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95-28731 (F) 131095 201095/... *9528731* NATIONS UNIES Cinquantieme session
Point 20 b) de l'ordre du jour
RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L'AIDE HUMANITAIRE ET DES
SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR L'ORGANISATION DES
ASSISTANCE ECONOMIQUE SPECIALE A CERTAINS PAYS OU REGION
Assistance d'urgence au Soudan
Rapport du Secretaire general
TABLE DES MATIERES
Paragraphes Page
I. INTRODUCTION 1 - 22
II. LA SITUATION AU SOUDAN 3 - 132
III. OPERATIONS D'URGENCE ET OPERATION SURVIE AU SOUDAN 14 - 765
B. Secours alimentaires 26 - 309
C. Assistance non alimentaire 31 - 6710
D. Aide aux refugies 68 - 7618
IV. MESURES PRISES PAR DES ETATS MEMBRES 77 - 8920
V. OBSERVATIONS FINALES 90 - 9422
Annexe
Liste des organisations non gouvernementales operant au Soudan 24
I. INTRODUCTION
1. Dans sa resolution 49/21 K du 20 decembre 1994 sur l'assistance
d'urgence au Soudan, l'Assemblee generale a note que, en depit des progres
realises dans le cadre de l'Operation d'urgence et de l'operation Survie au
Soudan, les besoins en secours demeuraient considerables, surtout dans le
domaine de l'aide non alimentaire et a considere que, dans des situations
d'urgence, il importait d'assurer le passage progressif de la phase des
secours a celles du relevement et du developpement. L'Assemblee s'est
felicitee que le Gouvernement soudanais coopere davantage avec
voie; elle a pris note des accords et arrangements conclus afin de
faciliter les operations de secours par l'amelioration de l'assistance des
continuer d'oeuvrer en ce sens. L'Assemblee a invite la communaute
internationale a continuer d'apporter des contributions genereuses pour
repondre aux besoins urgents du pays et assurer son relevement; elle a
de fournir une assistance pour la lutte antipaludique au Soudan; elle a
fait appel a toutes les parties interessees pour qu'elles poursuivent le
dialogue et les negociations et mettent un terme aux hostilites afin de
retablir la paix, l'ordre et la stabilite, d'une part, et de faciliter les
activites de secours, de l'autre. L'Assemblee a souligne qu'il importait
d'assurer la securite d'acces du personnel qui portait secours a tous ceux
qui en avaient besoin; elle a exhorte toutes les parties en cause a
continuer d'apporter toute l'assistance possible, notamment en facilitant
l'acheminement des secours et les deplacements du personnel qui les
distribue afin d'assurer le plein succes de l'Operation d'urgence et de
l'operation Survie au Soudan dans toutes les parties du pays.
2. L'Assemblee generale a prie le Secretaire general de continuer a
mobiliser des ressources et a coordonner l'assistance en faveur de
l'operation d'urgence et de l'operation Survie au Soudan, ainsi que
d'evaluer la situation d'urgence dans le pays et de lui presenter un
rapport a ce sujet, de meme que sur le redressement et le relevement du
pays, a sa cinquantieme session. Le present rapport fait suite a cette
demande.
II. LA SITUATION AU SOUDAN
3. Depuis le dernier rapport du Secretaire general sur l'aide d'urgence au
Soudan (A/49/376), le sort de millions de Soudanais reste une cause de
grave inquietude malgre les efforts constamment deployes pour leur fournir
une aide humanitaire qui leur permette de survivre. La guerre qui sevit
dans le sud du Soudan depuis 40 ans et qui, avec une accalmie relative
entre 1972 et 1983, se poursuit avec la meme intensite, a cause plus d'un
million de morts et a entrave, voire annihile, les efforts tendant a faire
progresser le pays de maniere substantielle et durable. La prolongation
des combats qui a sape les traditions culturelles et detruit les moyens de
subsistance de la population n'a fait qu'encourager une proliferation
massive d'armes et par suite une culture fondee sur le regne de la force
dans tout le sud du pays. Le conflit arme entre le Gouvernement soudanais
et les factions rebelles - principalement le Mouvement de liberation du
peuple soudanais (MLPS) et le Mouvement pour l'independance du sud du
Soudan (MISS) - s'est poursuivi pendant la plus grande partie de la periode
consideree. Le conflit s'est encore complique du fait des litiges survenus
dans les rangs des rebelles et du pouvoir croissant de milices
imprevisibles et de renegats devenus des chefs de faction agissant pour
leur compte dans de nombreuses regions du sud du Soudan. Cette situation a
eu des consequences nefastes sur l'acheminement de l'aide humanitaire :
depuis le debut de 1995, on releve trois graves incidents causes par
l'enlevement de membres du personnel de l'operation Survie au Soudan par
diverses factions et milices et l'on note des cas de detournement des
secours d'urgence, tout cela dans un climat d'insecurite qui a entraine a
plusieurs reprises l'evacuation des agents des organismes de secours.
4. Tout comme le refus constant d'autoriser l'acces aux zones ayant le
plus grand besoin d'une aide d'urgence, ces incidents vont a l'encontre,
parfois dramatiquement, de la tendance generale que l'on constate a une
plus grande efficacite de l'operation Survie au Soudan et a une plus
etroite cooperation de celle-ci avec ses partenaires dans la distribution
des secours, en particulier le Gouvernement et les representants de l'aile
humanitaire des factions du sud.
de dollars par l'intermediaire de l'Appel global interorganisations pour
couvrir les besoins de quelque 1 200 000 victimes de la guerre ayant besoin
d'une assistance alimentaire. Ce chiffre concerne au total 719 460
personnes deplacees et touchees par la guerre dans le sud du Soudan, 94 927
personnes deplacees dans la zone de transition, 240 000 personnes deplacees
a Khartoum, plus eventuellement 124 429 autres personnes victimes de la
d'assistance non alimentaire concernant au total 4 250 000 personnes
touchees par la guerre et accessibles, dont 3 600 000 se trouvent dans le
sud du Soudan, 350 000 dans la zone de transition et 300 000
essentiellement dans des camps a la peripherie de Khartoum.
6. L'espoir de voir le conflit resolu s'est largement dissipe lorsque la
quatrieme serie de pourparlers de paix qui s'est tenue sous les auspices de
l'Autorite intergouvernementale pour la lutte contre la secheresse et pour
le developpement (IGADD) entre le Gouvernement soudanais et les factions
rebelles a abouti a une impasse en septembre 1994. Les principaux
obstacles a un accord entre les parties au conflit demeuraient la question
de l'eventuelle autodetermination du Soudan meridional et celle des
relations entre l'Etat et la religion. Les chefs d'Etat des cinq pays
membres de l'IGADD - l'Erythree, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda et le
Soudan - se sont reunis a plusieurs reprises pendant la periode consideree
mais n'ont realise aucun progres concret vers une solution au conflit
soudanais. La degradation des relations bilaterales entre le Soudan et
l'Erythree et entre le Soudan et l'Ouganda, degradation qui a entraine dans
les deux cas une rupture des relations diplomatiques, a contribue a
compromettre les perspectives d'une reprise du processus de paix.
7. La formation des Amis de l'IGADD qui regroupe, sous la direction des
Pays-Bas, les representants des Etats-Unis d'Amerique, de l'Italie, de la
Norvege et du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord a donne
un nouvel elan et fait naitre l'espoir de ramener les parties a la table
des negociations. La reunion a Addis-Abeba le 30 juin 1995 des Etats
membres de l'IGADD et de la communaute des donateurs presente une
importance et un interet tout particuliers car elle a ouvert la perspective
d'un soutien economique considerable aux pays de la corne de l'Afrique, a
condition que l'on puisse trouver une solution pacifique aux differents
conflits armes qui sevissent dans la sous-region.
8. Depuis le precedent rapport, l'Envoye special du Secretaire general
pour les affaires humanitaires au Soudan a continue ses demarches au nom de
l'operation Survie au Soudan aupres de representants du Gouvernement, des
factions rebelles concernees, des organisations non gouvernementales et de
la communaute des donateurs. En decembre 1994, une mission a Khartoum a
Unies et le Gouvernement soudanais. Il est apparu egalement a l'epoque
qu'il fallait ameliorer les conditions de travail des autres organismes de
secours, en particulier les organisations non gouvernementales
internationales. Ces pourparlers ont prepare la voie aux discussions sur
l'Appel global interorganisations auxquelles ont participe les
representants des donateurs a Geneve en janvier 1995. La situation des
organisations non gouvernementales internationales a ete examinee en avril
1995 lors d'une mission qui a prepare une deuxieme consultation des
donateurs; celle-ci s'est tenue a Geneve au debut de mai 1995 et l'on s'y
interorganisations 1995.
