Statement


AS WRITTEN

Statement by Burkina Faso
by His Excellency M. Blaise Compaore
President of Burkina Faso

at the World Summit for Social Development
Copenhagen, Denmark, March 1995


Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Messieurs les Représentants des Institutions Internationales,
Mesdames, Messieurs les Délègues,
Monsieur le Président du Sommet,


 Le présent sommet vient assurément a son heure en offrant l’opportunité 
d'une concertation et d'une réflexion sur le développement social dans le 
monde et, en particulier, sur celui de notre continent, I'Afrique, qui 
demeure la région alignant les indicateurs sociaux les plus défavorables.

 Les inégalités inter- et intranationales n’ont jamais été aussi fortes, 
sans possibilités apparentes le résorber les mécanismes fondamentaux sous-
tendent les alinentent et les entretiennent.

 A l’évidence, c'est l’humanité toute entière, au Nord comme au Sud, qui 
s'installe dans une période d'incertitudes sociales avec la mont‚e du 
chômage et l'aggravation de la pauvreté de masse. Ces deux éléments sont 
symptomatiques d'une véritable panne sociale qui risque de saper les 
fondements mêmes de nos sociétés.

 La duplication sociale qui en résulte ne manquera pas de bloquer nos 
capacités collectives a créer et a innover. Dès lors, nous sommes tous 
condamnes a freiner prioritairement l'extension de la pauvreté et du 
chômage.

 Cela nous impose, en toute conséquence, des politiques sociales d'une 
grande ampleur car il devient de plus en plus difficile de progresser sans 
reconstruire les communautés sociales écartelées, sans retisser le lien 
social face aux turbulences et aux incertitudes de l’économie mondiale.

Permettez moi d’apporter au débat deux séries de réflexion sur les 
questions qui sont au centre de nos peoccupations Il’s s’agit de l’analyse 
de la pauvreté de masse qui gangrener au élément des états africains et de 
celles des modalités de son éradication internationale.

 Quel que soit l'indicateur utilisé‚ les performances de l’économie 
africaine sont globalement médiocres du fait d'un ensemble de 
déséquilibres, contraintes et rigidités macro-économiques.

 Les ressorts traditionnels de solidarité et d’équilibre social qui 
stabilisent ce continent commencent a s'estomper les uns après les autres.

 Cette situation non seulement désintègre les structures de production et 
de l'infrastructure de base, élargit le chômage en faisant reculer l'emploi 
rémunéré, compromet le bien-être social des populations mais également elle 
dégrade de façon accélérée l’écologie.

 Dès lors, une stratégie plus efficace de lutte contre la pauvreté en 
Afrique doit être engagée a partir éléments essentiels comme:

1 - la relance d'une croissance economique faisant de l'emploi une priorité
2 - la gestion rationnelle des ressources naturelles;
3 - la maîtrise de l'explosion démographique et de l'urbanisation 
     accélérée;
4 - la maîtrise des options technologiques;
5 - la bonne gouvernance comprise comme a la fois un moyen et un objectif 
    de développement garantissant la participation populaire, la stabilité 
    politique, le développement institutionnel et le respect des droits de 
    l'homme.

Dans les pays africains, la pauvreté constitue une menace grave a la paix 
sociale d'autant plus que la tranche de la population vivant cette 
condition est la plus nombreuse.

 C'est pourquoi, la croissance en Afrique devrait s'appuyer prioritairement 
sur la mise en valeur ordonnée et rationnelle de l'agriculture, de 
l'agroindustrie, de l'industrie en vue de la satisfaction des besoins 
fondamentaux du plus grand nombre: nourriture, logement, habillement, 
énergie, accès a l'eau potable et aux soins médicaux.

 L'enjeu principal du continent africain est de réussir la politique 
d'ajustement dans l’équité, c’est-à-dire une politique qui, non seulement 
assure une croissance régulière mais aussi préserve la santé et l’éducation 
tout en améliorant les niveaux de productivité.

 Cette politique du développement social pour réussir doit être très 
fortement appuyée par des mesures qui peuvent être de plusieurs ordres 
notamment:

 - la mobilisation d'un flux d'aide substantiel au niveau international 
pour soutenir les indispensables investissements dans les secteurs sociaux 
comme l’éducation, la santé, I'assainissement, etc.;

 - la nécessité d'organiser de façon plus rationnelle et surtout concertée 
a l’échelle internationale, le système actuel d’intégration des marchés;

 - la promotion et la création de partenariats sociaux susceptibles de 
prendre en charge les problèmes spécifiques des groupes cibles;

- la reforme de l'environnement social de manière a y impulser des 
programmes a génération d'emplois bases sur des options technologiques a 
forte intensité de main-d’oeuvre.

 Par delà toutes ces questions fondamentales, la plus importante me semble 
être la recherche des modalités concrètes et nouvelles de financement 
solidaire du développement social. Je pense notamment au réinvestissement 
dans ce secteur:

- d'abord d'une partie de la dette africaine;

- ensuite, de la partie non liée de la coopération technique 
internationale;

- et en fin, des fonds de contrepartie.

 L'Afrique possède d’énormes atouts qui, combines avec une saine gestion de 
l’économie, en particulier du secteur agricole, une volonté politique de 
conduire les reformes et une solidarité internationale devraient produire 
des résultats appréciables.

 Pourquoi ne pas penser ici et maintenant a l'organisation d'une rencontre 
africaine pour approfondir ces propositions … l'endroit de tous nos 
partenaires du développement.

 Mesdames, Messieurs les délègues, Honorables invites,

 La dette africaine constitue aujourd'hui un handicap majeur malgré les 
rééchelonnements op‚r‚s et les annulations consenties. Elle continue 
d'asphyxier le financement de la croissance. Les économies réalisées par 
les politiques d’austérité et de rigueur sont transférées au lieu d’être 
réinvesties pour constituer une base autonome d'accumulation productive. Si 
aucune action d'envergure n'est entreprise, la fracture Nord/Sud risque de 
s'aggraver.

 Au moment ou l'Afrique est en pleine restructuration economique et met en 
place des politiques qui associent dans de mêmes objectifs efficacité 
economique et mieux-être social, la communauté internationale devrait 
accroître ses concours a des conditions concessionnelles.

 Je voudrais remercier le royaume du Danemark, son gouvernement et son 
peuple pour l’hospitalité généreuse a nous offerte. Ma gratitude va 
également au Secrétaire Général des Nations Unies, son Excellence Monsieur 
Boutros Boutros Ghali et aux organisateurs de ce sommet de solidarité et 
d'humanisme pour la qualité du travail accompli.
 

The electronic version of this document was prepared at the World Summit for Social Development by the United Nations Development Programme in collaboration with the United Nations Department for Public Information.This version has been posted online by the United Nations Department of Economic and Social Affairs (DESA). Reproduction and dissemination of the document - in electronic and/or printed format - is encouraged, provided acknowledgement is made of the role of the United Nations in making it available.

Date last posted: 25/01/2000 15:35:30
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