Vérifier au prononcé

DECLARATION DU BURKINA FASO,
PAR M. FRANÇOIS OUBIDA, PREMIER CONSEILLER
A LA MISSION PERMANENTE DU BURKINA FASO AUPRES DES NATIONS UNIES,
A LA 26EME SESSION ORDINAIRE
DU COMITE DE L'INFORMATION
28 AVRIL 2004


Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Délégués,

Au nom de la délégation du Burkina Faso, permettez-moi de vous féliciter ainsi que tous les membres du bureau pour la manière efficace avec laquelle vous dirigez nos travaux. Mes félicitations s'adressent également au sous-secrétaire général, M. Shashi THAROOR pour sa déclaration liminaire et des efforts qu'il déploie en faveur du Département de l'information.

Monsieur le Président,

Le Burkina Faso a déjà eu l'occasion de faire connaître ses vues sur la réforme en cours au Département de l'information, mais plus spécifiquement et en m'associant à la déclaration faite par le distingué représentant du Qatar au nom du groupe des 77, il voudrait revenir sur la question des Centres d'information des Nations Unies.

Les difficultés budgétaires auxquelles font face ces Centres et la recherche de l'efficacité du Département de l'information sur le terrain sont à l'origine des présentes propositions de rationalisation du réseau des Centres d'information. Au cours des sessions précédentes, l'idée des pôles régionaux a été adoptée avec beaucoup de nuances qui semblent échapper aux responsables du Département de l'information.

Aussi, me plaît-il de rappeler que l'un des objectifs initialement visés par la restructuration des centres basés en Afrique et au Moyen Orient, était de tirer profit des économies réalisées sur la fermeture de nombreux Centres dans les pays développés.

Plus précisément, la résolution B intitulée « politiques et actualités de l'Organisation des Nations Unies en matière d'information » a préconisé en son paragraphe 39 que le redéploiement du personnel et des ressources financières issues de la fermeture de certains Centres d'information des pays développés, s'effectue en faveur des Centres localisés dans les pays en développement et prioritairement en faveur de ceux situés dans les pays les moins avancés.

Monsieur le Président,

II n'est point besoin de répéter ici que, les pays en développement accusent un retard croissant en ce qui concerne l'accès à l'information et aux techniques de la communication et que des sociétés entières en développement sont privées des avantages offerts par la révolution qui s'est produite dans ces domaines. Par ailleurs, il est de notoriété publique que le fossé numérique et plus particulièrement l'absence de raccordement à l Internet, rendent les obstacles qui existent dans la plupart des pays en développement, en matière d'information et de communication, encore plus difficile à surmonter.

Ma délégation est d'avis qu'un tel environnement ne peut qu'influer négativement sur les Centres d'information. II est également vrai qu'une grande partie d'entre eux éprouvent des difficultés en personnel et en ressources financières et matérielles qui limitent considérablement leurs activités opérationnelles sur le terrain.

Mais, faut-il le rappeler, c'est sur cette base que le principe de la réforme a été retenu comme alternative urgente dans le but d'insuffler une nouvelle dynamique à ces Centres. Pour le Burkina Faso, l'objectif général de la régionalisation des Centres d'information est de dégager des moyens pour renforcer l'action des Centres d'information dans les pays en développement. Une telle démarche leur permettrait surtout de mieux informer nos populations marginalisées par l'incapacité de nos pays à suivre ce développement vertigineux des nouvelles technologies de l'information. II est donc fort à craindre que la réforme telle que dessinée par le Département de l'information n'enterre à jamais toute perspective pour ces pays.

Monsieur le Président,

L'idée de la régionalisation a été perçue comme un mal nécessaire pour les Centres dans les pays développés. Par contre, pour les pays en développement, elle pourrait tourner en catastrophe pour l'humanité toute entière si elle était appliquée sans discernement et prudence. Je voudrais du reste rappeler que c'est cette prudence qui a amené les délégations à souligner avec force que la restructuration devra s'inspirer de l'expérience réalisée dans les pays développés d'une part et d'autre part, tenir compte de la spécificité des Centres dans les pays en voie de développement et veiller à y renforcer efficacement l'échange d'information.

