DECLARATION DE S.E.M. MICHEL KAFANDO,
REPRESENTANT PERMANENT DU BURKINA FASO
AUPRES DES NATIONS UNIES,
A LA VINGT-CINQUIEME SESSION
DU COMITE DE L'INFORMATION
29 AVRIL 2003

Monsieur le Président,

Au nom de ma délégation, je voudrais vous exprimer, tout d'abord, notre satisfaction de vous voir présider nos travaux.

Nous vous adressons nos félicitations pour votre élection ainsi que nos encouragements.

Monsieur le Président,

La présente session du Comité se déroule au moment où il est question d'une réforme en profondeur du réseau d'information des Nations Unies.

En effet, le Rapport du Secrétaire général sur le renforcement du système des Nations Unies, "un programme pour aller plus loin dans le changement", met particulièrement l'accent sur la nécessité d'améliorer l'information, en procédant à une réforme de fond de ce secteur.

Comme on le sait, l'une des principales innovations en la matière, vise une restructuration des centres d'information des Nations Unies.

Nous pensons que si en soi le principe d'une telle réforme est d'une impérieuse nécessité, une retouche des Centres d'Information des Nations Unies, particulièrement ceux de l'Afrique, devrait être hautement mûrie, en tout cas envisagée avec beaucoup de circonspection, pour que l'objectif ciblé réponde parfaitement à la mission dévolue à ces Centres.

Le Burkina Faso abrite, à Ouagadougou, depuis quelques années, l'un de ces Centres d'information. Nous nous sentons donc vivement interpellés par les mesures préconisées par le Secrétaire général dans son rapport; et pour tout dire, notre souhait serait qu'une attention particulière soit accordée au Centre d'Information de Ouagadougou, étant donné sa vocation toute particulière.

Sans euphémisme, disons que nous militons ardemment pour que le Centre d'information de Ouagadougou soit maintenu, tenant compte des raisons, ci après, qui nous semblent pertinentes.

1. Tout d'abord, au niveau de son champ d'intervention, le Centre de Ouagadougou qui couvre le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad est, par excellence, le seul Centre de ce type, à vocation sahélienne. Le Centre couvre une zone qui a des préoccupations spécifiques en matière de sécurité (le Mali, le Niger et le Tchad ayant tous connu des conflits internes) et la lutte contre la pauvreté.

Par ailleurs:

2. Dans la situation de crise qui prévaut en Côte d'Ivoire, depuis le 19 septembre 2002, le CINU / Ouagadougou occupe une position stratégique pour l'information publique, le plaidoyer et la promotion des initiatives engagées, notamment par les Nations Unies, pour la restauration de la paix et la gestion des questions humanitaires liées à la crise ivoirienne.

3. Le CINU / Ouagadougou se situe dans une ville qui est le siège de nombreuses organisations régionales et sous-régionales dont le Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), l'Autorité de Développement Intégré de la région du Liptako Gourma regroupant le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

La présence d'un CINU à Ouagadougou, permet, de ce fait, de renforcer le partenariat entre les Nations Unies et toutes ces institutions internationales basées à Ouagadougou.

4. Le CINU / Ouagadougou bénéficie de nombreuses facilités offertes par le Gouvernement du Burkina Faso:
* des locaux gratuits pour abriter le Centre
* des temps d'antenne gratuits à la télévision et à la radiodiffusion nationale pour produire et diffuser des émissions sur l'Action de l'ONU.

5. Enfin, le CINU / Ouagadougou entretient un partenariat efficace avec le Gouvernement du Burkina Faso, la société civile, les milieux d'enseignement et les médias implantés au Burkina Faso. Ce partenariat se traduit notamment par un appui en supports d'information, l'organisation conjointe d'activités (Séminaires, célébration de Journées proclamées par les Nations Unies, expositions...), et l'appui au renforcement des capacités des acteurs locaux de la communication.

En conclusion, il ressort de ce qui précède que le Centre d'information des Nations Unies de Ouagadougou, qui a déjà l'avantage d'exister, joue un rôle irremplaçable et son maintien, dans le cadre de la réforme du Département de l'information des Nations Unies, permettra de poursuivre et de consolider des acquis que je viens de mentionner.

Monsieur le Président,

Nous soumettons cet ensemble de faits à la réflexion du Comité de l'Information et comptons sur sa sollicitude pour les faire prendre en considération.

S'agissant des autres considérations, notamment relatives au site web, au fonctionnement de la bibliothèque, à la radio des Nations Unies et aux diverses publications, nous nous conformons à la déclaration faite par le Maroc, au nom du Groupe de 77 et la Chine.

D'aucuns pourraient croire à un plaidoyer pro domo de notre part. Mais, à la vérité, il ne s'agit ni plus ni moins que de notre humble contribution au succès du processus de réforme engagée par le Secrétaire général, dans le but d'améliorer l'efficacité de l'information et de manière générale, l'outil communication.

Je ne saurais terminer sans féliciter M. Shashi Tharoor, Secrétaire-Général Adjoint chargé de l'information et son équipe, pour les efforts méritoires qu'ils déploient afin de redonner un nouveau visage à l'information et à la communication dans le système des Nations Unies.

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