d) Technologies appropriées et rapport coût-efficacité
proportionné aux ressources disponibles.
La démarche reposant sur la notion de soins de santé
primaires a reçu une impulsion nouvelle et a été
réaffirmée
à la Conférence internationale sur la population et le
développement. Conformément à la Déclaration d'Alma-Ata, tous
les pays devraient réduire la mortalité et la
morbidité et prendre des mesures pour que d'ici à la fin de
la décennie en cours, tous aient accès aux services de santé
primaires, y compris en matière de procréation. Le
Programme d'action a défini des objectifs assortis d'un
calendrier, notamment s'agissant de l'espérance de vie, de
la mortalité, de la fourniture de services de planification
familiale, de la santé et de la reproduction, et de l'ensei-gnement primaire
universel.
Personnes âgées et personnes handicapées
La baisse des taux de fécondité et de mortalité a
radicalement transformé la structure par âges de la
population dans la plupart des sociétés, et a notamment et
surtout entraîné une augmentation sans précédent de la
proportion et du nombre des personnes âgées.
L'accroissement régulier du nombre des personnes âgées
est lourd de conséquences pour les pays, notamment en ce
qui concerne la viabilité future des mécanismes - formels
et informels - d'assistance aux personnes âgées qui sont
actuellement mis en place. Dans la plupart des sociétés, les
femmes, parce qu'elles vivent plus longtemps que les
hommes, représentent la majorité de la population des
personnes âgées et, dans de nombreux pays, les femmes
âgées pauvres sont particulièrement vulnérables. Dans la
mesure où elles vivent plus longtemps que les hommes, les
femmes se retrouvent plus souvent sans appui marital ou
familial et sont davantage menacées par des problèmes de
santé et d'incapacité. En outre, vu que leur accès à
l'éducation et à l'emploi est limité, elles ont moins de
possibilités que les hommes de gagner et d'économiser de
l'argent. En conséquence, un grand nombre des femmes
âgées vivent dans la pauvreté, sans appui ni filet de
protection sociale.
Dans le cadre de son Programme sur le vieillissement
et la santé, l'Organisation mondiale de la santé a récemment
examiné l'état de santé des femmes âgées dans le monde
et proposé un cadre d'action sous la direction de sa
Commission mondiale de la santé des femmes. De concert
avec l'OMS, la Division de la promotion de la femme du
Secrétariat de l'Organisation des Nations Unies organisera
en juin 1998 une réunion d'un groupe d'experts axée sur
les femmes et la santé qui s'efforcera de formuler des
projets de systèmes de gestion des soins de santé tenant
compte des sexospécifités, et ce, après avoir examiné les
cinq thèmes ci-après : hygiène du travail, hygiène de
l'environnement, santé mentale, vieillissement et nutrition.
La Commission de la condition de la femme examinera la
situation des femmes âgées à sa quarante-deuxième session,
en 1998, et consacrera sa quarante-troisième session (1999)
aux femmes et à la santé. La Division de la promotion de
la femme contribuera à l'Année internationale des
personnes âgées (1999) en effectuant, sur la base des profils
de pays, une étude sur les femmes âgées et le
développement qui contiendra des recommandations sur les
politiques à adopter pour améliorer la situation des femmes
âgées. En collaboration avec le programme sur le
vieillissement du Département des affaires économiques
et sociales, une réunion d'un groupe d'experts sur les soins
et l'identité sexuelle a été organisée à Malte du
30 novembre au 2 décembre 1997. Les experts ont examiné
à cette occasion les mécanismes et les politiques en vigueur
en matière de soins en fonction du sexe et envisagé des
modalités novatrices susceptibles de répondre aux besoins
des femmes en tant que dispensatrices et bénéficiaires de
soins.
Depuis 1989, le FNUAP collabore avec l'Institut
international sur le vieillissement qui a été créé à Malte
en 1988, conformément à la résolution 1987/41 du Conseil
économique et social, et lui fournit un appui. Cet institut
a pour principal objectif de répondre aux besoins de
formation des pays en développement dans le domaine du
vieillissement et d'établir des liens entre les pays
développés et les pays en développement en encourageant
la coopération technique, les échanges de compétences et
de connaissances et la fourniture de services consultatifs.
Les programmes et activités de formation prévus par
l'Institut pour la période 1996-1999 tiennent compte des
objectifs et des recommandations de la Conférence
internationale sur la population et le développement ainsi
que de l'Assemblée mondiale sur le vieillissement. Au fil
des ans, l'appui du FNUAP a contribué à faciliter la
participation de plus de 1 000 nationaux de pays en
développement à des cours de formation portant entre
autres sur les aspects et les incidences démographiques du
vieillissement de la population, la sécurité du revenu des
personnes âgées dans les pays en développement et la
gérontologie et la gériatrie. Le FNUAP a aussi contribué
à la mise à jour de la bibliothèque de l'Institut et à la
publication d'une revue gérontologique trimestrielle
intitulée Bold. Il fournit par ailleurs un appui à l'Institut
coréen de la santé et des affaires sociales en vue de la tenue
en 1998 d'un colloque international qui sera organisé en
collaboration avec le Gouvernement de la République de
Corée et portera sur les politiques en matière de population
et de développement dans les pays à faible taux de fécondité
et les défis posés par le changement de la structure par âges
de la population. La baisse rapide des taux de fécondité et
de mortalité dans plusieurs pays asiatiques a entraîné
d'importants changements dans la structure par âges de la
population, en particulier une augmentation du nombre et
de la proportion des personnes âgées. Le colloque prévu
examinera la question de savoir comment fournir un appui
et des soins à cette population vieillissante, question qui se
poste maintenant avec acuité à cette région.
Suite au vieillissement de la population et à la rupture
des structures familiales traditionnelles, la question des
mécanismes formels et informels d'assistance aux
personnes âgées est un important sujet de préoccupation.
Des mesures fondamentales devront être prises en vue de :
a) Mettre au point des systèmes de soins de santé
et de sécurité économique et sociale en faveur des
personnes âgées, tenant compte en particulier des besoins
des femmes;
b) Donner aux personnes âgées une plus grande
autonomie, améliorer leur qualité de vie et leur permettre
de travailler et de mener une vie indépendante;
c) Mettre en place des systèmes à la fois formels
et informels de soutien social pour qu'il soit plus facile de
prendre soin des personnes âgées au sein de la famille.
En 1996, l'Organisation internationale du Travail a
publié une étude intitulée Combining Work and Elder Care:
A Challenge for Now and the Future, qui examine les
politiques et instruments internationaux pertinents en
matière de soins aux personnes âgées et compare les
approches adoptées par six pays industrialisés pour aider
les travailleurs ayant des personnes âgées à leur charge. La
Commission économique et sociale pour l'Asie et le
Pacifique finance actuellement des enquêtes à petite
échelle, dont les résultats seront publiés en 1998, sur la
structure des ménages et les personnes âgées au
Bangladesh, en Chine, en Indonésie, en Ouzbékistan, au
Pakistan, à Sri Lanka et en Thaïlande. À l'occasion de la
Journée internationale des personnes âgées, le Haut
Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)
a fait remarquer que l'on avait tendance à oublier les
personnes âgées bien que, comme dans la région des Grands
Lacs de l'Afrique centrale, elles représentent environ 10 %
de la population des camps de réfugiés. Les personnes âgées
qui sont seules ou s'occupent de jeunes enfants sont
particulièrement vulnérables. Le HCR souligne qu'il
importe de ne pas négliger les personnes âgées dont il faut
respecter les compétences et les connaissances. Il encourage
les organismes à mettre en place des systèmes de visites à
domicile et d'appui par les voisins pour aider les personnes
âgées à satisfaire leurs besoins essentiels et à avoir accès
aux soins de santé.
Il faudrait dûment apprécier et encourager la
contribution inestimable que les personnes âgées apportent
à la famille et à la société, en particulier en faisant du
bénévolat et en se rendant utiles à leurs proches. Ainsi qu'il
est souligné dans le Programme d'action, les
gouvernements devraient, en collaboration avec les
organisations non gouvernementales et le secteur privé,
renforcer les systèmes d'appui, tant formels qu'informels,
et les filets de protection sociale en faveur des personnes
âgées et éliminer toutes les formes de violence et de
discrimination à leur égard, en prêtant une attention
particulière aux besoins des femmes. Le système des
Nations Unies pourrait prêter main forte à cette action.
