United Nations

E/CN.6/1995/2


Commission on the Status of Women

 Distr. GENERAL
27 fe'vrier 1995
FRANC'AIS
ORIGINAL : ANGLAIS


COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME
Trente-neuvie`me session
New York, 15 mars-4 avril 1995
Point 3 e) de l'ordre du jour provisoire*

     * E/CN.6/1995/1.


      PRE'PARATIFS DE LA QUATRIE`ME CONFE'RENCE MONDIALE SUR LES FEMMES :
      LUTTE POUR L'E'GALITE', LE DE'VELOPPEMENT ET LA PAIX : PROJET DE
                             PLATE-FORME D'ACTION

                        Projet de plate-forme d'action

                       Rapport du Secre'taire ge'ne'ral 

1.   Dans sa re'solution 38/10 1/, la Commission de la condition de la femme
a demande' au Secre'taire ge'ne'ral de mettre au point le projet de
plate-forme d'action, en se fondant sur les textes figurant en annexe a` cette
re'solution et en tenant compte des re'sultats des re'unions pre'paratoires
re'gionales, pour qu'elle l'examine a` sa trente-neuvie`me session.  Elle lui
a en outre demande' qu'y soient incluses des propositions visant a` renforcer
la coope'ration technique et financie`re en faveur des femmes.

2.   Dans cette me^me re'solution, la Commission a invite' le Secre'taire
ge'ne'ral a` organiser, avant sa trente-neuvie`me session, en concertation
avec le bureau, des consultations officieuses non restreintes sur le projet de
plate-forme d'action.  Des consultations officieuses ont eu lieu le 18 juillet
et du 7 au 9 de'cembre 1994.

3.   Le projet de plate-forme d'action fait l'objet de l'annexe ci-apre`s.


                                     Note

1/   Documents officiels du Conseil e'conomique et social, 1994,
Supple'ment No 7 (E/1994/27), chap. I, sect. C.


                                    Annexe

                        PROJET DE PLATE-FORME D'ACTION

                              TABLE DES MATIūRES

                                                            Paragraphes  Page

   I.  E'NONCE' DES OBJECTIFS. . . . . . . . . . . . . . . .    1 - 3     4

  II.  PLAN GE'NE'RAL. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .    4 - 33    4

 III.  DOMAINES D'INTE'RE^T CRITIQUES . . . . . . . . . . . .   34 - 37   10

  IV.  OBJECTIFS ET ACTIONS STRATE'GIQUES. . . . . . . . . .   38 - 182  11

       A.  Le fardeau croissant de la pauvrete' qui ne
           cesse de peser sur les femmes . . . . . . . . . .   39 - 55   11

       B.  L'ine'galite' de l'acce`s a` l'e'ducation et
           l'insuffisance des possibilite's dans ce domaine.   56 - 70   17

       C.  Les disparite's en matie`re sanitaire, l'ine'galite'
           de l'acce`s aux services et aux soins de sante' et
           les insuffisances dans ce domaine . . . . . . . .   71 - 87   21

       D.  La violence a` l'e'gard des femmes. . . . . . . .   88 - 99   30

       E.  Les effets des conflits arme's et d'autres types
           de conflit sur les femmes . . . . . . . . . . . .  100 - 109  34

       F.  L'ine'galite' dans l'acce`s et la participation
           des femmes a` la de'finition des structures et
           politiques e'conomiques et au processus de
           production lui-me^me. . . . . . . . . . . . . . .  110 - 127  39

       G.  L'ine'galite' entre hommes et femmes dans le
           partage du pouvoir et la prise de de'cisions a`
           tous les niveaux. . . . . . . . . . . . . . . . .  128 - 139  45

       H.  L'insuffisance des me'canismes charge's, a` tous
           les niveaux, de favoriser la promotion de la
           femme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  140 - 148  49

       I.  La me'connaissance des droits fondamentaux de la
           femme reconnus sur le plan international et
           national et le manque d'engagement en leur
           faveur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  149 - 160  53

       J.  La mobilisation insuffisante des me'dias pour
           favoriser l'apport constructif des femmes a` la
           socie'te' . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  161 - 170  56

       K.  L'insuffisance de la reconnaissance et du
           soutien de la contribution des femmes a` la
           gestion des ressources naturelles et a` la
           protection de l'environnement . . . . . . . . . .  171 - 182  59

   V.  DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES. . . . . . . . . . . .  183 - 231  64

       A.  Au niveau national. . . . . . . . . . . . . . . .  192 - 197  65

       B.  Au niveau re'gional . . . . . . . . . . . . . . .  198 - 201  66

       C.  Au niveau international . . . . . . . . . . . . .  202 - 231  67

  VI.  DISPOSITIONS FINANCIE`RES. . . . . . . . . . . . . . .  232 - 246 73

       A.  Au niveau national. . . . . . . . . . . . . . . .  236 - 240  74

       B.  Au niveau re'gional . . . . . . . . . . . . . . .     241     74

       C.  Au niveau international . . . . . . . . . . . . .  242 - 246  74


                          I.  E'NONCE' DES OBJECTIFS

1.   La Plate-forme d'action vise a` acce'le'rer l'e'limination des obstacles
qui empe^chent les femmes de participer pleinement et dans des conditions
d'e'galite' avec les hommes a` toutes les activite's de la vie publique et de
la vie prive'e, y compris la prise de de'cisions e'conomiques et politiques. 
Elle constitue un "Agenda pour l'e'galite'" qui tend a` sauvegarder les droits
fondamentaux des femmes tout au long de leur vie.  Elle insiste sur le
principe du partage des responsabilite's et du partenariat entre hommes et
femmes comme fondement de l'e'galite', du de'veloppement et de la paix.

2.   La Plate-forme d'action requiert que l'on s'emploie sans de'lai a`
cre'er un monde pacifique, de'veloppe' et juste fonde' sur le principe de
l'e'galite' de tous les e^tres humains, d'ou` qu'ils viennent et quel que soit
leur a^ge, et tirant parti de la force que repre'sentent la science,
l'e'nergie, la cre'ativite' et le savoir-faire des femmes.

3.   Pour assurer le succe`s de la Plate-forme d'action, il est ne'cessaire
de disposer d'institutions solides et de ressources suffisantes pour appliquer
les mesures convenues, de s'engager a` faire participer sur un pied
d'e'galite' les femmes et les hommes a` tous les organes et processus
de'cisionnels aux niveaux international, re'gional et national, et d'e'tablir
des me'canismes permettant de rendre compte aux femmes du monde entier des
promesses qui leur ont e'te' faites.

                              II.  PLAN GE'NE'RAL

4.   La quatrie`me Confe'rence mondiale des Nations Unies sur les femmes :
lutte pour l'e'galite', le de'veloppement et la paix a lieu a` l'aube d'un
nouveau mille'naire.

5.   Depuis la tenue, en 1985, a` Nairobi, de la Confe'rence mondiale
charge'e d'examiner et d'e'valuer les re'sultats de la De'cennie des
Nations Unies pour la femme : e'galite', de'veloppement et paix et l'adoption
des Strate'gies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la
femme 1/, le monde a connu de profonds changements politiques, e'conomiques,
sociaux et culturels.

6.   La fin de la guerre froide a bouleverse' le panorama international et
mis un terme a` la rivalite' entre les superpuissances.  Si la menace d'un
conflit mondial s'est atte'nue'e, la re'surgence du nationalisme et des
conflits ethniques compromet la paix dans de nombreuses re'gions.  Les
10 dernie`res anne'es ont par ailleurs e'te' caracte'rise'es par la monte'e en
puissance des socie'te's transnationales qui, de par leur nature me^me et leur
richesse, ne sont pas comptables de leurs activite's devant les gouvernements
et les peuples.  Les re'seaux mondiaux d'information qui se mettent en place
a` la faveur des nouvelles technologies re'duisent les distances qui se'parent
les peuples de cultures diffe'rentes.

7.   Dans de nombreux pays, la situation politique s'est de'bloque'e sous
l'effet d'un mouvement mondial de de'mocratisation.  En Afrique du Sud, la
politique de racisme institutionnalise' qu'e'tait l'apartheid a e'te'
de'mantele'e et le transfert du pouvoir s'est effectue' de manie`re pacifique
et de'mocratique.  De me^me, en Europe orientale, la transition vers une
de'mocratie parlementaire a e'te' rapide et relativement pacifique.

8.   La re'alisation des objectifs de de'veloppement a souffert de la
re'cession prolonge'e de l'e'conomie mondiale qui s'est fait sentir dans de
nombreux pays, en trai^nant une augmentation du cho^mage dans les pays
industrialise's et le transfert de la fabrication de certains produits
industriels dans des pays en de'veloppement.  Des blocs commerciaux re'gionaux
se sont cre'e's, d'autres se sont consolide's et l'Accord ge'ne'ral sur les
tarifs douaniers et le commerce a renforce' l'interde'pendance e'conomique des
pays.  La pe'riode a e'te' e'galement caracte'rise'e par d'importantes
de'penses militaires et un recul de l'aide internationale au de'veloppement.

9.   La fragilite' manifestement croissante de la paix, de l'environnement et
des institutions qui gouvernent les socie'te's a incite' la communaute'
internationale a` rechercher d'autres moyens d'assurer le de'veloppement et la
se'curite'.  La participation, a` un niveau e'leve' de responsabilite', de la
moitie' fe'minine de l'humanite' a` la vie publique est la condition me^me du
succe`s de ces efforts.  C'est pourquoi seule une transformation radicale des
relations entre les sexes permettra de relever les de'fis du nouveau
mille'naire.

10.  Lors de sa fondation, il y a 50 ans, l'Organisation des Nations Unies
s'est engage'e a` assurer la justice, le respect des droits de l'homme et le
progre`s social et a` maintenir la paix et la se'curite' internationales.  Les
re'alite's actuelles te'moignent de la difficulte' d'une telle entreprise en
ce qui concerne la plus grande partie de l'humanite'.  La situation des femmes
dans la socie'te' et les conditions dans lesquelles elles vivent montrent bien
que le passe' ne peut servir de re'fe'rence a` l'avenir.

11.  De nouveaux cadres directifs sont actuellement propose's.  L'Agenda pour
la paix de'finit des strate'gies de maintien de la paix, de diplomatie
pre'ventive et de re'tablissement de la paix.  L'Agenda pour le de'veloppement
propose des moyens pre'cis pour stimuler la coope'ration dans le domaine du
de'veloppement et renforcer le ro^le de l'Organisation des Nations Unies a`
cet effet.  Si la pre'sente Plate-forme d'action de'finit des strate'gies
pre'cises de de'veloppement et de paix, elle constitue aussi un agenda pour
l'e'galite'.

12.  Les femmes sont devenues les protagonistes du mouvement de l'humanite'
en faveur de la paix.  Toutefois, elles figurent aussi au premier rang des
re'fugie's en raison de la persistance des conflits nationalistes et
ethniques.  Il est essentiel, pour re'aliser l'Agenda pour la paix, qu'elles
participent sur un pied d'e'galite' aux processus de'cisionnels, aux
interventions multilate'rales, a` la diplomatie pre'ventive et a` toutes les
initiatives de paix.  Leur point de vue et leurs besoins spe'cifiques doivent
se refle'ter pleinement dans toutes les initiatives.

13.  La quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes s'inscrit dans la
continuite' d'un processus d'ampleur mondiale qui a de'bute' officiellement en
1975 lorsque l'Assemble'e ge'ne'rale des Nations Unies a proclame' l'Anne'e
internationale des femmes.  L'anne'e 1975 a marque' un tournant dans
l'histoire des femmes.  Dans de nombreux domaines, il n'existait pas, il y a
20 ans, de statistiques ventile'es par sexe.  On savait alors peu de choses de
la condition des femmes dans certaines socie'te's et, en particulier, de la
diversite' de leurs besoins, de leurs compe'tences et de leurs activite's.

14.  La De'cennie des Nations Unies pour la femme (1976-1985) a manifeste'
une volonte' universelle d'examiner la condition et les droits des femmes et
de faire en sorte que celles-ci participent a` la prise de de'cisions a` tous
les niveaux.  Certains gouvernements ont mis en place des structures
spe'cialement destine'es a` l'e'tude des proble`mes des femmes.  Les
organismes internationaux ont pre^te' davantage d'attention a` la condition,
au ro^le, aux compe'tences et aux besoins particuliers des femmes.  En 1979,
l'Assemble'e ge'ne'rale des Nations Unies a adopte' la Convention sur
l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes
2/, qui vise a` e'liminer la discrimination dont elles font l'objet et
l'ine'galite' entre les sexes.  En 1985, la Confe'rence mondiale charge'e
d'examiner et d'e'valuer les re'sultats de la De'cennie des Nations Unies pour
la femme : e'galite', de'veloppement et paix a adopte' les Strate'gies
prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme dont la mise en
oeuvre s'e'talera jusqu'en l'an 2000.  Les gouvernements ont e'te' instamment
invite's a` remanier les structures juridiques, politiques, e'conomiques et
sociales en vue d'assurer l'e'galite', le de'veloppement et la paix.  Dix ans
apre`s, cette promesse d'e'galite' et de partenariat est loin de s'e^tre
concre'tise'e.

15.  A` l'e'chelle mondiale, les femmes ne repre'sentent en moyenne que 10 %
a` peine de tous les le'gislateurs e'lus.  Seuls les pays nordiques ou`,
gra^ce a` leur niveau d'instruction, les femmes ont exige' et obtenu de
prendre part a` e'galite' avec les hommes, a` la prise des de'cisions
politiques, font exception a` cet e'tat de fait.  La Sue`de est le premier
pays a` faire part e'gale aux repre'sentants des deux sexes au niveau
gouvernemental.

16.  Dans tous les pays, la plupart des structures gouvernementales restent
toutefois domine'es par les hommes.  L'Organisation des Nations Unies ne fait
pas exception.  Cinquante ans apre`s sa cre'ation, elle continue de se priver
du be'ne'fice que pourrait lui apporter la contribution des femmes aux niveaux
les plus e'leve's de la hie'rarchie, de son secre'tariat et des institutions
spe'cialise'es, ou` elles sont toujours sous-repre'sente'es.  Dans le secteur
prive', la situation des femmes n'est gue`re plus enviable.  Les postes
d'encadrement et de direction des entreprises demeurent, pour l'essentiel, le
domaine re'serve' des hommes.

17.  Sous l'impulsion principalement du syste`me des Nations Unies, la
communaute' internationale s'est attache'e a` re'soudre les proble`mes qui se
sont pose's les 10 dernie`res anne'es.  Plusieurs confe'rences et conventions
ont de'fini les droits et responsabilite's des particuliers et des E'tats
concernant un grand nombre de questions d'ordre mondial.  Les organisations
non gouvernementales (ONG), en particulier les organisations de femmes, ont
joue' un ro^le de plus en plus important dans l'orientation des de'bats et
dans la formulation de recommandations sur la contribution que les femmes
peuvent apporter a` la solution des proble`mes.

18.  Le Sommet mondial pour les enfants, la Confe'rence des Nations Unies sur
l'environnement et le de'veloppement, la Confe'rence mondiale sur les droits
de l'homme, la Confe'rence mondiale sur le de'veloppement durable des petits
E'tats insulaires en de'veloppement, la Confe'rence internationale sur la
population et le de'veloppement et le Sommet mondial sur le de'veloppement
social ont tous examine' les divers aspects du de'veloppement et des droits
fondamentaux et, dans leurs domaines respectifs, se sont penche's sur
l'e'quilibre des rapports entre hommes et femmes.  De me^me, l'Anne'e
internationale des populations autochtones et l'Anne'e internationale de la
famille ont mis l'accent sur l'importance du renforcement du pouvoir et de
l'e'galite'.  Les femmes ont beaucoup contribue' a` e'laborer le suivi de ces
initiatives.

19.  Toutes ces manifestations internationales te'moignent que des proble`mes
d'importance mondiale menacent la survie me^me de l'humanite'.  Reconnai^tre
que les femmes ont un ro^le a` jouer face a` ces proble`mes, c'est
reconnai^tre qu'il faut assurer l'e'galite' et le partage des responsabilite's
entre hommes et femmes dans la famille et dans la socie'te'.  La communaute'
internationale s'accordant a` reconnai^tre que les femmes ont un ro^le
de'cisif a` jouer dans le de'veloppement, la quatrie`me Confe'rence mondiale
sur les femmes doit donc e^tre pour elle l'occasion de prendre des engagements
et de passer a` l'action.

