United Nations

E/1997/27


Commission on the Status of Women

 Distr. GENERAL



E/1997/27 CSW - Rapport sur la quarantie`me session
      Conclusion concerte'e 1997/4.  L'e'ducation et la formation
                                       des femmes*                

1.   On s'accorde largement sur le fait que l'e'ducation et la formation
des filles et des femmes, en particulier, sont extre^mement rentables sur
les plans social et e'conomique et sont une condition pre'alable du
renforcement du pouvoir des femmes.  L'objectif de l'e'ducation devrait
e^tre de faire mieux comprendre que les droits des femmes sont des droits
de l'homme.  Les gouvernements, les organismes nationaux, re'gionaux et
internationaux, les donateurs bilate'raux et multilate'raux et la socie'te'
civile, notamment les organisations intergouvernementales, devraient
continuer de s'employer a` re'duire le taux d'analphabe'tisme fe'minin au
moins de moitie' par rapport au taux de 1990, en mettant l'accent sur
l'alphabe'tisation des femmes rurales, des migrantes, des re'fugie'es, des
femmes de'place'es dans leur propre pays, et des femmes handicape'es,
conforme'ment au Programme d'action de Beijing16/.


*    Pour l'examen de la question, voir chap. II, par. 172 a` 175.


2.   Les gouvernements et tous les autres protagonistes devraient
s'employer a` atteindre les objectifs du Programme d'action visant a`
assurer d'ici a` l'an 2000 l'acce`s de tous a` l'enseignement de base et
permettre a` 80 % des enfants d'a^ge scolaire d'achever leurs e'tudes
primaires; a` assurer l'acce`s e'gal des filles comme des garc'ons a`
l'enseignement primaire et secondaire d'ici a` l'an 2015; a` assurer d'ici
a` l'an 2015 et dans tous les pays l'acce`s de tous a` l'enseignement
primaire; et a` envisager de fournir une aide multilate'rale et
bilate'rale.

3.   Les gouvernements qui ne l'ont pas encore fait devraient mettre au
point des strate'gies et plans d'action nationaux pour l'application du
Programme d'action, qui pre'ciseraient les modalite's de coope'ration des
organismes compe'tents en vue d'atteindre les objectifs du Programme
d'action en matie`re d'e'ducation.  Ces strate'gies devraient couvrir tous
les domaines, e^tre assorties de calendriers pre'cis et de repe`res qui
permettent de mesurer les progre`s accomplis et e^tre accompagne'es de
propositions concernant les ressources a` affecter ou a` rede'ployer.  Il
pourrait e'galement e^tre ne'cessaire de mobiliser des fonds
supple'mentaires aupre`s de toutes sortes de sources pour permettre aux
filles et aux femmes, de me^me qu'aux garc'ons et aux hommes, d'achever
leurs e'tudes dans des conditions d'e'galite'.

4.   Les donateurs devraient s'efforcer d'atteindre le plus to^t possible
l'objectif convenu qui consiste a` consacrer 0,7 % de leur produit national
brut a` l'aide publique au de'veloppement; en outre, les pays de'veloppe's
et en de'veloppement inte'resse's, s'e'tant engage's respectivement a`
allouer, en moyenne, 20 % de l'aide publique au de'veloppement et 20 % du
budget national aux programmes sociaux de base, devraient inscrire leur
action dans une perspective sexospe'cifique.

5.   Les gouvernements et autres protagonistes devraient promouvoir dans
toutes les politiques et programmes des mesures volontaristes et visibles
d'inte'gration des sexospe'cificite's visant a` reme'dier a` l'ine'galite'
d'acce`s aux possibilite's d'e'ducation et a` leur insuffisance et tenant
compte des filles et des femmes vivant dans des conditions
particulie`rement difficiles.  L'enseignement, la formation et l'e'ducation
permanente des femmes devraient e^tre inte'gre's dans les politiques a`
tous les niveaux dans les mesures prises pour assurer l'e'galite' des
chances et dans les plans nationaux e'ventuels de de'veloppement humain. 
Les me'canismes nationaux de promotion de la femme et les responsables aux
niveaux des gouvernements, des organismes d'employeurs, des syndicats, des
organisations non gouvernementales ainsi que du secteur prive' devraient
collaborer pour faire en sorte que toutes les politiques tiennent compte
des proble`mes spe'cifiques des hommes et des femmes et que les femmes et
les organisations fe'minines soient associe'es au processus de prise des
de'cisions.

6.   Il convient de souligner, dans le cadre de la prise de de'cisions
inte'gre'e, la corre'lation entre les politiques en matie`re d'e'ducation
et de formation, d'une part, et celles du marche' du travail, de l'autre,
l'accent e'tant mis sur l'emploi et l'employabilite' des femmes. 
L'e'ducation de base et les qualifications professionnelles, notamment dans
les domaines de la science et de la technique, jouent un ro^le essentiel si
l'on veut que les femmes inte'ressent davantage les employeurs.  E'tant
donne' le nombre e'leve' de femmes dans les formules a` horaires mobiles et
dans le travail atypique, il importe particulie`rement de permettre a`
celles-ci de be'ne'ficier plus largement de la formation en cours d'emploi
afin qu'elles puissent conserver leur travail et faire progresser leur
carrie`re.

