Intervention de M. Rudolf Christen,
Conseiller, Chef de la presse et des affaires publiques,
et Représentant la Suisse
devant le Comité de l'information
Vingt-cinquième Session
30 avril 2003

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d'abord de vous exprimer nos félicitations pour votre élection à la présidence de la 25ème session du Comité de l'information. La Suisse vous souhaite ainsi qu'à tous les membres du bureau le plus grand succès possible dans l'accomplissement de votre importante tâche.

Je saisis cette occasion pour féliciter aussi le Département de l'information publique et son chef, le Secrétaire général adjoint, Shashi Tharoor, pour avoir présenté ses rapports au Comité. Nous sommes heu-reux de constater que les propositions du Secrétaire général formulées dans le document A/57/387 et approuvées par l'Assemblée générale dans la résolution 57/300 occupent une partie centrale et importante dans ces rapports. La Suisse est d'ailleurs très contente que les lignes directrices de la " Déclaration du Millénaire " soient reprises dans le " Mission State-ment " du Département de l'information publique.

La Suisse constate avec satisfaction les efforts entrepris par le DPI pour améliorer son efficacité. Nous estimons que la nouvelle structure du dé-partement avec sa division de communication stratégique, sa division de l'information et de médias et sa division de l'action est une très bonne ré-ponse aux besoins d'une communication moderne et tournée vers l'avenir.

Les efforts pour l'amélioration des sites Internet sont considérables et les travaux pour réaliser un vrai multilinguisme très encourageants. La Suisse salue très spécifiquement la création et l'implantation du système de dif-fusion électronique des documents de l'ONU, le Sédoc, et espère que ce système sera, dans un avenir proche, accessible pour le grand public.

Monsieur le Président,

Permettez-moi d'ajouter nos sincères remerciements pour l'admission de la Suisse au sein du Comité. Nous considérons ce comité comme l'instrument le plus important pour discuter et définir les grandes lignes de la communication de l'ONU.

Riche de son expérience de la démocratie directe, la Suisse est particuliè-rement consciente de l'importance de l'information publique. Quatre fois par année la population suisse a la possibilité de s'exprimer sur des ques-tions politiques, au niveau national ou régional. Et toutes ces questions politiques doivent être expliquées et débattues avec le peuple.

Nous rappelons ici notre expérience lors de la campagne d'information en vue du vote sur l'adhésion de la Suisse au Nations Unies il y a un peu plus d'une année. Sachant, que le peuple Suisse s'était exprimé, seize ans plus tôt, contre une adhésion aux Nations Unies, avec une majorité des deux tiers, le gouvernement Suisse, soutenu par le parlement, a décidé de mener une campagne d'information de longue durée. Il a fallu expliquer l'ONU dans toutes sa diversité, d'une manière compréhensible et transpa-rente à la population, afin qu'elle puisse faire son choix en toute connais-sance de cause. Et cette fois, le gouvernement a réussi : 55 pour cent de la population se sont prononcés en faveur de l'adhésion aux Nations Unies.

Forte de cette expérience, la Suisse soutiendra les démarches de l'ONU visant à renforcer son image et la connaissance de toutes les tâches qu'elle accomplit. La Suisse est prête à renforcer la place de Genève, non seule-ment comme centre mondial humanitaire, mais aussi dans le domaine de l'information.

Dans ce contexte, la Suisse salue la création d'un " Steering Committee " pour développer et implanter des stratégies pour moderniser et améliorer le système des bibliothèques onusiennes comme premier pas sur le che-min des réformes.

Monsieur le Président

La Ville de Genève avec son infrastructure adaptée et ses centaines des journalistes représentant des centaines des médias internationaux héber-gera le mois de décembre prochain le Sommet mondial sur la société de l'information.

Au cours de la dernière décennie, le développement des nouvelles techno-logies de l'information et de la communication a offert des nouvelles chances aux habitants du monde entier. Cependant, une grande majorité reste encore à l'écart de la révolution numérique. Il existe un fossé réel entre les pays qui profitent de ces nouvelles technologies et ceux qui n'en profitent pas.

L'objectif de ce Sommet est de dégager une vision et compréhension communes de la société de l'information et d'adopter une déclaration ain-si qu'un plan d'action en vue d'un développement concerté à mettre en œuvre par les gouvernements, les institutions internationales et tous les secteurs de la société pour réduire la fracture numérique.

Pour la Suisse, ce Sommet revêt une importance capitale. La Suisse ad-hère pleinement au but poursuivi pas le sommet, à savoir l'instauration d'une société de l'information ouverte à tous. Elle reconnaît qu'il est es-sentiel de trouver des solutions d'entente avec les gouvernements, le sec-teur privé, la société civile et les médias.

Nous espérons que ce sommet soit aussi l'occasion d'approndir les liens qui unissent les nations dans leur diversité culturelle. Nous espérons éga-lement que le dialogue entre les civilisations, décisif dans la prévention des conflits, car ce dialogue est signe du respect entre les êtres humains ainsi qu'entre les cultures, trouve à Genève un terrain propice à son déve-loppement.

Dans ce contexte, je tiens à remercier le DPI d'avoir pris en main l'organisation du World Electronic Media Forum comme événement pa-rallèle qui réunit des acteurs principaux, les médias en premier lieu, mais aussi les milieux politiques officiels et les organisations non gouverne-mentales qui jouent un rôle important dans la société de l'information.

Monsieur le Président,

Ce vendredi, nous fêterons la journée de la presse et nous nous réjouis-sons que le Comité de l'information s'associe à cet événement, spéciale-ment en cette année où de nombreux journalistes sont décédés dans l'exercice de leur fonction ou ont été emprisonnés pour leurs opinions. Nous souhaitons insister sur le fait qu'il est de la responsabilité des Etats de tout faire pour garantir la liberté de la presse dans le monde. Et de la responsabilité des Nations Unies de soutenir cette même presse. Elle le fait avec efficacité, en accueillant des journalistes en formation durant l'Assemblée générale, en fournissant une information rapide, complète, équilibrée. Il s'agit d'un travail minutieux et la Suisse espère que les dé-bats de ces jours contribueront à cet effort.

Je vous remercie.

***