Distr. générale
- Établi par le Fonds des Nations Unies pour la population
(FNUAP), le présent rapport donne suite à une demande
formulée à la vingt-huitième session de la Commission
de la population et du développement1 tendant à ce qu'il
soit établi un rapport annuel sur les flux de ressources
financières et les mécanismes de financement devant
concourir à l'application du Programme d'action de la
Conférence internationale sur la population et le développement2
et s'inscrit dans le cadre du programme
de
travail de la Commission. Il donne suite également aux
résolutions 49/128 et 50/124 de l'Assemblée générale,
dans lesquelles celle-ci a demandé que soient établis des
rapports périodiques sur les flux de financières devant
concourir à l'application du Programme d'action.
- Le présent rapport examine : a) les flux internationaux
d'aide financière aux activ ressources ités en matière de
population pour 1995 et, provisoirement, pour 1996 et
1997, lorsque des données sont disponibles; et b) les
flux nationaux de financement de ces activités pour
1996. Il a été établi à partir de données
rassemblées
conjointement par le FNUAP et l'Institut démographique interdisciplinaire des Pays-Bas
- organisation
non gouvernementale de recherche sur la population
internationalement reconnue - dans le cadre d'un
nouveau projet de collaboration. Comme il a dû être
établi dans des délais très brefs, ses données sont
incom-plètes, en particulier celles concernant les pays en
développement, et les chiffres présentés pour 1996 sont
donc provisoires.
- Les flux financiers spécifiques analysés dans le présent
rapport sont des flux - nationaux et internationaux -
destinés à financer les éléments chiffrés du Programme
d'action relatifs à la population (voir par. 13.14 du
Programme d'action), qui sont essentiellement au
nombre de quatre : services de planification familiale,
services de santé de base en matière de reproduction,
prévention des maladies sexuellement transmissibles
(MST), de la contamination par le VIH et du sida et
recherche fondamentale et analyse des données et des
politiques en matière de population et de développement. Le coût de ces
éléments d'ici à l'an 2000 a été
estimé, dans le Programme d'action, à environ 17
milliars de dollars par an. D'autres éléments importants
du Programme d'action tels que l'éducation universelle
de base, les soins de santé primaires et la survie de
l'enfant n'ont pas été chiffrés et ne sont pas examinés
dans le présent rapport. On a estimé à titre provisoire
que jusqu'à deux tiers des coûts des quatre éléments
chiffrés susmentionnés seraient couverts par les pays
eux-mêmes, le dernier tiers (5,7 milliards de dollars)
devant être financé par l'aide extérieure.
II. Aide extérieure en matière
de population
- De 1985 à 1995, l'aide extérieure en matière de population a
été généralement croissante. Elle a, en particulier,
augmenté de 25 % entre 1993 et 1994 - comme suite à
la Conférence internationale sur la population et le
développement et à la décision prise par de nombreux
gouvernements et organisations d'accroître leur aide
financière aux activités en matière de population - et de
24 % en 1995, où elle a atteint un peu plus de 2 milliards de dollars. Sur ce montant,
près de 1,4 milliard
de dollars ont été octroyés par les pays développés, 111
millions par des organisations et organismes multilatéraux (autres que le FNUAP), 85
millions par des sources
privées et 466 millions, sous forme de prêts pluriannuels, par les banques de
développement (la Banque
mondiale essentiellement).
- Des évaluations établies à partir des réponses à
des
questionnaires montrent que dans l'ensemble, l'aide
internationale en matière de population a légèrement
diminué en 1996 par rapport à 1995 (voir figure I).
Étant provisoires, cependant, elles sont susceptibles de changer.
Celles concernant certains pays donateurs, en particulier,
sont estimatives et non définitives, en raison de retards dans
l'établissement des rapports3, 4. La Commission aura communication
par voie officieuse de
toute nouvelle information.
Figure I
Évolution de l'aide internationale en matière
de population, 1990-1996
Note : Les données pour 1996 sont provisoires.
- On estime à environ 1,8 milliard de dollars le montant
total de l'aide extérieure en matière de population en
1996, soit 9 % de moins qu'en 1995. Sur ce montant, 1,2
milliard de dollars environ ont été octroyés directement
par les pays donateurs, 518 millions par les banques de
développement et 140 millions par les fondations
privées, dont les contributions ont augmenté.
A. Évolution de l'aide fournie par les pays donateurs
- Les dons consentis à titre bilatéral par les pays donateurs constituent la
majeure partie de l'aide internationale en matière de population. Cette assistance, qui
se
chiffrait à 669 millions dollars en 1990, s'est élevée à
près de 977 millions de dollars en 1994 et, en 1995, elle
a atteint 1,4 milliard de dollars, soit une augmentation
de 40 % par rapport à l'année précédente.
- Les données préliminaires font apparaître une faible
diminution des fonds principaux versés en dollars par
les pays donateurs en 1996, et ce bien que plusieurs
d'entre eux aient accru leur aide ou l'aient maintenue
au même niveau qu'en 1995 (voir figure II). Six pays
au moins (dont l'Union européenne) ont augmenté leur
aide en 1996 par rapport à 1995. Ceux qui l'ont le plus
augmentée en chiffres absolus sont les Pays-Bas, la
Suède, le Danemark, l'Union européenne, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne
et d'Irlande du Nord et
l'Australie. Ceux qui l'ont le plus augmentée en pourcentage sont l'Union
européenne, la Suède, les Pays-Bas
et le Danemark (voir sect. IV ci-après pour de plus
amples informations sur les nouvelles initiatives de
l'Union européenne).
- Cela étant, malheureusement, l'aide fournie par d'autres
pays donateurs a diminué en 1996. Celle qui a accusé
le recul le plus important est celle des États-Unis, dont
le montant provisoire (et incomplet) pour 1996 (463
millions de dollars) est inférieur de plus de 200 millions
de dollars à celui de 1995.4 Les États-Unis n'en sont pas
moins restés les premiers fournisseurs d'aide en matière
de population en chiffres absolus et en pourcentage de
l'APD consacrée à la population (5,1 %). L'aide extérieure
apportée par l'Autriche, la Finlande, l'Irlande,
l'Italie et le Canada a également diminué de 1995 à
19965.
Figure II
Aide bilatérale en matière de population consentie
par certains pays, 1995 et 1996
Note : Les données pour 1996 sont provisoires.
Figure III
Fluctuations des taux de change par rapport
au dollar des États-Unis, 1994 et 1996
Note : Les fluctuations ont été calculées par rapport aux taux
de change des monnaies des pays concernés en 1994, considérés
comme base 100.
