DECLARATION DE S.E. M. PAUL BADJI, AMBASSADEUR,
REPRESENTANT PERMANENT DU SENEGAL AUPRES DES NATIONS UNIES,
A LA VINGT-SIXIEME SESSION
DU COMITE DE L'INFORMATION
27 AVRIL 2004

Monsieur le Président,

C'est un réel plaisir pour moi de vous voir présider, pour la seconde année consécutive, les travaux de la session annuelle du Comité de l'Information. Je m'en réjouis, d'autant plus que vous le faites avec beaucoup de compétence, d'engagement et de brio.

Aussi, voudrais-je, au nom de la Délégation sénégalaise, vous adresser mes vives félicitations. Je voudrais confondre dans le même hommage Monsieur Shashi THAROOR, Secrétaire général adjoint à l'Information et à la Communication, pour sa présentation claire, précise et prospective des activités menées par le Département de l'Information.

D'ores et déjà, qu'il me soit permis de préciser que ma Délégation souscrit entièrement à la déclaration faite par mon distingué Collègue, le Représentant Permanent du Qatar, au nom du Groupe des 77 et de la Chine.

Monsieur le Président,

La révolution fulgurante des technologies de l'information et de la communication est telle que nous sommes les témoins d'un rapprochement de plus en plus évident entre les nations et les peuples, à une vitesse jamais imaginée auparavant, faisant de notre monde ce qu'il est communément convenu de qualifier de "village planétaire".

Des outils si familiers à notre environnement tels que la radio, la télévision et aujourd'hui l'internet placent désormais les individus dans un mouvement perpétuel d'interrelation et d'interdépendance. Nous sommes ravis d'en constater, tous les jours, les heureuses et positives incidences.

Pourtant, force est de constater, que dans la plupart des Pays en développement, ces instruments sont souvent considérés comme des produits de luxe.

Malgré les progrès considérables enregistrés dans plusieurs de nos Pays pour accéder aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, beaucoup reste à accomplir dans ce secteur.

Il convient d'admettre que les disparités dans l'accès à ces technologies représentent un obstacle évident, surtout au moment où l'on constate que la circulation de l'information se développe de façon prodigieuse dans les Pays du Nord, alors que les données factuelles dans les Pays du Sud indiquent plutôt une situation pour le moins contrastée.

Comme vous le savez, le Continent le moins branché et qui peine à prendre la mesure du fulgurant essort des technologies de l'information et de la communication, demeure sans conteste l'Afrique.

C'est pourquoi, dans la perspective de la seconde phase du Sommet mondial sur la Société de l'Information, prévue à Tunis en 2005, nous lançons un appel solennel à la Communauté internationale pour faire bénéficier à ce Sommet en terre africaine, des mêmes opportunités, du même intérêt et du même traitement que la première phase. Je nourris l'espoir que ces assises donneront lieu à un engagement politique fort, dans le cadre d'un partenariat Nord/Sud réfléchi, équilibré et constructif, devant déboucher sur un véritable sommet mondial de la solidarité numérique.

Monsieur le Président,

La promotion d'une réelle culture de communication au sein de l'Organisation des Nations Unies devrait, à notre avis, servir à mieux faire comprendre à nos différents peuples que les activités de l'ONU ont un impact direct sur leur vie, sur leur devenir et sur leurs préoccupations quotidiennes.

D'où la nécessité de promouvoir davantage la vraie image de notre Organisation en tant qu'institution ouverte et transparente, par le renforcement de ses capacités qui participe à forger une opinion publique internationale, consciencieuse du rôle et des responsabilités de l'ONU.

Monsieur le Président,

Voilà pourquoi, notre Organisation devrait, avec des ressources financières plus adéquates, se doter d'une capacité médiatique dynamique et prospective, avec une potentialité de diffusion renforcée, capable de développer des liens toujours plus étroits avec les autres organes d'information et faire jouer au Département de l'Information son véritable rôle, c'est à dire celui d'être la voix des peuples du monde. C'est là immanquablement le prix à payer si nous voulons y arriver.

Aussi, le Sénégal appuie-t-il le renforcement des centres d'information des Nations Unies implantés dans les Pays en développement où ils jouent un rôle de premier plan dans le rayonnement de l'ONU dans la vulgarisation de ses activités et dans la diffusion de ses nobles objectifs.

Nous tenons également à exprimer notre appréciation au DPI pour les efforts consentis en direction des organisations non-gouvernementales, de la Société civile, des institutions scolaires et universitaires, du secteur privé pour construire utilement des faisceaux de convergences et des partenariats robustes qui, à notre avis, restent des vecteurs irremplaçables dans la dissémination et la connaissance des activitiés multiformes de notre Organisation.

Monsieur le Président,

Ma Délégation se félicite, par ailleurs, de la contribution remarquable que le Département de l'Information apporte au Département des Opérations de Maintien de la Paix dans la définition et la formulation de stratégies de communication destinées à mieux faire connaître les nouvelles activités de maintien de la paix ainsi que ses multiples facettes, principalement en Afrique.

Ma Délégation encourage vivement le Département de l'Information à poursuivre son appui et son soutien aux différentes opérations de maintien de la paix, notamment dans le cadre de la formulation d'une stratégie de communication axée sur le programme de démobilisation, de désarmement et de réinsertion.

Il est également réjouissant de constater que la mise en place du Groupe des Nations Unies pour les Communications, il y a de cela deux ans, s'est révélée, progressivement, être un outil performant et utile à la disposition du Département de l'Information, dans sa quête de l'instauration, au sein du Système des Nations Unies, d'un mécanisme fédérateur efficient de coordination inter-institutions dans les domaines de l'information et de la communication. Il est heureux que, désormais, l'ONU entend ainsi s'exprimer d'une seule voix sur les préoccupations majeures dont elle est saisie.

Dans cet esprit, nous souscrivons à l'effort actuellement déployé par le DPI pour mettre au point, en synergie avec le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique, une stratégie de communication mondiale visant à mieux faire connaître le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).

Mon Pays se félicite aussi de l'attention particulière et de l'intérêt que votre Département ne cesse de manifester à la cause palestinienne.

Last but not least, nous sommes heureux de constater, pour nous en féliciter, les efforts louables menés par le DPI pour renforcer la parité linguistique sur le site de l'ONU, en dépit des ressources limitées dont il dispose.

Monsieur le Président,

Il ne fait pas de doute que l'impact de l'information sur la vie des nations est devenu incontestablement un facteur déterminant de développement tant économique, culturel que social. En effet, dans les Pays en développement, le domaine de l'information commence à avoir un impact direct sur les secteurs vitaux d'activités.

C'est face à ces tendances et évolutions que ma Délégation voudrait appuyer l'orientation visant à procéder à la mise en oeuvre d'une politique de contrôle et d'évaluation systématique de l'impact des activités du secteur de l'information, en vue d'en accroître la transparence, la visibilité et surtout l'efficacité.

Aussi, me plaît-il de rendre un vibrant hommage à M. Shashi THAROOR et à la grande famille des professionnels de l'information et de la communication qui le soutiennent, pour leur contribution inestimable, en vue de faire connaître à l'Humanité les activités de l'ONU et, pour tout dire, rendre audible la voix du monde.

Je vous remercie.

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