7.   Il convient de faire prendre conscience de la ne'cessite' d'une
nouvelle re'partition des responsabilite's au sein de la famille afin
d'alle'ger la charge de travail supple'mentaire qui pe`se sur les femmes.

8.   Les bureaux nationaux de statistique, les ministe`res responsables,
les organismes de recherche, les groupes fe'minins et les organisations
professionnelles devraient fournir aux femmes, aux gouvernements, aux
de'cideurs et aux organismes de formation les informations les plus
comple`tes et les plus exactes possibles sur le marche' du travail.  Il
faudrait donc concevoir un syste`me d'information moderne, adapte' et
actualise' sur le marche' du travail qui comprenne des donne'es ventile'es
par sexe concernant les possibilite's de formation, y compris la formation
prise en charge par l'employeur, les tendances actuelles en matie`re
d'emploi ainsi que les perspectives d'emploi futures.

9.   Il faudrait aussi e'laborer des programmes d'e'ducation et de
formation pour adultes de vaste porte'e pre'voyant non seulement une
instruction e'le'mentaire mais aussi une e'ducation et l'acquisition de
moyens permettant de produire des revenus.  Il faudrait prendre des mesures
en vue de lever les obstacles a` la participation des femmes aux programmes
d'e'ducation pour adultes telles que la cre'ation de structures d'accueil
et de garde pour enfants et autres personnes a` charge.

10.  Les femmes qui souhaiteraient de'velopper une micro ou petite
entreprise devraient avoir acce`s, non seulement a` des services d'appui
financier, mais e'galement a` une formation spe'cialise'e qui puisse les
aider a` ge'rer avec succe`s leur affaire.

11.  Les gouvernements devraient s'acquitter des responsabilite's qui sont
les leurs en matie`re d'e'ducation et de formation.  Les politiques qu'ils
adoptent devraient veiller a` ce que dans les domaines de l'e'ducation et
de la formation, les parties prenantes offrent des chances e'gales aux
hommes et aux femmes et oeuvrent en faveur d'une grande parite' entre les
sexes.  Il faudrait aussi qu'ils favorisent la coope'ration entre les
secteurs public et prive', notamment entre les organisations non
gouvernementales, les syndicats, les organisations professionnelles et les
coope'ratives, afin de rendre la formation dispense'e plus pertinente, plus
efficace et plus concre`te.  La population devrait aider a` mobiliser les
efforts de'ploye's par les pouvoirs publics et les instances non
gouvernementales, en tirant parti du ro^le important que les me'dias
peuvent jouer, afin d'assurer la parite' entre les sexes dans les domaines
de l'e'ducation, de la formation et de l'emploi.  Les syndicats et les
organisations patronales devraient apporter une contribution de'cisive a`
la formation professionnelle dispense'e au niveau tant national que local. 
C'est aux gouvernements qu'incombe, en dernier ressort, la responsabilite'
d'e'laborer des strate'gies qui permettent de garantir la participation des
femmes dans les activite's d'e'ducation et de formation, en particulier
celles qui sont destine'es aux femmes des zones rurales ou a` celles qui
souffrent d'handicaps sociaux, e'conomiques, culturels ou physiques.

12.  Les planificateurs de l'enseignement et les responsables politiques,
les pouvoirs publics et les autres protagonistes devraient e'laborer des
programmes d'enseignement, de formation technique et d'e'ducation
permanente qui reconnaissent que ce sont des composantes qui font partie
d'un me^me ensemble et s'inscrivent dans une me^me continuite'.  Il faut
reconnai^tre la valeur des connaissances et compe'tences acquises en milieu
scolaire et non scolaire, mais aussi des activite's communautaires et des
savoirs traditionnels.  Les programmes devraient syste'matiquement faire en
sorte que les femmes puissent be'ne'ficier de l'e'galite' avec les hommes
tout au long de ce processus e'ducatif, en vertu d'une nouvelle culture
d'apprentissage associant les individus, les entreprises, les organisations
et la socie'te' dans son ensemble.

13.  Les planificateurs de l'enseignement et les responsables politiques
devraient attacher davantage d'importance a` l'acce`s des filles et des
femmes a` l'enseignement des mathe'matiques, des sciences et des
techniques.  Afin d'acque'rir les qualifications dont elles ont besoin, les
femmes doivent avoir pleinement acce`s a` la formation scientifique et
technique a` tous les niveaux, y compris a` l'utilisation des techniques
modernes, a` la formation professionnelle et a` l'e'ducation permanente. 
Il faut s'employer en recourant a` un vaste e'ventail de strate'gies et de
modalite's d'action, par exemple en de'veloppant des services d'information
et d'orientation professionnelle a` l'intention des filles et des femmes,
a` promouvoir la participation de ces dernie`res dans les domaines ou`
elles sont sous-repre'sente'es, tels que la science, l'inge'nierie et la
technique, et a` les inciter a` participer activement a` la mise au point
de nouvelles techniques, du stade de la conception a` ceux de
l'application, du suivi et de l'e'valuation.