En dépit des progrès réalisés sur les plans social,
scientifique et technologique, il demeure urgent de
poursuivre l'action pour que soient adoptées des mesures
efficaces en vue de la prévention des incapacités, de la
réadaptation des handicapés et de la réalisation des objectifs
de la pleine participation et de l'égalité des personnes
handicapées. Le Programme d'action invite les pouvoirs
publics, à tous les niveaux, à tenir compte des besoins des
personnes handicapées, en se plaçant du point de vue à la
fois de l'éthique et des droits de l'homme, et à créer
l'infrastructure répondant à ces besoins, notamment en
matière d'enseignement, de formation et de rééducation.
En 1996, l'OMS et le HCR ont organisé un atelier conjoint
en Ouganda avec l'Association norvégienne des personnes
handicapées. Cet atelier a permis de réunir des
représentants des réfugiés, d'organisations non
gouvernementales, du HCR et des gouvernements de
plusieurs pays dans la région en vue de formuler des plans
d'action en faveur de la rééducation à l'échelon
communautaire. Le Rwanda, l'Éthiopie, le Kenya et la
République-Unie de Tanzanie ont repris à leur compte les
idées avancées lors de cet atelier et appliquent désormais
le modèle inspirant de l'Ouganda (pays dans lequel un
quota de parlementaires handicapés est prévu). Cet atelier
a permis de mettre en lumière le fait que si les incapacités
appellent diverses interventions sanitaires, l'un des
problèmes fondamentaux qui se pose est celui de
l'acceptation des personnes handicapées par la
communauté.
IV. Survie et santé de l'enfant
Au niveau mondial, les taux moyens de mortalité
infantile et de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans
ont diminué de moitié ou plus au cours des 30 dernières
années en raison, dans une large mesure, de la maîtrise des
maladies transmissibles de l'enfance et de la réduction de
la mortalité périnatale (voir figure). Ces reculs
extraordinaires de la mortalité sont sans précédent dans
l'histoire. Le taux moyen de mortalité infantile - rapport
du nombre de décès d'enfants âgés de moins de 1 an
pendant une année au nombre total des naissances vivantes
au cours de la même année - est actuellement de 61, alors
qu'il s'élevait à 123 au milieu des années 60. De manière
analogue, le taux de mortalité des enfants âgés de moins de
5 ans est tombé de 191 au milieu des années 60 à 90.
Toutefois, en dépit des importants progrès accomplis
ces dernières décennies, les risques de mortalité infantile
restent élevés dans l'ensemble du monde en développement,
en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.
La plupart des décès enregistrés pourraient être
évités :
38 % d'entre eux sont en effet dus aux maladies
diarrhéiques et aux infections respiratoires aiguës et 13 %
à des maladies évitables par la vaccination, tandis que près
de 18 % résultent de crises néonatales et périnatales,
exacerbées dans plus de la moitié des cas par la
malnutrition. Le VIH/sida a réduit, voire inversé, bon
nombre des acquis durement obtenus en Afrique
subsaharienne et menace maintenant l'Asie du Sud et l'Asie
du Sud-Est. Il ressort de l'expérience que la participation
des communautés et des ménages joue un rôle crucial dans
l'action en faveur de la survie de l'enfant. Il faut améliorer
la qualité des services, et décentraliser et renforcer les
systèmes de santé de district. Il importe de veiller à ce que
les services et les programmes de santé atteignent les
groupes difficilement accessibles et vulnérables et il faut
éliminer le sexisme au sein des services sanitaires.
L'UNICEF estime qu'environ 7 millions de jeunes
vies sont épargnées chaque année grâce à l'effet
conjugué
de plusieurs interventions lancées à l'issue du Sommet
mondial pour les enfants en 1990 et renforcées par la
Conférence internationale sur la population et le
développement. Ce recul spectaculaire de la mortalité
infantile et de la mortalité des enfants de moins de 5 ans
découle d'un certain nombre d'actions collectives qui se
renforcent mutuellement. Les gouvernements ont pris des
dispositions pour accorder une priorité élevée à la survie
et à la santé des enfants; les travaux des organisations non
gouvernementales et du secteur privé ont pris de l'ampleur;
la participation communautaire s'est renforcée et les
familles se sont familiarisées avec l'utilisation des
techniques bon marché et aisément disponibles qui
permettent de sauver la vie de leurs enfants; enfin, les
organismes bilatéraux et multilatéraux ont mobilisé
davantage de ressources au titre de la survie des enfants et
des interventions sanitaires et les programmes
d'immunisation, de nutrition et de santé en matière de
reproduction ont été élargis. Dans la plupart des cas, les
initiatives ont été lancées par les organismes des Nations
Unies, en partenariat avec les gouvernements, les
organisations non gouvernementales, les organisations de
services et les donateurs bilatéraux et multilatéraux.
L'UNICEF a pour mission d'améliorer la santé des
enfants du monde et l'objectif premier de ses programmes
de santé et de nutrition consiste à réduire la mortalité
infantile, juvénile et maternelle. Il cherche à s'attaquer de
façon multisectorielle aux origines socioéconomiques de
la mauvaise santé des enfants et de la mortalité infantile.
Grâce à ses interventions directes, il contribue aux efforts
visant à étendre l'éducation primaire universelle, à
accroître
l'accès à l'eau potable, à améliorer la protection
environnementale primaire et à renforcer la sécurité
alimentaire des ménages et leur accès à d'autres ressources.
Par le biais d'activités de plaidoyer, l'UNICEF sensibilise
le public à la situation des enfants, renforce la volonté
d'action politique, influe sur les politiques et contribue à
créer un climat moral propice à la prise en compte en
priorité du bien-être des enfants dans les programmes
politiques. Les travaux de l'UNICEF en faveur de la
réduction de la mortalité s'inscrivent dans le cadre fourni
par le droit à la survie et au meilleur état de santé possible
consacré dans la Convention relative aux droits de l'enfant
que l'Assemblée générale a adoptée en 19899
et qui a été
presque universellement ratifiée depuis lors. L'approche
de l'UNICEF dans le domaine de la santé consiste à donner
à la famille et au foyer un rôle clef en la matière et à placer
l'enfant au centre de la famille. L'objectif est d'aider les
pays à renforcer leurs capacités dans les domaines de la
surveillance et de la promotion de la santé et de la
prestation de services sanitaires essentiels dans le contexte
des soins de santé primaire de sorte que les enfants puissent
jouir du meilleur état de santé et du meilleur état
nutritionnel possibles.
Une des principales interventions de santé publique
appuyées par l'UNICEF au cours de ces 15 dernières années
est la vaccination des enfants. Plus de 80 % des enfants
dans le monde sont désormais couverts par des services de
vaccination contre 15 % ou moins dans de nombreuses
régions il y a à peine une décennie. Aux taux actuels
d'immunisation, près de 3 millions d'enfants sont sauvés
chaque année, mais il en meurt encore 2 millions qui n'ont
pas été vaccinés. En raison de sa faible couverture vaccinale
et de sa mauvaise infrastructure sanitaire, la région de
l'Afrique subsaharienne est la plus gravement frappée par
les maladies évitables par la vaccination. En dépit de
l'amélioration considérable des taux de couverture
vaccinale au cours des 10 dernières années, la rougeole
demeure une cause majeure de mortalité infantile et de
mauvaise santé dans de nombreux pays en développement.
L'OMS estime que la rougeole à elle seule est la cause d'un
plus grand nombre de décès d'enfants que toute autre
maladie contre laquelle il existe un vaccin. Les infections
respiratoires aiguës, en particulier la pneumonie, sont une
autre cause importante de maladie et de mortalité infantile,
et sont à l'origine de près de deux millions de décès
d'enfants âgés de moins de 5 ans et de 30 à 40 % des visites
pédiatriques dans les dispensaires.
La thérapie de réhydratation par voie orale est utilisée
dans presque tous les pays en développement pour prévenir
la déshydratation et les décès imputables aux maladies
diarrhéiques. La poliomyélite et la dracunculose sont sur
le point d'être éradiquées. On estime qu'un milliard et demi
de personnes de plus ont commencé à consommer du sel
iodé, évitant par là-même à 12 millions de nourrissons
chaque année d'être frappés de débilité mentale. Les efforts
en faveur de l'allaitement au sein, qui jouent un rôle clef
dans la survie, la santé, la nutrition et le développement des
enfants et ont été spécifiquement reconnus dans l'article 24
de la Convention relative aux droits de l'enfant en tant que
facteur fondamental pour assurer le droit de l'enfant de
jouir du meilleur état de santé possible se sont traduits par
la désignation de plus de 12 000 hôpitaux comme hôpitaux
amis des bébés.