20.  L'e'volution re'cente de la situation internationale a exerce' des
effets disproportionne's sur les femmes.  Dans les pays fortement endette's,
les programmes d'ajustement structurel, en contraignant les gouvernements a`
re'duire leurs services de base et leurs investissements en faveur du
de'veloppement humain, ont eu cette conse'quence que l'entie`re
responsabilite' des services sociaux essentiels repose de'sormais sur les
femmes, sans compensation aucune.  Dans certains pays en de'veloppement, en
particulier les pays africains, cette situation a e'te' aggrave'e par la
baisse du prix des produits de base.

21.  Les politiques macro-e'conomiques ont eu des conse'quences ne'fastes sur
les femmes et les familles, en particulier celles vivant dans la pauvrete'. 
Les ine'galite's en ce qui concerne la qualite' de vie, la nutrition, la
sante', l'e'ducation et les possibilite's de s'e'panouir et de mener une vie
productive se sont creuse'es d'une re'gion a` l'autre et a` l'inte'rieur de
chaque pays.  La pauvrete' a progresse' en termes absolus comme en termes
relatifs et le nombre des femmes qu'elle touche a partout augmente'.

22.  Un quart des me'nages du monde entier sont dirige's par des femmes et
ceux qui de'pendent du revenu de la femme, me^me lorsqu'ils comptent des
hommes, sont parmi les plus pauvres.  La de'sinte'gration des familles, les
migrations urbaines, les guerres et les de'placements internes de population
constituent des facteurs qui contribuent a` multiplier le nombre des me'nages
dirige's par des femmes.

23.  L'accroissement de la population mondiale atteint actuellement des
records absolus, avec des progressions de pre`s de 90 millions de personnes
par an.  Deux autres grandes tendances de'mographiques ont eu de profondes
re'percussions sur le rapport de de'pendance a` l'inte'rieur des familles. 
Dans de nombreux pays en de'veloppement, 45 a` 50 % de la population a moins
de 25 ans alors que, dans les pays industrialise's, le nombre et la proportion
des personnes a^ge'es augmentent.  Ce sont les femmes qui, s'occupant pour
l'essentiel des enfants, des malades et des personnes a^ge'es, portent le
poids de ce surcroi^t de responsabilite'.  Il faut donc reformuler les
politiques d'investissement social a` long terme pour assurer un partage plus
e'quitable des responsabilite's familiales entre les deux sexes.  Les femmes
e'prouvent des besoins diffe'rents au cours des diverses e'tapes de leur vie,
besoins dont il faut tenir compte dans la planification des politiques et la
mise en oeuvre des programmes et projets.

24.  Au cours des 20 dernie`res anne'es, le monde a e'te' te'moin d'une
explosion dans le domaine des communications.  Par suite des progre`s de
l'informatique et de la te'le'vision par satellite et par ca^ble, l'acce`s a`
l'information a` l'e'chelle mondiale continue de s'e'largir et ouvre de
nouvelles possibilite's a` la participation des femmes aux communications et
aux me'dias, ainsi qu'a` la diffusion d'informations sur les femmes. 
L'accroissement du ro^le des femmes dans les domaines techniques et
de'cisionnels des communications et des me'dias permettrait de faire plus
largement connai^tre la vie des femmes de leur propre point de vue.

25.  La de'gradation persistante de l'environnement a une influence directe
sur la vie des femmes qui voient leur sante' et la pe'rennite' de leurs moyens
de subsistance compromises par la pollution et les de'chets toxiques, ainsi
que par le de'boisement, la de'sertification et l'appauvrissement des sols a`
grande e'chelle.  Les femmes les plus touche'es sont celles qui vivent en
milieu rural, leurs moyens de subsistance et leur nourriture quotidienne
de'pendant directement d'e'cosyste`mes durables.

26.  Ces tendances ge'ne'rales et les conflits auxquels elles donnent lieu
ont entrai^ne' de profonds changements dans les strate'gies de survie et la
structure des familles.  L'exode rural est partout en nette augmentation. 
Selon les projections, la proportion de la population urbaine par rapport a`
l'ensemble de la population devrait atteindre 57 % d'ici a` l'an 2000.  On
estime a` 125 millions les migrants, personnes de'place'es et re'fugie's que
des conflits ou des proble`mes environnementaux ont contraints a` se
de'placer; la moitie' d'entre eux vivent dans des pays en de'veloppement.  Ces
mouvements massifs de population ont de profondes conse'quences sur la
structure familiale et des re'percussions ine'gales sur les femmes et les
hommes.

27.  Aux bouleversements d'ordre politique, e'conomique et e'cologique qui
ont marque' les 10 dernie`res anne'es s'est ajoute' le fle'au de la pande'mie
due au virus d'immunode'ficience humaine (VIH).  Selon des estimations de
l'Organisation mondiale de la sante' (OMS), a` la mi-1993, le nombre des
personnes atteintes du syndrome d'immunode'ficience acquise (sida) s'e'levait
a` 2,5 millions.  Celui des personnes infecte'es par le VIH serait
actuellement de 14 millions et les projections indiquent que 20 a` 30 autres
millions de personnes seront infecte'es d'ici a` la fin des anne'es 90 si des
strate'gies de pre'vention efficaces ne sont pas mises en oeuvre.  La
transmission du VIH aux femmes et aux filles augmente a` un rythme alarmant.

28.  Depuis 1975, une importante documentation sur la situation et les
conditions de vie des femmes a e'te' constitue'e.  De`s leur plus tendre
enfance et toute leur vie durant, les femmes pa^tissent de comportements, de
structures et d'un manque de ressources qui pe`sent sur leur vie quotidienne,
restreignent leurs aspirations et les empe^chent de participer pleinement a`
la vie publique, a` e'galite' avec les hommes.  La discrimination a` l'e'gard
des femmes s'exerc'ant de`s leur naissance, c'est de`s ce moment-la` qu'il
faut y faire pie`ce.

29.  Les 10 dernie`res anne'es ont bien montre' que les femmes, si davantage
de possibilite's leur sont offertes, notamment celle d'e^tre plus productives
et de se procurer des revenus, seront en mesure d'accroi^tre leur niveau de
vie et, par la`, de contribuer a` ame'liorer le bien-e^tre de leur famille, a`
atte'nuer et e'liminer la pauvrete' et a` ame'liorer les performances
e'conomiques de leur pays.

30.  Ces 10 dernie`res anne'es, la force grandissante des organisations non
gouvernementales, en particulier des organisations de femmes, s'est re've'le'e
e^tre l'e'le'ment moteur du changement.  En de'pit de la diversite' de leur
condition, les femmes se sont montre'es solidaires les unes des autres.  Elles
se sont organise'es et ont constitue' des re'seaux et plaide' collectivement
leur cause.  Les organisations de femmes ont fait office de catalyseur de
nouvelles conceptions du de'veloppement.  C'est, en particulier, gra^ce aux
ONG qu'elles ont pu participer a` des re'unions organise'es aux e'chelons
mondial, re'gional, national et local et exercer fortement leur influence dans
les de'bats internationaux sur la gestion et la pre'servation de
l'environnement, sur les droits de l'homme, sur la violence a` l'e'gard des
femmes, sur la question de la population et du de'veloppement durable, sur
l'expansion e'conomique et sur la science et la technologie.

31.  De me^me, c'est au cours de cette pe'riode que les compe'tences des
femmes ont e'te' reconnues dans toute leur diversite' et qu'on s'est aperc'u
que leurs connaissances traditionnelles en matie`re scientifique et technique,
en particulier celles des femmes autochtones, permettaient de re'soudre
certains proble`mes de manie`re novatrice et peu cou^teuse.  Cependant, les
femmes e'tant absentes des organes de de'cision, il n'a pas e'te' tenu
suffisamment compte de leurs attentes et de leurs priorite's et bon nombre
d'institutions n'ont pas su, de ce fait, e'voluer.

32.  Les Strate'gies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la
femme ont de'fini un cadre de travail permettant d'atteindre les objectifs
interde'pendants et comple'mentaires que sont l'e'galite', le de'veloppement
et la paix.  A` tous les stades de la vie et dans tous les domaines, le
processus de socialisation doit reposer sur le principe de l'e'galite' entre
les sexes.  Le foyer est le lieu ou` filles et garc'ons entendent parler pour
la premie`re fois de leurs droits et de leurs responsabilite's les uns envers
les autres comme envers la socie'te'.  Il est d'autant plus difficile
d'apporter des changements dans la vie publique qu'hommes et femmes ne vivent
pas sur un pied d'e'galite' dans la vie prive'e.

33.  Il a e'te' de'montre' gra^ce a` la solidarite' internationale qu'il
e'tait possible de mettre un terme au racisme institutionnalise'.  Il faut,
pour que l'e'galite' entre les sexes devienne re'alite', que la communaute'
internationale se mobilise a` nouveau et fasse preuve d'une plus grande
solidarite' et d'un sens accru des responsabilite's.  Dans leur diversite' et
leur universalite', l'expe'rience, la science, la vision et les espoirs des
femmes constituent une force, force qui doit e^tre a` la base de la mise en
oeuvre de la Plate-forme d'action.

                      III.  DOMAINES D'INTE'RE^T CRITIQUES

34.  La promotion de la femme et la re'alisation de l'e'galite' entre hommes
et femmes n'est pas simplement une question de justice sociale, c'est le seul
moyen de ba^tir une socie'te' viable, juste et de'veloppe'e.  L'attribution de
pouvoirs et de l'e'galite' aux femmes sont des conditions pre'alables
essentielles si l'on veut instaurer la se'curite' politique, sociale,
e'conomique, culturelle et e'cologique entre tous les peuples au cours du
sie`cle prochain.

35.  Les objectifs e'nonce's dans les Strate'gies prospectives d'action de
Nairobi pour la promotion de la femme n'ont pas e'te' re'alise's.  Malgre' les
efforts de gouvernements, d'organisations non gouvernementales, de femmes et
d'hommes e'claire's partout dans le monde, les femmes continuent de se heurter
a` une multitude d'obstacles sur la voie de l'autonomie et de l'e'galite'. 
Vastes perturbations politiques et e'conomiques, conflits arme's et pre'juge's
profonde'ment ancre's a` l'e'gard des femmes et des filles ne sont que
quelques-uns des obstacles rencontre's depuis la Confe'rence mondiale charge'e
d'examiner et d'e'valuer les re'sultats de la De'cennie des Nations Unies pour
la femme : e'galite', de'veloppement et paix, en 1985.

36.  L'e'tude des progre`s re'alise's depuis la Confe'rence de Nairobi fait
apparai^tre des proble`mes particuliers et des domaines prioritaires ou`
l'action s'impose d'urgence.  Toutes les parties qui oeuvrent pour la
promotion de la femme devraient axer leur action et leurs ressources sur les
domaines d'inte're^t critiques, qui sont ne'cessairement relie's,
interde'pendants et d'e'gale priorite'.

37.  La Plate-forme d'action vise a` acce'le'rer l'e'limination des obstacles
qui continuent d'entraver la pleine participation des femmes, sur un pied
d'e'galite', a` tous les domaines de la vie, notamment a` la prise de
de'cisions e'conomiques et politiques, a` prote'ger les droits fondamentaux
des femmes au cours de toutes les e'tapes de leur vie, et a` inte'grer les
questions les concernant dans tous les domaines du de'veloppement durable, de
fac'on que femmes et hommes puissent oeuvrer ensemble a` l'e'galite', au
de'veloppement et a` la paix.  A` cette fin, la communaute' internationale,
les gouvernements, les organisations non gouvernementales et le secteur prive'
sont appele's a` prendre des mesures strate'giques dans les domaines critiques
ci-apre`s :

     ~   Le fardeau croissant de la pauvrete' qui ne cesse de peser sur les
         femmes;

     ~   L'ine'galite' de l'acce`s a` l'e'ducation et l'insuffisance des
         possibilite's dans ce domaine;

     ~   Les disparite's en matie`re sanitaire, l'ine'galite' de l'acce`s aux
         services et aux soins de sante' et les insuffisances dans ce
         domaine;

     ~   La violence contre les femmes;

     ~   Les effets des conflits arme's et autres types de conflit sur les
         femmes;

     ~   L'ine'galite' dans l'acce`s et la participation des femmes a` la
         de'finition des structures et politiques e'conomiques et au
         processus de production lui-me^me;

     ~   L'ine'galite' entre hommes et femmes dans le partage du pouvoir et
         la prise de de'cisions a` tous les niveaux;

     ~   L'insuffisance des me'canismes charge's, a` tous les niveaux, de
         favoriser la promotion de la femme;

     ~   La me'connaissance des droits fondamentaux de la femme reconnus sur
         le plan international et national et le manque d'engagement en leur
         faveur;

     ~   La mobilisation insuffisante des me'dias pour favoriser l'effort
         constructif des femmes a` la socie'te';

     ~   L'insuffisance de la reconnaissance et du soutien de la contribution
         des femmes a` la gestion des ressources naturelles et a` la
         protection de l'environnement.

                    IV.  OBJECTIFS ET ACTIONS STRATE'GIQUES

38.  Dans chacun des domaines ou` les proble`mes sont les plus pre'occupants,
l'on de'finit les proble`mes et l'on propose aux divers acteurs des objectifs
strate'giques et des mesures concre`tes pour les re'aliser.  Les objectifs
strate'giques sont de'finis compte tenu des proble`mes les plus pre'occupants,
et les mesures concre`tes a` prendre transcendent les limites entre e'galite',
de'veloppement et paix et refle`tent l'interde'pendance de ces trois objectifs
e'nonce's dans les Strate'gies prospectives d'action de Nairobi pour la
promotion de la femme.  Ces objectifs et mesures sont lie's, reve^tent une
e'gale priorite' et se renforcent mutuellement.

                   A.  Le fardeau croissant de la pauvrete' 
                       qui ne cesse de peser sur les femmes

39.  La pauvrete' est une situation multidimensionnelle et complexe qui
comporte plusieurs aspects : e'conomique, e'ducatif, social, politique,
culturel et technologique.  La re'cession e'conomique mondiale prolonge'e,
combine'e a` la crise de la dette et aux programmes d'ajustement structurel,
a` la lutte civile avec le de'placement subse'quent de personnes et a` la
de'gradation de l'environnement, ont sape' la capacite' des gouvernements de
re'pondre aux besoins fondamentaux de leurs populations.  Il en est re'sulte'
une tendance spe'cifique vers l'appauvrissement des femmes, dont le degre'
varie d'une re'gion a` l'autre.  Les migrations et l'e'volution des structures
familiales ont place' un fardeau supple'mentaire sur les femmes, surtout
celles qui ont plusieurs personnes a` leur charge.  Les politiques
macro-e'conomiques n'ont pas e'te' re'ajuste'es pour re'pondre a` ces
tendances.  Portant essentiellement sur le secteur structure' de l'e'conomie,
ces politiques, qui ne tenaient pas compte du fait qu'elles produisaient des
effets diffe'rents sur les deux sexes, ont eu ge'ne'ralement pour conse'quence
d'entraver les initiatives des femmes.  Pour e'liminer la pauvrete' et
re'aliser un de'veloppement durable, il faut faire pleinement contribuer les
femmes a` la formulation des politiques macro-e'conomiques et sociales ainsi
qu'aux initiatives de lutte contre la pauvrete'.

40.  Le renforcement du pouvoir des femmes est un facteur critique de
l'e'limination de la pauvrete'.  Les femmes contribuent a` l'e'conomie et a`
l'e'limination de la pauvrete' par le travail qu'elles effectuent, avec ou
sans re'mune'ration, au foyer, dans la collectivite' et sur le lieu de
travail.  Les femmes repre'sentent la majorite' des pauvres dans le monde et
il est essentiel de libe'rer leur potentiel productif si l'on veut e'liminer
la pauvrete'.

41.  Qui plus est, au cours des 10 dernie`res anne'es, le nombre de femmes
vivant dans la pauvrete' a augmente' hors de proportion par rapport a` celui
des hommes, en particulier dans les pays qui sont pauvres eux-me^mes.  Si
cette tendance peut s'attribuer en partie a` l'effet ne'gatif des programmes
d'ajustement structurel et au fardeau du service de la dette, elle est aussi
due a` la rigidite' des ro^les que la socie'te' assigne a` l'un et l'autre
sexe et a` l'acce`s limite' qu'ont les femmes a` l'e'ducation et aux
ressources productives.

