DECLARATION DE M. MALICK THIERNO SOW,
CONSEILLER A LA MISSION PERMANENTE DU SENEGAL
AUPRES DES NATIONS UNIES,
A LA VINGT-CINQUIEME SESSION
DU COMITE DE L'INFORMATION
29 AVRIL 2003

Monsieur le Président,

Je voudrais, tout d'abord, au nom de ma Délégation, vous adresser mes chaleureuses félicitations à l'occasion de votre élection à la Présidence de la vingt-cinquième session du Comité de l'Information.

Souscrivant aux vues exprimées par S.E. M. l'Ambassadeur, Représentant Permanent du Maroc, en sa qualité de Président du Groupe des 77 et de la Chine, je voudrais schématiquement tenter de circonscrire ma réflexion sur quelques-uns des aspects mentionnés, qui au demeurant, revêtent pour ma Délégation, un intérêt tout à fait particulier.

Monsieur le Président,

L'information, de nos jours, est devenue un facteur récurrent dont l'importance concourt à rapprocher les nations et les peuples, à rétrécir le temps et l'espace et contribue, sans équivoque, à la promotion et à la réalisation des nobles idéaux de notre Organisation universelle pour l'instauration et le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Comme il le souligne avec pertinence dans son rapport soumis à notre appréciation, le Secrétaire général reste guidé dans sa démarche novatrice et dans ses grandes orientations par les recommandations formulées par l'Assemblée générale et contenues dans la résolution 57/130 B du 11 décembre 2002, l'invitant à poursuivre la réforme du Département de l'Information.

Evoquant justement la réforme des Centres d'information des Nations Unies en véritable pôle opérationnel, il ne fait aucun doute que leur rationalisation programmée doit nécessairement obéir à une démarche graduelle en raison notamment de leur impact et de leurs conséquences plausibles sur l'environnement médiatique de nos Pays en développement mais aussi et surtout pour leurs coûts relativement peu onéreux en comparaison à d'autres types du même genre.

Dans ce cadre, ma Délégation voudrait, à la suite d'autres intervenants, apporter son appui à des mesures novatrices d'accompagnement qui tiennent compte des besoins, préoccupations et spécificités des pays concernés; je veux dire l'étude au cas par cas.

Nous nous félicitons tout aussi, que dans le domaine précisément de la diffusion des nobles objectifs de l'Organisation des Nations Unies et du rayonnement au quotidien de ses activités, des directives et des critères sont proposés par le Secrétaire général dans la mise en oeuvre des stratégies visant à donner un second souffle de jeunesse aux Centres d'information et à dégager des ressources supplémentaires vers d'autres domaines hautement prioritaires.

Monsieur le Président,

Ma Délégation demeure convaincue que l'établissement d'un nouvel ordre international de l'information et de la communication, en dépit des vicissitudes d'ordre socio-économique et politique, reste plus que jamais à l'ordre du jour pour une répartition plus juste et équitable des mouvements d'information afin de rectifier sinon de corriger les déséquilibres de plus en plus inquiétants et les différences structurelles créés dans ce secteur particulièrement vital.

Dans cette dynamique, l'Organisation des Nations Unies a pris la décision judicieuse de s'engager résolument pour l'élaboration de nouvelles politiques et activités hardies et nouvelles qui épousent les contours des récentes évolutions importantes des relations internationales en cherchant à soutenir davantage les Pays africains dans le processus de la globalisation par la révolution des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.

Dans leur volonté irascible de trouver les voies et moyens destinés à résoudre définitivement les problèmes qui assaillent leur Pays, les Dirigeants d'Afrique ont préconisé d'attribuer au secteur stratégique de l'information et de la communication une place majeure dans leur vision prométhéenne soutenue dans le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique.

Leur vision et leur conviction, c'est qu'en facilitant l'intégration de l'Afrique dans la nouvelle société de l'information, l'Afrique devrait maîtriser davantage la gestion de son développement intégral, tout en l'aidant à oeuvrer plus efficacement à l'éradication des grands fléaux qui l'assaillent et qui ont pour noms: pauvreté endémique, conflits armés, pandémie du sida, etc.

Nous sommes heureux de constater que le Département de l'Information participe encore plus activement à mettre l'accent sur les besoins prioritaires de l'Afrique.

Ma Délégation se félicite tout aussi des avancées significatives enregistrées par le Département de l'Information pour ce qui concerne l'enrichissement du site web et voudrait exprimer ici le souhait d'une assistance plus accrue aux Pays en développement pour les aider à partager et à jouir, comme les autres, les bienfaits de l'ère des NTIC.

Elle se félicite aussi du succès remarquable du site internet de l'ONU visité par un nombre record de personnes par jour; d'où l'intérêt de pousser encore plus pour parvenir à développer rapidement une parité linguistique acceptable dans les autres versions que la version anglaise, dans le but d'attirer de nouveaux utilisateurs.

Le même dynamisme est constaté au niveau de la modernisation et de la gestion intégrée des bibliothèques de l'ONU.

L'octroi des bourses à des journalistes africains, dont un des nôtres, en l'an 2002, pour animer la couverture des travaux de la 57ème session de l'Assemblée générale, constitue un réel motif d'encouragement. De pareilles actions contribuent à favoriser l'établissement de passerelles étroites entre les structures de l'ONU et les médias nationaux des Etats membres.

Monsieur le Président,

L'impact de l'Information sur la vie est devenue un facteur déterminant de la croissance tant économique, culturelle que sociale. En effet, il apparaît de plus en plus que, dans nos Pays en développement, le domaine de l'information commence à avoir des incidences et des répercussions exponentielles sur des secteurs vitaux d'activités.

Face à ces évolutions et tendances dynamiques et dans un pareil monde où la mondialisation/globalisation reste alimentée quotidiennement et en grande partie par la révolution silencieuse de l'information et de la communication, il est alors de notre devoir à tous de proposer et de définir de nouvelles pistes de réflexion pour les décennies à venir, susceptibles d'amoindrir les risques d'incompréhension et de confrontation entre les peuples et les nations.

Dans cette perspective, ma Délégation appuie la recommandation visant à procéder à la mise en oeuvre d'une politique de contrôle et d'évaluation systématique de l'impact des activités du secteur de l'information en vue d'en obtenir davantage de transparence, de visibilité et surtout d'efficacité.

Je ne saurais terminer mon propos sans rendre un vibrant hommage à M. Shashi THAROOR, Secrétaire général adjoint chargé de la communication et de l'information, et à l'équipe de ses collaborateurs compétents et dévoués pour leurs efforts particulièrement méritoires, avec des moyens souvent limités, pour répandre la voix du monde partout et améliorer toujours et davantage la couverture des activités de l'ONU.

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