Intervention de M. Mohammed BELAOURA

Conseiller près la Mission Permanente d’Algérie auprès l’ONU

devant la 23éme Session du Comité de l’Information

New York le 1er Mai 2001

A L G E R I A

Merci M. Le Président,

A l’instar des délégations qui nous ont précédés, je voudrai vous exprimer à vous mêmes ainsi qu’aux autres membres du Bureau de notre Comité les chaleureuses félicitations de ma délégation à l’occasion de votre brillante élection. Je voudrai assurer chacun d’entre vous du plein appui de l’Algérie pour la conduite de votre mandat dans les meilleures conditions possibles, et en vue du succès des travaux de cette importante session.

Je souhaite également exprimer notre appréciation à M. Sashi Tharoor pour la déclaration aussi substantielle qu’instructive qu’il a faite hier sur les activités et les perspectives du Département de l’Information. Notre appréciation va également au Secrétariat du Comité pour la documentation variée et fournie qu’il a mise à la disposition des délégations dans des délais plus que suffisants.

La délégation algérienne souscrit à l’intervention faite hier par le Représentant de la République Islamique d’Iran en sa qualité de Président du Groupe des 77 et de la Chine, ainsi qu’à celle que présentera le Représentant de Palestine au nom du Groupe arabe. Elle souhaite néanmoins partager avec le Comité un certain nombre de réflexions de manière relativement détaillée.

Monsieur le Président

La tenue de cette 23 session, première session du nouveau Millénaire, intervient à un moment particulier de la vie du Comité et des Nations unies en général, marqué à la fois par la symbolique du passage à un nouveau millénaire mais aussi par la densité des événements enregistrés au cours de cette 55ème session de l’Assemblée générale.

Elle intervient en effet huit mois après la session historique de l’Assemblée du Millénaire qui a confirmé le rôle central et majeur que jouent les Nations unies dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales et la promotion du développement et de la coopération à travers le monde. Le Sommet du Millénaire a également appelé au renforcement des structures, des mandats et des moyens de l’Organisation internationale afin de lui permettre de relever les nombreux défis auxquels elle fait face, et de répondre de plus en plus efficacement aux nouvelles exigences.

Bien entendu, le Département de l’Information occupe une place centrale dans l’élaboration et la diffusion du message de l’ONU et un rôle essentiel pour assurer à ce message le plus large rayonnement possible. Ce rôle est d’autant plus essentiel que la mobilisation de l’opinion publique internationale, nécessaire à la réalisation de cet immense objectif, demeure parmi les priorités du Département.

Cette 23ème session intervient également au moment où l’ONU vient de lancer à partir de l’an 2000 et jusqu’à 2010, la Deuxième Décennie Internationale pour l’Eradication du colonialisme après que la 1ère Décennie lancée en 1990 n’a pas permis de réaliser l’objectif d’éradication totale du phénomène du colonialisme avant l’an 2000. C’est l’occasion d’appeler ici le Département de l’Information à redoubler d’efforts pour assurer la plus large diffusion de l’information sur l’action de l’ONU en matière de décolonisation conformément aux résolutions de l’Assemblée générale. C’est notre conviction qu’une action soutenue en ce sens à travers tous les supports médiatiques, publications, radio TV et internet contribuera à aider les peuples des territoires non autonomes à exercer leur droit à l’autodétermination.

Monsieur le Président

Le rapport du Secrétaire général sur la Réorientation de l’activité de l’ONU en matière d’information et de communication fait part d’importants progrès enregistrés dans le développement des moyens de diffusion des nouvelles et des activités de l’ONU à travers le monde et ce de manière de plus en plus rapide et de plus en plus efficace. Nous nous réjouissons que le site internet de l’ONU ait atteint un tel niveau de développement et de notoriété et le chiffre de 488 millions de connexions enregistrées en 2000 dénote à la fois les capacités grandissantes de l’ONU en la matière et l’utilité que représente cet outil pour des dizaines de millions d’utilisateurs à travers le monde. Les progrès enregistrés par le centre des nouvelles dans le cadre du Site Web, et qui assure désormais une diffusion simultanée à travers Internet, de nombreuses activités et information des Nations unies sont pour nous un motif de satisfaction et d’espoir.

Nous avons noté également, dans le rapport, que le recrutement de trois coordonnateurs pour les pages arabe, russe et chinoise du Site, tel que demandé par l’Assemblé général, était en voie de parachèvement. Nous formulons l’espoir que cette opération soit conduite à son terme et que de manière générale les six langues officielles de l’ONU puissent recevoir un traitement égal et des chances équivalentes dans le cadre de la gestion et du développement des services Internet de l’ONU.