42.  Si la pauvrete' affecte les me'nages dans leur ensemble, ce sont les
femmes qui portent le fardeau de loin le plus lourd et doivent chercher a`
ge'rer la consommation du me'nage dans une situation de pe'nurie de plus en
plus aigue".  C'est sur les femmes dans les campagnes, les femmes de'place'es
et les re'fugie'es que le fardeau pe`se le plus lourd.  Avec l'augmentation,
dans le monde entier, du nombre de me'nages dirige's par des femmes, un nombre
croissant de femmes divorce'es, veuves ou ce'libataires tombent dans une
pauvrete' de plus en plus profonde.  Les femmes a^ge'es et les tre`s jeunes
filles sont particulie`rement vulne'rables.  De nouvelles formes de pauvrete'
ont e'galement fait leur apparition.

43.  La pauvrete' des femmes est directement lie'e au fait qu'elles n'ont pas
acce`s aux services et a` l'e'ducation, qu'elles n'ont gue`re de droits et
que, en raison de la structure de la socie'te' et des comportements sociaux,
elles ont des difficulte's a` acce'der a` la proprie'te' foncie`re, a` la
succession, a` l'emploi, aux revenus, au cre'dit et a` la formation.  Lorsque
des possibilite's d'emploi existent, les femmes, en particulier si elles sont
jeunes, sont souvent rele'gue'es dans les cate'gories de salaire infe'rieures,
souvent sans se'curite' d'emploi ni protection juridique ou appui syndical.

44.  Les investissements qui augmentent la capacite' de production des femmes
en leur donnant acce`s au cre'dit, a` l'assistance technique et a` la
formation permettent de relever les revenus et d'ame'liorer la nutrition,
l'e'ducation et les soins de sante' dans le me'nage.  Toutefois, si on ne les
fait pas participer, en tant que partenaires ou responsables, a` la conception
des interventions macro-e'conomiques, on perd l'occasion d'accroi^tre leur
potentiel productif.

45.  L'on ne peut assurer un de'veloppement durable qu'en e'levant le statut
e'conomique et social des femmes.  L'e'galite' des chances dans l'e'ducation
et l'emploi pour assurer leur autonomie et leur inde'pendance financie`re,
l'acce`s aux soins de sante' et au logement, la garantie des droits des femmes
devant la loi et de leurs droits fondamentaux a` toutes les e'tapes de leur
vie sont des e'le'ments essentiels dans l'e'limination de la pauvrete'.  Des
mesures analogues cible'es spe'cifiquement sur les plus pauvres parmi les
pauvres sont e'galement ne'cessaires.  Les femmes qui vivent dans la pauvrete'
ont montre' qu'elles avaient des connaissances, des capacite's et des
compe'tences en matie`re de gestion.  Ce n'est qu'en leur donnant les moyens
de participer pleinement que l'on permettra aux femmes et a` leurs familles de
sortir de la pauvrete'.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.1

           Adopter et appliquer des politiques macro-e'conomiques et
          des strate'gies de de'veloppement re'pondant aux besoins et
           aux efforts des femmes dans la lutte contre la pauvrete'

Mesures a` prendre

46.  Les gouvernements devraient :

     a)  Appliquer des politiques macro-e'conomiques saines et soucieuses
d'e'quite' entre les sexes, conc'ues de fac'on a` assurer la pleine
participation des femmes et fonde'es sur des strate'gies de de'veloppement
axe'es sur la personne humaine;

     b)  Restructurer et cibler la re'partition des de'penses publiques pour
re'pondre aux besoins fondamentaux des femmes et faire be'ne'ficier les
pauvres des services sociaux, en particulier en ce qui concerne l'e'ducation,
les soins de sante' primaires, y compris la planification familiale, et
faciliter l'acce`s a` l'eau salubre;

     c)  Allouer les ressources financie`res, techniques et humaines
ne'cessaires pour assurer la se'curite' et l'autonomie alimentaires;

     d)  Fournir des filets de se'curite' ade'quats et renforcer les
syste`mes d'appui publics et communautaires en tant que partie inte'grante de
la politique sociale, afin de permettre aux pauvres de survivre dans des
environnements e'conomiques adverses et de pre'server leurs moyens d'existence
et leurs avoirs en temps de crise;

     e)  Adopter des politiques e'conomiques ayant un effet positif sur
l'emploi et le revenu des travailleuses;

     f)  Formuler et appliquer des politiques dans les domaines e'conomique
et agricole et les domaines connexes visant spe'cifiquement a` soutenir les
me'nages dont le chef est une femme;

     g)  E'laborer des politiques et programmes agricoles qui prote`gent et
encouragent les productrices de denre'es alimentaires, en particulier en
mettant en place la technologie et l'infrastructure approprie'es (marche's,
routes d'acce`s, transports, etc.), surtout dans les zones rurales;

     h)  E'laborer et appliquer des politiques des prix agricoles e'quitables
et mettre au point des programmes d'emploi et de lutte contre la pauvrete' qui
facilitent l'acce`s des acheteurs de produits alimentaires;

     i)  Mettre en place des mesures visant a` aider les femmes de'place'es
a` entrer sur le marche' de la production, notamment en reconnaissant les
qualifications et les compe'tences des immigrantes et des re'fugie'es, de
fac'on a` les inte'grer pleinement a` la population active;

     j)  E'laborer des programmes novateurs pour fournir un logement
abordable et l'acce`s a` la terre, en insistant particulie`rement sur les
besoins des femmes chefs de famille, des handicape'es, des indigentes, des
femmes de'place'es et a^ge'es, qui vivent dans l'extre^me pauvrete';

     k)  E'laborer des programmes spe'ciaux qui tiennent compte des besoins
spe'cifiques des enfants, en particulier des petites filles, des jeunes femmes
et des femmes a^ge'es qui sont le moins a` me^me d'acce'der aux ressources;

     l)  E'tablir des me'canismes pour veiller a` ce que la re'partition des
ressources aux niveaux macro-e'conomique et sectoriel et a` celui des projets
tienne compte des cou^ts sociaux et des be'ne'fices du travail des femmes;

     m)  Allouer des ressources suffisantes aux personnes se livrant a`
l'agriculture de subsistance, dont la majorite' sont des femmes, dans les
domaines du financement, des services et des intrants, afin d'accroi^tre la
production.

47.  Les institutions internationales de financement et de de'veloppement,
les bailleurs de fonds internationaux et bilate'raux, en particulier la Banque
mondiale, le Fonds mone'taire international et les banques re'gionales de
de'veloppement devraient :

     a)  Consacrer davantage de ressources a` l'e'limination de la pauvrete'
et concentrer les efforts sur les femmes qui vivent dans la pauvrete';

     b)  Prendre toujours en conside'ration les questions touchant l'e'quite'
entre les sexes dans la conception et l'application des programmes de pre^t,
y compris les programmes d'ajustement structurel;

     c)  Re'duire substantiellement ou annuler la dette exte'rieure pour
accroi^tre les capacite's des pays pauvres de financer des programmes et
projets en faveur des femmes de'savantage'es;

     d)  Veiller a` ce que les programmes d'ajustement structurel ne
transfe`rent pas la responsabilite' des services sociaux de base des
gouvernements aux femmes, sans compensation;

     e)  Cre'er des conditions propices pour que les femmes puissent subvenir
durablement a` leurs besoins.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.2

        Re'viser les le'gislations et les pratiques administratives   
        qui limitent l'acce`s des femmes de'savantage'es aux ressources
                                 e'conomiques

Mesures a` prendre

48.  Les gouvernements devraient :

     a)  Fournir des services juridiques a` faible cou^t, y compris des
programmes, conc'us a` l'intention des femmes qui vivent dans la pauvrete',
visant a` leur inculquer un minimum de connaissances sur leurs droits au
regard de la loi;

     b)  Abroger les lois qui exacerbent la pauvrete' chez les femmes
de'savantage'es, en particulier les lois relatives a` la succession ainsi
qu'aux droits fonciers et a` toutes les formes d'occupation et de proprie'te'
des terres.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.3

            Ouvrir aux femmes l'acce`s au cre'dit et a` l'e'pargne

Mesures a` prendre

49.  Les gouvernements devraient :

     a)  Apporter un appui le'gislatif et financier aux banques et
institutions financie`res qui fournissent des services aux femmes
de'savantage'es dans les zones rurales et urbaines;

     b)  Encourager les liens entre institutions financie`res et
organisations non gouvernementales et appuyer les pratiques novatrices de
pre^t comme celles de la banque Grameen au Bangladesh.

50.  Les banques commerciales, les institutions financie`res spe'cialise'es
et le secteur prive' devraient :

     a)  Utiliser un syste`me de cre'dit et d'e'pargne qui permette
d'atteindre les femmes pauvres et de re'duire les frais de transaction et
rede'finir les risques;

     b)  Ouvrir des guichets spe'ciaux pour les pre^ts destine's aux femmes,
y compris les femmes jeunes, qui n'ont pas acce`s aux sources traditionnelles
de garanties bancaires;

     c)  Re'duire le montant minimum des de'po^ts et autres conditions
d'ouverture de comptes en banque;

     d)  Assurer la participation des emprunteuses a` la prise de de'cisions
dans les institutions qui fournissent des services financiers et de cre'dit,
et si possible leur permettre d'en e^tre coproprie'taires.

51.  Les organisations coope'ratives internationales, multilate'rales et
bilate'rales de de'veloppement devraient appuyer, en leur fournissant des
capitaux et des ressources, les institutions financie`res qui desservent les
femmes chefs d'entreprise et productrices a` faibles revenus, tant dans le
secteur structure' que non structure'.

52.  Les gouvernements et les institutions financie`res multilate'rales
devraient :

     a)  Revoir les re`gles et proce'dures des institutions financie`res
publiques, nationales et internationales, qui font obstacle a` la
transposition du mode`le de la banque Grameen;

     b)  Assurer la parite' dans le mouvement et l'utilisation des ressources
financie`res destine'es aux me'nages a` faible revenu, aux femmes chefs
d'entreprise et productrices d'ici a` l'an 2005;

     c)  Apporter un appui financier, technique et institutionnel a`
1 000 institutions financie`res et organisations non gouvernementales
participatives d'ici a` l'an 2005.

53.  Les organisations internationales devraient accroi^tre le financement
des programmes et projets visant a` promouvoir les activite's d'entreprises
productives et viables chez les femmes de'savantage'es.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE A.4

                Mener des recherches visant a` aider les femmes
                           a` sortir de la pauvrete'

Mesures a` prendre

54.  Les gouvernements, les organisations intergouvernementales, les
e'tablissements universitaires et de recherche, et le secteur prive'
devraient :

     a)  Mettre au point des moyens the'oriques et pratiques pour incorporer
un point de vue non sexiste dans tous les aspects de l'e'laboration de
politiques e'conomiques, y compris de programmes d'ajustement structurel;

     b)  Mener des e'tudes sur la fac'on dont les programmes d'ajustement
structurel affectent diffe'remment les deux sexes et diffuser les conclusions
de ces recherches.

55.  Les organisations nationales et internationales de statistiques
devraient :

     a)  Rassembler des donne'es ventile'es par sexe et par a^ge sur la
pauvrete' et tous les aspects de l'activite' e'conomique, et e'laborer des
indicateurs statistiques pour faciliter l'e'valuation de la performance
e'conomique du point de vue de l'un et l'autre sexe;

     b)  Rassembler et analyser des donne'es statistiques sur la contribution
du travail non paye' des femmes a` l'e'conomie nationale.

        B.  L'ine'galite' de l'acce`s a` l'e'ducation et l'insuffisance
              des possibilite's dans ce domaine                      

56.  Droit fondamental de l'homme, l'e'ducation est aussi un moyen essentiel
pour atteindre les objectifs d'e'galite', de de'veloppement et de paix.  Les
filles comme les garc'ons ont tout a` gagner d'un enseignement non
discriminatoire qui, au bout du compte, contribue a` instaurer des relations
plus e'galitaires et plus de'mocratiques entre les femmes et les hommes.  Les
femmes ne pourront prendre une part plus active au changement que si
l'e'galite' d'acce`s a` l'e'ducation leur est assure'e.  On a vu a` quel point
il e'tait rentable, sur le plan tant social qu'e'conomique, d'investir dans
l'e'ducation et la formation des filles et des femmes : c'est donc la` l'un
des meilleurs moyens de parvenir a` un de'veloppement durable.

57.  Dans certaines re'gions du monde, filles et garc'ons ont de'sormais
e'galement acce`s a` l'enseignement primaire; les filles sont de plus en plus
pre'sentes dans l'enseignement secondaire et leur nombre augmente me^me dans
l'enseignement supe'rieur.  Pourtant, plus de cinq ans apre`s l'adoption par
la Confe'rence mondiale sur l'e'ducation pour tous (Jomtien, Thai"lande, 1990)
de la De'claration mondiale sur l'e'ducation pour tous et le Cadre d'action
pour re'pondre aux besoins e'ducatifs fondamentaux, "L'e'ducation pour tous",
quelque 100 millions d'enfants, dont au moins 60 millions de filles, ne vont
pas du tout a` l'e'cole et plus des deux tiers des 960 millions
d'analphabe`tes adultes que compte la population mondiale sont des femmes. 
Or, un taux d'analphabe'tisme fe'minin e'leve' ou en augmentation, comme c'est
le cas en Asie du Sud et en Afrique, reste un obstacle majeur a`
l'e'panouissement personnel comme au de'veloppement national.

58.  En matie`re d'e'ducation, les filles sont toujours en butte a` la
discrimination dans bien des re'gions du monde, du fait des traditions, des
mariages et grossesses pre'coces, de l'insuffisance de mate'riel pe'dagogique
et de la pe'nurie d'e'tablissements scolaires.  Souvent, elles commencent a`
s'acquitter de pe'nibles corve'es me'nage`res a` un a^ge tre`s tendre.  On
attend d'elles et des jeunes filles qu'elles remplissent leurs obligations
scolaires sans ne'gliger leurs devoirs domestiques, ce qui se traduit souvent
par des re'sultats scolaires me'diocres et des abandons pre'coces.  Cela a des
conse'quences de grande porte'e sur le ro^le que les femmes sont appele'es a`
jouer en tant que travailleuses et en tant que me`res, ainsi que sur leur
participation a` l'e'laboration des politiques et a` la prise de de'cisions.

59.  Les programmes scolaires et le mate'riel pe'dagogique demeurent dans une
large mesure empreints de pre'juge's sexistes; ils ne tiennent pas compte du
fait que filles et garc'ons ne se de'veloppent pas au me^me rythme et ils sont
rarement adapte's aux besoins spe'cifiques des filles et des femmes.  Les
ro^les fe'minins traditionnels s'en trouvent ainsi renforce's et les
possibilite's de participer pleinement et sur un pied d'e'galite' a` la vie de
la socie'te' gravement hypothe'que'es.  Le fait que les enseignants a` tous
les niveaux, y compris les conseillers pe'dagogiques, ne sont ge'ne'ralement
pas sensibles au proble`me accentue les disparite's existantes, encourage des
comportements discriminatoires et sape la confiance en soi des filles.

60.  Il faut mettre en place des syste`mes e'ducatifs qui pre'parent les
filles a` travailler dans n'importe quel domaine, qui les initient aux
sciences, aux techniques et aux communications modernes, stimulent leur
cre'ativite', ame'liorent leur confiance en soi et qui soient conc'us de
fac'on a` de'courager l'abandon scolaire si l'on veut progresser en matie`re
de de'veloppement humain.  Une formation scientifique et technique solide
pre'pare les femmes a` jouer un ro^le actif dans le de'veloppement technique
de leur pays; il convient donc de revoir les programmes de formation
professionnelle et technique dans ce sens.  La fac'on de vivre dans les pays
en de'veloppement change progressivement, sous la pousse'e de la technologie;
il est essentiel que les femmes ne soient pas seulement les be'ne'ficiaires du
progre`s technologique mais qu'elles en deviennent aussi les protagonistes, du
stade de la conception a` celui de l'application.  Trop souvent, l'e'ducation
donne'e aux filles ne les pre'pare pas a` exercer un emploi parce que les
politiques d'e'ducation et de formation n'ont pas su s'adapter a` un marche'
du travail en pleine e'volution.