Figure
Taux de mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans, 1960 et
1965
Source : La situation des enfants dans le monde, 1997
(New York, Oxford University Press, 1997), tableau 10.
a Probabilité de décès entre la naissance et l'âge de
5 ans exactement, pour 1 000 naissances vivantes.
Des activités d'information et de plaidoyer en faveur de
l'allaitement au sein ont été menées à bien en collaboration
avec plusieurs gouvernements et organisations non
gouvernementales.
On estime, sur la base du rapport poids/âge,
qu'environ
174 millions d'enfants âgés de moins de 5 ans souffrent
de malnutrition. En outre, quelque 247 millions
d'enfants seraient victimes de retards de croissance.
D'après une étude financée par l'UNICEF et dont les
résultats ont été confirmés par l'OMS, la malnutrition
serait globalement responsable d'environ 56 % de la
mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans, tant
directement qu'indirectement, du fait qu'elle affaiblit
la résistance aux maladies infectieuses. La malnutrition
se traduit par ailleurs par un mauvais développement
physique et cognitif. Il apparaît de plus en plus
clairement que la malnutrition au cours des premières
années de la viemultiplie à l'âge adulte les risques de
diabète, de maladies cardiovasculaires et d'autres
maladies chroniques.
Le Programme alimentaire mondial s'emploie au
premier chef à promouvoir l'amélioration de la santé et
de l'état nutritionnel des nourrissons et des enfants, des
femmes enceintes et des mères allaitantes. L'action du
PAM consiste principalement à appuyer des
programmes d'alimentation d'appoint et à encourager
le recours plus systématique aux services de santé
maternelle et infantile. Pour lutter contre les carences
en oligo-éléments, le PAM fournit des denrées
alimentaires à bon marché enrichies d'oligo-éléments
essentiels. Il ressort à l'évidence que les projets
d'alimentation d'appoint ont manifestement contribué
à une plus grande adhésion aux programmes de santé
maternelle et infantile et au suivi médical périodique des
femmes enceintes et des enfants. La plupart des projets
visent à atteindre entre 20 000 et 100 000 bénéficiaires
par an; sept projets visent plus de 200 000 personnes
chaque année. Les 27 programmes d'alimentation
d'appoint en cours d'exécution représentent un
investissement de plus de 300 millions de dollars.
L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO) dispense des conseils techniques
visant à promouvoir l'action des ménages et des
communautés en faveur d'un meilleur régime
alimentaire et du bien-être nutritionnel. La FAO appuie
les méthodes fondées sur la participation des
communautés en vue d'améliorer de façon durable l'état
nutritionnel de la population, en particulier des groupes
les plus vulnérables, de promouvoir l'utilisation de la
production vivrière locale et de renforcer l'impact
nutritionnel des programmes d'aide de post-urgence et
de relèvement agricole et des projets d'aide alimentaire.
La FAO finance par ailleurs des ateliers de formation
pour faciliter le renforcement des capacités des pays
membres nécessaires à l'exécution de ces activités à
l'échelon communautaire.
Le Programme des Nations Unies pour le contrôle
international des drogues (PNUCID) coopère avec
l'OMS, l'UNICEF et le Programme commun des
Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) en vue de
promouvoir des programmes complets de prévention de
l'abus des drogues répondant aux besoins sanitaires et
éducationnels des jeunes vulnérables. Les groupes
cibles de ces interventions - jeunes, scolarisés ou non,
enfants des rues et jeunes travailleurs adultes - sont des
sujets qui soit n'ont jamais utilisé de drogues, soit les
utilisent occasionnellement ou fréquemment, soit en
abusent régulièrement. Les interventions précoces à
caractère préventif visent à s'attaquer aux causes
profondes de l'abus des drogues en renforçant les liens
familiaux et communautaires et en dispensant des
services sociaux de base.
Dans le domaine de la santé en matière de reproduction,
les besoins des adolescents ont jusqu'à présent été
largement ignorés par les services compétents. Le
Programme d'action souligne que les adolescentes
devraient avoir accès à une information et à des services
qui les aident à comprendre leur sexualité et à se
protéger contre les grossesses non désirées, les maladies
sexuellement transmissibles et les risques de stérilité qui
en résultent. Il faudrait également enseigner aux jeunes
gens à respecter l'autodétermination des femmes et à
partager avec elles les responsabilités en matière de
sexualité et de reproduction. Depuis la Conférence
internationale sur la population et le développement, le
FNUAP a accordé une attention accrue au domaine clef
de la santé des adolescents en matière de reproduction
et a collaboré en la matière avec des organisations non
gouvernementales telles que la Fédération internationale
pour le planning familial. Récemment, en collaboration
avec une autre organisation non gouvernementale, le
Centre pour les activités de développement et de
population, le FNUAP a organisé à Addis-Abeba
(Éthiopie) le Forum de la jeunesse africaine sur la santé
des adolescents en matière de reproduction. Il a par
ailleurs parrainé à l'intention des jeunes un concours
international de dissertation sur la promotion d'un
comportement responsable dans le domaine de la santé
en matière de reproduction.
V. Santé des femmes et maternité
sans risques
Le Programme d'action engage tous les pays à
s'efforcer de faire baisser sensiblement la mortalité
maternelle d'ici à 2015 : il faudrait que les taux de
mortalité maternelle observés en 1990 diminuent de
moitié d'ici à l'an 2000 et à nouveau de moitié d'ici
à 2015. Au niveau mondial, on a estimé que plus d'un
demi-million de femmes, dont 99 % dans les pays en
développement, meurent chaque année des suites d'une
grossesse ou d'un accouchement. Les taux de mortalité
maternelle sont très différents dans les régions
développées et dans les régions en développement, et
l'écart observé devrait être réduit. Les programmes
visant à réduire la morbidité et la mortalité maternelles
devraient comprendre des activités d'information et des
services de santé en matière de reproduction, y compris
des services de planification familiale. Il faudrait en
priorité s'attacher à améliorer l'état nutritionnel et la
santé des jeunes femmes grâce à une éducation et une
formation dispensées dans le cadre de programmes de
santé maternelle et de maternité sans risques. Il faudrait
élaborer des programmes et des services d'éducation de
façon que le soutien des hommes soit acquis à la notion
de santé maternelle et de maternité sans risques. Les
femmes devraient avoir accès à des services de qualité
pour remédier aux complications découlant d'un
avortement. Après un avortement, des services de
conseils, d'éducation et de planification familiale
devraient être offerts rapidement. Il faudrait fournir aux
adolescents - garçons et filles - des informations, un
enseignement et des conseils pour les inciter à ne pas
fonder une famille trop jeune, à s'abstenir de rapports
sexuels trop précoces et à repousser la première
grossesse. Il faudrait définir des stratégies pour faire en
sorte que les hommes assument leur part de
responsabilité dans la santé en matière de sexualité et
de reproduction, y compris la planification familiale, et
en ce qui concerne les mesures à prendre pour prévenir
et contrôler les maladies sexuellement transmissibles,
la contamination par le VIH et le sida.
Ce sont les femmes qui doivent faire face aux problèmes
de loin les plus graves dans le domaine de la santé en
matière de reproduction, mais l'on ne saurait imputer
cette situation aux seuls facteurs biologiques. Le fait
que les femmes sont défavorisées sur le plan social,
économique et politique et qu'elles ne peuvent pas
exercer leurs droits en matière de reproduction nuit à
leur santé dans ce domaine. Il est essentiel de leur
donner des moyens d'action pour améliorer leur santé
en matière de reproduction; aucun progrès réel ne sera
enregistré dans ce domaine en l'absence d'équité et
d'égalité entre les sexes. Comme le comportement
social et sexuel des hommes a des effets directs sur la
santé des femmes en matière de reproduction, il faut que
les programmes dans ce domaine, tout en restant axés
sur les besoins spécifiques des femmes, accordent
également une attention spéciale au rôle et aux
responsabilités des hommes et à la nécessité pour ceux-ci
d'assumer une part de responsabilité plus grande en
ce qui concerne leur comportement sexuel et en matière
de reproduction et leur rôle dans la société et dans la
famille.