Taux de change
- L'aide financière internationale étant évaluée en dollars,
on a examiné l'impact des fluctuations et de l'évolution
défavorable des taux de change. Ainsi qu'il ressort de
la figure III, le montant de l'aide fournie par sept pays
donateurs a été soumis à des fluctuations des taux de
change relativement importantes de 1994 à 1996; celui
de l'aide fournie par d'autres pays donateurs (non
indiqués sur cette figure) a été soumis à des fluctuations
plus faibles (moins de 2 points). Cependant, comme on
peut le voir, ces fluctuations ne sauraient expliquer à
elles seules la diminution globale de l'aide internationale en matière de population.
Seuls deux pays (le Japon
et la Suisse) ont vu leur monnaie se déprécier sensiblement par rapport au dollar,
dépréciation qui a été plus
que compensée par l'appréciation de plusieurs autres
devises au cours de la même période. Dans l'ensemble,
si les taux de change de 1994 (ou de 1995) s'étaient
maintenus en 1996, l'aide que les pays donateurs ont
consacrée aux activités en matière de population aurait
été légèrement plus faible au cours de cette
même année
qu'elle ne l'a été effectivement.
Comparaison avec l'aide publique
au développement
- La part des fonds principaux consacrés par les pays
donateurs aux activités en matière de population dans
l'APD a suivi une courbe ascendante de 1990 à 1995
- période au cours de laquelle elle est passée de 1,21 %
à 2,32 % - puis a chuté à 2,1 % en 1996. Ce recul
s'explique en partie par le fait que les dépenses concernant les soins dispensés
aux nourrissons et aux enfants
n'ont pas été prises en compte au cours de cette même
année mais est surtout dû à l'important fléchissement
de l'aide fournie par les États-Unis.
- En 1996, le pourcentage de l'aide en matière de population dans l'APD a
varié largement d'un pays à l'autre.
Bien que cette aide ait diminué, on observe - ce qui est
encourageant - que de plus en plus de pays donateurs
lui consacrent une part importante de leur APD. En
1995, les pays donateurs qui ont consacré 3 % de celle-ci ou davantage aux
activités en matière de population
n'étaient qu'au nombre de cinq alors qu'en 1996, ils
étaient au nombre de huit (États-Unis, Finlande, Danemark, Norvège,
Pays-Bas, Royaume-Uni, Australie et
Suède). Ces activités se voient donc accorder un rang
de priorité plus élevé, en dépit de la stagnation
générale
de l'APD.
Comparaison avec le produit national brut
- L'intérêt d'un pays pour les activités en matière de
population peut aussi se mesurer par rapport à son
produit national brut (PNB). En 1990, les pays donateurs ont versé, en moyenne, 43
dollars par million de
dollars de PNB au titre de ces activités. Variable ces
dernières années, cette part a atteint 62 dollars en 1995
puis chuté à 53 dollars en 1996. Dans ce cas aussi, le
recul enregistré peut être attribué pour une large part à
la diminution (provisoire) de l'aide fournie par les
États-Unis.
- Plusieurs pays ont fourni une aide qui a largement
dépassé la moyenne. Celui qui a apporté l'aide la plus
importante a été le Danemark qui, pour la première fois
en 1996, a versé 370 dollars par million de dollars de
son PNB. La Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la
Finlande ont eux aussi versé une aide substantielle.
Contributions versées par les donateurs
au FNUAP
- Les pays donateurs versent aussi d'importantes contributions aux activités en
matière de population à titre
multilatéral. La plus grande source multilatérale d'aide
à ces activités est le FNUAP. Les figures IVa et IVb
montrent les contributions que 12 pays membres du
Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE) ont versées
dans leur propre monnaie au budget de base du FNUAP de
1995 à 1997.6 La contribution qui a enregistré la plus forte
augmentatio en dollars en 1997 par rapport à 1996 (2,25
millions de dollars) a été celle des États-Unis. La contribution de
plusieurs autres pays donateurs (Irlande, Nouvelle-Zélande, Luxembourg et Portugal) a
augmenté en 1997 par
rapport à 1996 dans leur propre monnaie et en dollars alors
que celle d'autres pays (Finlande, Norvège, Pays-Bas et
Suisse) a augmenté dans leur propre monnaie mais diminué
en dollars en raison des fluctuations des taux de change. La
Suède et la France ont versé les mêmes contributions en
1997 qu'en 1996 mais le montant de ces contributions en
dollars a diminué par rapport à 1995 pour les mêmes
raisons.
Figure IVa
Participation des donateurs au budget de base
du FNUAP, 1995-1997
(Échelle : 0-60 millions de dollars)
Note : Les données pour 1997 sont provisoires.
Figure IVb
Participation des donateurs au budget de base
du FNUAP, 1995-1997
(Échelle : 0-20 millions de dollars)
Notes : Les données pour 1997 sont provisoires.
a/ Australie, Autriche, Belgique, France, Irlande, Italie,
Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Portugal.
- Les données concernant les recettes du FNUAP pour
1997 donnent à penser que les taux de change feront
baisser le montant en dollars de l'aide que les donateurs
ont affectée aux activités en matière de population au
cours de cette même année. Calculé en monnaies locales
puis converti en dollars, le montant de l'aide que 16
pays membres du CAD ont versée au FNUAP est passé
de 220 millions de dollars en 1996 à 187 millions de
dollars en 1997, soit une diminution de 33 millions de
dollars. Si les taux de change qui avaient cours lorsque
les contributions de 1996 ont été versées n'avaient pas
changé en 1997, ce montant aurait atteint 209 millions
de dollars. Les fonds destinés aux programmes appuyés
par le FNUAP en 1997 auraient ainsi été supérieurs de
22 millions de dollars, soit 12 % de plus que le montant
effectivement obtenu. La figure IVc montre l'évolution
des contributions versées par les donateurs au FNUAP
en monnaies locales en 1996 et en 1997 par rapport à
celles versées en 1995 (dont le montant sert de base 100,
symbolisée sur le tableau par une ligne verticale).
- En dépit de problèmes budgétaires et, parfois, d'une
situation économique difficile, le Danemark, les Pays-Bas, la Suisse, la Finlande, la
Suède, le Royaume-Uni,
le Canada et l'Allemagne ont versé en 1997 d'importantes contributions au FNUAP, dont
le plus important
bailleur de fonds reste cependant le Japon, avec une
contribution nette de plus de 54 millions de dollars.
