Centres d'information est catégoriquement refusée par la Tunisie pour plusieurs raisons. D'abord, ma délégation est d'avis que la régionalisation des Centres d'information est un processus qui ne concerne nullement les pays en développement, et ce conformément à la résolution (A/58/101 B) qui parle dans son paragraphe 40 de "démarche similaire ... pour les Centres situés dans les pays développés où les coûts sont très élevés". Ainsi, la réalité est que pour le cas de la Tunisie, non seulement les coûts ne sont pas élevés mais le local du Centre est mis gratuitement à la disposition des Nations Unies. D'un autre côté, lorsqu'on apprend qu'il n'est pas possible, pour les Centres d'information dans les pays en développement, de bénéficier des ressources qui ont été dégagées après la fermeture de neuf Centres en Europe, tel que demandé par le paragraphe 39 de la même résolution, l'on se demande dans ce cas, quel est l'intérêt de poursuivre ce processus de régionalisation ? Enfin, et cette remarque s'applique à toute la région à laquelle mon pays appartient, est t-il logique de fermer des Centres d'informations au moment où l'Organisation se plaint d'être mal comprise ou mal connue ? Est t-il logique aussi que le Maghreb sous-région possédant des caractéristiques et des affinités culturelles spécifiques, soit privé d'une présence forte du Département de l'Information des Nations Unies ?.

En conclusion, ma délégation appelle au maintien du Centre d'Information de Tunis et appelle à l'affectation de personnel et de ressources financières nécessaires pour son renforcement, étant donné que le budget alloué au Centres d'information sert désormais neuf Centres de moins après la fermeture de ceux de l'Europe occidentale, ce qui permet logiquement de se libérer de certaines dépenses.

Monsieur le Président,

Nous sommes convaincus, face à l'écart numérique croissant entre pays industrialisés et pays en développement, de la nécessité de permettre à tous les Etats de se mettre au diapason des progrès technologiques notamment dans le domaine de l'information. A cet égard, le Sommet Mondial sur la Société de l'Information dont la deuxième phase se tiendra à Tunis du 16 au 18 novembre 2005, constitue un évènement historique de nature à conférer aux technologies de l'information et de la communication une dimension centrale dans la promotion d'un développement juste et durable et d'une société de l'information équilibrée et accessible à tous.

Nous exprimons l'espoir que la phase de Tunis permettra d'identifier les voies et moyens susceptibles d'exploiter les possibilités offertes par les nouvelles technologies afin d'aider les pays à atteindre les objectifs de développement du Millénaire et à tirer parti des avantages potentiels de la mondialisation.

D'un autre côté, ma délégation tient à rendre hommage aux efforts déployés, jusqu'à présent, par le Département de l'information pour appuyer activement et faire connaître le Sommet au large public afin de garantir son succès et appelle à ce que cet effort soit renforcé à mesure que la date de la phase de Tunis du Sommet se rapproche.

Je vous remercie.

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