Les directives élaborées par l'Équipe spéciale sur les
soins de santé primaires, la santé en matière de
reproduction et la démarginalisation des femmes
mettent l'accent sur la nécessité d'adopter une approche
tenant compte des sexo-spécificités lors de l'examen des
questions touchant la santé des femmes et la maternité
sans risques. L'adoption d'une telle approche dans le
domaine de la santé (recherche, politiques et
programmes) permet de déterminer la façon dont les
risques et l'accès à l'information, aux services et aux
techniques varient en fonction du sexe et facilite la
conception de programmes mieux ciblés et
d'interventions pratiques contre la maladie. Il convient
de prendre en compte les problèmes propres à chaque
sexe lors de l'examen des divers aspects des soins de
santé primaires, eu égard aux nombreux rôles joués par
les hommes et par les femmes et aux répercussions de
cette situation sur la question considérée. Il est essentiel
de recueillir des données ventilées par sexe et par âge
pour ce type d'analyse - par exemple pour déterminer
si les taux de malnutrition ou d'immunisation sont
différents pour les filles et les garçons ou pour identifier
les problèmes liés à l'accès aux services sociaux de
base, à la nourriture et à l'eau.
L'Initiative pour une maternité sans risques qui a été
lancée conjointement par l'OMS, l'UNICEF, le FNUAP,
la Banque mondiale et deux organisations non
gouvernementales - la Fédération internationale de
planning familial et le Conseil de la population - est
axée sur cinq domaines d'action prioritaires : le
plaidoyer, la recherche épidémiologique, sociale et
opérationnelle, la diffusion d'informations, la mise en
valeur des ressources humaines, et les mesures visant
à améliorer les services de santé. En octobre 1997, une
consultation technique sur la maternité sans risques a
été organisée à Sri Lanka pour examiner les progrès
réalisés à ce jour sur cet aspect important de la santé en
matière de reproduction.
L'UNICEF attache un intérêt croissant à la santé
maternelle et axe ses interventions fondamentales sur
la réduction de la mortalité maternelle et néonatale,
notamment l'amélioration des soins périnatals, de la
nutrition maternelle et de l'accès aux soins de santé en
matière de reproduction. En partenariat avec l'OMS, des
donateurs bilatéraux et des experts des pays en
développement, l'UNICEF s'efforce actuellement de
définir des indicateurs de progrès concernant la
réduction de la mortalité maternelle. L'OMS et le
FNUAP collaborent aux travaux de l'UNICEF
intéressant la santé maternelle et la survie des mères :
en tant qu'organisme technique, l'OMS fournit les
instruments normalisés (évaluation des besoins,
modules de formation) tandis que le FNUAP assure
l'intégration des soins de santé en matière de
reproduction (santé en matière de sexualité et
planification de la famille, soins de santé maternelle et
néonatale, prévention et traitement des infections de
l'appareil génital, maladies sexuellement transmissibles,
y compris le VIH/sida, et élimination de pratiques
nocives, y compris les mutilations génitales des femmes
et la violence à l'égard des femmes).
Le Programme d'action souligne que dans un certain
nombre de pays, des pratiques nocives visant à réprimer
la sexualité féminine sont la cause de souffrances
considérables. Parmi ces pratiques figurent les
mutilations génitales des femmes, qui sont une violation
des droits fondamentaux des femmes et constituent un
risque majeur et permanent pour leur santé. On estime
que le nombre de filles et de femmes qui ont subi des
mutilations génitales se situe actuellement entre 85 et
115 millions et qu'au moins 2 millions de fillettes
risquent d'être victimes de cette pratique chaque année.
Le FNUAP, qui s'occupe de cette question, a organisé
en Éthiopie en 1996 une consultation technique à
laquelle ont participé des représentants de 25 pays qui
ont notamment examiné les types de formation, de
recherche et de services nécessaires pour mettre fin à
la pratique des mutilations génitales des femmes. Les
résultats spectaculaires obtenus récemment par un
programme d'éducation sur la santé en matière de
reproduction et la santé communautaire (programme
REACH) financé par le FNUAP dans le district de
Kapchorwa en Ouganda montrent l'impact que peuvent
avoir les activités de plaidoyer. Dans le cadre de ce
programme, qui a permis de réduire de 36 % en moins
d'un an le nombre d'excisions dans ce district, une
nouvelle démarche respectueuse des différences
culturelles a été adoptée, suivant laquelle les agents
locaux font participer les responsables et les
représentants de la société à des séminaires et ateliers
de sensibilisation pour leur faire prendre conscience des
aspects préjudiciables de cette pratique10.
L'opinion selon laquelle la violence à l'égard des
femmes est un obstacle universel au développement et
à la démarginalisation des femmes est à la base de
l'oeuvre du Fonds de développement des Nations Unies
pour la femme (UNIFEM). L'Administrateur du PNUD
a créé, dans le cadre du mandat existant d'UNIFEM, un
fonds d' affectation spéciale, pour financer les
initiatives visant à éliminer la violence à l'égard des
femmes, auquel plusieurs pays (Australie, Danemark,
Italie, Japon, République de Corée, Malte et Maurice)
ont déjà versé des contributions. Vingt-cinq initiatives
ont été financées en Afrique, dans la région de l'Asie
et du Pacifique et en Amérique latine, pour un total de
plus de 850 000 dollars. Le FNUAP a mis en commun
ses conseillers en matière de parité entre les sexes avec
UNIFEM, et le PNUD projette de suivre son exemple.
L'UNICEF, le FNUAP et l'OMS, en partenariat avec
d'autres organismes des Nations Unies et des
organisations non gouvernementales, sont en train
d'élaborer des stratégies pour faire face aux problèmes
affectant la santé des femmes, comme la violence au
sein de la famille, la vulnérabilité des femmes au
VIH/sida et les pratiques nocives pour la santé des
femmes et des fillettes, telles que les mutilations
génitales féminines.
Des efforts spéciaux devront être déployés pour
protéger et promouvoir les droits fondamentaux des
migrantes et des réfugiées qui sont particulièrement
exposées à la violence et à l'exploitation du fait de leur
sexe. En 1996, le FNUAP a financé une initiative visant
à dispenser des soins de santé d'urgence en matière de
reproduction à environ 200 000 femmes réfugiées dans
la région des Grands Lacs de l'Afrique centrale. Dans
le cadre de ce projet, qui a été exécuté et coordonné par
la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge, en coopération avec le
HCR et des organisations non gouvernementales, la
mise en place de services de santé en matière de
reproduction à l'intention des réfugiées a pour la
première fois été planifiée dès le début d'une
opération
d'urgence.
Le Département des affaires humanitaires du Secrétariat
de l'ONU signale que peu après l'arrivée des Taliban
dans la région de Kandahar (Afghanistan) en 1994, les
fillettes et les femmes n'ont plus eu accès à l'éducation
et aux services de santé. Face à cette violation flagrante
de droits fondamentaux, le coordonnateur résident des
Nations Unies pour l'Afghanistan et le Coordonnateur
des affaires humanitaires ont mis l'accent sur la
question dans la note de stratégie de pays. Le
coordonnateur résident a également mobilisé des fonds
en vue de la création d'un groupe consultatif pour les
questions de parité entre les sexes, avec la participation
d'organisations non gouvernementales. Lors de la
réunion du Groupe d'appui à l'Afghanistan, qui a eu
lieu à Ashkabad (Turkménistan) les 21 et 22 janvier
1997, les participants ont estimé que la question des
inégalités entre les sexes était le problème fondamental
qui affectait tous les aspects du programme d'assistance
humanitaire. Depuis lors, les donateurs, les organismes
des Nations Unies et les organisations non
gouvernementales ont redoublé d'efforts pour adopter
une position commune contre la violation des droits des
fillettes et des femmes à l'éducation et aux soins de
santé.