9. On se souviendra que, comme le rapport precedent l'avait indique,
l'IGADD a joue en mars 1994 un role distinct, bien que complementaire, dans
le processus de paix regional en facilitant les negociations menees par
l'ONU avec les parties au conflit sur les modalites selon lesquelles les
convois de secours pourraient traverser les lignes de defense et les lignes
separant les combattants. En mai 1994, les parties ont signe un accord en
vertu duquel un nombre important de localites nouvelles devenaient
accessibles a des fins humanitaires. La perspective de voir s'ouvrir de
nouvelles negociations centrees sur la question non resolue de l'acces aux
zones de conflit a ete gravement compromise lorsque les negociations de
paix regionales parrainees par l'IGADD ont abouti a un echec en septembre
1994. Depuis lors, les Amis de l'IGADD s'efforcent de trouver un cadre
dans lequel continuer les negociations de paix; pour leur part, les
discussions menees avec les parties fin juillet-debut aout par l'Envoye
special du Secretaire general pour les affaires humanitaires au Soudan ont
porte principalement sur les conditions d'une reprise eventuelle des
pourparlers au sujet des possibilites d'acces a des fins humanitaires.
10. On avait aussi evoque a l'epoque les consequences negatives
persistantes qui decoulaient pour les activites humanitaires du fait qu'en
mai 1995 une organisation non gouvernementale liee a l'operation Survie au
Soudan avait viole unilateralement les procedures operationnelles. Bien
que l'operation ait promptement suspendu cette organisation, l'incident
n'en avait pas moins donne lieu a des allegations diverses, dans les medias
soudanais et de la part du Gouvernement meme, sur la transparence de
l'operation Survie. Une fois examinee les griefs precis que le
Gouvernement avait portes a l'attention du Departement des affaires
humanitaires du Secretariat, le Gouvernement a ete informe que les
allegations en question s'etaient revelees sans fondement. Le Gouvernement
a ete egalement avise que sa demande tendant a une restructuration de
l'operation Survie au Soudan serait etudiee en consultation avec toutes les
parties interessees.
11. Un fait positif est cependant survenu avant la fin du premier
semestre, a savoir un cessez-le-feu de deux mois (fin mars-fin mai) conclu
entre le Gouvernement et les factions rebelles a la suite d'une mediation
de l'ancien President des Etats-Unis, James Earl Carter, agissant en
consultation avec l'IGADD. En depit de combats sporadiques, les organismes
mois durant laquelle le cessez-le-feu a ete prolonge pour accelerer
l'application des programmes de soins de sante primaires. On s'est efforce
de renouveler une fois encore le cessez-le-feu a la fin du mois de juillet
mais en vain.
12. Un reexamen complet et independant de l'operation Survie au Soudan -
qui fonctionne depuis six ans - est envisage pour le dernier trimestre
1995. Il fera suite a un travail preparatoire effectue par les bureaux de
l'operation a Khartoum et a Nairobi ainsi qu'a des debats sur les
conditions de ce reexamen organises a Geneve en juin par le Departement des
affaires humanitaires avec des representants des donateurs. Ce reexamen
permettra d'analyser de facon critique : a) l'opportunite pour l'operation
Survie d'obtenir le plus large acces aux populations dans le besoin et
d'assurer le respect des principes humanitaires fondamentaux; b)
l'efficacite des structures de coordination de l'operation Survie en ce qui
donateurs, les organisations non gouvernementales et les homologues
soudanais; c) l'efficacite du fonctionnement de l'operation Survie - il
s'agira de preciser dans quelle mesure, compte tenu des limitations et des
reussites de ses activites, l'operation Survie a pu fournir a temps et au
moindre cout des secours appropries aux populations dans le besoin; d) la
mise au point de programmes contribuant a encourager l'autosuffisance et la
securite alimentaire et e) l'efficacite de l'appui apporte concretement par
l'operation Survie a l'execution du programme.
13. On escompte que le reexamen proposera le cas echeant de meilleures
strategies pour l'operation Survie au Soudan, en particulier dans les
domaines suivants : la conception des programmes, les mecanismes de
coordination, le rapport cout-efficacite, la promotion et la protection des
principes humanitaires, le controle systematique.
III. OPERATIONS D'URGENCE ET OPERATION SURVIE AU SOUDAN
14. Malgre les interruptions provoquees par l'insecurite generalisee,
l'interruption des vols a destination de certaines zones essentielles et
les relations de travail difficiles avec les parties au conflit,
l'operation Survie a maintenu un acces minimal a la majorite, sinon a la
totalite, des populations ayant besoin de secours au cours de la periode
qui s'est ecoulee depuis le precedent rapport du Secretaire general a
l'Assemblee generale. A cet egard, il convient de souligner que le nombre
des points desservis par l'operation Survie, qui se limitait a l'origine a
huit dans le sud du Soudan, a ete au cours de la periode consideree plus
eleve que jamais, atteignant un maximum de 104 en novembre 1994.
15. D'autre part, une tendance plus positive, bien que limitee, s'est
degagee de l'expansion de l'operation depuis 1992, en ce sens que certaines
activites militaires ont ete progressivement axees sur le relevement a plus
long terme et la mise en place de capacites locales visant a reduire la
dependance a l'egard de l'aide alimentaire externe et des autres secours.
Malheureusement, il n'a pas ete possible de donner suite a de nombreuses
propositions afferentes a la mise en place des capacites et au relevement a
plus long terme, faute d'un accueil favorable des donateurs aux projets
16. En 1994/95, c'est surtout dans le secteur de la securite alimentaire
des menages que cette evolution a ete la plus remarquable, l'apport de plus
de 2 800 tonnes de semences et de 1,1 million d'outils en 1994, ajoute a
une pluviometrie et a des conditions de culture generalement bonnes, ayant
abouti aux meilleures recoltes enregistrees dans le sud du Soudan depuis
1989, annee de la mise en place de l'operation Survie. Cela a fortement
aide a reduire les taux de malnutrition dans les zones deficitaires sur le
plan alimentaire. Les activites en cours dans les secteurs de la sante, de
l'approvisionnement en eau, de l'education et de l'elevage ont contribue
aussi a l'amelioration generale de la situation humanitaire dans les zones
ou l'operation etait active.
17. Cependant, la fragmentation des factions qui se poursuit dans le sud
et l'apparition de differents dirigeants de milices locales ont grandement
perturbe les activites de secours de l'operation Survie au cours de l'annee
ecoulee, en particulier dans la partie septentrionale du Bahr el-Ghazal,
des parties du Haut-Nil et l'Equatoria Est. De meme, l'activite militaire
a gravement perturbe les actions dans certaines zones, telles que le Bahr
el-Ghazal, les monts Nuba et le bassin du Sobat, et a en outre provoque de
vastes deplacements de population, en particulier dans le Bahr el-Ghazal.
du mois d'avril dans les zones tenues par le Gouvernement dans le Kordofan
Sud a la suite d'informations faisant etat de nombreuses personnes
deplacees provenant des monts Nuba. Selon les estimations, 100 000
personnes deplacees de Nuba sont dans les villages de paix etablis par le
Gouvernement soudanais. De nombreux emplacements ont ete evalues pour la
premiere fois depuis plusieurs annees. Bien que les besoins identifies
soient vastes, les evaluations de suivi et l'assistance humanitaire
generale, deja limitees periodiquement par les conditions atmospheriques
saisonnieres, ont ete fortement reduites, les plans de vol presentes pour
se rendre dans les emplacements cibles n'ayant pas ete autorises.
19. En 1994, il a ete procede a plus de 50 evacuations de membres du
personnel des organismes de secours dans le sud du Soudan. A la fin de
juin 1995, l'operation Survie n'avait pas ete en mesure de reprendre ses
operations dans des zones telles que Akon, Lafon, Lietnhom, Mundri, Nasir
et Maiwut. Au cours du premier semestre de 1995, il y a eu au moins 20
evacuations de membres du personnel des organismes de secours qui se
trouvaient dans des situations plus ou moins dangereuses.
20. Une tendance alarmante en 1995 a ete la prise d'otages dans le sud du
Soudan, ce qui a constitue une deterioration des conditions de travail
generales du personnel des organismes de secours sur le terrain. De
fevrier a juin 1995, les principaux incidents enregistres ont ete les
suivants :
a) Fevrier 1995 : Onze expatries travaillant dans le cadre des
programmes de secours de l'UNICEF et d'ONG ont ete pris en otages a Waat
(Haut-Nil) et certains d'entre eux n'ont ete liberes que quatre jours plus
tard par les milices, a l'issue de negociations. Plusieurs vehicules n'ont
pas ete recuperes. L'enlevement aurait ete perpetre par le commandant
Gordon Koaung, sans affiliation, a la tete d'une force regroupant deux
factions auparavant rivales denommees les "Moudjahidin arabes" et la
"Nouvelle milice";
b) Mai 1995 : Vingt-deux personnes au total, appartenant au personnel
sanitaire de l'UNICEF, au personnel du Programme alimentaire mondial (PAM)
et a l'equipage d'une peniche (des Soudanais et des expatries) ont ete pris
en otage sur une peniche du PAM a Tonga (Haut-Nil) et ont ete detenus
plusieurs jours avant d'etre relaches. L'objet de l'enlevement etait la
reconnaissance politique de la force ayant le controle de la zone, un
groupe se reclamant du commandant Lam Akol, qui a pris la tete de l'Armee
populaire de liberation du Soudan (APLS) apres que l'ancien dirigeant, le
commandant Riak Machar, a forme le Mouvement pour l'independance du Soudan
Sud;
c) Mai-juin 1995 : Deux medecins travaillant pour une ONG italienne ont
ete arretes par les forces armees soudanaises a Pariang le 28 mai, apres
etre arrives sans visa ni laissez-passer a bord d'un appareil n'appartenant
pas a l'operation Survie, dont le plan de vol n'avait pas ete autorise
(voir par. 10 ci-dessus). Un appareil du PAM envoye a la demande du
Gouvernement italien avec l'accord de toutes les parties concernees pour
aller chercher les medecins le 7 juin a ete alors requisitionne par l'APLS
et FAO) et deux fonctionnaires gouvernementaux a bord. Le 20 juillet 1995,
a l'issue d'intenses negociations entre l'ONU, le Gouvernement soudanais,
l'APLS, le Comite international de la Croix-Rouge (CICR) et d'autres
parties, tous les detenus ont ete finalement liberes. L'appui des
donateurs a grandement contribue a ce succes.