B. Évolution de l'aide multilatérale dispensée
sous forme de dons
- Certains organes et organismes des Nations Unies
menant des activités liées à la population ou à la santé
en matière de reproduction fournissent eux aussi une
aide multilatérale en matière de population. C'est le cas,
notamment, de l'Organisation internationale du Travail
(OIT), du Fonds des Nations Unies pour l'enfance
(UNICEF), du Département des affaires économiques
et sociales du Secrétariat de l'ONU, de l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) et des commissions régionales. En 1995, le montant
de l'aide multilatérale à ces
activités qui a transité par eux s'est établi à près de 440
millions de dollars. En 1996, ce montant (346 millions
de dollars) n'a pu être estimé qu'à titre provisoire,
certaines organisations multilatérales n'ayant pas encore
communiqué le montant de leur aide. Le FNUAP reste
l'organisme qui fournit l'aide la plus importante en
matière de population, avec une contribution qui, en
1996, devrait avoisiner les 328 millions de dollars.
- Les ressources de base du FNUAP, qui sont passées de
212 millions de dollars en 1990 à 313 millions de
dollars en 1995, ont diminué légèrement en 1996, où
elles se sont établies à 309 millions de dollars. Le
FNUAP contribue au financement d'un grand nombre
de programmes et de projets dans les pays en développement et est la principale source
de financement des
activités menées par d'autres organes des Nations Unies dans le domaine de la
population. Le nombre de ses arrangements multibilatéraux, aux
termes desquels les donateurs bilatéraux lui confient des
fonds destinés à financer certains projets, est en augmentation. Le montant total
de ces fonds multibilatéraux, qui était
de 14,2 millions de dollars en 1995, s'est élevé à 18,3
millions de dollars en 1996. Il devrait continuer provisoirement à augmenter en 1997
et atteindre les 30 millions de
dollars.
Figure IVc
Financement des ressources de base du FNUAP par les donateurs, 1995-1997
(En monnaie
locale, 1995 = 100)
C. Évolution de l'aide multilatérale dispensée
sous forme de prêts
- Les banques de développement, qui octroient des prêts
aux pays en développement, constituent une importante
source multilatérale d'aide en matière de population.
Leurs contributions font l'objet d'une rubrique distincte
parce qu'elles sont versées sous forme de prêts plutôt
que de dons et doivent être remboursées. Octroyés en
une seule fois, leurs prêts sont généralement destinés à
couvrir des périodes de plusieurs années et, lorsque
c'est le cas, sont comptabilisés pendant l'année au cours
de laquelle ils sont approuvés.
- Le montant total des prêts octroyés par la Banque
mondiale au titre des activités en matière de population
à l'issue de son exercice budgétaire terminé en 1995
était de 448 millions de dollars et a été porté à 509
millions de dollars en 1996, montant le plus important
qu'elle ait jamais affecté à ces activités (voir figure V).
Sur ce montant, 253 millions de dollars ont été octroyés
par l'Association internationale de développement
(IDA), à des conditions très avantageuses, et 256
millions de dollars par la Banque internationale pour la
reconstruction et le développement (BIRD), à des taux
plus proches de ceux en vigueur sur le marché. La
Banque mondiale a en outre indiqué avoir versé un peu
plus de 8 millions de dollars à des donateurs intermédiaires aux fins du
financement de programmes intéressant la population et la santé en
matière de reproduction.
Figure V
Évolution des prêts multilatéraux d'aide
au développement dans le domaine de la population
Note : Les données pour 1997 sont provisoires; celles concernant la
BAsD pour cette même année ne sont pas disponibles.
- Au cours de son exercice budgétaire 1997 (terminé le
30 juin 1997), la Banque mondiale a octroyé des prêts
intéressant les domaines de la santé, de la nutrition et
de la population dont le montant s'est élevé à 940
millions de dollars, contre 2,3 milliards de dollars au
cours de l'exercice budgétaire 1996. Bien que ce montant n'ait pas encore
été ventilé par sous-secteur, on
estime à 230 millions de dollars le montant de ceux qui
concernent la population et la santé en matière de
reproduction, soit moins de la moitié du montant de
1996.
- Habituellement, les prêts d'aide au développement dans
le domaine de la population sont comptabilisés comme
faisant partie de l'aide internationale. Cependant, les
prêts que la Banque mondiale a octroyés par l'intermédiaire de la BIRD
sont, non pas des dons, mais des prêts
commerciaux qui doivent être remboursés avec un
intérêt. En revanche, ceux qu'elle a octroyés par
l'intermédiaire de l'IDA sont, pour la plupart, assimilables à des dons puisqu'ils
ne donnent lieu à remboursement qu'après une longue période de
grâce, que leur
taux d'intérêt est nul et que le principal n'est remboursable qu'à
très long terme (35 à 40 ans).
- Pour ce qui est des banques de développement régionales qui financent
des projets concernant le domaine de
la population, la Banque asiatique de développement
(BAsD) a octroyé 12 millions de dollars d'aide aux
activités en matière de population en 1995 mais a
indiqué n'en avoir octroyé que 1 million en 1996. La
Banque interaméricaine de développement a fait savoir
que bon nombre de ses prêts intéressant le secteur de la
santé servaient partiellement à financer des services de
planification familiale et des soins de santé primaires
en matière de reproduction mais qu'il lui était impossible de calculer la part du
montant de ces prêts servant
à financer des activités en matière de population. En
1996, elle a octroyé, aux fins de programmes et de
services de santé, des prêts d'un montant total de 484
millions de dollars dont une partie devait servir à
financer des services de planification familiale et de
santé en matière de reproduction.
D. Évolution de l'aide privée
- L'aide internationale dans le domaine de la population
est aussi financée, pour une large part, par le secteur
privé (fondations, organisations privées et organisations
non gouvernementales internationales). En 1990, cette
aide s'est élevée à 48 millions de dollars. Elle a
généralement augmenté depuis lors et, selon des données
préliminaires, devrait s'établir à 140 millions de dollars
en 1996. Les principaux bailleurs de fonds privés au
cours de cette même année ont été les Fondations Ford,
Rockefeller, MacArthur, Hewlett et Mellon (voir figure
VI).