En 1999, à l'occasion de la réunion de la Conférence
internationale du Travail, les représentants examineront
la question de la révision de la Convention concernant
la protection de la maternité (No 103), de 1952. Parmi
les normes minimums fixées par la Convention figurent
le droit à 12 semaines de congé de maternité avec
prestations financières et médicales, le droit à des
pauses pour allaiter, et le droit à la protection contre le
licenciement pendant le congé de maternité. L'OIT a
également préparé un rapport sur la législation et les
pratiques dans lequel sont examinés les principaux
aspects des dispositions relatives à la protection de la
maternité dans différents pays. Les droits au congé de
maternité, au remplacement du revenu durant la période
de congé ainsi qu'à des soins de santé prénatals et
postnatals et durant l'accouchement sont fondamentaux
pour promouvoir la santé, la maternité sans risques et
le bien-être économique des travailleuses enceintes et
allaitantes. Il convient de veiller à ce que les intéressées
ne fassent pas l'objet d'un traitement discriminatoire
dans l'emploi, pour qu'elles puissent exercer ces droits.
Le Programme d'action souligne qu'il faut reconnaître
et encourager le rôle primordial que jouent les femmes
dans la protection de la santé de la famille. Il faut aussi
assurer l'accès aux services de santé de base, améliorer
l'éducation sanitaire, fournir des remèdes simples et
économiques et réévaluer les services de santé
primaires, y compris en matière de reproduction, pour
permettre aux femmes de rationaliser leur emploi du
temps. Il est essentiel que les programmes de santé en
matière de reproduction mettent l'accent sur la
démarginalisation des femmes et répondent
spécifiquement aux besoins spéciaux des fillettes et des
femmes ainsi que d'autres groupes mal desservis, tels
que les jeunes et les adolescents, les pauvres des zones
urbaines et rurales, les personnes vivant dans des zones
éloignées ou négligées et les migrants, les réfugiés
et
les personnes déplacées. Les mesures prises pour donner
aux hommes un rôle et des responsabilités plus larges
dans les domaines de la santé en matière de
reproduction, les soins aux enfants et leur éducation
ainsi que de la prévention des maladies sexuellement
transmissibles et du sida, exerceront aussi un impact
positif sur la santé des femmes. Il faut également
continuer d'axer l'attention sur l'élimination de la
violence à l'égard des femmes et d'autres pratiques
nocives pour la santé et le bien-être des fillettes et des
femmes. Les femmes doivent avoir la possibilité de
participer à la conception, à la mise au point, à
l'exécution et à l'évaluation des programmes de santé
en matière de reproduction. Le système des
coordonnateurs résidents des Nations Unies peut jouer
un rôle fondamental en veillant à ce que les programmes
de développement mettent l'accent sur la
démarginalisation des femmes et attirent l'attention sur
la promotion et l'amélioration de la santé en matière de
reproduction. Les directives élaborées par l'Équipe
spéciale sur les services sociaux de base pour tous
offrent un outil pratique pour ces activités de
programmation et de plaidoyer.
VI. Virus de l'immunodéficience
humaine (VIH) et syndrome
d'immunodéficience acquise (sida)
Comme le souligne le Programme d'action de la
Conférence internationale sur la population et le
développement, la pandémie de VIH/sida est une cause
majeure de préoccupation dans tous les pays,
développés ou en développement. On estime que sur le
total de 30,6 millions de personnes contaminées par le
VIH dans le monde, 29,5 millions sont des adultes et 1,1
million des enfants. D'après des estimations récentes du
Programme commun des Nations Unies sur le sida
(ONUSIDA) et de l'OMS, l'épidémie s'est encore
aggravée en 1997, année où environ 5,8 millions de
personnes supplémentaires ont été contaminées par le
VIH - soit environ 16 000 par jour. Plus de 40 % des
nouveaux adultes contaminés étaient des femmes. La
majorité des nouveaux adultes contaminés ont moins de
25 ans. En 1997, les maladies associées au VIH/sida ont
causé la mort d'environ 2,3 millions de personnes, dont
460 000 enfants. Ce chiffre représente près du
cinquième des 11,7 millions de décès imputables au sida
depuis le début de l'épidémie, vers la fin des années
7011
La pandémie de VIH/sida n'est pas seulement un grave
problème de santé; c'est aussi un problème critique de
développement humain qui a des conséquences
complexes et des coûts importants sur le plan
socioéconomique. La perte de personnel expérimenté
et de main-d'oeuvre qualifiée, la baisse de la
productivité, le besoin de ressources supplémentaires
pour recruter et former des remplaçants, l'absentéisme
accru et le renouvellement du personnel, ainsi que
l'augmentation des coûts de santé, associés aux coûts
humains et sociaux endurés par les individus et les
communautés touchés par la pandémie, imposent une
lourde charge aux pays, en particulier aux pays en
développement dotés de ressources limitées.
En l'absence de vaccins, les stratégies d'éducation et de
communication, la fourniture de préservatifs, la
diffusion d'informations et les services de conseil, la
promotion de comportements responsables et sans
risques et l'adoption de précautions universelles dans
les établissements sanitaires constituent des éléments
essentiels des stratégies visant à prévenir et à combattre
le VIH/sida. Il convient en particulier de veiller
spécialement à atteindre ceux qui risquent le plus d'être
contaminés par le VIH, notamment les adolescents et
les femmes, qui sont souvent les plus vulnérables.
Le Programme commun des Nations Unies sur le sida
(ONUSIDA), qui est opérationnel depuis janvier 1996,
joue un rôle de premier plan dans la lutte mondiale
contre le VIH et le sida, en ce qu'il permet à ses six
organismes coparrainants - UNICEF, PNUD, FNUAP,
UNESCO, OMS et Banque mondiale - de mettre en
commun les données tirées de leur expérience, leurs
travaux et leurs ressources. Le Programme a pour
stratégie fondamentale de renforcer la capacité du
système des Nations Unies d'aider les gouvernements
et la société civile à lutter contre le VIH et le sida, de
favoriser la mobilisation politique de la communauté
internationale afin de combattre l'épidémie, d'accroître
les connaissances nécessaires pour lutter plus
rapidement contre le VIH et le sida au niveau mondial,
de faciliter l'accès à ces connaissances et d'en améliorer
l'utilisation. Les six organismes coparrainants du
Programme commun sont aussi membres de l'Équipe
spéciale sur les services sociaux de base pour tous. En
plus des efforts qu'ils mènent conjointement dans le
cadre du Programme, ils exécutent également des
activités au titre de leur mandat spécifique.
Dans le cadre de ses programmes relatifs à la santé en
matière de reproduction et à la planification familiale,
le FNUAP fournit une assistance aux activités de
prévention du VIH/sida dans 124 pays. Son appui est
principalement axé sur quatre domaines fondamentaux
: la fourniture et la distribution de préservatifs, la
formation de prestataires de services et d'information
dans les domaines de la santé en matière de
reproduction et de la planification familiale,
l'intégration des questions de prévention du VIH/sida
dans les programmes scolaires et extrascolaires et les
activités d'information sur le VIH/sida dans le cadre de
programmes plus vastes d'information, d'éducation et
de communication sur la population et la santé en
matière de reproduction. En 1996, dans le cadre de
l'appui qu'il a fourni aux programmes nationaux visant
à prévenir et à combattre le sida, le FNUAP a collaboré
avec 115 organisations non gouvernementales et financé
des activités intéressant les jeunes et les adolescents
dans 95 pays. Il a estimé que le montant total de l'appui
qu'il a accordé pour la prévention du VIH/sida en 1996
s'est élevé à 20,5 millions de dollars, dont 95 %, soit
19,5 millions de dollars, au niveau des pays. Le FNUAP
continue de participer activement au Programme
commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA)
et travaille en étroite collaboration avec le Comité de
coordination du programme, le Comité des
organisations coparrainantes et divers groupes
techniques et thématiques qui ont été établis. Au niveau
des pays, les représentants du FNUAP ont présidé un
certain nombre de groupes thématiques des Nations
Unies.
