TUNISIA

24ème SESSION DU COMITE DE L'INFORMATION

INTERVENTION DE

M. KRIS KABTANI

 

NEW YORK, LE 23 AVRIL 2002

CHECK AGAINST DELIVERY

Monsieur le Président,

 

Permettez-moi tout d'abord de vous exprimer à vous-même, ainsi qu'aux autres membres du bureau de notre comité les chaleureuses félicitations de la délégation tunisienne à l'occasion de votre réélection.

 

Je saisis également l'occasion pour saluer M. Sashi Tharoor pour la déclaration liminaire qu'il a faite, lundi, à l'ouverture de nos travaux du comité, et dans laquelle il a fait le point des activités du Département et l'évaluation du rôle des Nations Unies dans le domaine de l' information.

 

Les rapports présentés par le Secrétaire Général fournissent au Comité des détails sur ces efforts et constitueront une base utile pour les délibérations du Comité.

 

Monsieur le Président,

 

La délégation tunisienne souscrit entièrement au contenu de la déclaration faite par l'honorable représentant du Venezuela, au nom du Groupe des 77 et de la Chine , estimant que celle-ci reflète fidèlement sa vision globale sur les questions relatives à l'information, qu'elle partage avec l'ensemble du groupe.

 

Toutefois, je profite de l'occasion de ce débat pour revenir sur un certain nombre de points touchant le secteur de l'information et de la communication auxquels la délégation tunisienne attache une importance particulière.

 

Monsieur le Président,

 

Il est incontestable que le Département de l'information et les moyens mis à la disposition des Nations Unies dans le domaine médiatique et des communications revêtent une importance capitale aussi bien pour les Etats membres de notre Organisation dans leur travail quotidien que pour le public mondial le plus large qui s'intéresse ou qui doit plutôt être intéressé aux activités de notre Organisation, à ses stratégies, ainsi qu'à son action sur le terrain partout dans le monde et dans les différents domaines.

 

Ma délégation conçoit que l'information dans sa conception et ses dimensions les plus larges doit figurer parmi les priorités de notre Organisation dans cette phase de restructuration.

 

Nous partageons avec M. Shashi Tharoor, l'idée que le département de l'information ne sera plus comme avant, que de nouvelles stratégies, modes et méthodes d'action seront conçus afin qu `il demeure performant.

 

Nous estimons cependant que la refonte de ce département important de notre Organisation ne doit pas se plier à des considérations comptables. Le département doit être le cordon ombilical qui lie notre Organisation à l'extérieur; c'est à dire à son terrain de déploiement.

 

La consolidation du secteur de l'information de l'ONU doit être conçue par notre Organisation comme étant un rempart contre la prédominance sans cesse croissante des multinationales de l'information et des communications. Celles-ci ont tendance à uniformiser le monde à travers des paramètres qui leur sont propres et autour de messages qui, malheureusement ne sont pas objectifs et qui ne reflètent pas l'universalisme des valeurs auquel tend notre Organisation.

 

L'absence de la voix de notre Organisation sur la scène internationale ne fera qu'apporter de l'eau au moulin de ceux qui veulent la marginaliser en faveur de nouvelles formes de gouvernance mondiales.

 

La crédibilité de notre Organisation réside également dans sa capacité d'être proche des peuples qui croient en elle en tant qu'idéal et en tant qu'instrument au service du développement, de la paix, de la prospérité et des droits de l'homme. Pour ce faire, le Département de l'information constitue le moyen idoine pour que notre Organisation puisse montrer qu'elle remplit sa mission dans les différents domaines du développement, du maintien de la paix et de la propagation des valeurs universelles contenues dans la Charte.

 

L'importance que revêt ainsi à nos yeux le secteur de l'information appelle plutôt à la consolidation du département de l'information et l'augmentation de ses capacités et ses moyens d'action.

 

Ma délégation note dans ce cadre avec satisfaction la progression fort remarquable de l'usage des nouvelles technologies de l'information et en particulier l'usage de l'internet ainsi que l'amélioration de la qualité du site de l'ONU dans les différentes langues officielles. C'est le meilleur moyen pour notre Organisation d'être en temps réel proche des zones et des peuples les plus reculés du monde.

 

Au sujet des publications, nous appelons le département de l'information à poursuivre et renforcer ses efforts pour l'amélioration du caractère multilingue des publications. Nous estimons également que le service de communiqué de presse ainsi que les autres publications périodiques onusiennes qui jouent un rôle de premier plan dans la mise en relief des activités des différents organes des Nations Unies que ce soit à New York, à Genève, à Vienne ou à Nairobi constituent un outil de travail particulièrement important. Le compte rendu quotidien et régulier des activités de notre Organisation et d'une utilité incontestable pour de nombreux pays dont les délégations sont réduites ou qui n'ont pas les moyens de pouvoir suivre tous les centres d'intérêts, d'autant plus que les activités de notre Organisation sont si variées et se passent aux quatre coins du monde. Par conséquent, ma délégation appelle fermement au maintien et au perfectionnement du service des communiqués de presse.

 

Par ailleurs, la délégation de mon pays juge inutile la proposition consistant à remplacer le nom du département de l'information par département de la communication et des relations extérieures, en estimant que cette appellation ne flète pas parfaitement la nature des activités de ce département.

 

Monsieur le Président,

 

Nous sommes convaincus, face à l'écart numérique croissant entre pays industrialisés et pays en développement, de la nécessité de permettre à tous les Etats de se mettre au diapason des progrès technologiques notamment dans le domaine de l'information.

 

C'est dans ce contexte que se situe l'initiative que la Tunisie a présentée en vue de la tenue d'un Sommet international sur le thème de « la société du savoir ». A cet égard, nous exprimons notre profonde considération à toutes les parties qui ont collaboré avec nous en vue de la tenue de ce Sommet à deux phases, en 2003 à Genève et en 2005 à Tunis.

 

Mon pays est convaincu que ce Sommet constituera une importante étape dans la résorption de l'écart entre le Nord et le Sud dans le domaine de l'information numérique qui marquera le siècle actuel.

 

Je vous remercie