Figure VI
Aide aux activités en matière de population
provenant de sources privées, 1994-1996
E. Dépenses par mode d'acheminement
de l'aide et par région géographique
- Outre qu'il constitue une importante source de fonds
principaux consacrés aux activités en matière de population, le secteur
non gouvernemental est aussi un grand
pôle de financement de ces activités. En 1990, les
organisations non gouvernementales ont financé un tiers
de l'aide en matière de population et, comme il est
indiqué à la figure VII, ont généralement joué depuis
lors un rôle croissant dans le financement de projets et
de programmes concernant ce domaine. En 1996, près
de la moitié de l'aide internationale apportée aux pays
en développement et aux pays à économie en transition
dans le domaine de la population a transité par elles.
Figure VII
Évolution de l'acheminement de l'aide
dans le domaine de la population, 1990-1996

Note : Les données pour 1996 sont provisoires.
- Ainsi qu'il ressort de la figure VIII, de 1990 à 1996,
l'aide fournie aux pays en développement dans le
domaine de la population a augmenté dans toutes les
régions du monde, en dépit de quelques fluctuations.
Ces 10 dernières années, cette aide a été plus importante
en Asie et dans le Pacifique et en Afrique subsaharienne
que partout ailleurs. Actuellement, les deux régions en
reçoivent plus de 70 % par an, l'Afrique subsaharienne
en ayant reçu 37 % à elle seule en 1996. La part de
l'aide apportée aux pays d'Afrique septentrionale et
d'Asie occidentale a augmenté elle aussi récemment. En
revanche, l'Amérique latine et les Caraïbes et l'Europe
ont reçu proportionnellement moins d'aide internationale en 1996 que
précédemment.
Figure VIII
Évolution de l'aide dans le domaine de la population,
par région bénéficiaire, 1990-1996
Note : Les données pour 1996 sont provisoires.
III. Flux de ressources financières
intérieures destinées aux activités
en matière de population
- Après la Conférence internationale sur la population et
le développement, tenue en 1994, le FNUAP s'est
engagé à collecter systématiquement des données sur
les flux de ressources intérieures afin d'élargir sa base
de données sur l'aide consentie par les donateurs
extérieurs. En juin 1997, des questionnaires ont été
envoyés à 62 représentants du FNUAP dans 154 pays;
au total, plus de 600 exemplaires du questionnaires ont
été envoyés à des organisations gouvernementales et
non gouvernementales dans les pays en question.
- Au 5 novembre 1997 (date limite pour que les données
figurent dans le présent rapport), 53 pays avaient fourni
des données sur les ressources financières intérieures
destinées aux activités en matière de population, et
celles de plusieurs autres pays étaient attendues; 17 de
ces 53 pays se trouvent en Afrique subsaharienne, 12
en Asie et dans le Pacifique, 15 en Amérique latine et
dans les Caraïbes, 4 en Asie occidentale et en Afrique
septentrionale et 5 en Europe orientale. Les réponses
reçues représentent plus de 60 % de la population totale
des pays en développement et des pays en transition
(Chine non comprise). Les données présentées ci-dessous (par
région géographique) couvrent 30 % de la
population de la région Amérique latine et Caraïbes,7
près de 40 % de la population d'Afrique subsaharienne,
d'Afrique septentrionale et d'Asie occidentale et plus
des trois quarts de la population des pays d'Asie (Chine
non comprise) et des pays en transition. Un rapport non
officiel sera présenté à la Commission, qui pourra ainsi
se faire des flux de ressources financières intérieures
une idée plus exacte que cela n'est possible actuellement.
A. Montant total estimé des ressources
financières intérieures (gouvernements
et organisations non gouvernementales)
- On trouvera dans le tableau 1 les estimations concernant
les flux financiers intérieurs provenant de deux sources
principales, à savoir les gouvernements et les organisations non gouvernementales
(ONG). Faute de données
exploitables, il n'a pas été possible d'inclure dans le
tableau le secteur privé (particuliers et ménages),
troisième principale source de financement. Compte non
tenu des ressources d'origine privée, le total estimé des
flux de ressources intérieures destinées aux activités en
matière de population en 1996, pour l'ensemble des
pays en développement et des pays en transition, est
voisin de 7 milliards de dollars (voir tableau 1, première
colonne)8. Cette estimation provisoire a été établie
d'après les données communiquées en 1996 par 53 pays
et sera révisée lorsque l'on disposera des données des
autres pays. La proportion de ressources d'origine
privée par rapport au total des ressources internes étant
actuellement estimé à 14 %, le montant brut total des
flux financiers intérieurs destinés aux activités en
matière de population en 1996 serait de 8 milliards de
dollars.
B. Dépenses des gouvernements et des ONG
par habitant
- Au 5 novembre 1997, 224 gouvernements et 261 ONG
nationales avaient renvoyé le questionnaire sur les flux
de ressources internes, dont les réponses ont pu être
traitées. La deuxième colonne du tableau 1 donne les
résultats de la collecte de données à cette date. Les
gouvernements des pays d'Afrique subsaharienne et les
ONG, comme on s'y attendait, comptent parmi ceux qui ont engagé le moins de
dépenses au
titre du programme de la Conférence internationale sur la
population et le développement (environ 37 dollars pour 100 habitants). Les pays en
transition ont également consacré des sommes
modestes aux activités liées à la Conférence. Les pays d'Afrique
septentrionale et d'Asie occidentale d'une part et le pays d'Asie
(Chine non comprise) d'autre part ont respectivement dépensé
environ 89 et 91 dollars pour 100 habitants. L'Amérique latine et
les Caraïbes se distinguent des autres régions car elles ont dépensé
environ 231 dollars pour 100 habitants au titre des services liés aux
éléments chiffrés du Programme d'action de la Conférence. Pris
dans leur ensemble, les pays en développement et les pays en transition ont
dépensé environ 88 dollars pour 100 habitants au titre
des dépenses internes engagées par les gouvernements et les ONG
pour les activités en matière de population.
Tableau 1
Dépenses engagées en 1996 par les gouvernements et les organisations non
gouvernementales au titre des
activités en matière de population (ensemble des pays en développement
et en transition)
|
| Total des dépenses intérieures
(en millons de
dollars É-U.)
| Total des dépenses intérieures
(en dollars É-U. pour 100 habitants) |
|
|
| |
| Afrique subsaharienne
| 200
| 37 |
| Asie et Pacifique
| 5 300
| 91 |
| Amérique latine et Caraïbes
| 1 100
| 231 |
| Afrique septentrionale et Asie occidentale
| 300
| 89 |
| Pays en transition
| 100
| 33 |
| Total
| 7 000
| 88 |
Note : Dans la première colonne, les estimations de 1995 concernant la
Chine sont incluses dans la rubrique Asie et Pacifique.