En tant qu'organisme coparrainant d'ONUSIDA, la
Banque mondiale joue un rôle de premier plan dans le
financement des programmes relatifs au VIH/sida et
relie ses efforts à des initiatives plus vastes concernant
la santé en matière de reproduction et la lutte contre les
maladies transmissibles, en particulier les infections de
l'appareil génital et les maladies sexuellement
transmissibles. L'UNESCO est également une
organisation coparrainante d'ONUSIDA; ses initiatives
en vue de la prévention du VIH/sida sont principalement
axées sur l'éducation, dans le cadre des programmes
scolaires et extrascolaires, et ont pour objectif
l'élaboration de nouveaux matériels didactiques sur la
prévention du VIH/sida, la révision des programmes
scolaires, la formation des enseignants, la formation de
représentantes d'organisations féminines locales et
l'organisation de séminaires régionaux à l'intention de
décideurs de haut niveau. Le Programme des Nations
Unies pour le développement (PNUD), autre organisme
coparrainant d'ONUSIDA, axe ses activités sur
l'intégration d'activités de prévention du VIH/sida dans
des domaines de programmation fondamentaux,
notamment la gouvernance, l'équité entre les sexes et
l'élimination de la pauvreté. Des ateliers de formation
ont été organisés dans les bureaux de pays pour
renforcer les compétences des interlocuteurs nationaux
en matière de programmation. Le Fonds de
développement des Nations Unies pour la femme
(UNIFEM), pour sa part, coopère sur le terrain avec
d'autres organismes des Nations Unies et organisations
non gouvernementales à l'intégration dans les projets
relatifs au VIH/sida d'activités favorisant la
démarginalisation des femmes.
L'UNICEF est également un organisme coparrainant
d'ONUSIDA. En se fondant sur une approche axée sur
le respect des droits, il s'attache à renforcer les moyens
permettant de mesurer la santé et le développement des
jeunes; de protéger leur droit d'accéder à l'information
et aux services concernant notamment la santé en
matière de sexualité et de reproduction, de mobiliser des
ressources pour appuyer les programmes de pays et
d'améliorer la circulation de l'information au sein de
l'UNICEF et entre l'UNICEF et ses partenaires. Les
efforts menés par l'UNICEF à l'échelon mondial ont
principalement pour objet de mettre au point et de
promouvoir les pratiques les plus efficaces au niveau
des pays ou au niveau régional dans l'utilisation des
communications pour modifier les comportements en
matière de prévention du VIH/sida, de soins et de
respect des droits, et de mobiliser ses partenaires afin
qu'ils élargissent leurs priorités concernant les questions
relatives au VIH/sida. L'UNICEF participe également
très activement aux groupes thématiques au niveau des
pays.
Le Programme des Nations Unies pour le contrôle
international des drogues, en collaboration avec la
CESAP, ONUSIDA, les gouvernements locaux et
diverses organisations non gouvernementales, participe
activement aux efforts visant à prévenir la
contamination par le VIH et à fournir des soins aux
utilisateurs de drogue par injection, y compris à ceux
dans la zone du Triangle d'Or en Asie du Sud-Est. Les
projets de prévention du VIH/sida que l'Organisation
des Nations Unies pour le développement industriel
(ONUDI) a mis en oeuvre en Afrique subsaharienne ont
pour double objectif le développement industriel et la
prévention de la propagation du VIH/sida. L'ONUDI
cherche à rendre plus accessibles et plus abordables les
produits utilisés dans les programmes de prévention
- préservatifs, gants en caoutchouc, seringues, trousses
de dépistage du VIH - grâce à la création de capacités
de fabrication locales. Elle encourage aussi les
fabricants locaux à faire figurer sur les étiquettes de
leurs produits des messages spécifiques concernant la
prévention du VIH/sida. En outre, une éducation en vue
de la prévention du VIH/sida est dispensée aux enfants
dans les écoles palestiniennes, aux stagiaires dans les
centres de formation professionnelle et aux femmes
réfugiées, dans le cadre d'un programme de l'Office de
travaux et de secours des Nations Unies pour les
réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.
Dans la lutte contre le VIH/sida, deux domaines
fondamentaux doivent tout particulièrement retenir
l'attention : la prévention chez les femmes et les
enfants, deux des groupes les plus vulnérables, et la
nécessité d'élargir l'accès aux médicaments et au
traitement contre le VIH/sida dans les pays en
développement. Il convient de s'occuper d'urgence des
effets désastreux du VIH/sida sur les enfants. Si la
propagation du VIH n'est pas enrayée rapidement, les
progrès réalisés en matière de réduction des taux de
mortalité infantile et juvénile seront réduits à néant dans
de nombreux pays où les tendances de ces taux se
trouveront inversées. D'après un rapport récent intitulé
Children Living in a World with AIDS, publié par
ONUSIDA en juin 199712, le taux de mortalité infantile
imputable au sida pourrait augmenter de 75 % et celui
des enfants de moins de 5 ans de plus de 100 % d'ici à
l'an 2010 dans les pays les plus gravement touchés.
Selon ce rapport, le nombre d'enfants qui contractent
le VIH est plus élevé que jamais et le taux de
contamination ne semble pas baisser. Les femmes en
âge de procréer représentent désormais une proportion
croissante des personnes contaminées par le VIH dans
le monde; ainsi, en Afrique subsaharienne, le sida fait
plus de victimes chez les femmes que chez les hommes.
Pour réduire la vulnérabilité des nourrissons à la
contamination par le VIH, il faut accroître le contrôle
que les femmes exercent sur leur situation, améliorer
leur capacité de négocier avec leur partenaire en ce qui
concerne leur santé en matière de reproduction et de
sexualité, leur donner accès plus largement aux services
de santé et développer les connaissances et le sens des
responsabilités des hommes et des femmes en ce qui
concerne la prévention du VIH. Il faut également que
les femmes aient davantage accès aux médicaments
antiviraux qui permettent de réduire le risque de
transmission du VIH de la mère à l'enfant. En novembre
1997, ONUSIDA a lancé la phase pilote de son initiative
relative à l'accès aux médicaments contre le VIH, effort
de collaboration entre les secteurs public et privé pour
identifier des stratégies permettant d'accroître l'accès
aux médicaments contre le VIH/sida dans les pays en
développement. Les quatre pays en développement
participant à la phase pilote - Chili, Côte d'Ivoire,
Ouganda et Viet Nam - s'efforceront d'adapter leurs
infrastructures en matière de santé pour assurer une
distribution et une utilisation efficaces des médicaments
contre le VIH/sida, dont les sociétés pharmaceutiques
et de diagnostic participantes subventionneront l'achat.
L'initiative a pour objectif global d'améliorer les soins
et d'accroître l'accès aux médicaments les plus récents
et les plus efficaces.
Lorsqu'une personne est contaminée par le VIH, tous
les membres de sa famille se trouvant souvent
stigmatisés et isolés, perdent leur emploi et tombent
dans la pauvreté du fait de la discrimination qui résulte
fréquemment de la peur ou d'informations et d'idées
fausses sur la transmission du VIH. Il convient de lutter
contre ces préjugés et leurs conséquences cruelles, et les
organismes des Nations Unies sont particulièrement
bien placés pour lancer des campagnes d'éducation et
de sensibilisation contre ce type de discrimination. Le
Programme d'action invite spécifiquement les
gouvernements à établir des principes et des directives
protégeant les porteurs du virus du sida et leur famille
contre les atteintes à leurs droits individuels et la
discrimination. Des programmes spéciaux devraient
également être élaborés pour apporter aux sidéens les
soins et le soutien psychologique dont ils ont besoin et
de conseiller leur famille et les proches.
VII. Technologie, recherche et développement
Les organisations membres de l'Équipe spéciale sur les
services sociaux de base pour tous, conformément à
l'appel lancé dans le cadre du Programme d'action à
leurs mandats respectifs, continuent les activités
afférentes à la collecte, à l'analyse et à la diffusion de
données de base, à la recherche en matière de santé de
la reproduction et à la recherche économique et sociale.
Le Fonds monétaire international, reconnaissant qu'il
est nécessaire d'améliorer la collecte des données sur
les dépenses publiques dans le secteur social, en
particulier dans les secteurs de la santé et de
l'éducation, a intensifié sa collaboration avec la Banque
mondiale pour la surveillance des dépenses publiques
des pays membres. Cette préoccupation reflète une prise
de conscience du lien essentiel entre le niveau et
l'efficacité des dépenses dans les secteurs de la santé et
de l'éducation d'une part et la croissance économique
de l'autre. Ce nouvel intérêt s'explique aussi par la
demande du Conseil d'administration du FMI tendant
à ce que le personnel accorde une attention particulière
aux indicateurs sociaux dans les contextes des
programmes d'ajustement appuyés par la facilité
d'ajustement structurel renforcée du FMI et de
l'initiative visant à aider les pays pauvres très endettés
à parvenir à une situation viable au plan de la dette
extérieure. Le FMI a souligné que la combinaison
adéquate de politiques monétaire et fiscale et les
réformes structurelles nécessaires pour les étayer
devraient aussi prendre en compte les pauvres et les
populations les plus vulnérables de la société. La
deuxième génération de réformes promue par le FMI
vise à renforcer la croissance, à accélérer le
développement humain et à veiller à ce que les
avantages de la croissance soient largement partagés.