61.  Les me'dias sont l'un des outils les plus efficaces d'e'ducation non
scolaire.  Les enseignants se doivent d'en reconnai^tre le potentiel et d'en
tirer parti pour favoriser l'e'panouissement et la promotion de la femme. 
C'est sur les jeunes que l'impact des me'dias est le plus fort; il importe
donc que les enseignants leur inculquent le sens critique et l'esprit
d'analyse.

62.  Ou` que ce soit, les ressources consacre'es a` l'e'ducation sont
insuffisantes, mais c'est dans les pays qui appliquent des programmes
d'ajustement structurel que le proble`me est le plus aigu, ce qui ne manquera
pas, a` long terme, d'avoir des re'percussions ne'gatives sur le
de'veloppement humain, en particulier en ce qui concerne les femmes.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.1

                    Assurer un acce`s e'gal a` l'e'ducation

Mesures a` prendre

63.  Les gouvernements devraient :

     a)  Assurer un acce`s e'gal a` l'enseignement primaire universel et
permettre a` au moins 80 % des enfants, en particulier les filles, d'achever
leurs e'tudes primaires.  Ils devraient de me^me assurer, d'ici a` l'an 2000,
un acce`s e'gal aux filles et aux garc'ons, quelles que soient leurs
aptitudes, a` l'enseignement secondaire et a` l'enseignement supe'rieur.  Ces
initiatives contribueront a` la re'alisation des objectifs fixe's dans la
Convention relative aux droits de l'enfant 3/ et dans la De'claration
mondiale sur l'e'ducation pour tous 4/;

     b)  Re'duire les ine'galite's en ce qui concerne les e'tudes de
troisie`me cycle, donner aux femmes les me^mes possibilite's en matie`re
d'organisation des carrie`res et de formation, et leur ouvrir en toute
e'galite' l'acce`s aux bourses d'e'tudes et de perfectionnement;

     c)  Mettre en place un syste`me e'ducatif attentif aux diffe'rences de
traitement entre les deux sexes afin d'offrir a` chacun les me^mes chances en
ce qui concerne les e'tudes et la formation et assurer la participation e'gale
des femmes a` la gestion de l'e'ducation et a` la prise des de'cisions;

     d)  Ame'liorer les taux de scolarisation et re'duire les taux d'abandon
scolaire chez les filles en s'assurant l'appui de la communaute' et des
parents gra^ce a` des campagnes de sensibilisation, en proposant des horaires
scolaires plus souples et en offrant des aides, des bourses et d'autres moyens
de re'duire le cou^t de la scolarite' des filles pour leur famille;

     e)  Offrir, dans les e'tablissements scolaires, des services
consultatifs et d'orientation professionnelle non discriminatoires et non
sexistes propres a` encourager les filles a` choisir des matie`res classiques
et techniques, afin d'e'largir la gamme des professions qu'elles pourront
exercer par la suite.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.2

           E'liminer l'analphabe'tisme fe'minin dans le monde entier
                              d'ici a` l'an 2000

Mesures a` prendre

64.  Les gouvernements, les instances internationales, re'gionales et
nationales, les donateurs bilate'raux et multilate'raux, ainsi que les
organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Re'duire d'au moins de moitie' d'ici a` l'an 2000 le taux
d'analphabe'tisme des adultes, l'accent e'tant mis sur l'alphabe'tisation des
femmes;

     b)  Faire disparai^tre l'e'cart entre les hommes et les femmes en
matie`re d'alphabe'tisation d'ici a` l'an 2000, comme le recommande la
De'claration de Jomtien sur l'e'ducation pour tous, et re'duire les
ine'galite's qui subsistent a` cet e'gard entre pays de'veloppe's et pays en
de'veloppement.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.3

         Ame'liorer l'acce`s a` la formation professionnelle, a`      
          l'enseignement scientifique et technique et a` l'e'ducation
                                  permanente

Mesures a` prendre

65.  Les gouvernements, en coope'ration avec les employeurs, la
collectivite', ainsi que les associations de femmes et de jeunes devraient :

     a)  Mettre au point des politiques en matie`re d'e'ducation, de
formation et de recyclage axe'es sur les femmes, en particulier les jeunes
femmes, pour leur permettre d'acque'rir les compe'tences requises par une
e'conomie en e'volution;

     b)  Diversifier les programmes de formation professionnelle et technique
et ouvrir plus largement aux femmes l'acce`s a` l'e'ducation dans le domaine
des sciences, des mathe'matiques, de l'inge'nierie, des sciences et techniques
de l'environnement, des technologies de l'information et des techniques de
pointe, ainsi qu'aux e'tudes de gestion;

     c)  Adapter les programmes scolaires et le mate'riel pe'dagogique afin
d'encourager les femmes a` embrasser des carrie`res qui ne sont pas
traditionnellement fe'minines;

     d)  Offrir aux femmes qui travaillent dans le secteur de l'agriculture,
de l'industrie et du commerce davantage de possibilite's de formation
technique, commerciale et a` la gestion, pour leur donner davantage de moyens
pour exercer des activite's ge'ne'ratrices de revenus, participer a` la prise
de de'cisions dans le domaine e'conomique et contribuer a` la production et a`
la commercialisation.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.4

         Mettre au point des syste`mes d'enseignement et de formation
                             non discriminatoires

Mesures a` prendre

66.  Les gouvernements, les ministe`res de l'e'ducation et autres
institutions scolaires et universitaires devraient :

     a)  E'laborer des programmes scolaires, des manuels scolaires et du
mate'riel didactique exempts de ste're'otypes sexuels, a` tous les niveaux
d'e'tudes, y compris celui de la formation des enseignants;

     b)  E'laborer des programmes de formation et du mate'riel pe'dagogique
a` l'usage des professeurs et des formateurs propres a` les sensibiliser a` la
condition fe'minine et au ro^le des femmes dans la famille et la socie'te', et
a` promouvoir les notions d'e'galite', de coope'ration, de respect mutuel et
de partage des responsabilite's entre les deux sexes de`s le jardin d'enfants;

     c)  Prendre les mesures qui s'imposent pour augmenter la proportion de
femmes aux postes de conception et de de'cision en matie`re d'e'ducation, dans
l'enseignement supe'rieur et dans les disciplines universitaires qui sont
traditionnellement l'apanage des hommes;

     d)  Financer e'tudes et recherches sur le ro^le des hommes et des femmes
et sur leur condition respective et tenir compte des re'sultats de ces e'tudes
dans l'e'laboration de programmes scolaires, de manuels et de mate'riel
pe'dagogique, ainsi que dans la formation des enseignants;

     e)  Mettre au point des programmes d'e'ducation et d'information,
notamment en coope'ration avec les me'dias, destine's a` faire prendre
conscience au public, et surtout aux parents, de l'importance qu'il y a a`
donner aux enfants, et surtout aux filles, une e'ducation non discriminatoire
et a` veiller a` re'partir e'quitablement les responsabilite's domestiques
entre les filles et les garc'ons.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE B.5

          Assurer un financement suffisant des re'formes du syste`me
                       scolaire, ainsi que de leur suivi

Mesures a` prendre

67.  Les gouvernements devraient :

     a)  De'gager les ressources ne'cessaires a` l'e'ducation en proce'dant
a` des transferts budge'taires a` partir d'autres secteurs (militaire, par
exemple), en veillant a` ce qu'au moins 50 % des fonds ainsi de'gage's soient
consacre's a` l'e'ducation de base;

     b)  Cre'er un me'canisme permettant de suivre l'application des
re'formes et des mesures prises par les ministe`res compe'tents.

68.  Les gouvernements, les institutions publiques et prive'es, les
fondations, les instituts de recherche et les organisations non
gouvernementales devraientre'unir des ressources supple'mentaires en faisant
appel au secteur prive' pour qu'il prenne en charge une partie des de'penses
consacre'es a` l'e'ducation.

69.  Les organismes multilate'raux de de'veloppement, y compris la Banque
mondiale et les banques re'gionales de de'veloppement, ainsi que les
fondations et les donateurs bilate'raux devraient :

     a)  Augmenter les ressources consacre'es a` l'e'ducation et a` la
formation des filles et des femmes en re'servant a` ce secteur un rang de
priorite' e'leve' dans les programmes de de'veloppement;

     b)  Maintenir ou augmenter le montant des ressources alloue'es a`
l'e'ducation dans les programmes d'ajustement structurel, y compris dans les
programmes de pre^t et de stabilisation.

70.  Au niveau mondial, les organisations internationales et intergouverne-
mentales, en particulier l'UNESCO, devraient e'valuer les progre`s accomplis
au moyen d'indicateurs mis au point par des  organismes nationaux, re'gionaux
et internationaux et rendre les gouvernements comptables des mesures qu'ils
auront prises pour re'tablir la parite' entre les hommes et les femmes en
matie`re d'e'ducation et de formation ainsi que des re'sultats qu'ils auront
obtenus dans tous les domaines, en particulier l'e'ducation de base et
l'alphabe'tisation.

     C.  Les disparite's en matie`re sanitaire, l'ine'galite' de l'acce`s
           aux services et aux soins de sante' et les insuffisances    
            dans ce domaine                                            

71.  Le droit a` la sante' est un droit fondamental, qui est d'une importance
essentielle pour les femmes, conditionnant la possibilite' pour celles-ci
d'intervenir dans tous les domaines de la vie publique et prive'e.  Or, des
millions d'entre elles ignorent ce que peuvent e^tre la sante' et le
bien-e^tre.  La sante' des femmes de'pend de multiples facteurs, notamment de
leurs diffe'rences biologiques et de leur condition sociale, de la
discrimination dont elles peuvent faire l'objet, de la difficulte' d'acce`s
aux services de soins de sante' et de l'absence de services qui soient
adapte's a` leurs besoins.  Le manque de nourriture et l'acce`s insuffisant
aux sources d'approvisionnement en eau salubre et aux infrastructures
sanitaires, en particulier dans les zones rurales et les zones urbaines
pauvres, ainsi que les mauvaises conditions de logement, ont pour effet de
faire peser un fardeau excessif sur les femmes et leur famille et de
constituer une menace pour leur sante'.  Des progre`s conside'rables ont e'te'
re'alise's dans de nombreux pays en matie`re de soins de sante' primaires,
mais les taux de morbidite' et de mortalite' restent e'leve's parmi les femmes
en raison de l'attention insuffisante porte'e a` la sante' en matie`re de
reproduction.

72.  Par le truchement des organisations au sein desquelles elles sont
regroupe'es, les femmes ont fait connai^tre leurs pre'occupations au sujet de
leur propre sante'.  Dans la lutte qu'elles me`nent contre les maladies
sexuellement transmissibles, les femmes, qui repre'sentent la moitie' des
nouveaux cas de sida et d'infection par le VIH parmi les adultes, ont mis
l'accent sur leur vulne'rabilite' sociale.  Elles ont proclame', dans les
instances nationales et internationales, que l'e'galite' - y compris le
partage des responsabilite's familiales - le de'veloppement et la paix
e'taient des conditions ne'cessaires pour qu'elles puissent jouir d'une sante'
optimale tout au long de leur existence.

73.  La sante' physique et mentale des femmes est compromise par les facteurs
sociaux et par des facteurs lie's aux comportements, qui ont pour effet de
restreindre pour elles l'acce`s a` des soins de sante', a` des informations et
a` des services de qualite'.  Le proble`me est encore aggrave' par la
de'gradation constante du syste`me de sante' publique, la diminution des
de'penses publiques de sante' et la privatisation des services publics.  Cette
situation a des re'percussions directes sur l'e'tat de sante' des filles et
des femmes et elle fait en outre peser sur les femmes des responsabilite's
supple'mentaires du fait que ce sont elles surtout qui assurent les soins de
sante' au sein de la famille et de la communaute'.  Le ro^le des femmes est
trop souvent ignore' et l'appui e'conomique et social ne'cessaire leur fait
de'faut.

74.  Les femmes n'ayant pas suffisamment acce`s aux me'thodes contraceptives
su^res et efficaces, et aux soins de sante' maternelle de haute qualite', et
e'tant fre'quemment victimes d'avortements pratique's dans de mauvaises
conditions, on enregistre chaque anne'e plus de 500 000 de'ce`s lie's a` la
maternite', et d'autre part, quelque 20 millions de femmes sont aux prises
avec des complications graves et chroniques.  La plupart de ces de'ce`s,
maladies et le'sions diverses pourraient e^tre e'vite's si les femmes avaient
plus largement acce`s a` des services de soins de sante' adapte's a` leurs
besoins et disposaient notamment d'un large choix de me'thodes contraceptives
su^res et efficaces.  Le partage des responsabilite's entre hommes et femmes
en matie`re de sexualite' et de procre'ation est aussi essentiel a`
l'ame'lioration de l'e'tat de sante' des femmes.

75.  En matie`re de nutrition et de soins de sante', les filles sont victimes
d'une discrimination qui n'est pas sans incidences sur leur e'tat de sante'
pre'sent et futur.  Les traditions qui font que les filles sont contraintes de
se marier et de devenir me`res a` un jeune a^ge et les pratiques
pre'judiciables comme la pre'fe'rence donne'e aux garc'ons ou les mutilations
sexuelles leur font inutilement courir des risques sur le plan de la sante'.

76.  Les violences sexuelles et les maladies sexuellement transmissibles,
notamment le VIH et le sida, ont des effets de'vastateurs sur la sante' des
femmes, en particulier pour les adolescentes et les jeunes femmes.  Les femmes
ne sont pas toujours en mesure d'exiger des rapports sexuels sans danger et
n'ont que peu acce`s a` l'information sur la pre'vention.  Les conse'quences
du VIH et du sida ne se limitent pas pour les femmes a` la sante', elles
alourdissent aussi leur ro^le de soignantes aupre`s des malades et des
indigents.  Les re'percussions sociales, e'cologiques et sanitaires du sida
devraient e^tre e'value'es en fonction du sexe, mais ce n'est pas toujours le
cas.  Les cancers de l'appareil ge'nital et la ste'rilite', affections qui
pourraient souvent e^tre e'vite'es, touchent aussi un nombre croissant de
femmes.

77.  Les conse'quences de relations sexuelles sans protection affectent
davantage les adolescentes que les adolescents, biologiquement et
psychologiquement.  Les expe'riences sexuelles pre'coces augmentent les
risques de grossesses non de'sire'es ou pre'coces, de contagion des maladies
sexuellement transmissibles, notamment du sida, et d'avortements pratique's
dans de mauvaises conditions.  Par ailleurs, une grossesse marque souvent pour
les adolescentes la fin des e'tudes.

78.  Il apparai^t de plus en plus nettement que les troubles mentaux ne
seraient pas sans rapport avec l'alie'nation sociale, le sentiment
d'impuissance et la pauvrete', des maux qui frappent les femmes davantage que
les hommes.  L'abus des drogues et la violence au sein du foyer font
e'galement partie des questions lie'es a` la sante' qui concernent de plus en
plus les femmes.  Les questions relatives a` l'hygie`ne du travail reve^tent
aussi une importance croissante, les femmes e'tant de plus en plus nombreuses
sur le marche' du travail structure', ou` elles constituent de'ja` plus du
tiers de la main-d'oeuvre, proportion qui est en augmentation.  Enfin, en
raison de l'allongement de l'espe'rance de vie, il faut d'urgence pre^ter une
attention accrue aux maladies chroniques non contagieuses ainsi qu'aux autres
pre'occupations des femmes a^ge'es dans le domaine de la sante'.