C. Ressources des ONG nationales
- Le tableau 2 donne une idée générale de l'origine et du niveau
des ressources des ONG. Dans l'ensemble, près de deux tiers
du financement des ONG provient de l'aide internationale, le
tiers restant provenant à parts égales des gouvernements nationaux et des fonds
propres. À l'échelle mondiale, les revenus
des ONG qui s'occupent des activitésen matière de population
sont, en moyenne, d'environ 4 dollars pour 100 personnes. Ces
données, qui correspondent à une source intérieure
supplémentaire de financement, indiquent que les programmes des ONG
ont un impact relativement faible comparé à ceux des
gouvernements.
- La première colonne du tableau 2 indique que les gouvernements des pays
d'Afrique subsaharienne, d'Asie et du Pacifique, d'Afrique septentrionale et d'Asie occidentale
octroient
une aide financière limitée aux ONG. Dans les pays en transition, près
d'un cinquième des revenus des ONG
sont d'origine nationale, et les gouvernements d'Amérique latine et
des Caraïbes contribuent pour plus de deux cinquièmes au financement des
ONG9. D'autre part, les ressources
d'autofinancement
(cotisations et dons) sont importantes dans certaines régions, en
particulier en Afrique septentrionale et en Asie occidentale (deux
cinquièmes des revenus) (voir tableau 2, troisième colonne). Les
ONG présentes en Afrique subsaharienne dépendent cependant
presque exclusivement de l'aide internationale.
Tableau 2
Montant des ressources intérieures des organisations non gouvernementales
au titre des activités en matière de population (1996)
|
| Sources
nationales
| Sources
interna-
tionales
| Ressources
propres
| Montant
total des
ressources
|
| Ressources
pour
100 habitants|
| Pourcentage
|
| Dollars É.-U. | |
|
|
|
|
|
| | | Afrique subsaharienne
| 2
| 89
| 8
| 100
|
| 8 | | Asie et Pacifique
| 9
| 71
| 21
| 100
|
| 2 | | Amérique latine et
Caraïbes
| 43
| 45
| 13
| 100
|
| 20 | | Afrique septentrionale
et Asie occidentale
| 2
| 58
| 40
| 100
|
| 5 | | Pays en transition
| 19
| 68
| 13
| 100
|
| 1 | | Total
| 18
| 65
| 17
| 100
|
| 4 | | |
Note : Les chiffres étant arrondis, la somme des pourcentages n'est
pas forcément égale à 100.
- Les chiffres de la dernière colonne du tableau 2 indiquent, en dollars pour
100 habitants, le niveau des
revenus des ONG par rapport à la population cible. Ces
revenus varient de 1 dollar dans les pays en transition
à 20 dollars en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Dans l'ensemble, les ONG ne reçoivent qu'environ 5 %
du total des ressources intérieures disponibles pour
financer la mise en oeuvre du Programme d'action de
la Conférence dans les pays en développement et les
pays en transition. Comparé aux programmes en matière
de population mis en parce par les gouvernements, les
activités des ONG sont peu importantes (en termes de
pourcentage) dans les pays d'Asie, où ces organisations
gèrent 2 % seulement des ressources. Les ONG sont en
revanche plus puissantes en Afrique subsaharienne, où
elles gèrent plus d'un quart des fonds destinés aux
activités en matière de population.
D. Indonésie : étude de cas10
- Une étude approfondie de la situation en Indonésie a
commencé en août 1997, dans le cadre du projet du
FNUAP et de l'Institut démographique interdisciplinaire
des Pays-Bas concernant les flux de ressources financières. Il est prévu de
réaliser sept études analogues en
1997 et 1998 afin d'examiner de manière approfondie
les questions touchant à la qualité des données, de
s'assurer du bon fonctionnement des méthodes de
collecte des données nécessaires au projet, d'étudier
plus en détail d'autres possibilités de financement
(ONG, secteur privé), et de déterminer comment
l'application du Programme d'action de la Conférence
modifie les flux de ressources.
- L'une des grandes conclusions tirées de l'étude effectuée en
Indonésie est que si l'aide extérieure a joué
un rôle majeur lors du lancement du programme de
population, l'aide gouvernementale couvre près de 90 %
des dépenses liées audit programme. Les ONG nationales jouent un rôle
croissant pour ce qui a trait aux
prestations de services mais sont fortement dépendantes
des ressources extérieures. Les apports financiers des
donateurs demeurent donc nécessaires tant pour aider
les ONG que pour renforcer la coopération Sud-Sud.
- Les programmes axés sur la planification familiale
s'orientent d'eux-mêmes davantage vers la santé en
matière de reproduction. Le Gouvernement prévoit de
cesser progressivement de financer les activités en
matière de population pour céder la place au secteur
privé. D'ici à l'an 2000, 50 % des services fournissant
des produits contraceptifs devraient être financés par le
secteur privé, ce qui ramènera la participation de l'État
à 20 %.
- Il ressort des estimations du coût de la contraception
pour les ménages indonésiens que 35 des 82 millions de
dollars dépensés par ces ménages en 1995 ont servi à se
procurer des moyens de contraception auprès de services publics, et 47 millions
à se les procurer auprès de
fournisseurs entièrement privés. Les dépenses totales
engagées par l'État et les ONG en Indonésie pour
financer les mesures énoncées dans le Programme
d'action de la Conférence s'élevaient à 244 millions de
dollars en 1996. Les ménages représentent donc un
pourcentage non négligeable des dépenses totales en la
matière (au moins 25 % en Indonésie), ce qui indique
clairement que l'on doit tenir compte des dépenses du
secteur privé dans les prévisions relatives au flux total
de ressources financières.
IV. Mobilisation de ressources et financement nécessaire
pour la mise en oeuvre du Programme d'action de la
Conférence
- Dans le Programme d'action de la Conférence, on a
estimé que, dans les pays en développement et les pays
en transition, la mise en oeuvre de programmes axés sur
les services essentiels de santé en matière de reproduction, les services de
planification familiale, la prévention des maladies sexuellement transmissibles (VIH/sida
en particulier), et l'analyse des politiques liées à la
population et au développement, coûterait 17 milliards
de dollars d'ici à l'an 2000. Il était donc recommandé
qu'environ deux tiers des coûts prévus dans les pays en
développement soient financés au moyen de ressources
internes, et jusqu'à un tiers (soit 5,7 milliards de dollars)
par la communauté internationale des donateurs. Il
s'agissait là d'objectifs globaux qui ne s'appliquaient pas
nécessairement aux niveaux régional ou national.