Ainsi, les pays sont encouragés à affecter des dépenses
publiques suffisantes à l'éducation et à la santé pour
aider les individus à réaliser leurs potentiels, afin de
participer activement à une économie de marché, et à
assurer une protection sociale à ceux qui sont les
premiers à pâtir des changements d'une économie
dynamique.
La Division de la population (Département des affaires
économiques et sociales du Secrétariat de
l'Organisation) entreprend continuellement des
recherches et d'autres activités ayant trait à la santé et
à la mortalité, surveillant les niveaux et tendances de la
mortalité au niveau mondial et étudiant ses causes et
conséquences; surveillant les politiques et programmes
de pays ayant trait aux différents aspects de la santé et
de la mortalité; et, dans le cadre de la révision biennale
des estimations et projections de la population mondiale
des Nations Unies, maintenant et mettant à jour les
estimations officielles des Nations Unies relatives à
l'espérance de vie à la naissance et à la mortalité
infantile et postinfantile pour tous les pays du monde.
Pour la trente et unième session de la Commission de
la population et du développement, la Division de la
population a établi l'édition de 1998 de World
Population Monitoring, qui couvre la santé et la
mortalité, mettant particulièrement l'accent sur les liens
entre la santé et le développement et sur le sexe et l'âge.
Dans le cadre des révisions biennales de la publication
World Population Prospects, des estimations sont
disponibles sur les incidences du VIH/sida sur les décès,
l'espérance de vie à la naissance, la mortalité infantile
et l'accroissement de la population. Pour la version
révisée de 1996, 1996 Revision, l'impact de la pandémie
de VIH/sida est mesuré pour 24 pays d'Afrique, deux
pays d'Asie et deux pays d'Amérique latine. La
Commission économique pour l'Amérique latine et les
Caraïbes a collaboré avec l'UNICEF et la Division de
la population à la surveillance des taux de mortalité
infantile et postinfantile dans les pays d'Amérique
latine. Les estimations relatives à la mortalité ont été
fournies pour des zones urbaines et rurales, ventilées par
niveau d'instruction de la mère.
La Commission économique pour l'Europe (CEE)
réalise une étude sur l'évolution démographique dans
les pays européens à économie en transition, qui fait
partie du programme appuyé par le FNUAP de collecte,
d'analyse et de recherche de données, mettant l'accent
sur certains aspects de l'optimisation du Programme
d'action dans la région de la CEE, en particulier en
Europe centrale et orientale. L'étude s'intéresse
notamment aux tendances et aux schémas de la mortalité
générale, à l'évolution de la mortalité par âge et
par
sexe, et aux différentiels de mortalité. Les premiers
résultats indiquent que dans le cadre du passage à la
démocratie et à une économie de marché, les États
successeurs européens de l'Union soviétique ont
enregistré des pertes au niveau de l'espérance de vie à
la naissance masculine et féminine, tandis qu'en règle
générale, les pays d'Europe centrale et des Balkans ont
enregistré des gains sur ce plan. La détérioration de la
survie masculine dans l'ex-Union soviétique a été bien
plus importante que celle de la survie féminine,
induisant des différentiels de mortalité par sexe sans
précédent, en particulier dans la Fédération de Russie
et les pays baltes. D'une manière générale, la survie des
enfants et des adolescents des deux sexes a enregistré
des améliorations au cours des années de transition. Les
adultes en âge de travailler et les personnes plus âgées
n'ont pas eu cette chance. Leur mortalité a diminué en
Europe centrale mais elle a en général augmenté
ailleurs, en particulier dans l'ex-Union soviétique.
L'augmentation de la mortalité parmi les adultes de sexe
masculin a été un peu plus importante que parmi les
adultes de sexe féminin; toutefois, l'augmentation de
la mortalité la plus importante a été enregistrée parmi
les personnes plus âgées des deux sexes.
Le Programme d'action prône l'élimination de la
surmortalité parmi les filles là où elle existe et des
efforts particuliers en matière d'éducation et
d'information du public pour promouvoir l'égalité de
traitement entre les filles et les garçons en ce qui
concerne la nutrition et les soins de santé. En réponse
à ces préoccupations et compte tenu de la nécessité
d'identifier des mesures à même d'éliminer la
surmortalité et la mortalité évitable des fillettes, une
étude a été entreprise par la Division de la population
sur les différences par sexe en matière de mortalité
infantile, postinfantile et des moins de 5 ans ainsi que
sur les mécanismes spécifiques à même d'aboutir à une
surmortalité des fillettes. L'étude intitulée Too Young
to Die: Genes or Gender discute la mesure et analyse
les niveaux et tendances de la mortalité des garçons et
des fillettes et étudie un large éventail de mécanismes
qui ont une influence sur les différentiels par sexe de la
mortalité juvénile.
Le FNUAP, dans le cadre de son Initiative mondiale
relative aux besoins en matière de contraception et de
gestion logistique dans les pays en développement, a
effectué un certain nombre d'études approfondies dans
des pays en développement, en collaboration avec
d'autres organismes des Nations Unies, des organismes
bilatéraux et des organisations non gouvernementales
internationales. Les études ont été réalisées avec la
pleine coopération des Gouvernements bangladais,
brésilien, égyptien, indien, mexicain, népalais,
pakistanais, philippin, turc, vietnamien et zimbabwéen.
En conséquence, des études ont été entreprises aussi au
Burkina Faso, en Éthiopie, en Haïti, au Maroc et en
République dominicaine. Ces études ont non seulement
permis d'effectuer des projections concernant les
besoins en matière de contraception jusqu'à l'an 2005,
mais aussi d'identifier les besoins de programmes pour
la gestion logistique, ont évalué le rôle des ONG et du
secteur privé en matière de planification familiale et de
fourniture de contraceptifs, étudié la faisabilité de la
production locale de contraceptifs, étudié les tendances
des sources et de l'utilisation des fonds pour les produits
contraceptifs et la gestion logistique et estimé les
besoins en préservatifs pour la prévention des maladies
sexuellement transmissibles et le syndrome
d'immunodéficience acquise et la lutte contre ceux-ci.
Un mécanisme a été mis en place au FNUAP en vue
d'aider les pays à couvrir leurs besoins d'urgence en
matière de produits contraceptifs. Des réserves ont été
créées pour toutes les principales méthodes de
contraception afin de pouvoir faire face à une demande
d'urgence.
Le Programme spécial de l'Organisation mondiale de
la santé sur la recherche, le développement et la
formation à la recherche dans le domaine de la
reproduction humaine a développé et mis à l'essai une
nouvelle stratégie visant à renforcer la capacité des pays
d'étendre leur choix en matière de contraception. Le
Programme a joué un rôle critique dans l'identification
du levonrgestrel comme nouvelle méthode de
contraception d'urgence. Celle-ci est mise en oeuvre
dans le cadre de programmes modèles dans un certain
nombre de pays. Les activités en cours comprennent
l'amélioration de l'accès à des contraceptifs nécessitant
une injection mensuelle et l'évaluation de la qualité des
contraceptifs.