21. En 1994/1995, il y a eu un certain nombre d'autres incidents portant
atteinte a la surete du personnel des organismes de secours :
a) En aout 1994, un chauffeur du PAM a ete blesse lors de l'explosion
d'une mine a Napotpot, pres de Narus (Equatoria Est) et a du etre ampute
d'une jambe en-dessous du genou;
b) En mars 1995, un Soudanais employe par une ONG allemande, Agro
Action, a ete tue au cours de l'attaque d'une milice sur Nyamlell, dans la
partie septentrionale du Bahr el-Ghazal;
c) Au debut du mois de juin 1995, un avion de type Twin Otter
appartenant a l'UNICEF et base a Khartoum a essuye des tirs et a failli
etre touche en tentant d'atterrir a Rumbeck (Bahr el-Ghazal);
d) Dans les zones qui ne sont pas controlees par le Gouvernement, on a
enregistre des cas de pillage de marchandises d'ONG et de l'ONU par des
factions rebelles et differents groupes non affilies, et le manque general
de protection des biens de l'ONU et des ONG a fait que le nombre de larcins
a augmente;
e) Pillage des produits alimentaires de secours dans la partie orientale
du Haut-Nil, a Magog, Pagel, Akobo, Yuai et Panliet, qui a conduit a
l'evacuation temporaire du personnel et a la suspension de l'aide fournie a
ces zones;
f) L'accroissement de l'insecurite dans le nord de l'Ouganda a aussi mis
en danger le personnel de l'operation Survie et a entrave les efforts
visant a acheminer des secours de l'autre cote de la frontiere a plus de 70
000 personnes deplacees qui vivent dans des camps a Labone et Mughale.
22. La situation du personnel qui travaille dans le sud du Soudan, de plus
en plus complexe et perilleuse, est compliquee encore par les limitations
imposees aux operations aeriennes de l'operation Survie. Cela offre un
contraste frappant avec novembre 1994, lorsque l'acces aerien demande pour
du Gouvernement avec l'operation Survie continuerait de s'ameliorer, mais
le revirement de la politique gouvernementale a commence en janvier 1995,
lorsque le Gouvernement a interdit de vol un Hercules C-130 de l'operation
Survie en pretendant qu'il avait participe a des largages de munitions
destinees a l'ALPS dans le Bahr el-Ghazal. A la fin juin, des controles
plus stricts des mouvements des appareils de l'operation Survie ont limite
la capacite de l'operation d'evaluer l'evolution de la situation et des
besoins humanitaires d'urgence et d'y donner suite. Le plus inquietant a
cet egard etaient les limitations supplementaires imposees aux appareils de
precises. Ainsi, un cas concernait le meme appareil C-130 prete a
l'operation Survie par les forces aeriennes belges et qui, au cours du mois
precedent sa mise au sol, avait transporte 40 % des secours achemines par
voie aerienne depuis la base de l'operation Survie a Lokichokio, dans le
nord du Kenya, jusqu'aux zones touchees dans le sud du Soudan.
23. D'une maniere generale, le premier semestre de 1995 a ete marque par
une diminution des autorisations gouvernementales de vols visant a etablir
des bases de secours de l'operation Survie dans les zones tenues par le
MLPS. Les difficultes provoquees par cet etat de choses, dont temoignent
les evenements que l'on a appris en juin, lorsque l'operation Survie dans
le secteur sud s'est vu refuser des autorisations de vol pour les 12
ulterieure du Gouvernement d'autoriser temporairement les vols a
destination de quatre zones tenues par le MLPS (Akon, Kongor, Lietnhom et
Mayen Abun), a condition que les appareils decollent de zones tenues par le
Gouvernement (Khartoum et El Obeid), a ete rejetee par l'APLS qui a fait
valoir qu'aucune modification du point d'origine des vols de secours ne
pouvait etre negociee sans son consentement. La tentative d'imposer de
telles conditions aux vols de l'ONU a des incidences sur la reconnaissance
par les parties interessees des principes de neutralite, d'impartialite et
d'humanite, en tant que base des activites de secours de l'operation
Survie.
24. En 1995, les plans de vols a destination de zones situees dans le
Kordofan Sud n'ont pas ete approuves. L'acces terrestre a cette zone est a
present reduit a cause de la saison des pluies. La limitation de l'acces
aux differentes zones a souvent empeche de reagir efficacement aux poussees
epidemiques.
25. Dans le Haut-Nil, les forces gouvernementales ayant repris des zones
dans le bassin du Sobat en avril, les services de secours et de relevement
auparavant dispenses depuis Lokichokio seront dorenavant dispenses depuis
les centres de l'operation Survie a Kosti et Malakal.
B. Secours alimentaires
26. A la suite d'une mission d'evaluation de l'operation Survie au Soudan
effectuee entre les mois d'aout et d'octobre 1994, de la mission
d'evaluation des recoltes et de l'approvisionnement alimentaire effectuee
aux mois de novembre et decembre 1994 par l'Organisation des Nations Unies
pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le PAM et de missions
posterieures d'evaluation, il a ete estime qu'environ 719 460 personnes
deplacees et touchees par la guerre dans le sud du pays et 334 927
personnes deplacees dans la zone de transition et a Khartoum auraient
besoin de secours alimentaires en 1995.
27. Ce total d'environ 1,2 million de personnes en 1995 represente une
reduction sensible par rapport aux chiffres de 1994, qui etaient de 2,4
millions pour les personnes touchees par la guerre et de 1,3 million pour
les personnes touchees par la secheresse au Soudan. Les besoins qui
s'elevaient a 487 000 tonnes en 1994 sont tombes a 109 409 tonnes en 1995,
y compris une reserve destinee a couvrir les besoins de 125 000 personnes
recemment deplacees qui pourraient necessiter une assistance par suite de
la poursuite des hostilites. Les reliquats des stocks alimentaires qui
s'elevent a 149 134 tonnes devraient suffire pour couvrir les besoins de
1995.
28. La diminution de l'aide alimentaire requise pour 1995 est imputable a
la recolte record de 1994, avec une production de l'ordre de 5 453 000
tonnes de cereales, en raison surtout des precipitations abondantes et bien
reparties dont a beneficie l'ensemble du Soudan en 1994 et qui ont permis
d'augmenter les surfaces emblavees tant au nord qu'au sud du pays. Tandis
qu'en 1994 les besoins en secours alimentaires touchaient l'ensemble du
Soudan, en 1995 l'aide n'est requise que dans les secteurs pris en compte
par l'operation Survie dans le sud du Soudan, dans la zone de transition et
pour les personnes deplacees vivant a Khartoum.
29. Si l'aide requise en 1995 est moins importante, l'insecurite continue
a entraver l'acheminement des vivres. Les effets de la guerre civile sont
aggraves par les conflits entre factions et tribus, en depit d'un cessez-
le-feu de quatre mois menage avec l'intervention de M. Carter, ancien
President des Etats-Unis (voir par. 11 ci-dessus). A la mi-fevrier, 11
membres du personnel des Nations Unies et d'organisations non
gouvernementales ont ete enleves apres une attaque lancee contre Waat; il
faut signaler toutefois que ces personnels ont ete liberes sains et saufs
quelques jours plus tard (voir par. 20 a) ci-dessus). En mai 1995, un
convoi fluvial du PAM a ete pille et le personnel a ete pris en otage pour
etre relache plusieurs jours apres par une faction rebelle [voir par. 20
c)]. A ce jour, 11 784 tonnes de denrees alimentaires ont ete acheminees
vers les zones cibles par le PAM et 43 520 tonnes par diverses ONG.
30. Comme il est signale ci-dessus, les reliquats des stocks alimentaires
suffisent pour couvrir tous les besoins en aide alimentaire d'urgence de
1995, a l'exception des reserves d'aliments complementaires qui sont
inadequates. Par contre, les contributions de la communaute internationale
pour le controle de l'execution, les depenses de fonctionnement et les
frais de transport speciaux n'ont couvert jusqu'a present que 29 % des
besoins. Sur le montant de 26 434 912 dollars demande par le PAM dans
l'appel commun lance par les Nations Unies pour 1995, les engagements
effectifs ne representent que 7 472 860 dollars. Si les contributions des
donateurs continuent a ne pas couvrir les depenses de fonctionnement, la
capacite globale de secours d'urgence dans les secteurs pris en compte par
l'operation Survie au sud du Soudan ainsi que dans la zone de transition
sera gravement amputee.