- Outre les mesures chiffrées en matière de population,
le Programme d'action préconisait l'adoption de programmes de développement
socioéconomique afin de
renforcer le système de prestations de soins de santé
primaires et les programmes visant à assurer la survie
de l'enfant, assurer une éducation de base à tous, améliorer la condition
et le pouvoir d'action des femmes,
créer des emplois, préserver l'environnement, assurer
la prestation de services sociaux et lutter contre la
pauvreté par une croissance économique soutenue.
- Des ressources supplémentaires seront nécessaires au
financement des programmes par lesquels on se propose
d'atteindre ces vastes objectifs sociaux. L'application
de la formule 20 %/20 % est une initiative majeure à
cet égard, les donateurs s'engageant à consacrer 20 %
de leur aide au développement à l'amélioration des
services sociaux de base et les pays en développement
à y affecter le même pourcentage de leur budget national. En avril 1996,
à Oslo, les Gouvernements norvégien
et néerlandais ont parrainé une réunion internationale
sur la mise en oeuvre de ces accords entre les pays
concernés. Une réunion de suivi devrait avoir lieu en
septembre 1998 au Viet Nam pour faire le point des
résultats obtenus dans l'application de la formule 20/20.
L'un des exemples concrets qui sera examiné à cette
occasion sera celui du pacte de type 20 %/20 % concernant la Namibie. Une récente
étude sur les ressources
allouées aux services sociaux de base en Namibie
indique que les fonds versés par les gouvernements et
par les donateurs ont les uns comme les autres dépassé
le niveau de 20 %, permettant ainsi un développement
équilibré.
A. Initiatives en matière de financement
- Au cours des trois années écoulées depuis la Conférence
sur la population et le développement, un certain
nombre d'initiatives ont été prises par les gouvernements et la
communauté internationale en vue d'accroître le volume des ressources disponibles
pour la
mise en oeuvre du Programme d'action. Le présent
rapport ne traitera que des mesures récentes, c'est-à-dire
de celles qui ont été prises depuis le dernier rapport,
lequel faisait en particulier état des initiatives prises par
divers pays donateurs (Japon, Allemagne, Royaume-Uni, Danemark, Pays-Bas et Australie en
particulier).
- Le FNUAP a organisé en février 1997 une réunion avec
les donateurs pour dresser le bilan des ressources
mobilisées depuis la tenue de la Conférence et examiner
les moyens d'en accroître le volume. Les participants à
la réunion ont souligné la nécessité d'obtenir l'appui du
secteur privé. Ils ont également fait valoir que la non-réalisation des
objectifs de financement énoncés dans
le Programme d'action avait des conséquences sur les
taux de fécondité et de mortalité et sur les programmes
liés à la santé; il fallait soigneusement analyser ces
conséquences et diffuser les conclusions tirées afin de
mieux montrer aux responsables qu'il était indispensable
d'accroître le volume des ressources. Les membres du
Comité d'aide au développement de l'OCDE continuent
d'attacher une grande importance aux activités en
matière de population, comme l'indique le document
d'orientation récemment paru, intitulé Le rôle de la
coopération pour le développement à l'aube du XXIe
siècle. Dans un rapport publié par son secrétariat en
août 1997 (Will donors meet their Cairo commitments?), le Comité examine les
arguments en faveur
d'une augmentation de l'aide internationale pour la mise
en oeuvre du Programme d'action; ce document permet
aussi de réveiller l'attention des membres du Comité.
- Les membres du programme commun coparrainé des
Nations Unies sur le VIH et le sida (ONUSIDA) ont
lancé un programme mondial de suivi concernant les
ressources financières (extérieures et intérieures)
consacrées à la prévention et au traitement du VIH/sida.
Cette nouvelle source d'information facilitera l'obtention d'estimations plus précises des
ressources consacrées aux activités de prévention des maladies
sexuellement transmissibles et du VIH/sida, qui constituent l'un
des quatre principaux éléments chiffrés mentionnés dans
le Programme d'action.
- L'Union européenne continue de fournir une assistance
accrue aux activités en matière de santé. Outre l'accord
de coopération conclu avec le FNUAP, qui prévoit le
versement de 31 millions de dollars au titre du financement des programmes de population dans
les pays
d'Asie, elle négocie avec l'Inde un accord concernant
la mise en oeuvre d'un nouveau projet sur la santé en
matière de reproduction et la santé des enfants (environ
232 millions de dollars). L'Union européenne continue
également de resserrer ses liens avec le FNUAP au
moyen d'un certain nombre d'accords multibilatéraux
sur l'exécution de projets touchant la population en
Amérique latine, en Afrique et dans les pays de la
Communauté d'États indépendants.
- Étant donné la tendance négative qui a marqué les flux
de ressources en 1996, la Fondation Hewlett a pris les
devants en créant un groupe informel constitué de
fondations philanthropiques privées particulièrement
soucieuses que des ressources suffisantes soient mobilisées aux fins de la mise en oeuvre
du Programme
d'action. L'un des objectifs de ce groupe sera d'élargir
la base de ressources en faisant prendre conscience aux
donateurs potentiels non traditionnels appartenant au
secteur privé qu'il est nécessaire d'atteindre les objectifs
énoncés dans le Programme d'action de la Conférence
internationale sur la population et le développement.
- En juillet 1997, le FNUAP a parrainé une réunion entre
des donateurs, des fabricants de contraceptifs et des
représentants de pays en développement; cette réunion
visait à élargir le marché des contraceptifs oraux dans
les pays en développement. Le débat a porté sur la
manière de combiner le savoir-faire des sociétés commerciales et la
nécessité pour le secteur public de servir
les couches de la population dont les revenus sont les
plus modestes.
- Le FNUAP participe aux initiatives que le Secrétaire
général a prises aux fins de multiplier les contacts avec
le secteur privé pour mieux équilibrer les dépenses et
appuyer la réforme financière des activités opérationnelles de
l'ONU.
B. Précisions concernant l'analyse des besoins
- Le Programme d'action de la Conférence internationale
sur la population et le développement invite la communauté internationale
à examiner régulièrement les
besoins particuliers des pays dans le domaine de la
population et du développement (par. 16.28). Le Programme d'action donnait des
estimations globales et les
estimations des besoins régionaux faisaient l'objet d'un
document de fond établi aux fins de la Conférence, mais
il demeure indispensable de prendre des mesures pour
améliorer l'information sur les besoins au niveau national.