79.  Il n'y a pas de collecte syste'matique de donne'es statistiques sur la
sante' et ces donne'es ne sont pas automatiquement ventile'es ni analyse'es
selon l'a^ge et selon le sexe.  Certains pays ne disposent pas de donne'es
fiables et re'centes sur la mortalite' lie'e a` la maternite' ni d'indicateurs
connexes.  Les fonds manquent souvent pour financer des recherches dans des
domaines importants pour les femmes sur le plan sanitaire.  Il est
particulie`rement frappant de constater l'absence d'essais spe'cifiques
destine's a` recueillir des informations rudimentaires sur les effets
secondaires et le degre' d'efficacite' des me'dicaments administre's aux
femmes ni sur les doses a` prescrire.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.1

          Acce`s universel a` des services de soins de sante' et des
             services connexes adapte's, abordables et de qualite'

Mesures a` prendre

80.  Les gouvernements devraient :

     a)  Honorer les engagements pris lors de la Confe'rence internationale
sur la population et le de'veloppement et lors du Sommet mondial pour le
de'veloppement social afin de re'pondre aux besoins des femmes en matie`re de
soins de sante';

     b)  Concevoir dans le domaine des soins et des services de sante' des
interventions qui tiennent compte des ro^les et des responsabilite's multiples
des femmes, du temps qu'elles doivent y consacrer, des besoins particuliers
des femmes handicape'es et de la diversite' des besoins des femmes, selon
l'a^ge, la situation e'conomique et la culture;

     c)  Rendre plus accessibles, en les multipliant et en en diminuant le
cou^t, les services et les installations de soins de sante' primaires, y
compris les soins de sante' de la reproduction, la planification familiale,
l'information et autres services, tels qu'ils ont e'te' de'finis dans le
Programme d'action de la Confe'rence internationale sur la population et le
de'veloppement 5/;

     d)  Revoir l'information sanitaire, les services de sante', ainsi que la
formation dispense'e au personnel me'dico-sanitaire, de manie`re a` tenir
compte des besoins physiques et mentaux des femmes de tous a^ges, en adoptant
une approche globale impliquant des interventions dans les domaines de la
nutrition, du travail, de l'environnement, de la sexualite' et de la
procre'ation;

     e)  Renforcer et re'orienter les services de soins de sante', en
particulier les soins de sante' primaires, en faire be'ne'ficier la population
tout entie`re, et assurer universellement aux filles et aux femmes l'acce`s a`
des services de sante' de qualite', et notamment aux informations et services
lie's a` la sante' de la reproduction, de manie`re a` re'duire la morbidite'
lie'e a` la maternite' et a` re'aliser l'objectif fixe', a` savoir une
re'duction de 50 % d'ici a` l'an 2000 des taux de mortalite' lie'e a` la
maternite' enregistre's en 1990, et une nouvelle re'duction de moitie' d'ici
a` l'an 2015, et afin de dispenser des services de qualite' dans les
e'tablissements de soins primaires, secondaires et tertiaires;

     f)  Concevoir dans le domaine des soins de sante' des interventions
permettant de re'pondre aux besoins des femmes leur vie durant.  A` cet
e'gard, il faudrait accorder une attention particulie`re aux besoins des
filles.  On devrait s'attacher tout particulie`rement a` la re'alisation des
objectifs approuve's sur le plan international concernant la re'duction de la
mortalite' infantile et juve'nile, tout spe'cialement d'ici a` l'an 2000, la
re'duction des taux de mortalite' des enfants en bas a^ge et des enfants de
moins de 5 ans, d'un tiers par rapport au niveau de 1990, ou de 50 a` 70 pour
1 000 naissances vivantes, selon le taux qui repre'sente la re'duction la plus
importante, la re'duction d'ici a` l'an 2015 du taux de mortalite' infantile
a` un niveau infe'rieur a` 35 pour 1 000 naissances vivantes et la re'duction
du taux de mortalite' des enfants de moins de 5 ans a` un niveau infe'rieur
a` 45 p. 1000;

     g)  Adopter des mesures, des programmes et des lois pour re'duire et
e'liminer les risques d'accident ou de maladie auxquels sont expose'es les
femmes dans leurs activite's, a` domicile et sur le lieu de travail;

     h)  Inclure dans les syste`mes de soins de sante' primaires des services
de sante' mentale, mettre en place d'autres services d'aide et former le
personnel des services de soins de sante' primaires de manie`re a` ce qu'il
soit apte a` reconnai^tre et a` traiter les cas de de'tresse psychologique et
de mauvais traitements de tous ordres des femmes et des fillettes, dans le
cadre des conflits arme's et dans toute autre situation;

     i)  Revoir la le'gislation, l'e'quipement et les services existants dans
le domaine de la sante' mentale afin de les adapter a` l'e'volution du ro^le
et des responsabilite's des femmes, ou` qu'elles re'sident;

     j)  Cre'er des me'canismes de manie`re a` faire participer a`
l'e'laboration et a` l'exe'cution des politiques et des programmes du secteur
de la sante' et des secteurs connexes, tous ceux qui, a` tous les niveaux,
oeuvrent a` l'ame'lioration de l'e'tat de sante' des fillettes, des
adolescentes et des femmes (organisations non gouvernementales et autres
organismes, groupes scientifiques et techniques, professionnels de la sante',
etc.;

     k)  Assurer un appui financier et fournir des informations afin
d'accroi^tre les moyens des organisations non gouvernementales oeuvrant dans
le domaine de la sante' des femmes et de favoriser la cre'ation de re'seaux
permettant de renforcer la collaboration et la coordination entre tous les
secteurs en rapport avec la sante';

     l)  Rationaliser les politiques d'achat et d'utilisation des
me'dicaments en prenant comme re'fe'rence la liste des me'dicaments essentiels
de l'OMS;

     m)  Permettre aux femmes qui abusent des drogues et a` leur famille de
mieux avoir acce`s aux services de traitement et ame'liorer la qualite' de ces
services;

     n)  Assurer la se'curite' alimentaire et permettre l'acce`s universel a`
l'eau potable et aux services d'assainissement d'ici a` l'an 2000.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.2

        Renforcer les programmes de pre'vention des principaux risques
          auxquels sont expose'es les femmes sur le plan de la sante'

Mesures a` prendre

81.  Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les organes
d'information et autres organismes devraient :

     a)  Organiser des programmes d'e'ducation publique, formels et
informels, pour donner aux femmes les moyens de prendre en main leur sante' et
les inciter a` le faire.  L'accent devrait e^tre mis en particulier sur les
programmes visant a` de'courager les mentalite's et les pratiques
pre'judiciables, comme la pre'fe'rence donne'e aux garc'ons, les mutilations
sexuelles, le meurtre des filles a` la naissance ou l'avortement des foetus de
sexe fe'minin, la violence, la discrimination a` l'e'gard des femmes et des
fillettes dans la re'partition de la nourriture et toutes autres pratiques
portant atteinte a` la sante' et au bien-e^tre des femmes;

     b)  Renforcer les lois, les institutions et les normes et pratiques
culturelles qui permettent de re'duire la discrimination a` l'e'gard des
femmes et qui exigent des hommes qu'ils assument leurs responsabilite's dans
les rapports sexuels et en matie`re de procre'ation et qu'ils s'occupent des
enfants et prennent part aux travaux me'nagers au me^me titre que les femmes;

     c)  E'tablir des documents d'information et les diffuser dans
l'enseignement ou dans le cadre de campagnes d'information afin que les hommes
et les femmes, en particulier les jeunes, soient mieux informe's des questions
de sante', notamment en ce qui concerne la sexualite' et la procre'ation, y
compris la menstruation, la grossesse, l'accouchement, l'abus de drogues et
d'alcool et la pre'vention de la violence;

     d)  Cre'er dans les e'coles, dans les entreprises et dans les communes
des programmes qui mettent le sport et les loisirs aussi bien a` la porte'e
des femmes - enfants et adultes - que des hommes;

     e)  E'laborer des politiques qui tiennent compte de la charge
disproportionne'e et croissante qui pe`se sur les femmes du fait que ce sont
elles essentiellement qui veillent a` la sante' et au bien-e^tre des membres
de la famille et de la collectivite', en mettant a` leur disposition des
services sociaux et des services de sante' adapte's, et adopter une
re'glementation qui garantisse aux femmes des conditions de travail non
discriminatoires a` tous les niveaux du secteur de la sante' et qui leur
permettent re'ellement de travailler;

     f)  Introduire des notions d'hygie`ne et de nutrition dans tous les
programmes d'alphabe'tisation des adultes ainsi que dans les e'coles de`s le
primaire;

     g)  Mettre a` jour les connaissances des agents sanitaires et revoir les
informations et les services mis a` leur disposition afin qu'ils puissent
dispenser aux femmes de tout a^ge, au moment voulu et en faisant preuve de
compre'hension, des soins de sante' adapte's qui tiennent compte des besoins
particuliers des femmes en matie`re de sante' physique et mentale, en
intervenant sur tous les plans (nutrition, activite' professionnelle,
environnement, sante' ge'ne'sique, etc.);

     h)  Re'duire de moitie' par rapport aux niveaux de 1990, la malnutrition
grave et mode're'e parmi les enfants a^ge's de moins de 5 ans.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.3

          Initiatives multisectorielles de lutte contre la pande'mie
           d'infection par le VIH, tenant compte des conditions de  
                                vie des femmes

Mesures a` prendre

82.  Les gouvernements, les organismes internationaux, les donateurs
bilate'raux et multilate'raux et les organisations non gouvernementales
devraient :

     a)  Faire participer les femmes, en particulier celles qui sont
touche'es par l'e'pide'mie, a` la prise de de'cisions dans tous les domaines
lie's a` l'e'pide'mie, y compris a` la mise au point de programmes et de
politiques de lutte contre l'infection par le VIH;

     b)  Assurer l'e'galite' des femmes et des hommes devant la loi,
conforme'ment aux principes e'tablis, faire en sorte que les femmes
be'ne'ficient de la protection de la loi et qu'elles puissent demander
re'paration des torts;

     c)  Modifier les lois et faire e'voluer les pratiques susceptibles de
rendre les femmes plus vulne'rables a` une infection par le VIH;

     d)  E'tablir des programmes et des strate'gies multisectoriels destine's
a` mettre fin a` la subordination sociale des femmes et des filles et a`
assurer leur e'mancipation e'conomique;

     e)  Mettre au point des programmes propres a` favoriser l'examen
collectif de strate'gies visant a` prote'ger les femmes et les jeunes filles
contre les maladies sexuellement transmissibles, y compris l'infection par le
VIH, la violence, et les grossesses non de'sire'es, ainsi qu'a` assurer une
re'partition e'quitable de la charge supple'mentaire cre'e'e par l'e'pide'mie;

     f)  Aider les femmes et les organisations fe'minines formelles et
informelles a` de'velopper la transmission des connaissances de femmes a`
femmes et a` concevoir et de'velopper des programmes de vulgarisation;

     g)  Mettre a` la disposition des femmes des services de pre'vention
abordables et accessibles qui tiennent compte de leurs besoins particuliers et
cre'er davantage de services de conseils a` l'intention des femmes;

     h)  Appuyer les travaux de recherche active portant sur des me'thodes de
pre'vention des maladies sexuellement transmissibles, y compris l'infection
par le VIH, qui soient peu cou^teuses et dont les femmes aient le contro^le;
sur les strate'gies mises en oeuvre par les femmes pour se prote'ger; et sur
les soins et l'aide a` apporter aux femmes infecte'es par le VIH, en veillant
a` ce que celles-ci soient associe'es a` tous les aspects de la recherche;

     i)  Mettre au point des programmes a` l'intention des garc'ons a` partir
de la pre'-adolescence et des hommes de tout a^ge pour les inciter a` adopter
un comportement responsable dans leur vie sexuelle et notamment a` utiliser
des pre'servatifs;

     j)  Organiser, a` l'intention des responsables et des dirigeants a` tous
les niveaux, y compris les autorite's religieuses et les autorite's
traditionnelles, des journe'es d'e'tude et des stages de formation
spe'cialise's sur la pre'vention de l'e'pide'mie et sur les conse'quences de
celle-ci aussi bien pour les femmes que pour les hommes;

     k)  Mettre des ressources et des services a` la disposition des femmes
qui ont a` leur charge des personnes touche'es par l'e'pide'mie et ceux qui
leur survivent, en particulier des enfants, et qui doivent s'en occuper
pratiquement seules;

     l)  Inciter tous les secteurs de la socie'te', y compris le secteur
public, a` adopter, face a` l'e'pide'mie d'infection par le VIH, une politique
du personnel et des pratiques guide'es par la compre'hension et la
solidarite';

     m)  Reconnai^tre que la mesure dans laquelle les femmes risquent d'e^tre
infecte'es par le VIH est lie'e tout a` la fois a` l'utilisation de drogues
intraveineuses et a` un comportement sexuel a` risque, influence' par la
drogue, et leur offrir des soins pre'ventifs et des traitements approprie's.

83.  Les organisations non gouvernementales, en particulier les organisations
de jeunes et les organisations fe'minines, devraient faciliter la mise au
point de strate'gies collectives contribuant a` prote'ger les femmes contre
l'infection, mobiliser tous les secteurs de la collectivite' et exercer des
pressions sur l'ensemble des autorite's responsables afin de les pousser a`
intervenir a` temps, efficacement et durablement et en tenant compte de la
spe'cificite' fe'minine.

84.  Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, le Programme
commun sur le VIH et le sida et d'autres organismes des Nations Unies
devraient :

     a)  De'finir, sur les plans juridique et e'thique et dans le domaine des
droits de l'homme, des politiques qui tiennent compte des besoins des femmes,
en vue de guider l'action a` l'e'chelon mondial;

     b)  Lancer et appuyer des travaux de recherche portant sur les besoins
et la situation des femmes, notamment des travaux sur l'infection par le VIH
chez les femmes et sur les me'thodes de protection laissant l'initiative aux
femmes, comme les antimicrobiens non spermicides, par exemple;

     c)  Appuyer et renforcer les moyens dont disposent les pays pour
concevoir et ame'liorer des programmes et des politiques de lutte contre
l'infection par le VIH propres a` apporter soutien et protection aux femmes
compte tenu de leurs conditions de vie.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.4

           Promouvoir la recherche et la diffusion de l'information
                           sur la sante' des femmes

Mesures a` prendre

85.  Les gouvernements devraient :

     a)  Former du personnel et mettre en place des syste`mes permettant
d'utiliser les donne'es recueillies et analyse'es en fonction du sexe, de
l'a^ge et des diffe'rences socio-e'conomiques, aux fins de l'e'laboration des
politiques et de la planification;

     b)  Veiller a` ce que le nombre de femmes parmi les chercheurs et les
scientifiques augmente de manie`re a` atteindre au minimum l'objectif arre^te'
pour l'an 2000, a` savoir 30 % des effectifs, e'tant entendu que l'objectif de
l'e'galite' comple`te doit e^tre atteint le plus to^t possible;

     c)  Accroi^tre le soutien a` la recherche biome'dicale, comportementale
et e'pide'miologique et a` la recherche sur les services de sante', s'agissant
d'affections telles que le cancer du sein et les infections de l'appareil
ge'nital;

     d)  Aider au financement de la recherche sur les affections qui frappent
les femmes a` partir d'un certain a^ge, en particulier les affections
chroniques non transmissibles;

     e)  Financer la recherche sociale, e'conomique, politique et culturelle
sur les incidences des ine'galite's entre les deux sexes sur la sante' des
femmes (e'tiologie, e'pide'miologie, services offerts et utilisation de ces
services, re'sultats des traitements prescrits); appuyer les travaux de
recherche dans les domaines ne'glige's de la sante' fe'minine, par exemple
l'hygie`ne du travail, les maladies cardio-vasculaires, les maladies lie'es a`
l'environnement, les maladies tropicales et l'infection par le VIH et le sida;

     f)  Fournir un appui institutionnel et financier a` la recherche sur des
techniques su^res et peu cou^teuses, destine'es aussi bien aux hommes qu'aux
femmes, dans les domaines de l'hygie`ne sexuelle et de l'hygie`ne de la
procre'ation, y compris la recherche sur des me'thodes su^res et efficaces de
re'gulation des naissances, sur les me'thodes faisant obstacle a` la
transmission des maladies sexuellement transmissibles et a` l'infection par le
VIH et sur des techniques simples et peu cou^teuses de diagnostic de ces
maladies;

     g)  Financer la recherche sur les me'dicaments et les soins de sante'
traditionnels, en particulier sur les me'thodes employe'es par les femmes
autochtones, en vue d'introduire des me'thodes su^res, efficaces et peu
cou^teuses dans le syste`me de sante' publique;

     h)  Concevoir des programmes de diffusion des donne'es disponibles et
des re'sultats de la recherche.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE C.5

         Augmenter les ressources consacre'es a` la sante' des femmes

Mesures a` prendre

86.  Les gouvernements devraient :

     a)  Accroi^tre les allocations budge'taires destine'es aux services
sociaux et aux services de sante', sans ne'gliger pour autant les services de
sante' secondaires et tertiaires, et accorder une attention particulie`re aux
programmes de soins de sante' s'adressant aux femmes et aux filles et aux
programmes visant les zones rurales;

     b)  Mettre au point de nouveaux moyens de financement des services de
sante' en favorisant la participation des collectivite's et le financement
local.