C. Assistance non alimentaire
31. Au Soudan, l'UNICEF est le principal fournisseur d'assistance non
alimentaire dans le cadre de l'operation Survie a partir de Khartoum,
tandis que dans le secteur sud, il coiffe toutes les interventions de
l'operation Survie a partir de Nairobi. Le nombre total de personnes
necessitant une assistance non alimentaire a ete estime par l'UNICEF a 4,25
millions de personnes. Sur cette population cible, l'UNICEF touche environ
2,5 millions de personnes a partir de Khartoum, tandis que les operations
menees a partir de Nairobi en touchent 1,7 million. A partir de Khartoum,
l'UNICEF aide les femmes et les enfants vivant dans les camps de personnes
deplacees de Khartoum, dans la zone de transition du sud du Kordofan et du
sud du Darfour et dans la region meridionale. A partir de Nairobi,
l'assistance est dirigee vers les regions meridionales. Si le bureau de
l'UNICEF a Khartoum axe principalement ses efforts sur les zones tenues par
le Gouvernement, alors que les operations a partir de Nairobi couvrent
surtout les zones tenues par le MLPS, ces bureaux aident tous les deux les
populations dans les zones controlees par les differentes parties au
conflit.
32. Le centre de l'operation Survie de Nairobi a signe des lettres
d'entente avec des ONG enoncant les regles de base des interventions dans
le cadre de l'operation Survie et le bureau de l'UNICEF a Khartoum, pour sa
part, s'est efforce d'appuyer ses interlocuteurs ministeriels et les ONG
locales dans les interventions de secours et de relevement. Des efforts
ont ete specialement deployes pour amener le Gouvernement a se montrer plus
conciliant pour que les ONG internationales puissent operer au Soudan, y
compris dans les camps de personnes deplacees de Khartoum et dans la zone
de transition. Mais les limitations de liberte de circulation et d'acces
imposees aux ONG ont ete maintenues, ce qui les a empechees de mettre a
profit les avantages comparatifs dont elles disposent.
1. Securite alimentaire des menages
33. Le principal programme de l'UNICEF en 1994 a consiste a promouvoir la
securite alimentaire des menages en fournissant du materiel et des services
dans trois domaines clefs : les semences et les outils, la vaccination du
betail et le materiel de peche.
Semences et outils
34. Les abondantes precipitations de 1994 ont permis d'obtenir les
meilleures recoltes depuis le debut de l'operation Survie dans la plupart
des zones ou les menages avaient des stocks de semences. C'est ce qui
explique la reduction spectaculaire des besoins alimentaires en 1995. De
janvier 1995 a la mi-juin 1995, le PAM a distribue environ 8 500 tonnes de
vivres aux communautes du sud du Soudan, soit seulement la moitie des 16
000 tonnes distribuees pendant la meme periode en 1994.
35. En 1994, l'UNICEF, le CICR et les ONG qui cooperent avec eux ont
distribue plus de 2 800 tonnes de semences et 1,1 million d'outils. Dans
l'ouest de l'Equatoria, ou des recoltes records ont ete enregistrees, trois
ONG ont lance avec succes, a la fin de 1994 et en 1995, des programmes de
troc incitant les cultivateurs a echanger leurs excedents de cereales
contre des biens d'equipement menager. Dans les zones en deficit vivrier,
les bonnes recoltes ont permis de reduire les taux de malnutrition.
Toutefois, du fait de la guerre et de l'insecurite, les surfaces emblavees
ont ete inferieures a ce qui aurait ete necessaire pour assurer la securite
alimentaire globale de la population.
36. En 1995, l'UNICEF, le CICR et 13 ONG se sont employes ensemble a
distribuer plus de 3 600 tonnes de semences et plus d'un million d'outils
en temps voulu pour les semailles de 1995, de facon a permettre a environ
300 000 menages dans plus de 100 localites de produire leurs propres
denrees alimentaires.
37. Mais en raison de l'insuffisance des precipitations a la fin de juin,
les recoltes ont ete mauvaises dans certaines parties de l'est de
l'Equatoria et dans l'ouest du Haut-Nil, ce qui suscite de graves
inquietudes pour la recolte de 1995. Si les precipitations ne s'ameliorent
pas, on peut s'attendre a des pertes supplementaires de recoltes.
38. Des projets de multiplication des semences utilisant des varietes
locales (qui produisent de meilleurs rendements en general) se poursuivent
dans trois zones agro-ecologiques pour couvrir quelques-uns des besoins en
semences pour 1996 de l'Equatoria, du Bahr el-Ghazal et de Junglei.
39. L'UNICEF a egalement fourni des semences et des outils pour creer 600
jardins scolaires pendant la premiere moitie de 1995.
Vaccination du betail
40. La vaccination du betail contre la peste bovine garantit la securite
alimentaire des enfants en leur procurant du lait, du sang et de la viande,
et assure a la population un moyen de paiement pour les cereales. En 1994,
environ 1,7 million de bovins ont ete vaccines par l'UNICEF, des ONG et
d'autres organisations partenaires, et la peste bovine est desormais
enrayee dans les zones accessibles. Le Gouvernement soudanais a reaffirme
son appui a ces interventions. A la fin de 1994, huit ONG internationales
s'occupaient de la sante du cheptel contre une seule en 1993, et le nombre
de veterinaires etait passe de deux a 10. Dans le cadre d'un programme axe
sur la participation communautaire, l'UNICEF a forme 215 vaccinateurs en
1994, a partir de 40 centres equipes d'installations de stockage des
vaccins. Soixante agents veterinaires des collectivites et 25 assistants
ont ete formes et equipes par l'UNICEF et les ONG partenaires en 1994. En
1995, ce projet a ete etendu au bureau de l'operation Survie/UNICEF de
Khartoum a partir duquel on pourra atteindre les petites zones a
predominance pastorale des regions tenues par le Gouvernement. Cette mesure
protegera et renforcera les investissements considerables effectues pour
ameliorer la sante du betail dans le secteur meridional depuis 1989.
41. A la fin du premier semestre de 1995, 242 000 tetes de betail avaient
ete vaccinees contre la peste bovine dans le cadre du programme relatif au
betail. Ce chiffre inferieur a celui de 1994 traduit les mauvaises
conditions de securite qui regnent dans les deux principales zones de
vaccination (le nord du Bahr el-Ghazal et l'est du Haut-Nil) et la decision
des responsables du programme de recycler toutes les equipes pour utiliser
un nouveau vaccin contre la peste bovine resistant a l'action de la chaleur
en meme temps que les autres medicaments de base.
42. Les responsables du programme relatif au betail ont mis au point un
protocole normalise de controle de l'execution pour toutes les
organisations travaillant dans ce secteur. L'UNICEF regroupera les donnees
recues. Un dialogue qui devrait permettre de creer des services payants de
medecine veterinaire decentralises a l'echelle des collectivites est mene
par toutes les ONG et l'UNICEF dans 28 localites. Ce processus sera long
si l'on veut qu'il soit durable. Jusqu'a present, environ 78 000 animaux
ont ete traites contre les maladies a titre payant. Ce chiffre augmentera
de maniere spectaculaire lorsque le processus aura ete mene a bien.
Materiel de peche
43. En 1995, l'UNICEF, le CICR et les ONG auront distribue plus de 5,5
millions d'hamecons et 261 000 engins de peche a environ 190 000 menages
pratiquant la peche dans les lacs, les marais et les cours d'eau, soit pres
du double des 3 millions d'hamecons et des 120 000 engins distribues en
1994.
2. Sante
44. Durant le premier semestre de 1995, il s'est produit des epidemies de
fievre recurrente a Rokon, dans l'est de l'Equatoria, en avril, de typhoide
a Mandeng et a Dordeng, dans le Haut-Nil, en juin, et de variole a Talodi
et a El Buram, dans le sud du Kordofan, en juillet. Les craintes
d'epidemie due au virus Ebola en provenance du Zaire se sont revelees sans
fondement (des epidemies d'Ebola s'etaient produites dans l'ouest de
l'Equatoria au debut des annees 70). Malheureusement, la lutte contre les
epidemies, y compris pour l'elimination de la dracunculose, a souvent ete
freinee par les difficultes d'acces. La campagne acceleree de vaccination
contre la rougeole et la poliomyelite et d'administration de vitamine A
dans le cadre de l'operation Survie, qui s'est achevee a la fin de 1994, a
permis d'augmenter de pres de 40 % le nombre d'enfants immunises, et le
chiffre total de 300 000 enfants est le plus eleve qui ait ete enregistre
depuis 1989 dans les regions couvertes par l'operation Survie. Toutefois,
en raison de l'ampleur des obstacles a surmonter - difficultes d'acces,
moyens logistiques reduits, faiblesse de l'appui operationnel et, surtout,
viabilite limitee des activites de vaccination - tous les problemes qui se
posent dans ce domaine capital sont loin d'etre resolus.