14.  La formation des enseignants est un e'le'ment indispensable de la
transmission de programmes non sexistes visant a` e'liminer les pre'juge's
en matie`re de comportement diffe'rent des filles et des garc'ons, qui ont
pour effet de renforcer la division sexuelle du travail.  Les techniques
permettant d'ame'liorer les capacite's des enseignants de dispenser un
enseignement non sexiste doivent faire l'objet de recherches et les
re'sultats doivent e^tre largement diffuse's afin d'appuyer l'e'laboration
de programmes d'enseignement multiculturel non sexiste dans tous les
domaines d'instruction.

15.  Le recrutement, la formation, les conditions de travail et le statut
des enseignants, en particulier des enseignantes, doivent e^tre ame'liore's
et il convient de de'velopper une formation exempte de pre'juge's a`
l'e'gard des femmes a` l'intention des enseignants, des formateurs
d'enseignants, des administrateurs d'e'cole et des planificateurs.  Il
convient d'encourager des actions palliatives en vue de mettre un terme a`
la sous-repre'sentation des femmes dans l'administration des
e'tablissements d'enseignement.

16.  En vue d'assurer l'e'galite' en matie`re d'enseignement et de
formation, il convient d'encourager l'utilisation des instruments
disponibles, tels que les recherches, les campagnes d'information, les
stages de perfectionnement a` l'intention des enseignants, l'e'laboration
de mate'riels pe'dagogiques non sexistes, les actions palliatives et des
e'tudes d'effets sexospe'cifiques.  Ces instruments sont axe's sur
diffe'rents protagonistes : filles et garc'ons, parents, enseignants,
administrateurs d'e'cole et responsables politiques.

17.  Les gouvernements devraient accroi^tre l'acce`s a` un enseignement et
a` des formations non sexistes et cre'er un environnement propre a`
favoriser le maintien des filles et des femmes dans les e'coles et a`
e'liminer les disparite's entre les sexes en matie`re de fre'quentation
scolaire a` tous les niveaux d'enseignement, y compris les niveaux
supe'rieurs.  L'autorite' scolaire, les parents et le personnel
administratif devraient promouvoir la su^rete' dans les e'coles et durant
les activite's scolaires.  Tous les protagonistes devraient conjuguer leurs
efforts pour contribuer a` cette action, en offrant le cas e'che'ant, des
programmes de repas scolaires, de ramassage scolaire et d'internat.  Il
importe que les organisations non gouvernementales interviennent dans tous
les domaines de l'e'ducation, notamment dans celui de l'e'ducation
permanente.

18.  Tous les gouvernements et toutes les parties inte'resse'es devraient
e^tre conscients de la ne'cessite' de donner aux jeunes enfants, notamment
a` ceux qui appartiennent a` des groupes vivant dans des circonstances
difficiles, une e'ducation pre'scolaire qui tiennent des disparite's entre
les sexes, et veiller a` ce que les petites filles rec'oivent, tout au long
de leur existence, une e'ducation de qualite'.

19.  Les gouvernements devraient, avec le concours de tous les
protagonistes sociaux, encourager la mise en place de programmes
d'e'ducation extrascolaires et lancer des campagnes d'information en vue de
promouvoir l'e'ducation permanente des femmes adultes.

20.  Les organes, organismes et institutions spe'cialise'es du syste`me des
Nations Unies, devraient dans l'accomplissement de leurs mandats
respectifs, recenser les meilleures pratiques et strate'gies permettant de
maintenir les femmes et les petites filles dans le syste`me d'enseignement,
a` tous les niveaux.

21.  Il faudrait soutenir les e'tudes relatives aux femmes et communiquer
leur programme ainsi que les travaux de recherche auxquels elles donnent
lieu aux e'tablissements d'enseignement et aux organisations de femmes, de
sorte qu'elles puissent servir d'exemple, aider a` mieux faire connai^tre
la contribution que les femmes ont apporte'e au de'veloppement de leur
socie'te', et jeter les bases d'une ve'ritable politique d'e'galite' entre
les sexes en matie`re d'e'ducation et de formation.

22.  Le Secre'taire ge'ne'ral devrait, compte tenu de la responsabilite'
d'ensemble qui lui incombe pour ce qui est de l'inte'gration d'une
perspective sexospe'cifique, continuer d'analyser et de diffuser largement
aux gouvernements et aux organisations non gouvernementales, par
l'interme'diaire de Femmes 2000 et d'autres publications diffuse'es dans
les langues officielles de l'Organisation des Nations Unies, les
informations relatives a` l'e'ducation et a` la formation des femmes dans
le cadre du suivi de la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes.
   	

 


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Date last updated: 06 December 1999 by DESA/DAW
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