87.  Les gouvernements, les institutions financie`res internationales et les
donateurs bilate'raux devraient :

     a)  Adopter des politiques favorables aux investissements publics dans
les services de soins de sante' destine's aux femmes et augmenter les fonds
qu'eux-me^mes consacrent aux investissements dans ce secteur;

     b)  Suivre et e'valuer les progre`s re'alise's en ce qui concerne
l'e'tat de sante' des femmes.

                    D.  La violence a` l'e'gard des femmes

88.  La violence a` l'e'gard des femmes constitue une violation des droits
fondamentaux de la personne humaine.  Depuis la Confe'rence de Nairobi, on
connai^t mieux ses causes, ses manifestations et les mesures a` prendre pour
la combattre.  Dans toutes les socie'te's, les femmes et les filles sont
victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques, et ce sans
distinction de classe sociale, d'appartenance a` un groupe ethnique, de
religion, d'a^ge ou de niveau de de'veloppement.  La De'claration sur
l'e'limination de la violence a` l'e'gard des femmes 6/ condamne la violence
que subissent les femmes et les filles en tant que telles au sein de leur
famille et dans la socie'te', qu'il s'agisse de violences dans la famille, de
viol, de harce`lement sexuel ou d'intimidation sur le lieu de travail et dans
les e'tablissements de formation, de traite des femmes et des fillettes et de
prostitution force'e, de pratiques traditionnelles dangereuses ou de violence
a` l'e'gard des femmes et des filles tole're'e par les E'tats.

89.  Les actes ou les menaces de violence instillent la peur et
l'inse'curite' dans la vie des femmes et rendent futiles leurs aspirations a`
l'e'galite'.  La violence a` l'e'gard des femmes de tout a^ge de'coule
essentiellement du statut infe'rieur accorde' a` la femme dans la famille et
la socie'te'.  Toutes les formes de violence physique, psychologique ou
sexuelle, que celle-ci s'exerce au foyer ou dans la socie'te', sont lie'es au
pouvoir, aux pre'rogatives et a` l'autorite' que de'tiennent les hommes.  La
violence se manifeste le plus souvent au sein de la famille, ou` elle est
souvent tole're'e, voire encourage'e.  Le manque de soins et les violences
physiques et sexuelles dont sont victimes les fillettes de la part de membres
de leur famille ainsi que les actes de violence et les viols commis par le
conjoint demeurent cache's et sont difficiles a` de'tecter.

90.  La violence a` l'e'gard des femmes et des filles est favorise'e par leur
ignorance de leurs droits, l'absence de lois interdisant la violence,
l'insuffisance des mesures d'application des lois prises par les pouvoirs
publics, et l'absence de moyens e'ducatifs et autres permettant de s'attaquer
a` ses causes.  Mettre au point une approche globale et multidisciplinaire
pour favoriser - ce qui n'ira pas sans peine - l'e'dification de familles
exemptes de violence est non seulement une ne'cessite', mais un objectif tout
a` fait re'aliste.  Le principe de l'e'galite' et du partenariat entre hommes
et femmes doit pre'valoir dans tous les aspects de la socie'te'.  Il faudrait
que les syste`mes e'ducatifs favorisent le respect de soi, le respect mutuel
entre hommes et femmes et le recours a` des me'canismes de re`glement des
conflits a` tous les niveaux.

91.  L'absence de statistiques ade'quates sur les cas de violence rend
l'e'laboration de programmes et le suivi de toute e'volution tre`s difficiles;

l'insuffisance de la documentation et de la recherche sur la violence
s'exerc'ant dans le cadre familial, sur le harce`lement sexuel, sur la
violence a` l'e'gard des femmes et des filles, en prive' et en public, comme
sur le lieu de travail, compromet l'e'laboration de strate'gies d'intervention
spe'cifiques.  L'expe'rience acquise dans un certain nombre de pays montre que
les hommes et les femmes peuvent e^tre mobilise's pour lutter contre la
violence sous toutes ses formes, et qu'il est possible de prendre des mesures
publiques efficaces pour s'attaquer tant aux conse'quences qu'aux causes de la
violence.  Les images des violences subies par les femmes, de viol ou
d'esclavage sexuel diffuse'es par les me'dias peuvent contribuer a`
ge'ne'raliser la violence et a` influencer les jeunes et la socie'te' en
ge'ne'ral.

92.  Les femmes re'fugie'es, de'place'es et migrantes ainsi que les femmes se
trouvant dans les zones de conflit ou sous occupation e'trange`re sont souvent
victimes de harce`lement sexuel et de violences de la part de ceux qui
de'tiennent l'autorite'.

93.  La Convention de 1949 pour la re'pression et l'abolition de la traite
des e^tres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui 7/ n'a
eu que peu d'impact sur l'e'limination de la traite des femmes a` des fins
sexuelles.  L'exploitation des femmes dans les re'seaux internationaux de
prostitution est devenu un phe'nome`ne international conside'rable, en raison
notamment de l'augmentation de la traite des jeunes filles et des enfants.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE D.1

             Prendre des mesures concerte'es afin de pre'venir et
                d'e'liminer la violence a` l'e'gard des femmes

Mesures a` prendre

94.  Les gouvernements devraient :

     a)  Adopter une le'gislation ade'quate ou renforcer la le'gislation
existante afin de faire de toutes les formes de violence a` l'e'gard des
femmes un crime, que cette violence s'exerce dans le cadre familial ou dans la
socie'te', et une violation des droits fondamentaux des femmes entrai^nant une
sanction judiciaire contre ses auteurs;

     b)  Poursuivre en justice les auteurs de violences a` l'e'gard des
femmes;

     c)  Adopter une le'gislation ade'quate ou renforcer la le'gislation
nationale existante conforme'ment a` la De'claration sur l'e'limination de la
violence a` l'e'gard des femmes, sans attendre et en mettant l'accent sur la
pre'vention de la violence, la protection des femmes victimes de violences, la
poursuite des de'linquants et la re'insertion des victimes et des
de'linquants;

     d)  Promouvoir a` tous les stades du syste`me e'ducatif le principe de
l'e'galite' et de la responsabilite' partage'e des hommes et des femmes, en
soulignant la relation qui existe entre l'ine'galite' entre hommes et femmes
et la violence a` l'e'gard des femmes, en affirmant que la violence a`
l'e'gard des femmes est ille'gale et en encourageant l'adoption de
comportements non violents et le respect mutuel entre hommes et femmes;

     e)  Mettre en place des me'canismes institutionnels permettant aux
femmes de signaler, en toute se'curite' et confidentialite', les actes de
violence dont elles sont victimes;

     f)  Adapter la formation du personnel judiciaire, juridique et policier
de manie`re a` le sensibiliser a` la nature de la violence qui s'exerce a`
l'e'gard des femmes afin d'assurer un traitement e'quitable aux victimes;
recruter davantage de femmes dans les professions vise'es;

     g)  Organiser des programmes d'information et de sensibilisation a`
l'intention du personnel des professions juridiques et de sante', faisant
appel a` des conseillers spe'cialistes bien au fait de la nature de la
violence a` l'e'gard des femmes et de ses manifestations.

95.  Les gouvernements, y compris les pouvoirs locaux, les organisations
communautaires et les organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Fournir des structures d'accueil correctement finance'es aux femmes
victimes de violences et leur offrir une aide sous forme de conseils
me'dicaux, psychologiques et professionnels;

     b)  Organiser, soutenir et financer les campagnes communautaires
d'e'ducation et de formation visant a` faire comprendre que la violence est
une violation des droits fondamentaux de la personne et encourager les
communaute's a` recourir aux me'thodes traditionnelles ainsi qu'a` des
me'thodes novatrices de re`glement des conflits;

     c)  E'laborer des programmes d'e'ducation a` l'intention des filles, des
garc'ons et des femmes afin de leur apprendre a` se prote'ger contre la
violence;

     d)  Encourager les me'dias a` diffuser des informations sur l'assistance
offerte aux femmes qui sont victimes d'actes de violence.

96.  Les gouvernements, les employeurs, les syndicats, les organisations
communautaires, les organisations de jeunes et les organisations non
gouvernementales devraient :

     a)  Concevoir des programmes et mettre en place des proce'dures visant
a` e'liminer le harce`lement sexuel dans les e'tablissements de formation, les
lieux de travail et partout ailleurs;

     b)  Concevoir des programmes et mettre en place des proce'dures visant
a` e'duquer et sensibiliser le public en lui faisant comprendre que la
violence constitue une violation des droits fondamentaux de la femme;

     c)  E'laborer des programmes de conseil et de re'insertion a`
l'intention des adolescents issus de foyers ou` re`gne la violence.

97.  Les gouvernements, les organisations internationales et les
organisations non gouvernementales de femmes devraient :

     a)  Suivre l'application et e'valuer la porte'e de la Convention sur
l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes
/2, et notamment pour ce qui est de la recommandation 19 adopte'e a` sa
onzie`me session par le Comite' pour l'e'limination de la discrimination a`
l'e'gard des femmes 8/, et la De'claration sur l'e'limination de la violence
a` l'e'gard des femmes;

     b)  Renforcer le mandat du Rapporteur spe'cial des Nations Unies sur la
violence a` l'e'gard des femmes et appuyer ses travaux.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE D.2

           E'tudier les causes de la violence a` l'e'gard des femmes

Mesures a` prendre

98.  Les gouvernements, l'Organisation des Nations Unies, d'autres
organisations internationales, l'UNESCO,  l'Organisation des E'tats
ame'ricains et les instituts de recherche, les organisations de femmes et de
jeunes et les organisations intergouvernementales devraient :

     a)  E'tudier les causes de la violence a` l'e'gard des femmes dans leur
contexte social, e'conomique et politique;

     b)  Relever, notamment dans les registres des administrations, de la
police et des ho^pitaux, tous les cas de violence;

     c)  E'valuer l'influence des me'dias, y compris des publicite's, sur la
violence a` l'e'gard des femmes et encourager l'instauration d'une socie'te'
sans violence.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE D.3

      Adopter des mesures spe'ciales pour e'liminer la traite des femmes
                   et aider les femmes victimes de violences

Mesures a` prendre

99.  Les gouvernements devraient :

     a)  Appliquer les conventions internationales sur la traite des e^tres
humains et l'esclavage;

     b)  Prote'ger les jeunes femmes et les fillettes qui peuvent e^tre
victimes de traite a` des fins de prostitution force'e et pre'venir de
nouveaux abus, notamment en de'mantelant les re'seaux internationaux de traite
et en apportant une aide aux victimes;

     c)  Prendre des mesures spe'ciales pour e'liminer la violence a`
l'e'gard des femmes particulie`rement vulne'rables comme les jeunes femmes,
les handicape'es et les travailleuses migrantes, notamment en appliquant la
le'gislation existante relative aux travailleuses migrantes, dans les pays
d'origine comme dans les pays d'accueil;

             E.  Les effets des conflits arme's et d'autres types
                  de conflit sur les femmes                      

100. Le nombre de conflits arme's n'a pas diminue' avec la fin de la guerre
froide; des conflits ethniques et religieux se'vissent en re'alite'
pratiquement partout.  Le droit humanitaire, qui interdit les attaques contre
les populations civiles, est syste'matiquement ignore'; les droits de l'homme
sont viole's par les parties aux conflits.  Dans un monde ou` persistent
l'instabilite' et la violence, il est urgent de conside'rer la paix et la
se'curite' sous un jour nouveau.  Le point de vue des femmes pourrait aboutir
a` une conception plus constructive de l'utilisation du pouvoir et de la
solution des conflits.  Alors que les femmes sont perpe'tuellement
sous-repre'sente'es, voire absentes, au plus haut niveau des processus
de'cisionnels en matie`re de paix et de se'curite', elles subissent de fac'on
disproportionne'e les conse'quences des conflits arme's.  Lorsqu'elles en ont
l'occasion, les femmes se montrent aptes a` re'soudre les conflits, aussi bien
au niveau national qu'au niveau international.

101. On a vu maintes fois que les femmes excellent a` la ne'gociation, au
dialogue et aux formes de solution des conflits qui ne reposent pas sur
l'utilisation de la force militaire.  Pourtant, elles sont nettement
sous-repre'sente'es aux postes a` responsabilite' des ministe`res de la
de'fense et des affaires e'trange`res, de l'arme'e, des forces de police, des
organes internationaux de me'diation et des ope'rations de maintien de la paix
des Nations Unies.  Pour que les femmes puissent contribuer au me^me titre que
les hommes au re'tablissement et au maintien de la paix, elles doivent avoir
acce`s au pouvoir politique et e'conomique et e^tre repre'sente'es a` tous les
niveaux des processus de'cisionnels.

102. Si elles ne participent pas a` la prise de de'cisions, les femmes et les
filles subissent spe'cialement les conse'quences des conflits arme's et du
militarisme en raison me^me de leur sexe et de leur position dans la
socie'te'.  La violence touche les femmes de tous a^ges, qui sont victimes du
terrorisme, de tortures, de viols, de disparitions et de de'placements de
population.  A` quoi s'ajoutent les effets sociaux et psychologiques des
conflits arme's, qui traumatisent en particulier les jeunes femmes et les
filles pour toute leur vie.  Quatre-vingt pour cent des 25 millions de
re'fugie's et de personnes de'place'es dans le monde sont des femmes et des
enfants qui sont expose's, en plus de la violence et de l'inse'curite'
qu'implique leur situation, a` des privations et au manque de services.  Il
est donc impe'ratif que les femmes re'fugie'es participent activement a` la
prise de de'cisions, a` l'e'valuation des besoins et a` la planification ainsi
qu'a` la mise en oeuvre des activite's.

103. Afin de mettre un terme a` l'instabilite' qui re'sulte de la production
d'armes et de leur prolife'ration, des organisations non gouvernementales
fe'minines demandent une re'duction des de'penses militaires dans le monde
entier et l'e'limination du commerce international des armes, mettant en
question la moralite' d'une culture militariste et du recours aux conflits
arme's pour re'soudre les diffe'rends.  Ce sont les pauvres qui souffrent le
plus des transferts massifs d'armements, des de'penses militaires et des
conflits arme's, car ce sont eux qui sont touche's par le manque
d'investissement dans les services de base.  Les organes directeurs
internationaux concerne's par la se'curite' collective devraient envisager
d'autres moyens d'assurer la se'curite' que la rivalite' politique et
l'armement.