45. L'UNICEF coopere etroitement avec une trentaine d'organisations non
gouvernementales dans le domaine de la sante et a distribue en 1994 4 500
trousses de medicaments a plus de 410 etablissements de soins situes dans
65 zones tenues par le Gouvernement, le MLPS et le MISS, atteignant ainsi
pres de 4 millions de personnes. En 1994-l995, les objectifs prioritaires
suivants en matiere de sante ont ete definis avec les organisations non
gouvernementales partenaires et le Ministere de la sante :
a) Promouvoir des politiques et des directives communes entre les
organisations;
b) Developper les capacites locales en appuyant les activites de
formation et de supervision;
c) Fournir un appui materiel et technique pour lutter contre certaines
maladies telles que la meningite et le kala-azar et pour eliminer la
dracunculose.
46. Trois interventions essentielles ont recu une attention prioritaire en
1994-1995 : l'elimination de la dracunculose, le programme elargi de
vaccination et les actions sanitaires par voie fluviale.
Elimination de la dracunculose
47. Lorsque l'ancien president des Etats-Unis, M. Carter, a negocie un
cessez-le-feu initial de deux mois en mars 1995 (voir le paragraphe 11 ci-
dessus), l'UNICEF etait pret a mobiliser les organisations non
gouvernementales et le personnel de contrepartie en vue d'organiser une
campagne acceleree d'elimination de la dracunculose, qui fait plus de
victimes dans le sud du Soudan que dans tout autre pays.
48. Durant les 12 mois precedant cette campagne, l'UNICEF et le personnel
de contrepartie avaient recense plus de 700 villages touches et depiste 53
000 cas. Depuis le lancement de la campagne, le nombre de villages atteints
a plus que triple et le nombre de cas a depasse 13 000. Des campagnes de
traitement et de prevention sont en cours dans la plupart des villages
recenses. Malgre la multiplication des donnees sur la morbidite prevalente
et les taux de couverture eleves obtenus par les equipes des deux cotes, le
fait que les parties belligerantes n'ont pas pu appliquer le principe du
cessez-le-feu a limite l'acces effectif a la population et l'efficacite des
services de soins et d'education sanitaire qu'il etait cense favoriser.
Programme elargi de vaccination
49. Le cessez-le-feu, qui a ete proroge de deux mois apres une premiere
periode allant de la fin mars a la fin mai 1995, a egalement donne une
impulsion au programme elargi de vaccination de l'UNICEF, qui concerne
surtout la variole, la poliomyelite, la tuberculose et l'avitaminose A.
Des equipes qualifiees de vaccination operent dans plus de 70 endroits
accessibles. La vaccination antivariolique est une intervention
prioritaire du fait que la variole peut prendre des proportions epidemiques
et est facilement evitable. En 1994, plus de 300 000 enfants de moins de 5
ans ont ete vaccines - ce chiffre etant le plus eleve depuis le debut de
l'operation Survie - a la suite d'un accord signe en mai 1994 par le
Gouvernement, le MLPS et le MISS (ancien MLPS unifie).
Actions sanitaires par voie fluviale
50. En 1994, le bureau de l'UNICEF a Khartoum a envoye 11 equipes
sanitaires sur les chalands du PAM transportant des vivres destines a plus
de 750 000 personnes accessibles dans les zones tenues par le Gouvernement
et par le MLPS, de Renk a Malakal le long de la riviere Sobat et jusqu'a
Shambe, Bor et Juba sur le Nil Blanc. Entre janvier et juin 1995, plus de
41 000 enfants de moins de 5 ans ont ete vaccines contre la variole et ont
recu au moins la premiere dose de vaccin antipoliomyelitique. Des visites
medicales ont ete egalement organisees dans des zones isolees dont la
population ne beneficie pas d'une assistance reguliere sous une autre
forme. Les principales maladies rencontrees dans les couloirs fluviaux
sont le paludisme, la diarrhee, les infections aigues des voies
respiratoires, la conjonctivite et les infections cutanees (la gale).
3. Nutrition
51. Des programmes d'alimentation complementaire continuent d'etre
organises principalement dans les zones tenues par le Gouvernement ou
l'UNICEF assure, dans plus de 90 centres d'alimentation, une aide a plus de
30 000 enfants souffrant de malnutrition grave ou moderee, ainsi qu'aux
femmes enceintes et aux meres allaitantes. Cette baisse du nombre de
beneficiaires en 1995 par rapport au niveau eleve de 1994 s'explique par
des recoltes plus abondantes, par les interventions en matiere de securite
alimentaire des menages et par l'amelioration des directives concernant le
depistage et la surveillance, en particulier a Juba, dans l'est de
l'Equatoria. Malgre cette tendance, il existe toujours des poches de
malnutrition elevee, en particulier dans les populations vulnerables au sud
du Kordofan et au nord du Bahr el-Ghazal. Des evaluations rapides en
matiere d'alimentation et de nutrition effectuees recemment au titre de
l'operation Survie dans le couloir de Juba, a l'ouest du Haut-Nil et a
Junglei montrent que les populations qui vivent pres du fleuve se trouvent
dans une situation tres difficile. Il est prevu de distribuer des vivres
par voie fluviale et d'envoyer des equipes medicales.
52. Dans d'autres regions, depuis la fin de 1994, l'UNICEF a deploye des
nutritionnistes de terrain dans ses bureaux auxiliaires de Wau et Malakal
(ainsi qu'a bord des chalands de l'operation Survie), a partir desquels des
activites en matiere de nutrition seront effectuees en collaboration avec
le personnel de contrepartie du Gouvernement et des organisations non
gouvernementales. Il en est resulte une action plus substantielle de
surveillance de la nutrition, qui beneficie de l'appui du bureau de
Khartoum.
53. Des envois recents de biscuits fortifiants et un don important du
Japon ont permis a l'UNICEF de mieux repondre aux besoins urgents ou aux
interruptions de production d'UNIMIX (aliment complementaire) a Khartoum.
Plus de 600 tonnes d'UNIMIX ont ete produites et distribuees sur le terrain
durant le premier semestre de 1995.
4. Approvisionnement en eau et assainissement
54. En 1994, l'UNICEF a elargi ses services d'approvisionnement en eau et
d'assainissement malgre les problemes rencontres dans le domaine logistique
et les moyens economiques tres limites des collectivites beneficiaires et
des institutions locales. Le programme de Nairobi concernant
l'approvisionnement en eau realise dans le cadre de l'operation Survie,
auquel participent l'UNICEF et 15 organisations non gouvernementales, met
l'accent sur l'entretien des sources d'eau existantes. Il permet egalement
de creer de nouvelles sources en faisant appel aux techniques appropriees
disponibles. En 1994, des equipes ont repare 250 pompes a main et en ont
installe 60. En 1994, environ 45 puits artesiens ont ete fores a Akon
(Save the Children Fund (SCF)-Royaume-Uni), Chukudum, Leer (PISCES),
Maridi, Mvolo et Toposa - et 50 puits ont ete creuses par SCF-Royaume-Uni
dans le nord du Bahr el-Ghazal.
55. Durant le premier semestre de 1995, l'equipe chargee de
l'approvisionnement en eau a repare plus de 120 pompes a main et fore
quatre puits artesiens dans la region de Mvolo, dans l'ouest de
l'Equatoria, et deux dans le district de Rumbek. Dans l'est de
l'Equatoria, quatre puits artesiens ont ete fores dans la region de Narus.
Medecins sans frontieres-Belgique effectue un forage a Akobo - le premier a
Junglei depuis le debut de l'operation Survie. L'UNICEF creuse
actuellement a la main un puits artesien a Yambio et fait des essais de
revetements en plastique qui sont moins couteux et plus faciles a
transporter et a installer.
56. Par ailleurs, les activites de l'UNICEF en matiere d'approvisionnement
en eau et d'assainissement dans les zones tenues par le Gouvernement ont
ete axees sur des interventions peu couteuses faisant appel a une strategie
de desinstitutionnalisation, de participation de la communaute et de
propriete collective. Ces actions consistent a reparer et a entretenir des
pompes a main, a creuser des puits peu profonds, a installer des
dispositifs de filtration sur sable pour les systemes de distribution d'eau
et a construire des latrines peu couteuses de type SANPLAT. Les
populations recemment deplacees dans la region de Malakal ont beneficie
d'un projet de filtration sur sable execute conjointement par l'UNICEF et
une organisation non gouvernementale, qui permet d'approvisionner
actuellement plus de 20 000 personnes en eau potable. Les services publics
des eaux rurales ont fourni du materiel et des fonds pour renforcer les
capacites locales et, le cas echeant, creer des mecanismes de participation
aux frais. Les interventions en matiere d'approvisionnement en eau et
d'assainissement ont permis de mettre en place des comites sanitaires
locaux dans les camps de personnes deplacees et dans les villages. Durant
la premiere moitie de 1995, plus de 75 organes de ce genre ont ete
constitues et ont recu une formation. La diffusion de messages essentiels
concernant les maladies diarrheiques, l'hygiene et l'elimination de la
dracunculose est encouragee pour completer les soutiens materiels.