- L'établissement du coût de chacun des éléments du
programme de santé en matière de reproduction demeure un problème
majeur pour les pays qui s'efforcent
d'adapter leurs programmes à la réalisation des objectifs
fixés lors de la Conférence. La Banque mondiale et
l'Organisation mondiale de la santé ont parrainé une
réunion informelle au cours de laquelle a été examiné
le rôle de l'analyse financière et économique sur l'élaboration de
projets/programmes relatifs à la santé en
matière de reproduction. Le National Research Council
(États-Unis d'Amérique) vient de publier une étude
importante (Reproductive Health in Developing Countries: Expanding Dimensions, Building
Solutions) dans
laquelle sont examinés en détail les aspects opérationnels et financiers.
Parmi les autres initiatives, on peut
citer le programme du Conseil de la population, qui
permettra de mieux définir les éléments opérationnels
et de fournir des services de meilleure qualité, de
prévenir les risques liés aux avortements non médicalisés,
d'améliorer la qualité des soins postnatals et d'intégrer dans les soins de
santé en matière de reproduction
un programme de prévention des MST. Ces mesures,
entre autres, permettront progressivement d'évaluer avec
plus d'exactitude le volume des ressources nécessaires
au niveau national.
V. Système de collecte des données
sur les flux de ressources financières
- Depuis le dernier rapport présenté à la Commission
en 1997, le FNUAP a élargi et amélioré son système de
collecte des données. Outre le suivi de l'aide internationale aux activités en
matière de population et la publication annuelle des conclusions dans le Global
Population
Assistance Report, le FNUAP et l'Institut démographique interdisciplinaire des
Pays-Bas ont entrepris
ensemble de collecter systématiquement les données
relatives aux flux de ressources financières intérieures
destinées aux activités en matière de population.
- Ce projet du FNUAP et de l'Institut démographique
interdisciplinaire des Pays-Bas a non seulement permis
d'avoir un tableau plus complet des flux mondiaux de
ressources mais encore de collecter systématiquement
les données concernant les allocations et les dépenses
intérieures des États et les données concernant le
financement des activités en matière de population par
les ONG, comme cela est étudié dans le présent rapport.
Il existe désormais une base de données sur les flux de
ressources intérieures et internationales, qui sera actualisée chaque année
et constitue une précieuse source
d'information sur l'ensemble de la population.
- L'Institut démographique interdisciplinaire des Pays-Bas a ouvert une page
d'accueil sur Internet
(http://www.nidi.nl/resflows). Une réunion se tiendra
au début de l'année 1998, au siège de l'Institut, au sujet
de la collecte et de la classification des données
relatives à l'ensemble de mesures chiffrées en matière
de population prévu par la Conférence, cela afin de
préparer les questionnaires devant servir à collecter les
données sur les flux de ressources enregistrés en 1997
(aide des donateurs et flux intérieurs). Les parties qui
s'intéressent à l'amélioration de la méthodologie de
collecte des données, y compris les organisations de
donateurs, devraient participer à la réunion.
Classification des activités en matière de
population
- En collectant des données sur les flux de ressources
enregistrés en 1995 et 1996, on s'est efforcé de
commencer à donner suite aux objectifs fixés lors de la
Conférence internationale sur la population et le
développement, en adoptant une classification des
activités plus proche de l'ensemble de mesures chiffrées
en matière de population prévu par ladite Conférence.
Les questionnaires portant sur l'année 1995
comportaient des catégories d'activités qui ne figuraient
pas dans les versions précédentes, notamment des
catégories distinctes pour les dépenses consacrées aux
services de base en matière de santé de la reproduction
autres que les services de planification familiale
(diagnostic, traitement, consultations et conseils
concernant les maladies sexuellement transmissibles
(MST), notamment le VIH/sida; prévention des MST
et du VIH/sida; et soins de santé maternelle, infantile
et postinfantile).
- Les questionnaires portant sur l'année 1996 ont été
légèrement modifiés et les catégories d'activités en
matière de population ont été mieux adaptées aux
systèmes utilisés par les organismes qui fournissent les
données. La principale modification a été la suppression
de la catégorie correspondant aux dépenses et aux
allocations liées aux soins de santé infantile et
postinfantile. En 1996, la collecte de données portait
donc sur les catégories ci-après : services de
planification familiale; services de santé de base en
matière de reproduction; activités de prévention des
MST et du VIH/sida; recherche fondamentale, données
et analyse des politiques en matière de population et de
développement.
- Il convient de souligner que les chiffres des années 1995
et 1996 proviennent d'une classification un peu
différente de celle qui avait été utilisée les années
précédentes. Des modifications ont été apportées
après
la Conférence du fait que l'on a actualisé les systèmes
d'enregistrement des données de façon à tenir compte
du Programme d'action de la Conférence. Plus il sera
facile d'associer des dépenses précises à chaque mesure
chiffrée en matière de population sur la base des
programmes généraux dans ce domaine, plus il sera
possible de fournir une série de données cohérentes
rétrospectivement corrigées pour inclure une liste
précise d'éléments de programme.
VI. Conclusions
- Le présent rapport contient une analyse des flux
financiers destinés aux activités en matière de
population pour 1995 et 1996, les chiffres relatifs à cette
dernière année étant provisoires. En 1996, l'aide
internationale des donateurs, acheminée par la voie
bilatérale ou multilatérale ou par le biais du secteur
privé et des banques de développement, est tombée à
environ 1,8 milliard de dollars, après avoir enregistré
une forte augmentation au cours des deux années
précédentes. Cette baisse s'explique en partie par la
stagnation ou la diminution générale de l'aide publique
au développement et par les difficultés que plusieurs des
pays donateurs ont éprouvées en 1996; elle tient aussi
aux nouvelles définitions utilisées pour la collecte des
données et à la diminution sensible des contributions de
l'un des pays donateurs. D'un autre côté, plusieurs
donateurs ont continué de donner la priorité à l'aide aux
activités en matière de population et la part de l'aide
publique au développement consacrée à ces activités a
augmenté, et ce sont là des constatations positives.