104. Pour parvenir a` une paix durable, il est essentiel de dispenser une
e'ducation favorisant une culture pacifique, soucieuse de justice pour toutes
les nations et pour tous les peuples.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.1

       E'largir et renforcer la participation des femmes aux de'cisions
                  et leur ro^le dans la solution des conflits

Mesures a` prendre

105. Les gouvernements et les institutions intergouvernementales,
internationales et re'gionales devraient :

     a)  Mener une action palliative et corrective en vue d'atteindre un
e'quilibre entre les deux sexes et d'assurer la participation e'gale
- nume'riquement et qualitativement - dans toutes les instances et a` toutes
les ope'rations des Nations Unies concernant la paix et la se'curite', a` des
postes de diplomates et de responsables, notamment au Secre'tariat de l'ONU;

     b)  E'largir la participation des femmes dans toutes les instances des
Nations Unies et a` toutes les activite's relatives a` la paix et a` la
se'curite'.  Des objectifs pre'cis pourraient e^tre fixe's dans ce but;

     c)  Inte'grer une proportion significative de femmes a` toutes les
ope'rations de maintien de la paix, de re'tablissement de la paix, de
consolidation de la paix et de diplomatie pre'ventive, y compris aux missions
d'enque^te et d'observation, ainsi qu'a` tous les stades de la me'diation et
des ne'gociations de paix;

     d)  Veiller a` une repre'sentation e'quilibre'e des hommes et des femmes
dans les organes internationaux tels que le Tribunal criminel international
pour l'ex-Yougoslavie et la Cour internationale de Justice.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.2

     Re'duire puis e'liminer la disponibilite' des instruments de violence

Mesures a` prendre

106. Les gouvernements devraient :

     a)  Intensifier la conversion a` des fins pacifiques des ressources
affecte'es a` la de'fense et aux industries connexes;

     b)  Entreprendre d'examiner de nouveaux moyens de de'gager d'autres
ressources financie`res de sources publique et prive'e, notamment en
re'duisant dans la mesure voulue les de'penses militaires excessives, y
compris les de'penses militaires et le commerce des armes a` l'e'chelon
mondial, ainsi que les investissements ayant pour objet la production et
l'acquisition d'armes, en tenant compte des impe'ratifs de se'curite'
nationale, de manie`re a` pouvoir e'ventuellement allouer des fonds
supple'mentaires au de'veloppement e'conomique et social;

     c)  Contro^ler la mise au point, la production, le de'ploiement et la
vente d'armes en vue finalement de leur e'limination totale, dans un premier
temps en e'largissant le Registre des armes classiques de l'ONU de manie`re a`
couvrir la production, en rendant l'enregistrement obligatoire et en incluant
dans le Registre tous les types d'armes, notamment les armes chimiques et les
armes biologiques;

     d)  Interdire l'utilisation des mines terrestres, dont plus de
10 millions sont disse'mine'es dans 64 pays un peu partout dans le monde, ce
qui porte le cou^t estime' du de'minage a` au moins 33 milliards de dollars
des E'tats-Unis;

     e)  Imposer aux citoyens qui participent a` la production et a` la
commercialisation d'armes des re'parations pour les dommages cause's lors des
conflits, en pre'voyant des amendes spe'ciales pour les ventes et les
transferts illicites d'armes, en particulier du Nord au Sud.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.3

         Promouvoir des formes non violentes de solution des conflits

Mesures a` prendre

107. Les gouvernements et les organisations internationales et re'gionales
devraient :

     a)  Encourager la diplomatie, la ne'gociation pacifique et une approche
non militaire de la solution des conflits;

     b)  Ratifier, si cela n'a pas e'te' fait, les Protocoles additionnels
de 1977 aux Conventions de Gene`ve de 1949;

     c)  Cre'er un organe spe'cial des Nations Unies pour la solution des
conflits par des tiers, compose' d'hommes et de femmes en nombre e'gal;

     d)  Faire du viol utilise' comme technique de guerre un crime de guerre
au me^me titre que le ge'nocide, le terrorisme et la torture et introduire des
dispositions contre le viol dans l'article 75 du Protocole additionnel I
de 1977 9/ aux Conventions de Gene`ve de 1949;

     e)  Cre'er des institutions propres a` rompre le cycle de la violence,
notamment des tribunaux appele's a` juger les crimes de guerre, des
commissions de la ve'rite' et des commissions pour la paix nationale et
associer les femmes aux initiatives de re'conciliation nationale;

     f)  Inclure dans la liste des me'thodes de re'tablissement de la paix
utilise'es par les Nations Unies des pratiques traditionnelles de solution des
conflits et de re'conciliation prenant l'un et l'autre sexe en conside'ration
et tenant compte des conditions locales;

     g)  Rendre obligatoire pour l'ensemble du personnel participant aux
ope'rations de maintien de la paix des Nations Unies une formation prenant en
conside'ration l'e'le'ment fe'minin.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.4

                        Favoriser une culture pacifique

Mesures a` prendre

108. Les gouvernements, les institutions intergouvernementales
internationales et re'gionales, et les organisations non gouvernementales
devraient :

     a)  Promouvoir a` l'intention de tous les membres de la socie'te' une
formation a` la solution des conflits et a` l'e'ducation a` la paix dans les
e'tablissements d'enseignement, les collectivite's et les familles.  Des
programmes d'e'change entre jeunes seraient particulie`rement be'ne'fiques;

     b)  S'agissant du financement des instituts et des organismes de
recherche, donner la priorite' aux programmes et aux projets relatifs a` la
paix et a` la se'curite' qui tiennent compte de la spe'cificite' des sexes;

     c)  Dans l'exe'cution du Plan d'action de la De'cennie des Nations Unies
pour l'e'ducation dans le domaine des droits de l'homme (1995-2004) 10/,
veiller a` mettre en oeuvre des programmes spe'cifiques d'information sur les
droits fondamentaux de la femme, notamment dans leur rapport avec la paix;

     d)  Centrer les recherches effectue'es par l'ONU et les instituts de
recherche sur la paix sur les conse'quences des conflits pour les femmes et
sur la porte'e, la nature et l'efficacite' de la participation des femmes aux
mouvements pacifistes internationaux, nationaux et locaux.  Il convient d'axer
la recherche sur les me'canismes traditionnels de pre'vention de la violence
et de solution des conflits, ainsi que sur le point de vue des femmes en
matie`re de paix et de se'curite';

     e)  Diffuser, s'agissant de l'ONU, la Charte des Nations Unies et faire
en sorte que les principes relatifs a` la solution des conflits soient
enseigne's dans le monde entier;

     f)  Cre'er des me'canismes propres a` reme'dier aux conse'quences
sociales et psychologiques des conflits arme's sur les femmes, en particulier
les femmes jeunes et les filles;

     g)  Cre'er des commissions civiles nationales, compose'es d'hommes et de
femmes en nombre e'gal, qui soumettraient a` l'examen du public toutes les
de'penses et activite's militaires, y compris les activite's de recherche-
de'veloppement.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE E.5

     Fournir assistance et formation aux femmes re'fugie'es et de'place'es

Mesures a` prendre

109. Les gouvernements, les organisations intergouvernementales et non
gouvernementales ainsi que les autres institutions participant a` l'assistance
aux re'fugie's et aux personnes de'place'es, en particulier le Haut
Commissariat des Nations Unies pour les re'fugie's et le Programme alimentaire
mondial devraient :

     a)  Veiller a` ce que les femmes participent a` la conception, a`
l'exe'cution, a` la surveillance et a` l'e'valuation de tous les projets et
programmes a` court ou long terme d'assistance aux femmes re'fugie'es et
de'place'es, et notamment a` la gestion des camps de re'fugie's et des
ressources qui y sont consacre'es;

     b)  Prendre des dispositions visant a` garantir la se'curite' physique
des femmes re'fugie'es et de'place'es, aussi bien durant leur de'placement
qu'au moment de leur retour dans leur localite' d'origine;

     c)  Fournir des secours d'urgence adapte's aux besoins spe'cifiques des
femmes;

     d)  Appliquer les normes internationales garantissant aux femmes
l'e'galite' de droits, l'acce`s aux proce'dures d'octroi du statut de
re'fugie' et le droit d'asile.  Prendre en conside'ration les facteurs lie's
au sexe, en accordant le statut de re'fugie'es aux femmes qui invoquent une
crainte justifie'e de la perse'cution pour les raisons mentionne'es dans la
Convention de Gene`ve de 1951 sur le statut des re'fugie's 11/ et dans le
Protocole de 1967 12/;

     e)  Axer tous les programmes sur la promotion de l'autonomie des femmes
re'fugie'es et de leurs droits fondamentaux, y compris l'ensemble des droits
lie's a` leur statut de re'fugie'es;

     f)  Veiller a` la reconnaissance des droits fondamentaux des femmes
re'fugie'es, y compris tous les droits de'coulant de leur statut de
re'fugie'es et le droit a` la re'unification familiale;

     g)  Adopter des mesures spe'ciales devant permettre aux femmes
re'fugie'es de tous a^ges de participer a` des programmes de formation
professionnelle afin de pouvoir s'inte'grer sur le marche' du travail :
formation linguistique, formation a` la mise sur pied de petites entreprises;
introduction a` la planification familiale et conseils concernant la violence
dans la famille;

     h)  Encourager et organiser au sein des collectivite's de re'fugie's et
de personnes de'place'es revenues dans leur localite' d'origine, a`
l'intention des femmes, et en particulier des jeunes femmes, des programmes
spe'ciaux de formation au ro^le de responsable et a` la prise de de'cisions;

     i)  Informer le public, par l'interme'diaire des me'dias, par
l'e'ducation et par des programmes spe'ciaux, afin de favoriser la
compre'hension et la tole'rance a` l'e'gard des re'fugie's et des personnes
de'place'es.

     F.  L'ine'galite' dans l'acce`s et la participation des femmes a` la
          de'finition des structures et politiques e'conomiques et au   
           processus de production lui-me^me                            

110. La participation des femmes a` la vie e'conomique s'est
conside'rablement accrue ces 10 dernie`res anne'es; elles sont devenues des
recrues de pre'dilection dans de nombreuses branches d'activite' et ont acquis
une place pre'ponde'rante dans les petites et moyennes entreprises. 
S'agissant de la prise des de'cisions e'conomiques, toutefois, les femmes
demeurent sous-repre'sente'es aux niveaux national et international.  De
me^me, dans les institutions multilate'rales, tre`s peu de femmes participent
au processus de formulation des politiques qui de'finissent les modalite's des
programmes d'ajustement structurel, des pre^ts et des subventions.  Les
pratiques discriminatoires en matie`re d'enseignement, de formation,
d'embauche et de promotion, la rigidite' des conditions de travail et le
partage ine'gal des responsabilite's familiales continuent de limiter l'emploi
des femmes, leurs chances de promotion et leur mobilite' dans le secteur
structure'.  De plus, certains comportements entravent leur participation a`
la prise des de'cisions e'conomiques et restreignent l'acce`s des filles a`
l'enseignement de la gestion e'conomique et a` la formation dans ce domaine. 
Inversement, on a constate' que de plus en plus de femmes entreprenaient de
leur propre initiative des activite's autonomes dans le secteur paralle`le,
comptant sur leurs propres connaissances, capacite's et qualifications et leur
approche cre'ative et novatrice du financement, de la commercialisation et de
la gestion.

111. Les obstacles juridiques et coutumiers qui empe^chent les femmes
d'acce'der a` la proprie'te', aux terres, aux ressources naturelles, au
capital, a` la technologie et aux autres moyens de production freinent aussi
leur progre`s e'conomique.  La valeur de la contribution non re'mune're'e des
femmes a` l'e'conomie, qu'il s'agisse d'entreprises familiales, de travaux
d'inte're^t ge'ne'ral ou de ta^ches domestiques, reste me'connue et n'est donc
pas prise en conside'ration dans les comptabilite's nationales.

112. La mondialisation de l'e'conomie va a` l'encontre des initiatives
personnelles des femmes en matie`re d'e'pargne, de production et de commerce. 
La division internationale et sexuelle du travail a accentue' la se'gre'gation
des femmes, qui tendent a` e^tre cantonne'es dans un nombre limite' de
professions.  Cette tendance se traduit par de maigres salaires, de faibles
qualifications et l'absence de se'curite' d'emploi, dans le secteur structure'
comme dans le secteur paralle`le.  Jeunes femmes et migrantes restent les
employe's les moins bien prote'ge's par la le'gislation du travail et de
l'immigration.  Les possibilite's d'emploi des femmes, notamment les jeunes
femmes, sont limite'es par des conditions de travail rigides et une
re'partition inade'quate des ta^ches domestiques, en particulier les soins aux
enfants et aux personnes a^ge'es.

113. Dans les entreprises transnationales et nationales, tre`s peu de femmes
participent a` la gestion et a` la prise des de'cisions en raison des
politiques et pratiques discriminatoires qui pre'valent en matie`re d'embauche
et de promotion - conse'quence des pre'juge's dont elles souffrent.  C'est
pourquoi un nombre croissant de femmes deviennent proprie'taires et
gestionnaires de petites et moyennes entreprises.  Cette expansion du secteur
paralle`le est due pour une grande part aux femmes, dont les pratiques,
respectueuses des principes de la collaboration et de l'effort personnel ainsi
que des traditions, constituent une pre'cieuse ressource e'conomique. 
Lorsqu'elles ont acce`s au cre'dit, aux ressources, a` la technologie, a` la
formation, et qu'elles peuvent en avoir le contro^le, les femmes sont capables
d'accroi^tre la production, la commercialisation et les recettes pour subvenir
durablement a` leurs propres besoins.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.1

           Assurer aux femmes la jouissance des droits e'conomiques

Mesures a` prendre

114. Les gouvernements devraient :

     a)  Concevoir des me'canismes permettant aux femmes d'acce'der et de
participer a` la de'finition des structures et politiques e'conomiques par le
biais d'organismes tels que les ministe`res des finances, les commissions
e'conomiques nationales et les instituts de recherche e'conomique;

     b)  Re'former le droit commercial et le droit des biens de manie`re a`
octroyer aux femmes la libre disposition, la proprie'te' et le contro^le des
ressources naturelles et e'conomiques et des be'ne'fices qu'elles tirent de
leur propre activite' e'conomique, ainsi que le plein acce`s aux services
techniques;

     c)  Re'former les lois re'gissant le fonctionnement des institutions
financie`res de manie`re a` offrir des services aux femmes sur un pied
d'e'galite' avec les hommes;

     d)  Re'viser et appliquer les politiques nationales appuyant les
me'canismes d'e'pargne et de pre^t dont disposent traditionnellement les
femmes;

     e)  Faire en sorte que les politiques nationales relatives aux accords
commerciaux internationaux et re'gionaux prote`gent les activite's
e'conomiques nouvelles ou traditionnelles des femmes;

     f)  Cre'er des politiques d'emploi souples, qui facilitent la
restructuration des rythmes de travail et favorisent le partage des
responsabilite's familiales;

     g)  Promulguer une le'gislation assurant l'e'galite' des chances et en
encourager le respect dans le secteur prive' par l'octroi de contrats;

     h)  Veiller a` ce que des analyses de l'impact de toutes les politiques
macro et micro-e'conomiques sur l'emploi des hommes et des femmes soient
effectue'es, que les re'sultats de ces analyses soient reconnus et qu'il leur
soit donne' suite.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.2

       Prendre des mesures positives pour faciliter l'e'galite' d'acce`s
       des femmes aux ressources, a` l'emploi, aux marche's et aux     
                             e'changes commerciaux

Mesures a` prendre

115. Les gouvernements devraient :

     a)  Cre'er des programmes (ou les modifier) visant a` donner aux
agricultrices, notamment celles qui participent a` la production alimentaire,
un acce`s e'gal aux nouvelles technologies, aux services de vulgarisation et
aux facilite's de commercialisation et de cre'dit;

     b)  Augmenter la proportion des femmes qui travaillent comme agents de
vulgarisation et des autres fonctionnaires qui offrent une assistance
technique ou administrent des programmes e'conomiques;

     c)  Examiner les politiques et re`glements pour veiller a` ce qu'ils ne
soient pas discriminatoires a` l'e'gard des petites et moyennes entreprises
dont les proprie'taires sont des femmes, dans les zones rurales et urbaines;

     d)  Cre'er des conseils consultatifs et d'autres instances pour offrir
aux femmes chefs d'entreprise la possibilite' de contribuer a` la formulation
des politiques et programmes e'labore's par les ministe`res de l'e'conomie et
les institutions bancaires;

     e)  Mener a` bien des e'tudes nationales concernant l'impo^t sur le
revenu et les re'gimes de se'curite' sociale pour e'liminer toute partialite'
au de'triment des femmes, notamment les femmes au foyer.

116. Les organismes nationaux charge's de la promotion de la femme devraient
analyser, conseiller et coordonner l'e'laboration de politiques qui inte`grent
les besoins et inte're^ts des travailleuses inde'pendantes et femmes chefs
d'entreprise dans les politiques, programmes et budgets sectoriels et
interministe'riels.

117. Les gouvernements, les banques centrales et les banques nationales de
de'veloppement devraient :

     a)  Accorder des pre^ts en bloc, en assurer le refinancement et offrir
des incitations au secteur bancaire local ainsi qu'aux interme'diaires qui
desservent les femmes chefs d'entreprise dans les zones rurales et urbaines;

     b)  Structurer les services de manie`re a` atteindre les femmes
s'occupant de petites et moyennes entreprises dans les campagnes et dans les
villes, en particulier les jeunes femmes qui n'ont pas acce`s au capital ni
aux actifs.

118. Les gouvernements et les organisations non gouvernementales
devraient diffuser aupre`s des femmes des informations sur les marche's, les
e'changes commerciaux et les ressources.