5. Secours d'urgence et autres
57. Les deplacements de population continuant dans le nord du Bahr el-
Ghazal, le Haut-Nil et le sud du Kordofan, et ces groupes deracines etant
particulierement vulnerables, notamment les personnes deplacees regroupees
a Khartoum, l'UNICEF a du fournir sans interruption des secours, consistant
en feuilles de plastique, couvertures, ustensiles de cuisine et recipients
a eau. En 1994, il a livre, notamment, plus de 90 000 couvertures, 500
rouleaux de feuilles de plastique et pres de 500 000 morceaux de savon pour
aider plus de 75 000 menages deplaces.
58. Depuis mai 1995, l'UNICEF s'occupe aussi dans la region de Malakal de
populations qui avaient ete deplacees et reviennent vers le bassin du Sobat
maintenant que le Gouvernement y a reconquis des villes et villages en
avril dernier. On a pu constater recemment que la misere et la
malnutrition sevissent parmi les Bor Dinka, qui ont commence a etre
deplaces en 1991 et qui, apres avoir vecu dans des camps de l'Equatoria
occidental, reviennent dans le secteur de Bor/Kongor/Shambe, ayant pour la
plupart perdu leur betail.
6. Enfants victimes de la guerre
59. L'UNICEF se preoccupe toujours davantage des besoins des enfants
eprouves par les conflits. Il intervient directement, essayant de reunir
avec leur famille les mineurs abandonnes a eux-memes, et il epaule ses
interlocuteurs sur le plan de l'organisation. Au cours des trois dernieres
annees, ses efforts et ceux de Radda Barnen et du CICR ont permis a plus de
1 200 jeunes du sud du Soudan de retrouver leur famille. En 1994-1995, ces
operations ont ete les suivantes :
a) Un pont aerien a ete organise en decembre 1994 pour transporter 495
enfants de Lafon a Ayod, Duar, Leer et Fangak;
b) Un pont aerien a ete organise en mars 1994 pour transporter 155
enfants de Nasir a Leer;
c) Un pont aerien a ete organise en mars 1995 pour transporter 133
enfants d'un camp de personnes deplacees situe a Lafon (Equatoria oriental)
vers des endroits du Haut-Nil (a Ayod, Duar, Leer et Waat);
d) Sept cent quatre-vingt-trois enfants ont ainsi retrouve leur famille
durant cette periode.
60. Le programme permet aussi d'apprendre a ceux qui ont a s'occuper
d'enfants - maitres d'ecoles et autres - comment deceler les traumatismes
causes par la guerre et essayer de les effacer en amenant les enfants a
s'exprimer, verbalement ou par la creation picturale, la musique ou le
theatre. L'UNICEF a mis en chantier a Juba un centre destine a accueillir
les enfants traumatises - le premier en Afrique - dont la construction est
pratiquement terminee. Il continue par ailleurs d'essayer de retrouver les
proches des 4 500 enfants dont on sait qu'ils vivent abandonnes a eux-memes
dans des camps du sud du Soudan et de negocier la reunion de ces familles
separees.
7. Enseignement palliatif
61. A tous ces enfants qui continuent de vivre dans la guerre et d'etre
deplaces d'un endroit a l'autre, l'UNICEF offre la tres simple assistance
qui leur permettra tout de meme d'entretenir un espoir et l'idee de
progres. Depuis le debut de 1994, il a aide plus de 2 000 ecoles en
formant des maitres et en fournissant les materiaux pedagogiques les plus
indispensables, afin que 300 000 enfants puissent recevoir un enseignement,
meme si les conditions restent rudimentaires. En 1994, des cours que des
organisations non gouvernementales ont assure avec l'aide de l'UNICEF dans
une cinquantaine d'endroits ont permis d'inculquer des notions de pedagogie
a 2 650 instituteurs. Sur les 1 200 maitres qu'il etait prevu de former
ainsi en 1995, 480 avaient deja suivi a la fin du mois de juin 12 cours
organises au sud du Soudan.
62. L'UNICEF a aussi assure en 1995 avec des ONG, a partir de Nairobi,
sept stages destines a former des conseillers en pedagogie pour
l'enseignement primaire; l'un de ces stages etait consacre aux besoins
psycho-sociaux des enfants en temps de guerre et l'enseignement de cinq
d'entre eux etait dispense dans des langues locales. On s'est tout
particulierement attache a repondre aux besoins scolaires dans les endroits
ou des enfants ont ete reunis avec leur famille, afin que l'ecole puisse
absorber ce surnombre et contribue a redonner a ces jeunes l'impression de
stabilite que la guerre a effacee.
63. L'UNICEF a inaugure en etablissant sur un bateau de l'operation Survie
qui a parcouru la Juba d'avril a juin 1995 une antenne de soutien educatif.
Son personnel a ainsi distribue dans 25 villages situes le long de la
riviere plus de 800 pochettes contenant des fournitures indispensables,
telles que cahiers, craies et crayons, suffisantes pour une annee scolaire
et qui permettront a plus de 35 000 enfants de mieux apprendre. Les plans
de cette distribution avaient ete etablis par le personnel de l'operation
Survie a Khartoum et a Nairobi, les deux centres travaillant en etroite
collaboration.
64. L'UNESCO, de son cote, a continue de s'employer, en collaboration avec
le Ministere de l'education, a repondre aux besoins immediats. C'est ainsi
qu'elle a recemment passe avec le Ministere un contrat par lequel elle
s'engage a aider a ameliorer les ecoles du sud du Soudan. Elle a aussi mis
au point pour l'operation Survie, dans le cadre de son programme
d'assistance dans les situations d'urgence et pour la reconstruction, un
module de formation acceleree des maitres, a l'usage des regions rurales,
des camps de refugies et des populations deplacees.
8. Integration des femmes dans le courant du developpement
65. L'UNICEF et les ONG competentes se preoccupent beaucoup de l'education
feminine, dans laquelle ils voient le principal moyen de reduire dans
l'avenir les inegalites entre les sexes. Au sud du Soudan, ou c'est la
population feminine qui subit le plus les effets du conflit, ils epaulent
des activites que des associations de femmes ont entreprises dans certains
endroits pour s'assurer des revenus, par exemple la creation de jardins
potagers cultives collectivement ou la confection de vetements, de meme que
des cours pour adultes. Le bureau de l'UNICEF a Khartoum a, pour la
premiere fois, analyse, en 1995, dans quelle mesure les activites de
secours tiennent compte des besoins particuliers des femmes; les resultats
serviront de repere pour aller plus loin encore en ce sens. Le bureau de
Nairobi travaille de son cote a faire prendre conscience aux personnels des
Nations Unies, des ONG et de l'operation Survie de la necessite de prendre
en compte la specificite des femmes.
9. Mise en place de moyens d'action
66. A la base de toutes les activites de l'operation Survie se trouve la
volonte de donner aux Soudanais des moyens de prendre eux-memes
l'initiative des actions de secours et de relevement. On s'attache donc en
premier lieu a epauler, par une assistance materielle et technique,
notamment par la formation, les organisations autochtones, en particulier
les sections du SPLM/SSIM qui se consacrent a des activites humanitaires,
les ONG et les associations feminines et autres associations
communautaires. On aide aussi les entites partenaires a se doter des
moyens necessaires pour mieux surveiller la situation et en rendre compte.
En 1995, cependant, il n'a pas ete possible de faire beneficier les ONG et
les autres entites soudanaises qui participent a l'operation Survie a de
nouveaux programmes en ce sens, du fait que l'appel des Nations Unies
demandant une aide pour les activites de cette nature n'a pas eu d'echo.
10. Logistique
67. Dans le sud du Soudan, region a peu pres trois fois plus etendue que
le Royaume-Uni, il n'y a que 40 kilometres de route pavee. Si on a
beaucoup fait pour ameliorer le reseau routier et negocier le percement de
nouvelles voies, c'est neanmoins le transport aerien qui reste le principal
moyen d'acheminer les secours et le personnel humanitaires - et l'element
le plus couteux dans l'assistance. Mais la plupart des ONG ont
imperativement besoin de l'appui logistique des Nations Unies, sous une
forme ou sous une autre, pour pouvoir continuer a operer dans cette region
et dans la zone de transition. L'UNICEF et le PAM, ce dernier coordonnant
les operations aeriennes, assurent la plupart des transports de personnel
et de secours pour le compte des organismes qui participent a l'operation
Survie. C'est ainsi qu'en 1994, ils ont achemine vers le sud du Soudan, a
partir de Lokichokio et de Kampala, plus de 7 600 tonnes de vivres et
autres secours, fournis par l'UNICEF lui-meme ou par des ONG. L'UNICEF
etant le principal organisme responsable de l'operation Survie dans le sud,
il fournit les fonds necessaires au camp etabli par les Nations Unies a
Lokichokio, qu'il gere et dont il assure, entre autres activites de
soutien, la securite en permanence.