- Bien qu'incomplètes au moment de l'élaboration du
présent rapport, les données concernant les flux
financiers intérieurs dans les pays en développement et
les pays en transition ont permis de se faire une idée
générale des efforts consentis par les pays en
développement et en transition eux-mêmes pour mettre
en oeuvre le Programme d'action. Dans ces pays, les
flux financiers intérieurs destinés à la mise en oeuvre
du Programme d'action (y compris l'aide provenant des
gouvernements, des organisations non
gouvernementales et du secteur privé) représentaient
environ 8 milliards de dollars en 1996 et environ 80 %
du montant total des ressources disponibles pour les
programmes de population. Ce pourcentage général ne
fait toutefois pas apparaître les flux intérieurs beaucoup
plus faibles enregistrés dans les pays pauvres, qui sont
incapables de produire les ressources nécessaires. Ainsi,
compte non tenu de l'Inde, de la Chine, de l'Indonésie
et du Mexique, les ressources intérieures des pays en
question sont légèrement supérieures à 50 %, c'est-à-dire
que près de 50 % du financement des programmes
en matière de population de ces pays dépendent de
sources extérieures.
- Au total, l'effort international de mobilisation des
ressources consenti en 1996, d'après les résultats
préliminaires de la collecte de données, a permis de
réunir environ 10 milliards de dollars. Comparer ce
montant avec les montants estimés des années
précédentes peut s'avérer trompeur, d'une part parce que
les définitions utilisées pour la classification ont été
révisées afin de mieux prendre en compte le Programme
d'action, et d'autre part parce que les données
concernant les flux de ressources en 1996 sont plus
nombreuses et plus fiables que celles dont on disposait
les années précédentes.
- Le présent rapport constitue un progrès important dans
la façon de rendre compte des flux financiers à tous les
niveaux, en se fondant sur le rapport de l'année
précédente, dans lequel on avait tiré parti des rapports
antérieurs en analysant pour la première fois les données
relatives aux flux de ressources intérieures. Le présent
rapport est plus fiable essentiellement en raison des
nouveaux accords conclus entre le FNUAP et l'Institut
démographique interdisciplinaire des Pays-Bas pour
créer et actualiser une base de données sur les flux
financiers. Bien que des difficultés aient été rencontrées
au début, comme on s'y attendait, cette source
d'information sera progressivement à la hauteur des
besoins de la communauté internationale en matière de
données sur les flux financiers mondiaux et permettra
d'assurer le suivi du Programme d'action de la
Conférence internationale sur la population et le
développement.
- Il est encourageant de constater que, depuis la tenue de
la Conférence, plusieurs gouvernements donateurs ont
adopté des politiques très positives en faveur des
activités en matière de population, et qu'ils n'ont pas
réduit le niveau des flux financiers intérieurs.
L'importance croissante que de nombreux donateurs
accordent à la population dans le contexte de l'aide
publique au développement est un autre fait nouveau
positif constaté en 1996. La diminution de l'aide
extérieure en général est cependant quelque peu
décevante, d'autant plus que le rapport précédent faisait
état avec optimisme de deux années consécutives
d'accroissement du volume des ressources provenant des
donateurs. Il est à espérer que 1996 marquera un répit
et que le volume des ressources mobilisées augmentera
de nouveau afin que l'on puisse atteindre les objectifs
fixés pour l'an 2000. La mise en oeuvre réussie du
Programme d'action continue de dépendre de
l'augmentation du niveau des ressources et de leur
utilisation plus rationnelle. Les pays d'Afrique
subsaharienne, certains pays d'Asie et les pays les moins
avancés partout dans le monde auront besoin de
ressources internationales toujours plus importantes, et
tous les pays devraient accroître le volume des
ressources qu'ils consacrent aux activités en matière de
population et de santé en matière de reproduction.
Notes
1/Voir Documents officiels du Conseil
économique et social,
1995, Supplément No 7 (E/1995/27).
2/Rapport de la Conférence internationale sur la population
et le développement, Le Caire, 5-13 septembre 1994
(publication des Nations Unies, numéro de vente :
F.95.XIII.18), chap. I, résolution 1, annexe I.
3/Les informations concernant le Japon, qui est l'un des
grands bailleurs de fonds en matière de population, ne sont
pas encore disponibles pour 1996. On a donc utilisé celles
de 1995 pour établir le présent rapport. Les questionnaires
de l'Espagne, de la France, du Luxembourg et du Portugal
n'ayant pas encore été reçus, les estimations concernant ces
pays ne tiennent compte que des contributions qu'ils ont
versées au FNUAP pour 1996.
4/,À ce jour, les données sur l'aide que les
États-Unis ont
fournie aux activités de prévention des maladies
sexuellement transmissibles, de la contamination par le VIH
et du sida ne sont pas disponibles.
5/L'Allemagne a indiqué avoir à la fois réalisé des
dépenses
de 96 millions de dollars et versé (ou engagé) des fonds
d'un montant de 127 millions de dollars en 1996. Dans un
souci de cohérence, tous les fonds versés par les donateurs
pour 1996 ont néanmoins été rangés dans la catégorie des
dépenses, dans la base de données sur les flux de ressources,
et seront comptabilisés comme tels.
6/Les données sur les recettes du FNUAP pour 1997 sont
toujours provisoires.
7/Les questionnaires concernant le Brésil sont en cours de
traitement, mais ne sont pas disponibles pour le présent
rapport.
8/ La méthode d'estimation employée est simple : les chiffres
de la dernière colonne du tableau 1 sont multipliés par le
total d'habitants recensés dans chaque région en 1996, puis
additionnés. La Chine n'ayant pas communiqué ces données
suffisamment tôt pour qu'elles puissent être incluses dans le
présent rapport, ce sont les estimations de 1995 qui ont été
utilisées et ajoutées aux chiffres de la région Asie-Pacifique.
Les dépenses totales réalisées par la Chine (estimées à
3,5 milliards de dollars en 1995) ont été réparties sur les
quatre éléments du programme de la Conférence de la même
manière que pour le reste de l'Asie. Par ailleurs, la somme
de 471 millions de dollars destinée aux campagnes de
sensibilisation radiodiffusées et télévisées dont le
Gouvernement mexicain a fait état n'avait pas encore été
enregistrée ni entrée dans la base de données au moment de
l'élaboration du présent rapport. En l'absence de données
complètes et vu la simplicité de la méthode employée, il
convient d'utiliser avec précaution les estimations
provisoires.
9/ Bien que l'essentiel des revenus d'origine nationale des
ONG provienne des gouvernements, des investissements
modestes sont parfois consentis par des fondations
nationales ou des sources non répertoriées.
10/Un rapport tiré à
part sur l'Indonésie sera publié par le
FNUAP; des monographies sur l'Égypte et le Sénégal seront
réalisées avant la fin de 1997.