Seul le texte prononcé fait foi

DECLARATION DE M. RUDOLF CHRISTEN, CONSEILLER
A LA MISSION PERMANENTE DE LA SUISSE AUPRES DES NATIONS UNIES,
DEVANT LA 26EME SESSION
DU COMITE DE L'INFORMATION
28 AVRIL 2004

Monsieur le Président,

La tenue de notre 26ème session du Comité de l'information nous donne l'occasion de remercier le Département de l'information publique, son chef, le Secrétaire général adjoint Shashi Tharoor et tout son personnel, pour le travail effectué au cours de l'année écoulée. De l'avis de la délégation suisse, un très bon travail de communication a été conduit, dans des circonstances souvent difficiles.

Nos remerciements s'adressent tout particulièrement à Mme Thérèse Gastaut, qui a géré le secrétariat de ce Comité avec une grande compétence et à qui nous présentons nos meilleurs voeux à l'occasion de sa prochaine retraite.

Ma délégation constate avec satisfaction que le DPI a progressé dans la mise en oeuvre des réformes et elle note notamment la nouvelle orientation prise vers une information conçue comme un service aux clients, et formulée en fonction de leurs besoins specifiques. Cet approche positive doit permettre l'établissement de liens plus étroits entre le public et notre Organisation, entre les citoyennes et les citoyens de nos Etats et les Nations Unies, en rendant les actions réalisées et la politique suivie mieux compréhensibles. Un vrai pas en avant dans la direction d'une communication plus moderne et efficace a été pris et 'nous prendrons connaissance avec intérêt des évaluations qui seront conduites.

Ma délégation se réjouit aussi de l'utilisation conséquente qui a été introduite des moyens modernes de communication, comme l'Internet, et note que les moyens traditionnels d'information, comme la radio, restent indispensables et doivent être adaptés aux circonstances specifiques. S'il n'a pas été possible d'atteindre tous les buts - comme par exemple la mise en oeuvre du Système de diffusion électronique des documents (Sédoc) qui était prévue pour ce printemps mais a été reportée à cet automne - les résultats atteints sont néanmoins significatifs.

Même si l'on a commencé à travailler avec les nouvelles technologies il y a déjà plus de huit ans, il reste encore beaucoup à faire, comme l'a montré le Sommet mondial sur la société de l'information, dont la première phase s'est tenue au mois de décembre passé à Genève et qui va se poursuivre avec sa seconde phase l'année prochaine à Tunis.

Monsieur le Président,

Deux des rapports soumis à notre Comité appellent des observations particulières de ma délégation.

En ce qui concerne la rationalisation du réseau des centres d'information des Nations Unies, le rapport nous informe sur l'état de mise en oeuvre de la stratégie proposée par le Secrétaire général et adoptée par l'Assemblée générale. L'ouverture à Bruxelles au début de l'année du premier centre régional d'information, qui a remplacé 9 centres fermés à la fin 2003, fait partie de cette stratégie et nous suivrons avec intérêt l'évaluation qui pourra être faite en temps voulu des résultats obtenus.

Ma délégation prend note du fait qu'avec la régionalisation des centres en Europe, les services d'information situés à Genève et Vienne, qui appuient les activités des Offices des Nations Unies situés dans ces villes et remplissent donc une mission d'une autre nature, n'ont pas été touchés. Elle estime que ces services doivent continuer à bénéficier des moyens nécessaires à l'accomplissement de leur mission. Nous savons tous, en particulier, combien il est important que le public puisse continuer d'avoir la possibilité de visiter les bâtiments de l'ONU et de se familiariser ainsi avec ses tâches.

Pour la poursuite de l'effort de rationalisation, qui est étendu progressivement à d'autres régions, ma délégation estime que les conditions spécifiques à chaque région doivent être dûment prises en compte et que le dialogue et la transparence doivent prévaloir dans l'élaboration des solutions qui seront retenues.

En matière de modernisation et de gestion intégrée des bibliothèques, la Suisse prend note des résultats des travaux du Comité directeur établi pour suivre cette question. Elle considère qu'ils constituent une bonne base pour la réalisation de l'objectif d'améliorer l'efficacité du système des bibliothèques des Nations Unies. Ma délégation relève avec satisfaction qu'une collaboration fructueuse est engagée entre la bibliothèque Dag Hammarskjöld de New York et la bibliothèque de l'Office des Nations Unies à Genève, qui ont toutes deux des rôles importants et complémentaires. Cette collaboration mérite d'être poursuivie, dans le respect de la mission et de l'autonomie budgétaire de chacune.

Monsieur le Président,

Nous connaissons les conditions dans lesquelles le journalisme d'aujourd'hui, trop souvent, travaille : on recherche le scoop, la dénonciation de scandales, la révélation de faits sensationnels qui font les gros titres et les premières pages. Ce sont, comme le disait le Secrétaire général adjoint Shashi Tharoor dans son discours d'introduction, les « hard facts » qui font la une. Aussi ma délégation salue-t-elle la décision de mettre les dix thèmes les plus oubliés dans le contexte onusien au centre de l'attention, lundi prochain, lorsque nous célébrerons la Journée internationale de la liberté de la presse.

Espérons que certains journalistes - qui sont pour moi des confrères - prendront alors la liberté de faire des articles et des reportages sur ces thèmes, qui relèvent de l'information « douce » - même si l'expression est bien entendu peu appropriée, lorsqu'il s'agit de thèmes comme la famine, les grandes épidémies ou les crises oubliées.

Ce défi que nous posons, nous ne le donnons bien entendu aussi à nous-mêmes, qui devons continuer à travailler ensemble pour rendre ces thèmes plus visibles et compréhensibles.

Merci, Monsieur le Président.

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