D. Aide aux refugies
68. Au 30 juin 1995, le Gouvernement soudanais accueillait selon les
estimations 602 697 refugies, dont 514 297 Erythreens, 74 000 Ethiopiens, 4
400 Tchadiens et 10 000 personnes d'origine diverse (Ougandais, Zairois,
Somaliens, etc.). Sur ce nombre, 346 000 environ se trouvaient repartis
entre 27 zones d'installation et huit centres d'accueil beneficiant d'une
aide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les refugies (HCR).
69. Le nombre effectif de refugies residant au Soudan est difficile a
evaluer car ils n'ont pas ete recenses officiellement a date recente. Pour
remedier a cette situation, le HCR prevoit, en consultation etroite avec le
Gouvernement, d'organiser l'enregistrement systematique des refugies
pendant le dernier trimestre de 1995, afin d'en determiner le nombre reel.
70. Environ 45 % des refugies se trouvant au Soudan etaient auparavant des
pasteurs nomades, 35 % environ pratiquaient l'agriculture de subsistance et
les 20 % restants etaient semi-nomades et d'origine urbaine. Les refugies
se trouvant dans des camps beneficient de programmes (assistance
alimentaire, approvisionnement en eau, soins de sante primaires,
instruction elementaire, petite agriculture et reboisement a petite
echelle) realises par 13 organismes d'execution.
71. L'accord signe en avril 1994 par le Gouvernement erythreen et le HCR,
de meme que celui qui a ete signe entre le Gouvernement soudanais et le HCR
en septembre 1994, definissent dans ses grandes lignes le processus de
rapatriement volontaire des refugies erythreens, qui a demarre
effectivement en novembre 1994. A la fin de juin 1995, 24 235 refugies
avaient beneficie d'une aide au rapatriement. Les activites de
rapatriement volontaire vers l'Erythree reprendront au debut de novembre
1995, a la fin de la saison des pluies.
72. Le Gouvernement erythreen a declare que ses ressortissants etaient
tous libres de rentrer sans distinction d'appartenance politique,
religieuse, sociale ou autre. Il regne dans le pays un esprit de
reconciliation, qui a encourage les Erythreens a retourner chez eux quelle
qu'ait ete par le passe leur tendance. A l'heure actuelle, le Gouvernement
erythreen se preoccupe surtout de remettre en etat les equipements
endommages et les autres services sociaux des municipalites. De ce fait,
il donne la priorite a l'integration des rapatries dans les zones rurales,
tout en cherchant a definir de nouveaux principes et un plan-cadre qui
faciliteront la reinstallation des 100 000 rapatries du Soudan dont
l'arrivee est prevue a la fin de 1995 et au debut de 1996.
73. Au milieu de l'annee 1994, on estimait a 88 000 le nombre des
Erythreens qui avaient deja regagne leur pays spontanement, transitant par
Tessenney apres avoir quitte le Soudan. Ces mouvements datent de 1991,
mais les rapatries en question n'ont pas ete rayes de la liste des refugies
se trouvant dans les camps, leur depart n'ayant pas encore ete confirme par
les autorites soudanaises competentes. On estime qu'a la fin de 1995, 100
000 Erythreens environ auront regagne spontanement leur pays.
74. Le rapatriement de refugies ethiopiens se trouvant au Soudan, entame
en 1993, s'est poursuivi en 1994 et 1995. Au 31 juillet 1995, on comptait
au total 29 442 refugies qui avaient beneficie d'une aide au rapatriement.
Le HCR continuera a encourager et a assister le rapatriement volontaire de
refugies ethiopiens se trouvant au Soudan. Le rythme des rapatriements a
toutefois ete ralenti jusqu'ici par les contraintes qui entravent l'aide a
la reintegration, la capacite d'accueil des rapatries s'en trouvant
limitee. Il est prevu de rapatrier jusqu'a la fin de 1995 50 000
Ethiopiens supplementaires.
75. On a entame avec le Gouvernement soudanais et avec des representants
des Gouvernements zairois et ougandais des pourparlers sur l'organisation
de rapatriements volontaires de Zairois et d'Ougandais se trouvant
actuellement au Soudan. On a cherche surtout a conclure des accords entre
le Gouvernement en cause et le HCR et a definir conjointement un plan-cadre
d'operation, qui permettrait de faciliter le rapatriement volontaire des
refugies zairois et ougandais se trouvant au Soudan.
76. Le HCR continuera en 1995 et 1996 a encourager et assister les
rapatriements volontaires du Soudan. A terme, cela permettra de fermer des
camps, en remettant au Gouvernement soudanais les infrastructures et autres
equipements collectifs en bon etat. Les refugies erythreens et ethiopiens
qui ont besoin d'aide et ne souhaitent pas regagner leur pays seraient
ensuite transferes dans des camps dotes de meilleurs equipements
collectifs, en attendant que leur statut se precise.
IV. MESURES PRISES PAR DES ETATS MEMBRES
77. Outre les activites decrites plus haut, plusieurs Etats Membres ont
fourni des renseignements sur les mesures prises en application de la
resolution 49/21 K de l'Assemblee generale.
Autriche
78. Pour l'annee 1994, le Gouvernement autrichien a fourni au Soudan une
aide humanitaire d'un montant de 1 million de shillings pour des projets du
HCR repondant a des besoins d'urgence et destines au relevement du pays.
Belgique
79. Les contributions belges au Soudan se sont elevees au total a 142 763
452 francs belges, dont 124 563 452 sous forme d'aide alimentaire et 18 200
000 sous d'autres formes d'aide d'urgence.
Finlande
80. En juin 1995, la Finlande avait deja verse au Soudan des contributions
s'elevant a 1 million de markkaa par l'intermediaire du Comite
international de la Croix-Rouge et a 1 million de markkaa par
l'intermediaire de l'UNICEF. La reception d'une contribution destinee au
Soudan par l'intermediaire du PAM est en cours.
Allemagne
81. Le Gouvernement allemand a verse au Soudan une aide destinee a des
programmes humanitaires et a des programmes de nutrition :
(en deutsche mark)
Programmes humanitairesProgrammes de nutrition19921 189 5026 086 62619931
619 5376 900 53819942 999 9545 253 576
82. En outre, l'Allemagne a verse en 1993 et 1994 298 000 deutsche mark
et 277 184 deutsche mark respectivement a des projets sanitaires destines
aux refugies soudanais se trouvant en Ouganda. En 1995, 1 150 000 deutsche
mark ont deja ete reserves a des activites prevues par le Groupe des
programmes speciaux d'urgence a Khartoum et par l'UNICEF.
Grece
83. Le Gouvernement grec a decide de verser un montant de 5 millions de
drachmes (soit environ 21 000 dollars des Etats-Unis) au titre de
l'assistance d'urgence au Soudan.
Irlande
84. La contribution irlandaise au Soudan en 1994-1995 s'est elevee a 918
000 livres irlandaises, dont 603 000 versees en 1994 par l'intermediaire de
Christian Aid, de GOAL, de la Croix-Rouge irlandaise, d'OXFAM (Royaume-Uni
et Irlande), de Trocaire, de l'UNICEF (Irlande), du PAM et de
l'Organisation internationale de perspective mondiale, et 315 000 versees
en 1995 par l'intermediaire de Christian Aid, de GOAL et de l'UNICEF
(Irlande).
Italie
85. Le Gouvernement italien compte verser au Soudan 5 milliards de lires
sous forme d'aide alimentaire (y compris transport et distribution) et 2
milliards de lires sous forme d'assistance sanitaire.
86. En outre, dans le cadre de l'operation speciale approuvee en 1991 en
faveur des refugies soudanais, l'Italie fait realiser par des ONG dans le
sud du pays un programme de distribution de vivres d'un montant de 3
milliards de lires.
87. On met actuellement en place un programme en faveur des refugies
erythreens de Kassala, d'une valeur totale de 2,02 milliards de lires.
Japon
88. Le Gouvernement japonais a apporte au Soudan, au cours de l'exercice
1994, une assistance speciale qui se repartit comme suit :
Operation de secours aux personnes touchees par le conflit au Soudan (par
l'intermediaire du PAM)4 000 000 de dollarsOperation de secours (par
l'intermediaire du PAM) : ble importe des Etats-Unis : (4 254 tonnes)2 830
000 dollarsAide aux refugies se trouvant au Soudan (par l'intermediaire du
HCR)800 000 dollarsOperation de secours aux refugies (par l'intermediaire
du CICR)400 000 francs suissesAide aux refugies africains victimes des
conflits au Liberia, au Soudan et en Somalie (par l'intermediaire du PAM)11
320 000 dollars Luxembourg
89. Les contributions versees par le Luxembourg a des programmes d'aide
humanitaire d'urgence au Soudan se sont elevees pour l'annee 1994 a 149 410
dollars des Etats-Unis.
V. OBSERVATIONS FINALES
90. L'operation Survie au Soudan a pris une ampleur considerable depuis
son demarrage, en 1989, comme un programme de courte duree, qui visait a
fournir des secours alimentaires et des produits et services essentiels.
