INTERVENTION DE M. KOUDJO OMABABUE NOUDONOU,
DIRECTEUR DE CABINET DU MINISTRE DE LA COMMUNICATION
ET DE LA FORMATION CIVIQUE,
DANS LE CADRE DU DEBAT GENERAL
DE LA 26EME SESSION DU COMITE DE L'INFORMATION
28 AVRIL 2004

Monsieur le Président,

Je voudrais saisir cette occasion pour vous féliciter suite à votre brillante élection à la présidence de la 26ème Session du Comité de l'Information. Ma délégation est convaincue que votre grande expérience vous guidera à mener à bien la tâche qui vous est confiée.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,


La rationalisation et la régionalisation du réseau des Centres d'Information des Nations Unies est une question d'une importance capitale pour la délégation togolaise qui a pris bonne note des différentes résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies ainsi que des recommandations du Bureau des services de contrôle interne.

En effet, les décisions visant à rationaliser et à revitaliser les centres d'information sont prises parce que les ressources allouées par l'Assemblée générale à ces centres stagnent, voire diminuent depuis plus de dix ans, notamment dans le cadre de la dotation en personnel.

Comme nous le savons tous, l'accès à l'information est une priorité majeure au même titre que la santé, le bien être social, l'eau potable, etc. C'est dire que l'information constitue aujourd'hui un outil de développement économique et social capable de répondre aux nombreux défis auxquels sont confrontés nos pays, plus spécialement les pays en développement. C'est aussi vrai que l'accès à l'information a des avantages sur les processus démocratiques et l'édification de l'Etat de droit.

C'est pourquoi, nul ne peut de nos jours ignorer le rôle important que jouent les centres d'information des Nations Unies dans nos pays respectifs. Certes, les activités de ces centres consistent notamment en la diffusion d'informations sur les activités de l'ONU et sur des questions prioritaires présentant un intérêt commun pour les pays d'accueil. Mais les programmes et stratégies d'actions des centres ne sont forcément pas identiques.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,


Permettez-moi de saisir l'occasion de ces assises pour vous dire ici même ce que représente pour les Togolais, les Béninois et pour beaucoup d'institutions de la sous-région ouest-africaine, le centre d'information des Nations Unies basé à Lomé qui couvre officiellement le Bénin.

En effet, le centre de Lomé créé en 1962 est dirigé par un coordonnateur résident. Il fonctionne avec un personnel réduit mais très efficace qui a une grande expérience en matière de communication. L'Etat togolais a mis gracieusement à la disposition du centre un local. Les frais de téléphone sont payés en partie par l'État togolais et les factures d'eau et d'électricité sont également réglées en totalité par le Togo.

Le centre de Lomé entretient des liens de coopération avec une floraison de médias publics et privés, les établissements d'enseignement (plus précisément l'Université de Lomé dont il vient de réhabiliter le club UNESCO), la société civile et les entités du secteur privé lui permettant de multiplier ses activités et de servir le public aussi large que possible. Il met des éléments d'information et des documents à la dispositions des organisations non gouvernementales (ONG) qui, à leur tour, les diffusent à l'endroit de la population de la sous-région du continent. Il élabore et distribue un bulletin d'information générale.

Le rôle joué par le centre de Lomé dans la politique communicationnelle des Nations Unies est chaque jour grandissant. Nous ne voulons pour preuve que les multiples demandes de documents provenant aussi des individus, des établissements scolaires, des services publics ainsi que des ONG installées tant à Lomé, à l'intérieur du territoire togolais et sur celui du Bénin. Parmi nos interlocuteurs privilégiés il y a la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), la ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH), les Barreaux togolais et béninois, les syndicats, le WILDAF (Women in Law and Development in Africa) et le FAWE (Forum for Africa Women Educationalists).

Le centre a aussi une audience qui dépasse nos frontières. En effet, en dépit de problèmes logistiques (le petit véhicule disponible a plus de 15 ans d'âge) qui empêchent une couverture normale et adéquate du Bénin, nous avons réussi à trouver quelques correspondants à l'Université d'Abomey Calavi, au ministère béninois des Affaires étrangères et dans quelques ONG. Ceci a pour conséquence des visites quasi fréquentes de chercheurs tant béninois que togolais à la bibliothèque du centre de Lomé.

C'est également ce centre qui sert de base de données à bon nombre d'étudiants en fin de formation et préparant leur mémoire. Nous ne passerons pas sous silence les très nombreuses sollicitations des lycées et collèges. Ces établissements ayant les Nations Unies au Programme pour les classes de Sème et terminale, ont très souvent recours au chargé d'information pour des conférences sur divers sujets concernant l'ONU.

Sur le plan financier, le coût global du centre est presque insignifiant par rapport aux actions menées. Pour les quatre fonctionnaires de Lomé, la masse salariale versée mensuellement par le DPI (Department of Public Information) est inférieure à 4000 $ US.

Le budget annuel du centre est quant à lui en baisse constant alors que les actions ont presque doublées. De 29,394.69$.US en 2000, il a passé à 18,750.001US en 2003.

Le centre organise aussi des activités conjointes avec de nombreuses institutions. Il s'agit surtout des conférences, séminaires et ateliers organisés dans le but de promouvoir des questions d'intérêt commun. Ces activités sont d'une importance vitale pour nos pays en plein processus de démocratisation par la- formation des journalistes locaux. Il consacre aussi beaucoup de temps aux projections de films thématiques sur la lutte contre la drogue, le trafic des enfants, le VIH/SIDA, sur les différentes missions de paix entreprises par l'ONU et sur la délinquance juvénile.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,


Le centre de Lomé offre donc un cadre institutionnel de communication très important pour le Togo et le Bénin qui attendent beaucoup des mesures appropriées qui seront décidées par la 26ème session pour mieux servir les populations de ces deux pays enclavés par des pays anglophones, à savoir le Ghana et le Nigeria.

Le Togo qui abrite également le Centre régional pour la paix et le désarmement en Afrique est doté d'un bon réseau de transports et de liaisons aériens qui desservent la région. Le pays regorge de presses écrites et audiovisuelles relativement développées et des moyens de communications modernes.

Compte tenu du retard croissant qu'accusent les pays en développement en ce qui concerne l'accès à l'information, la fermeture du centre de Lomé ne fera qu'aggraver le problème d'ignorance dans la sous-région et porter un coup brutal à l'action de conseil et de formation de la presse nationale togolaise et béninoise en cette période cruciale.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,


C'est au regard des multiples services de développement qu'offre le centre, d'information de Lomé, que le Chef de l'Etat Son Excellence Gnassingbé Eyadèrna et le Gouvernement togolais, toujours disponibles à soutenir les activités dudit centre, invitent la 26ème session du Comité de l'information à décider le maintien de ce centre et à appuyer ses efforts pour mieux couvrir les besoins en information des populations togolaises et béninoises.

Je vous remercie.

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