Tout en reconnaissant qu’un certain progrès a été réalisé en ce qui concerne l’amélioration du caractère multilingue des publications du Département et du Site Internet de l’ONU, nous insistons pour que cet effort puisse être entretenu et renforcé afin que les six langues disposent de moyens équivalents et puissent, par conséquent, proposer la même qualité et le même volume de produits.

De la même manière, nous souhaitons que la documentation et les références en langue arabe au niveau de la bibliothèque Dag Hammarskjold, puissent être multipliés et renforcés afin de permettre aux nombreux utilisateurs de la bibliothèque, dans cette langue, d’avoir accès à une information et une documentation conséquentes.

Monsieur le Président

Je ne pourrais m’adresser à cet auguste Comité sans évoquer la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse qui interviendra dans deux jours, ici au siège. Cette évocation nous permet une fois par an de jeter un regard critique sur la situation de la liberté de la presse et des journalistes à travers le monde. Elle nous permet également de réitérer notre engagement et notre exigence pour le respect de cette liberté et de sa promotion partout dans le monde, mais aussi de rappeler la nécessaire déontologie qui doit présider à l’exercice de ce noble métier.

Les Nations unies peuvent et doivent jouer à cet égard un rôle de premier plan à la fois par la promotion des principes de liberté et d’éthique de la presse et par le développement de la coopération au profit des pays du sud où les moyens de communication enregistrent un retard considérable par rapport aux pays du Nord.

C’est le lieu de constater que le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre le Nord et le Sud en matière de développement économique et social, se confirme également dans les domaines de l’information et de la communication, où malgré les transformations considérables introduites par la révolution de la technologie de l’information, nombre de pays dans le monde, notamment en Afrique, accusent des décennies de retard par rapport aux pays développés. C’est dire qu’en cette ère de globalisation rampante, l’exigence d’un nouvel ordre mondial de l’information, longtemps prônée par les pays du Tiers monde, demeure d’une actualité brûlante.

Malheureusement la réalité est beaucoup plus sombre et plus difficile. Le rapport qui vient d’être publié par la Banque Mondiale sur l’économie mondiale confirme, en effet, non seulement l’écart qui continue de se creuser entre les deux hémisphères, et les évolutions différentes constatées entre les régions du Sud, mais aussi indique que la tendance actuelle de la coopération internationale entérinera ces disparités entre pays riches et pays pauvres.

Selon ce rapport, seule une coopération internationale conséquente pourrait inverser cette tendance et rendre l’objectif de réduire de moitié le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté d’ici 2015, réalisable. Or, note le rapport de la Banque Mondiale, la part consacrée par les pays développés à l’aide internationale au développement, tourne autour de 0,24% de leur PIB. On est dès lors loin de l’engagement de 0,7 % pris, il y a de cela une trentaine d’années.

Monsieur le Président

Le renforcement continu des centres d’information des Nations unies à travers le monde participe de cet effort global destiné à rendre l’outil de l’information disponible pour le plus grand nombre possible de chercheurs et d’utilisateurs. Ma délégation qui n’a cessé d’exprimer son appui à ces structures, particulièrement utiles, que sont les centres d’information de l’ONU, tient à réitérer cet appui ainsi que notre souhait pour que ces centres soient continuellement dotés des ressources humaines et matérielles adéquates qui leur permettent de s’acquitter de leurs mission dans les conditions optimales.

Dans les pays en voie de développement, ces centres représentent une fenêtre précieuse sur le savoir et sur le monde et une opportunité d’accès instantané aux nouvelles et à la documentation des Nations unies. Un intérêt particulier devrait, dès lors être accordé à leur dotation en moyens technologiques de communication les plus récents afin de leur assurer une efficacité et une contribution au même niveau que celle des centres les plus développés.

Monsieur le Président

Nous avons l’ambition que ce Comité joue un rôle de plus en plus imaginatif et actif dans l’élaboration et l’animation de l’action de l’ONU en matière d’information et de communication. Notre Comité peut apporter une contribution utile et efficace dans un contexte international désormais marqué dans tous ses aspects du sceau de la globalisation, globalisation des défis économiques et sociaux, globalisation des défis politiques, globalisation des défis de communication.

La présentation aussi complète que dynamique et prometteuse faite hier par le Responsable par interim du DPI, sur le bilan et les perspectives du domaine de la communication et de l’information, au niveau des Nations unie,s laisse augurer d’un développement continu et d’un progrès de ce segment essentiel de l’activité de notre Organisation pour peu qu’une volonté réelle d’aller de l’avant soit traduite à tous les niveaux.

Avant de conclure je voudrai de nouveau souhaiter plein succès aux membres du Bureau nouvellement installés et réitérer la disponibilité de la délégation algérienne pour apporter sa contribution active pour la réussite de cette 23ème session du Comité de l’Information.

Je vous remercie