Si elle fournit toujours une aide alimentaire et des soins de sante de base
en vue d'abaisser la mortalite et la morbidite parmi les populations
touchees par les conflits, son action s'etend desormais a tout un eventail
d'activites telles que la securite alimentaire des menages,
l'approvisionnement en eau et l'assainissement, la fourniture d'abris de
premiere necessite, des projets de remuneration alimentaire du travail pour
soutenir la production agricole et relever les services sanitaires,
l'enseignement primaire, l'appui aux enfants traumatises psychologiquement,
le renforcement des capacites et la promotion des principes humanitaires.
91. Les negociations que le Departement des affaires humanitaires a menees
avec les parties au conflit ont considerablement facilite l'acces aux
personnes sinistrees. Les programmes definis dans le cadre de l'Appel
global interinstitutions lance par l'Organisation des Nations Unies en 1995
en faveur du Soudan s'adressent a 4,25 millions d'entre elles environ.
Malgre les entraves a son action, l'operation Survie au Soudan touche a
l'heure actuelle un nombre de personnes jamais egale dans le passe.
Initialement, l'operation Survie au Soudan desservait huit sites dans le
sud du Soudan. A la suite de l'Accord de mai 1994, promu par l'Autorite
intergouvernementale pour la lutte contre la secheresse et pour le
developpement, ce chiffre est passe a 77. Depuis, l'operation a developpe
ses activites et dessert a l'heure actuelle 104 sites. Cette amelioration
est pour une grande part due a la bonne volonte dont ont fait preuve les
parties concernees.
92. A quelques exceptions pres - notamment la suspension d'une ONG
internationale oeuvrant dans le cadre de l'operation Survie au Soudan par
suite d'un manquement aux procedures operationnelles, et l'absence d'accord
sur les modalites applicables aux ONG operant en dehors de Khartoum - la
cooperation entre l'ONU et les ONG, nationales et internationales, demeure
excellente, particulierement lorsque l'operation Survie au Soudan sert de
cadre a l'action humanitaire. Le cadre d'activite des ONG internationales
operant en dehors de Khartoum et la reprise des pourparlers tripartites sur
l'acheminement des secours vers les zones de conflit doivent faire l'objet
d'une collaboration etroite entre toutes les parties concernees et l'Envoye
special du Secretaire general pour les affaires humanitaires afin de
faciliter et de renforcer le dialogue.
93. Les enlevements et les detournements de l'aide humanitaire sont des
actes que l'on doit condamner avec la plus grande energie. Outre la menace
qu'ils font peser sur la securite des agents sanitaires, ces incidents, qui
s'ajoutent aux contraintes financieres et au fait que depuis un certain
temps il devient de plus en plus difficile d'acheminer les secours par voie
aerienne en raison des restrictions imposees, entravent le bon deroulement
de l'operation Survie. Chacun de ces facteurs a un impact negatif sur les
operations humanitaires au Soudan, et les parties en cause doivent
s'abstenir de prendre toutes mesures qui empecheraient les secours
humanitaires de parvenir aux personnes qui en ont besoin et
compromettraient le cadre de la cooperation et de la bonne execution d'une
operation humanitaire reussie et unique en son genre.
94. Le prochain examen de l'operation Survie pour le Soudan sera
l'occasion de juger objectivement de l'efficacite de cette operation et
d'evaluer la mesure dans laquelle elle contribue a raffermir l'engagement
de la communaute internationale a l'egard des droits humanitaires des
personnes qui se trouvent dans des situations d'urgence complexes.
ANNEXE
Liste des organisations non gouvernementales operant au Soudan
A. Organisation non gouvernementales internationales et nationales
operant a partir de Khartoum
1.ACORD
2.Agence internationale adventiste de secours et de developpement
3.Action internationale contre la faim (AICF)
4.AL-DAWA Al-Islamiya
5.African Society for Humanitarian Aid and Development (ASHAD)
6.Benevolence International Organization (BIR)
7.CARE International
8.Christian Outreach
9.Episcopal Church of Sudan/Sudan Development and Relief Agency (ECS/SUDRA)
10.Fellowship for African Relief (FAR)
11.GOAL
12.Federation internationale des societes de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge
13.Organisation internationale islamique de secours
14. International Islamic Women's Centre (IIWC)
15.Comite international de secours
16.Agence islamique de secours pour l'Afrique (AISA)
17. Islamic Relief (Royaume-Uni)
18.KODRA Foundation
19.Lalmba Sudan
20.Medecins sans frontieres - France
21. Medecins sans frontieres - Hollande
22.Muwafaq Foundation
23.Al Nagda Organization
24.Norwegian Church Aid (NCA)
25.OXFAM (Royaume-Uni)
26.Radda Barnen, Save the Children Fund (Suede)
27.Sudan Council of Churches (SCC)
28.Save the Children Fund (Royaume-Uni)
29.Federation de protection de l'enfance (Etats-Unis d'Amerique)
30.SOS Sahel (Royaume-Uni)
31.Sudanese Love and Peace Organization (SLPO)
32.Sudanese Red Crescent (SRC)
33.Save Sudanese from Disasters & Care for Children (SSDCC)
34.Sudan Aid
35.National Council of YMCA/Sudan
B. Organisations non gouvernementales oeuvrant avec l'operation Survie
dans le sud du Soudan au 1er juin 1995
SIGLENOMREGIONDOMAINE D'ACTIVITEAAINAction Africa in NeedOuest de
l'EquatoriaSecours alimentaires, sante, agriculture,
educationACROSSAssociation of Christian Resource Organizations Serving
SudanBahr el-Ghazal, est et ouest de l'Equatoria, Haut-NilSante, education,
services veterinaires, agriculture, secours alimentaires et autres-Agence
internationale adventiste de secours et de developpementDistrict de
Chukudum, Akobo, MaridiAgriculture, education, sante, services
veterinaires, eauAICFAction internationale contre la faimLabone,
MughaleSante, nutrition, eauAISAAgence islamique de secours pour
l'AfriqueVilles sous controle du Gouvernement soudanaisSante, nutrition,
services veterinaires, eauANVAssociation of Napata VolunteersAkot, Gogrial,
MathiangicAgriculture, educationARCAmerican Refugee CommitteeDistrict de
Kajo-KejiSanteCARECooperative pour l'aide americaine au monde
entierTamburaAgriculture, sante, peche, secours alimentairesCDACommunity
Development AssociationLafonProjets destines aux femmes, agriculture,
santeCMAChristian Mission AidAyod, Mogok, MaiwutAgriculture, sante,
nutrition, eauCOSVCo-ordinationg committee of the Organization for
Voluntary ServiceNyalSanteCRRSCush Relief and Rehabilitation
SocietyYirolAgriculture, sante, services veterinaires-Service de secours
catholiqueChukudum, Ikotos, Labone, Mughale, Nimule, YambioAgriculture,
sante, secours alimentaires-Diocese de RumbekRumbek, Marial Lou,
AgangrialSante, eau, education, secours alimentaires et autres -Diocese de
ToritEst de l'EquatoriaSante, educationGAAGerman Agro ActionBahr el-
GhazalAgriculture, abris, eauIASInternational Aid SwedenOuest de
l'EquatoriaAgriculture, education, eauIMCInternational Medical
CorpsTamburaVaccination, santeIRCComite international de
secoursLaboneSanteMDMMedecins du MondeAyodSanteMEDICMedical Emergency
Development International CommitteeEquatoriaEauMERMedical Emergency
ResponseManajangSanteMSF-BMedecins sans frontieresBelgiqueAkobo, Maridi,
Angatua, Bahr el-GhazalSante, nutrition, eauMSF-HMedecins sans
frontieresHollandeLeer, DuarSante, eauNCANorwegian Church AidLeer,
LokutokEducation, sante, eau, programmes destines aux femmes,
secoursNSCCNew Sudan Council of ChurchesBahr el-Ghazal, est et ouest de
l'Equatoria, Haut-NilAgriculture, developpement communautaire, education,
sante, programmes destines aux femmes, secours diversOXFAMRoyaume-
UniMaridi, Mundri, district de RumbekAgriculture, sante, sante, services
veterinaires, eauOXFAM-QuebecDistrict de CuibetEducation, services
veterinairesPISCES AIDLeer, Akobo, NyalPeche, eau, programmes destines aux
femmesRADDA BARNENSave the Children Fund (Suede)Akot, Leer, Maiwut,
MapourditEducation, questions psychologiquesSCF-UKSave the Children Fund
(Royaume-Uni)Bahr el-Ghazal, est de l'Equatoria, Junglei, Haut-
NilAgriculture, education, peche, services veterinaires, eau, secours
diversSMCSudan Medical CareNarusSanteSUPRAIDSudan Production AidAweil,
districts de Thiet et de TonjAgriculture, programmes destines aux
femmesWVIOrganisation internationale de perspective
mondialeYambioAgriculture, aide alimentaire, sante, secours divers et
renforcement des capacites
Note : Toutes ces organisations ont signe la lettre d'entente relative a
l'operation Survie au Soudan.
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Date last posted: 18 December 1999 16:30:10
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