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DECLARATION DU PRESIDENT DU COMITE DE L'INFORMATION
A L'OUVERTURE DE LA VINGT-QUATRIEME SESSION
22 AVRIL 2002

Monsieur le Chef du Département de l'information,
Messieurs et Mesdames les Ambassadeurs,
Distingués délégués,
Chers amis,

Qu'il me soit permis tout d'abord de vous dire combien je suis heureux de présider pour la deuxième année consécutive la session annuelle du Comité de l'information des Nations Unies.

J'en suis d'autant plus heureux que durant l'année écoulée j'ai pu constater le dynamisme du Département de l'information ainsi que la très grande variété de ses activités. J'ai pu également apprécier la qualité de son Chef dont nous admirons tous la clareté de vue et la créativité et dont nous relevons la disponibilité et la constante ouverture au dialogue.

Parlant pour un instant au nom de mon pays, je voudrais dire ma reconnaissance au Département quand voilà dix jours, lors du coup d'état contre le Chef d'Etat du Venezuela, le Président Hugo Chavez Frias, et la restoration de l'ordre constitutionnel dans mon pays, ces professionnels de tout premier rang se sont mis à la disposition des médias internationaux et de ma Mission pour faire entendre notre voix. C'est dans ces moments de crise où la rapidité d'action et l'objectivité sont de rigueur que l'on juge de la solidité des services de l'information.

Distingués délégués,

Je peux vous assurer que, dans ces moments-là, le Département de l'information est prêt à remplir son rôle et le fait de façon impeccable. Je tiens donc ici à lui rendre un hommage public et à remercier son Chef pour son leadership.

Me tournant vers l'ordre du jour de cette vingt-quatrième session de notre Comité, je souhaiterais tout d'abord replacer nos travaux de cette année dans leur contexte afin d'en souligner l'importance pour l'avenir de l'Organisation des Nations Unies.

La tâche de notre Comité est primordiale parce que au 21ème siècle, aucune organisation - à fortiori - une organisation publique ne peut être forte et efficace sans communication. Les pères fondateurs de l'ONU ne s'y sont pas trompés quand dès 1946, ils ont décidé de doter le Secrétariat d'un solide Département de l'information. Mais à l'ère de la communication universelle, instantanée et interactive qui est maintenant la nôtre, l'information est devenue le lien obligé de l'humanité. La communication est transparence et constitue l'une des conditions à la participation des collectivités à la vie de la communauté internationale. Elle donne à l'opinion publique mondiale, confrontée aux réalités complexes de la mondialisation, les grilles de lecture nécessaires.

Mais si je me plais à souligner l'immense force libératrice de l'information, je dois aussi rappeler les dangers de la désinformation. Notre Comité l'avait souligné l'année dernière, quand il avait lancé un appel aux Etats pour qu'ils empêchent l'information d'être utilisée pour porter atteinte à la démocratie, attiser les conflits ethniques et la xénophobie et inciter à la haine. Comme la vraie paix n'est pas seulement l'absence de guerre, la prévention des conflits n'est pas seulement l'arrêt de la course aux armements et les règlements diplomatiques, mais est aussi, et peut être avant tout, le partage par tous les peuples des mêmes valeurs fondamentales, celles de liberté, d'égalité, de solidarité, et de tolérance qui sont solennellement proclamées dans la Déclaration du Millénaire. C'est pourquoi notre Organisation doit avoir une politique d'information qui soit l'instrument de diffusion de nos valeurs communes et de nos efforts pour les faire prévaloir partout.

Dernièrement, le Secrétaire général, dans une interview télévisée, expliquait à un journaliste qu'il était optimiste sur les possibilités d'atteindre les objectifs du Millénaire et notamment la réduction de moitié, d'ici 2015, de la pauvreté dans le monde parce que, disait Kofi Annan, cela dépendait, en dernière analyse, de la prise de conscience par les opinions publiques de ces enjeux.

La tâche de notre Comité est de justifier cet optimisme du Secrétaire général et de renforcer la voix de l'Organisation afin que celle-ci soit entendue par tous les peuples et qu'ainsi les objectifs de la Déclaration du Millénaire deviennent des réalités pour tous.

J'ajouterai que le Comité de l'information a traditionnellement demandé au Secrétariat d'accorder une attention particulière aux besoins des pays du Sud. Le Comité est très conscient du fossé existant entre pays en développement et pays développés dans le domaine des technologies de l'information et des communications et s'est félicité des initiatives prises par le Secrétaire général pour combler ce fossé en vue de stimuler la croissance économique. En décembre dernier, l'Assemblée Générale a salué la convocation d'un Sommet mondial de la société de l'information et il reviendra au Comité d'examiner le rôle que devrait jouer le Département de l'information dans sa préparation.

L'occasion unique est offerte cette année à notre Comité de renforcer la voix des Nations Unies, et par conséquent, les valeurs communes de l'humanité dont l'Organisation est porteuse.

En effet, comme il l'a annoncé aux groupes régionaux en mars, le Secrétaire général a pris l'initiative d'une nouvelle série de réformes au début de son deuxième mandat. Il a demandé aux Etats membres d'appuyer ce mouvement de réformes qui comprend en particulier l'étude d'ensemble du Département de l'information réclamée par l'Assemblée Générale le 24 Décembre dernier.

Le Bureau du Comité de l'information a estimé, dans ces conditions, que le débat général à cette session porterait en priorité sur les politiques et les nouvelles options programmatiques du Département en vue de mieux atteindre son objectif, l'information des gens à travers le monde sur les principes et activités de l'ONU. Le Bureau a également constaté le ton nouveau et résolument franc du Rapport du Secrétaire général sur la Réorientation des activités des Nations Unies dans le domaine de l'information et de la communication qui servira de base à ce débat. Le Chef du Département a informé le Bureau du Comité que l'étude d'ensemble du Département avait commencé dès le mois de janvier.

Le Comité devra donc examiner les options qui se présentent, et en fonction de leurs mérites respectifs, formuler des recommandations. Je voudrais mettre en garde le Comité contre la possibilité de voir ses débats influencés par des considérations d'ordre strictement budgétaire. Nous ne sommes pas ici pour un débat sur les ressources financières du Département de l'information. L'Assemblée Générale a approuvé sa part du programme budget pour 2002 - 2003 voilà quatre mois seulement. Le Comité doit, par contre, se prononcer sur les programmes les mieux à même d'atteindre l'objectif fixé, qui pour citer la conclusion du rapport du Secrétaire général consiste à "exercer la plus grande influence possible sur le coeur et l'esprit de tous".

Les recommandations du Comité de l'information seront destinées à aider le Secrétariat à proposer les éléments de réforme les plus appropriés pour le Département. Notre objectif ne sera pas que le Département fasse moins mais qu'il fasse mieux. C'est à l'Assemblée Générale qu'il reviendra à l'automne d'examiner le rapport d'ensemble du Secrétaire général ainsi que ses incidences financières.

En conclusion, le Comité de l'information peut assumer ainsi pleinement sa vocation première, celle d'orienter la politique et les activités de l'Organisation en matière d'information. Je ne ménagerai aucun effort, pour ma part, afin de nous permettre, à l'occasion de cette session, de relever ce défi, d'assumer pleinement notre rôle et d'arriver à l'adoption avec l'appui de tous d'un projet de résolution, inspiré par la Déclaration du Millénaire, et tourné vers l'avenir. Je sais que je peux compter dans cette entreprise sur l'appui et la coopération de tous les membres du Comité et je les en remercie.

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