VIII. Conclusion
L'Équipe spéciale sur les services sociaux de base pour
tous a été créée en vue d'inciter puissamment le système
des Nations Unies à s'efforcer d'atteindre les objectifs
prioritaires qui découlent des récentes conférences
mondiales et à renforcer les mécanismes de suivi du
système visant à fournir une assistance coordonnée au
niveau des pays et des régions. Un certain nombre de
facteurs ont contribué à la collaboration et à la
coordination synergiques par l'Équipe spéciale : a) tous
les organismes et institutions membres de l'Équipe
spéciale se sont engagés à participer de concert sur les
questions clefs sans se limiter à représenter leurs
intérêts individuels respectifs; b) l'engagement s'est
traduit aussi en temps et ressources (en personnel et en
fonds) fournis par les membres de l'Équipe spéciale
pour organiser les réunions, assurer le suivi et mettre au
point les produits finals; c) le choix des agences chefs
de file pour diriger les groupes de travail a été basé non
seulement sur leur mandat mais aussi sur leurs capacités
de contribuer aux tâches et de les remplir; d) la
formation de réseaux informels de collègues de l'Équipe
spéciale qui pouvaient entrer en contact de façon
informelle et non bureaucratique en utilisant
fréquemment les communications électroniques et
parfois le cadre d'autres voyages officiels, a créé une
synergie et maintenu l'élan du processus en mettant
l'accent sur l'obtention de résultats; e) les objectifs de
l'Équipe spéciale étaient clairs et bien définis et un
calendrier précis avait été fixé pour les atteindre; f) un
esprit de coopération a prévalu; ainsi, certaines réunions
se sont tenues à Genève au lieu de New York en vue de
faciliter la participation des membres basés en Europe;
par ailleurs, d'autres réunions se sont tenues
conjointement pour économiser du temps et des fonds;
en outre, à la demande de l'Agence canadienne de
développement international, l'Équipe spéciale a discuté
la question de la couverture des besoins humains de
base et a fourni des informations en retour à l'Agence
sur son projet de document directif; g) le secrétariat a
organisé des réunions, établi et distribué des rapports,
surveillé le respect des délais et facilité la coordination
et le suivi entre les différents membres de l'Équipe
spéciale.
Les facteurs qui se sont avérés être des entraves
comprenaient les limitations au plan du temps et des
ressources, qui provoquaient aussi certains retards. En
outre, le mandat confié à l'Équipe spéciale était
relativement large et il n'était donc pas possible de
couvrir en profondeur tous les domaines dans le délai
imparti. L'Équipe spéciale a essayé de résoudre ce
problème en mettant l'accent sur les domaines où elle
bénéficiait d'un avantage comparatif et en produisant
des produits particuliers aidant à la programmation au
niveau des pays. Ainsi, le tableau mural contient des
indicateurs et des données qui permettront aux pays de
surveiller et de mesurer les progrès réalisés vers la
réalisation des objectifs de la Conférence dans des
domaines essentiels tels que la population, les soins de
santé primaires, la nutrition, l'éducation de base, l'eau
potable et l'assainissement, et le logement. Il convient
aussi de noter que la modalité de l'Équipe spéciale est
en général efficace pendant une durée limitée et qu'il
peut s'avérer difficile de maintenir l'élan au-delà d'un
certain temps.
Les enseignements tirés de l'expérience de l'Équipe
spéciale sur les services sociaux de base sont notamment
les suivants : les modalités de fonctionnement utilisées
par l'Équipe spéciale, à savoir travailler en mettant
l'accent sur les tâches, en tenant souvent des réunions
informelles en plus des mécanismes interinstitutions
plus établis et plus formels, s'est avéré être un moyen
ayant un effet de synergie, plus rapide et plus efficace
pour atteindre les résultats; des objectifs et des produits
finals clairs et bien définis ont permis à l'Équipe
spéciale de maintenir une orientation stratégique et de
respecter le calendrier fixé; les groupes de travail et les
organismes membres de l'Équipe spéciale ont montré
qu'ils pouvaient travailler de concert à la production de
produits finals convenus, en temps voulu, et qu'il n'était
pas dans leur intérêt de se maintenir en tant que
structure permanente; cette expérience d'Équipe
spéciale, ainsi que celle de la précédente Équipe
spéciale interinstitutions sur la mise en oeuvre du
Programme d'action, montrent que dans le cadre du
CAC, il est possible de temps en temps et de façon
appropriée de s'appuyer sur des chefs de projet de façon
efficace à des fins spécifiques. Cette approche ne saurait
remplacer des mécanismes établis et permanents qui
continuent de jouer des rôles critiques, mais il est
important de reconnaître la valeur de l'approche fondée
sur l'Équipe spéciale et les chefs de projet, qui peuvent
habiliter un groupe élargi d'acteurs et encourager la
propriété conjointe en accroissant le partage des
responsabilités et en permettant une collaboration plus
étroite. Naturellement, les compétences, les aptitudes
et les antécédents en matière d'obtention des résultats
détermineront le choix des dirigeants de l'Équipe
spéciale et des coordonnateurs et influeront sur le
résultat final.
Après avoir distribué des produits finals sur le terrain,
l'Équipe spéciale aura mené à terme son programme de
travail. L'accent sera placé au niveau des pays où le
système des coordonnateurs résidents des Nations Unies
utilisera les produits finals en vue d'aider les pays à
mettre en oeuvre leur programme axé sur la réalisation
des objectifs de la Conférence, y compris la fourniture
des services sociaux de base pour tous. Le Centre de
formation de Turin (Italie) devrait élaborer des modules
de formation pour le personnel sur le terrain en vue de
faciliter et de maximiser l'utilisation de produits finals
de l'Équipe spéciale. Des groupes thématiques et des
équipes spéciales qui sont du ressort du coordonnateur
résident des Nations Unies seraient une modalité utile
pour renforcer la coordination et la collaboration
interinstitutions au niveau des pays. De nombreux pays
ont déjà organisé des groupes de ce type, en s'appuyant
sur le modèle des équipes spéciales du CAC. Les
organisations non gouvernementales et les groupes de
la société civile ainsi que le secteur privé devraient
participer aux groupes thématiques et aux équipes
spéciales au niveau des pays et tous les produits finals
de l'Équipe spéciale devraient être mis à leur
disposition. Le système des coordonnateurs résidents
des Nations Unies peut tirer parti de cette modalité pour
renforcer et étendre les liens avec les organismes
bilatéraux, les ONG, le secteur privé et la société civile
et tirer parti de leurs avantages comparatifs respectifs.
Les produits de l'Équipe spéciale devraient être liés au
bilan de pays commun, aux notes de stratégie de pays
et au Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au
développement. Les commissions régionales ont aussi
un rôle à jouer en encourageant et en prônant
l'utilisation des produits finals de l'Équipe spéciale. Le
partage et l'échange périodique d'informations au
moyen de l'Internet et d'autres technologies
comparables faciliteront une meilleure coordination et
collaboration entre les acteurs essentiels et tous les
partenaires pour le développement au niveau des pays
et aideront aussi à faire naître un sentiment de propriété
commune.
Notes
1/Les organismes membres de
l'Équipe spéciale des Nations
Unies sur les services sociaux de base pour tous sont les
suivants : Département des affaires économiques et sociales,
Département des affaires humanitaires, Commission
économique pour l'Afrique, Commission économique pour
l'Europe, Commission économique et sociale pour l'Asie et
le Pacifique, Commission économique pour l'Amérique
latine et les Caraïbes, Commission économique et sociale
pour l'Asie occidentale, Organisation des Nations Unies
pour l'alimentation et l'agriculture, Organisation
internationale du Travail, Fonds monétaire international,
Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés,
Centre des Nations Unies pour les établissements humains,
Fonds des Nations Unies pour l'enfance, Fonds de
développement des Nations Unies pour la femme,
Programme des Nations Unies pour le développement,
Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science
et la culture, Programme des Nations Unies pour
l'environnement, Organisation des Nations Unies pour le
développement industriel, Programme des Nations Unies
pour le contrôle international des drogues, Fonds des
Nations Unies pour la population, Office de secours et de
travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine
dans le Proche-Orient, Banque mondiale, Programme
alimentaire mondial et Organisation mondiale de la santé
2/Documents officiels du Conseil économique et social, 1997,
Supplément No 4 (E/1997/24).
3/Voir également (DP/FPA/1996/15) : Nouvelle méthode
d'allocation des ressources du FNUAP aux programmes de
pays.
4/Voir Indicators for Assessing the Performance of
Reproductive Health Programmes: A Discussion Paper
(FNUAP, New York, avril 1997).
5/Indicators for Population and Reproductive Health
Programmes (New York, FNUAP, novembre 1997).
6/Voir le document de l'OMS paru sous la cote
ICPHC/ALA/78.10.
7/Voir A/CONF.165/14, chap. I.
8/Voir E/ICEF/1992/22.
9/Résolution 44/25, annexe.
10/Voir Fonds des Nations Unies pour la population,
Rapport
annuel 1996 (New York, FNUAP, 1997).
11/Voir la fiche d'information sur La pandémie mondiale du
VIH/sida publiée par ONUSIDA (Genève, décembre
1997).
12/Genève, 1997.