A ce titre, je regrette de relever que toute intégration des Centres d'information dans les bureaux des Nations Unies s'avère peu avantageuse pour les pays en développement. Elle constituerait un gros handicap à la fonctionnalité de ces Centres qui perdraient leur autonomie d'action et celle en matière de ressources humaines et matérielles.

Au regard de tout ce qui précède, la proposition tendant à instituer en Afrique un pôle régional Central et six autres pôles sous-régionaux se révèle prématuré et requiert une réflexion qui tienne compte des réalités dans ces pays et sous-régions concernés.

Monsieur le Président,

Le rôle d'un Centre d'information des Nations Unies est de rapprocher l'Institution aux populations locales. Dans cet ordre d'idée, le Burkina Faso estime qu'il faut au contraire, renforcer la présence des Centres des Nations Unies en Afrique, où les nouvelles technologies de l'information ne sont pas encore développées pour permettre l'accès à l'information à distance. II convient de noter que malgré les difficultés auxquelles ils font face, nos gouvernements octroient aux Centres basés en Afrique, des facilités tels que les locaux et du personnel qualifié, contribuant ainsi à alléger les frais de gestion.

Le Centre d'information des Nations Unies que le Burkina Faso est fier d'abriter n'est pas en reste pour plusieurs raisons.

Basé à Ouagadougou, il est le seul situé au cœur du Sahel et couvre le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad, pays ayant presque tous connus, des conflits internes.

La zone qu'il couvre a des préoccupations spécifiques en matière de lutte contre la pauvreté et en matière de sécurité.

A titre d'exemple, dans la situation de crise qui prévaut en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002, le Centre d'information des Nations Unies de Ouagadougou occupe une position stratégique pour l'information publique, le plaidoyer et la promotion des initiatives engagées, notamment par les Nations Unies, pour la restauration de la paix et la gestion des questions humanitaires liées à la crise en Côte d Ivoire.

II est à noter par ailleurs que ce Centre se situe dans une ville qui est le siège de nombreuses Organisations régionales et sous-régionales dont le Comité Inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), l'Autorité de développement Intégré de la région du Liptako Gourma, etc.

Nous ne pouvons perdre de vue que la présence d'un Centre d'information des Nations Unies au Burkina Faso permet de renforcer le partenariat entre les Nations Unies et toutes ses institutions internationales basées dans la sous-région.

Afin de lui permettre de remplir la mission qui lui a été assignée, le gouvernement du Burkina Faso a mis à la disposition du Centre de Ouagadougou, diverses facilités, à savoir des locaux gratuits, des temps d'antenne gratuits à la télévision et à la radio diffusion nationales pour produire et diffuser des émissions sur l'action de l'ONU.

Le Centre d'information à Ouagadougou favorise un partenariat efficace avec le gouvernement du Burkina Faso, la société civile, les milieux d'enseignements et les médias implantés au Burkina Faso.

Ce partenariat se traduit notamment par un appui en supports d'information, l'organisation conjointe d'activités telles des séminaires, la célébration des journées proclamées par les Nations Unies, les expositions. II appuie également les actions de renforcement des capacités des acteurs locaux de la communication.

En conclusion, il apparaît que le Centre d'information des Nations Unies à Ouagadougou joue un rôle de premier ordre qui milite pour son maintien. Son renforcement en personnel, en matériel et en ressources, dans le cadre de la réforme du Département de l'information des Nations Unies permettrait donc non seulement de consolider les acquis ci-dessus mentionnés mais également de redynamiser ses activités, au grand bénéfice de cet ensemble de pays sahéliens et pauvres de la sous-région.

Je vous remercie.

***