119. Les bailleurs de fonds multilate'raux tels que le Fonds international de
de'veloppement agricole (FIDA), la Banque mondiale, les banques re'gionales de
de'veloppement et le Fonds d'e'quipement des Nations Unies ainsi que les
institutions de financement bilate'rales et prive'es, aux niveaux
international, re'gional et sous-re'gional, devraient :

     a)  Examiner les politiques, programmes et projets pour veiller a` ce
qu'une proportion plus e'leve'e des ressources soit mise a` la disposition des
femmes, notamment dans les zones rurales;

     b)  E'laborer des me'canismes financiers souples afin de financer les
institutions interme'diaires cible'es sur les activite's e'conomiques des
femmes, qui favorisent leur autonomie et permettent d'accroi^tre la capacite'
et la rentabilite' de leurs entreprises e'conomiques.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.3

        Fournir aux femmes a` faible revenu des services professionnels
      et leur ouvrir l'acce`s aux marche's, a` l'information et a` la   
                                  technologie

Mesures a` prendre

120. Les gouvernements, les organisations non gouvernementales aux niveaux
communautaire et national et le secteur prive' devraient :

     a)  Mettre en place une infrastructure en matie`re de communications, de
stockage et de transports pour veiller a` ce que les femmes chefs d'entreprise
aient acce`s aux marche's;

     b)  E'laborer des programmes spe'ciaux offrant aux femmes une formation
et des services peu cou^teux en matie`re de gestion, de mise au point des
produits, de financement, de production, de contro^le de la qualite', de
commercialisation et de conseils juridiques;

     c)  Cre'er des fonds d'investissement spe'ciaux pour appuyer les
entreprises dirige'es par des femmes et axer sur les femmes les programmes de
promotion du commerce;

     d)  Diffuser aupre`s des jeunes filles et des jeunes femmes des
informations sur des femmes chefs d'entreprise qui ont re'ussi et sur les
aptitudes ne'cessaires pour connai^tre le me^me succe`s; faciliter le maillage
de re'seaux et l'e'change d'informations;

     e)  Fournir des services d'appui, par exemple des garderies d'enfants.

121. Les organismes industriels et commerciaux locaux, nationaux et
internationaux et les organisations non gouvernementales s'occupant de
questions fe'minines devraient pre'coniser au niveau national la promotion et
le soutien des entreprises dirige'es par des femmes, y compris celles du
secteur paralle`le, ainsi que le plein acce`s des femmes aux ressources
productives.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.4

        Renforcer la capacite' e'conomique et les re'seaux commerciaux
                                  des femmes

Mesures a` prendre

122. Les gouvernements devraient :

     a)  Adopter des politiques d'appui aux organismes industriels et
commerciaux, aux organisations non gouvernementales, aux coope'ratives, aux
coope'ratives d'e'pargne et de cre'dit, aux organisations locales et a`
d'autres groupes pour fournir des services aux femmes chefs d'entreprise des
zones rurales et urbaines;

     b)  Concevoir des programmes spe'ciaux a` l'intention des femmes
victimes des programmes d'ajustement structurel, et la transition vers
l'e'conomie de marche' pour les femmes qui travaillent dans le secteur
paralle`le;

     c)  Adopter des politiques qui renforcent les groupements fe'minins
d'assistance mutuelle et les associations de travailleuses au moyen de formes
de soutien non classiques;

     d)  Utiliser les travaux des chercheuses et techniciennes ainsi que le
savoir autochtone des femmes pour ame'liorer la capacite' de gain.

123. Les interme'diaires financiers, instituts nationaux de formation,
coope'ratives d'e'pargne et de cre'dit, organisations non gouvernementales,
associations de femmes, organismes professionnels et le secteur
prive' devraient :

     a)  Offrir une formation financie`re et technique autorisant la
participation des femmes, notamment des jeunes femmes, aux niveaux national,
re'gional et international;

     b)  Offrir des services aux entreprises, notamment en matie`re de
commercialisation et d'information sur les e'changes commerciaux, de
conception des produits et d'innovation, de transfert de technologie et de
contro^le de la qualite', tant au secteur travaillant pour le marche'
inte'rieur qu'au secteur travaillant pour l'exportation;

     c)  Favoriser l'e'tablissement de liens techniques et commerciaux et
cre'er, entre femmes chefs d'entreprise, aux niveaux national, re'gional et
international, des coentreprises qui appuient les initiatives venues de la
base;

     d)  Renforcer les coope'ratives de production et de commercialisation
fe'minines, en particulier dans les zones rurales;

     e)  Investir des capitaux et constituer des portefeuilles
d'investissement permettant de financer les entreprises dirige'es par des
femmes;

     f)  Appuyer les projets novateurs et les re'seaux de cre'dit, y compris
les plans d'e'pargne traditionnels.

124. Les socie'te's transnationales et nationales devraient :

     a)  Adopter des politiques et cre'er des me'canismes d'octroi de
contrats sur la base de la parite' aux travailleuses inde'pendantes et aux
femmes chefs d'entreprise;

     b)  Recruter des femmes aux e'chelons de la prise de de'cisions et de la
direction, ainsi que dans les programmes de formation a` la gestion, sur un
pied d'e'galite' avec les hommes.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.5

          E'liminer la se'gre'gation professionnelle et l'ine'galite'
                               de re'mune'ration

Mesures a` prendre

125. Les gouvernements, les employeurs, les employe's, les syndicats et les
organisations de femmes devraient :

     a)  Incorporer les normes internationales sur l'e'galite' des droits des
femmes en matie`re e'conomique dans le droit interne, comme le stipulent le
Pacte international relatif aux droits e'conomiques, sociaux et culturels
13/ et les conventions de l'Organisation internationale du Travail (OIT),
notamment la Convention No 156 concernant les travailleurs ayant charge de
famille, y compris la protection des droits des femmes migrantes et
handicape'es;

     b)  Adopter et appliquer des lois interdisant toute discrimination
fonde'e sur l'a^ge et le sexe sur le marche' du travail, en matie`re
d'embauche, de promotion, de prestations ou de se'curite' sociale, et en ce
qui concerne les conditions de travail discriminatoires et le harce`lement
sexuel;

     c)  Mettre au point des programmes et services pour les femmes qui
arrivent sur le marche' du travail, en particulier les femmes rurales et les
jeunes femmes, ainsi que celles qui sont victimes des programmes d'ajustement
structurel;

     d)  Mettre en oeuvre des programmes d'action palliative en matie`re de
recrutement et de promotion des femmes dans tous les secteurs, et en suivre
l'application;

     e)  Stimuler davantage les entreprises pour accroi^tre le nombre de
centres de formation professionnelle et de recyclage qui donnent aux femmes
une formation dans des domaines non traditionnels;

     f)  Informer les femmes, surtout les jeunes femmes, sur les cours de
formation professionnelle disponibles dans des branches non traditionnelles,
scientifiques et techniques, et notamment celles qui offrent de nouveaux
de'bouche's e'conomiques;

     g)  E'laborer des programmes spe'ciaux pour permettre aux femmes
handicape'es d'obtenir et de conserver un emploi;

     h)  Adopter des lois consacrant le principe de la re'mune'ration e'gale
a` travail e'quivalent;

     i)  Renforcer ou cre'er des instances juridiques connaissant des
affaires de discrimination salariale;

     j)  Re'duire de moitie' le travail des enfants avant l'an 2000.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE F.6

                 Cre'er un environnement professionnel souple

Mesures a` prendre

126. Les gouvernements devraient :

     a)  E'tendre la protection des lois relatives au travail et a` la
se'curite' sociale aux emplois a` temps partiel et temporaires et aux
travailleurs saisonniers ou a` domicile et adopter des lois favorisant un
de'roulement de carrie`re fonde' sur des conditions de travail souples;

     b)  Adopter des lois octroyant un conge' parental tant a` la femme qu'a`
l'homme et encourageant le partage des responsabilite's familiales entre
hommes et femmes.

127. Les gouvernements, le secteur prive' et les organisations non
gouvernementales devraient :

     a)  Cre'er des programmes de formation qui re'inte`grent les femmes dans
le marche' du travail apre`s un conge' parental ou une interruption de
carrie`re;

     b)  Encourager les horaires souples;

     c)  Concevoir des programmes d'enseignement visant a` faire connai^tre
et accepter le principe du partage des responsabilite's familiales;

     d)  Mettre en place des garderies d'enfants sur le lieu de travail et
offrir des horaires souples.

          G.  L'ine'galite' entre hommes et femmes dans le partage du
              pouvoir et la prise de de'cisions a` tous les niveaux

128. Malgre' le mouvement ge'ne'ralise' vers la de'mocratisation auquel on a
assiste' ces 20 dernie`res anne'es, les femmes ne sont gue`re plus nombreuses
a` avoir acce'de' au pouvoir politique au sein des organes le'gislatifs et
l'objectif de 30 % de femmes aux postes de prise de de'cisions qu'avait fixe'
le Conseil e'conomique et social n'a pas e'te' atteint.  Bien qu'elles
repre'sentent pre`s de la moitie' de l'e'lectorat dans pratiquement tous les
pays et ont le droit de voter et d'e^tre e'lues depuis plus d'une
ge'ne'ration, peu d'entre elles sont candidates a` une fonction publique. 
L'e'cart qui demeure entre l'e'galite' de droit et de fait dont jouissent les
femmes ainsi que leur absence du pouvoir et de la prise de de'cisions
te'moignent d'une discrimination tenant a` la fois aux structures et aux
comportements.  A` l'exception des pays nordiques, ou` les partis politiques
et les gouvernements ont expresse'ment pris des mesures a` cette fin, seuls
10% des postes de parlementaires et un pourcentage encore plus re'duit de
portefeuilles ministe'riels sont actuellement de'tenus par des femmes dans
l'ensemble du monde.  Omnipre'sents dans les programmes d'enseignement et de
formation, au sein des partis politiques et de l'administration, les
comportements discriminatoires constituent un obstacle a` la participation des
femmes a` la vie politique et empe^che le monde de be'ne'ficier de leur point
de vue et de l'influence qu'elles pourraient avoir sur la conduite des
affaires.  Seule la pleine participation des femmes a` tous les niveaux du
processus de prise de de'cisions permettra d'instaurer l'e'galite', le
de'veloppement et la paix.

129. Les femmes repre'sentent plus de la moitie' de l'e'lectorat dans
pratiquement tous les pays ou` des e'lections se tiennent.  Leur participation
aux e'lections et aux campagnes des partis politiques est conside'rable. 
Elles ont aussi de'ja` fourni la preuve de leurs remarquables aptitudes a`
diriger lorsqu'elles occupent une fonction publique.  Mais la place reconnue
a` la femme dans la socie'te' et les ste're'otypes ne'gatifs a` son e'gard,
ve'hicule's notamment par les me'dias, font croire que le pouvoir et les
responsabilite's politiques sont la pre'rogative des hommes, ce qui de'courage
souvent les femmes de jouer un ro^le politique et re'duit la cre'dibilite' des
candidates.

130. E'tant exclues des voies traditionnelles qui me`nent au pouvoir, telles
que les organes de prise de de'cisions des partis politiques et les syndicats,
les femmes y ont acce'de' par le biais d'autres structures, en particulier
dans le secteur des organisations non gouvernementales.  Celles-ci leur ont
permis d'exposer leurs inte're^ts et leurs proble`mes, et inscrire les
questions relatives aux femmes parmi les pre'occupations nationales,
re'gionales et internationales; de ce fait, les gouvernements ont pris
davantage de de'cisions en collaboration avec les organisations de femmes.

131. L'ine'galite' dans le domaine public commence souvent par des
comportements et des pratiques discriminatoires au sein du me'nage ou`
s'effectue d'emble'e le partage du pouvoir entre hommes et femmes.  Une
meilleure re'partition des responsabilite's et la prise de de'cisions sur un
pied d'e'galite' au sein du me'nage peuvent amener les femmes a` participer
davantage a` la vie publique.  Des re'seaux et structures de prise de
de'cisions informels refle'tant la domination masculine empe^chent les femmes
de participer de fac'on e'gale a` la vie politique e'conomique.

132. La faible proportion de femmes occupant des postes de responsabilite'
aux niveaux national, re'gional et international fait apparai^tre l'existence
d'obstacles dus aux structures et aux comportements, qu'il faut chercher a`
e'liminer par l'adoption de mesures concre`tes.  Les entreprises
transnationales et nationales, les banques et les organisations
internationales et re'gionales, y compris celles qui rele`vent du syste`me des
Nations Unies, n'ont pas recrute' ni promu de femmes a` des postes de
direction, de responsabilite' politique, de diplomatie et de ne'gociation.  

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE G.1

               Prendre des mesures propres a` assurer aux femmes
              l'e'galite' d'acce`s et la pleine participation aux
              structures du pouvoir et a` la prise de de'cisions

Mesures a` prendre

133. Les gouvernements devraient :

     a)  Fixer des objectifs et e'tablir des me'canismes pour faire inscrire
des femmes sur les listes des partis politiques en tant que candidates a` une
fonction publique et nommer des femmes a` des postes de responsabilite' dans
la fonction publique;

     b)  Nommer autant de femmes que d'hommes aux conseils consultatifs et
autres organismes publics;

     c)  Collecter, analyser et diffuser des donne'es quantitatives et
qualitatives sur les femmes occupant des postes de responsabilite' dans les
secteurs public et prive';

     d)  Soutenir les organisations non gouvernementales et les instituts de
recherche qui effectuent des e'tudes sur la participation des femmes aux
processus de prise de de'cisions et leur influence sur ces de'cisions;

134. Les partis politiques devraient :

     a)  Adopter le principe de la parite' et du partenariat dans toutes les
structures de de'cisions internes, avec une repre'sentation strictement e'gale
dans le choix des candidatures a` toutes les nominations et a` tous les
mandats e'lectifs;

     b)  Offrir aux femmes une plus grande visibilite', ainsi que la
possibilite' d'acce'der a` un plus grand nombre de postes de direction, en
prenant conscience du fait que les re'seaux informels et officiels cre'e's par
des femmes aux niveaux local et communautaire, ou` se prennent des de'cisions
d'une manie`re de'mocratique, avise'e et responsable, constituent un tremplin
pour des responsabilite's nationales.

135. Les gouvernements, les organes d'E'tats, le secteur prive', les partis
politiques, les syndicats, les organisations patronales, les organismes
re'gionaux et sous-re'gionaux, les organisations internationales et non
gouvernementales devraient :

     a)  Prendre des mesures concre`tes visant a` constituer un groupe
influent de femmes occupant des postes strate'giques de de'cision aux niveaux
supe'rieurs de direction et de gestion;

     b)  Mettre en place des organes de contro^le et des me'canismes
d'application charge's de ve'rifier que les femmes participent aux niveaux les
plus e'leve's de prise de de'cisions;

     c)  Suivre les progre`s accomplis pour parvenir a` l'objectif fixe' par
le Secre'taire ge'ne'ral voulant que, d'ici a` l'an 2000, 50 % des postes de
direction et de responsabilite' - ou au moins 40 % - soient occupe's par des
femmes.

136. L'Organisation des Nations Unies devrait :

     a)  Appliquer les politiques et mesures existantes en ce qui concerne
tous les types de contrats, et en adopter de nouvelles pour qu'autant de
femmes que d'hommes occupent des postes de la cate'gorie des administrateurs
d'ici a` l'an 2000;

     b)  Adopter des mesures palliatives visant a` garantir l'e'galite' des
sexes dans toutes les commissions et comite's d'ici a` l'an 2000;

     c)  Poursuivre la collecte et la diffusion des donne'es quantitatives et
qualitatives sur les femmes occupant des postes de responsabilite' et analyser
l'influence comparative des de'cisions prises par des femmes dans les secteurs
public et prive'.

137. Les organisations de femmes, les organisations non gouvernementales, les
syndicats, les partis politiques et les organisations professionnelles
devraient inciter les femmes a` s'organiser pour soutenir les candidats qui
s'engagent a` mettre en oeuvre la Plate-forme d'action avant l'an 2000.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE G.2

           Donner aux femmes les moyens de participer a` la prise de
                 de'cisions et d'exercer des responsabilite's

Mesures a` prendre

138. Les gouvernements, les organes d'E'tat, le secteur prive', les partis
politiques, les syndicats, les organisations patronales, les organismes
re'gionaux et sous-re'gionaux et les organisations internationales et non
gouvernementales devraient :

     a)  Re'organiser les programmes de recrutement et de gestion des
carrie`res afin d'assurer aux femmes, notamment les jeunes, l'acce`s, sur un
pied d'e'galite' avec les hommes, a` une formation, y compris en cours
d'emploi, a` la direction, a` la gestion, aux affaires et a` la technique;

     b)  Mettre au point des programmes de promotion des carrie`res destine's
aux femmes, en assurant planification, suivi et encadrement;

     c)  Proposer une formation soucieuse d'e'quite' entre les sexes afin
d'instaurer des relations de travail non sexistes et de respecter les
diffe'rentes manie`res de travailler et de diriger.

139. Les organisations de femmes, les organisations non gouvernementales et
les syndicats devraient :

     a)  Inciter les femmes a` faire valoir leur pouvoir d'achat lors de
l'e'laboration des politiques e'conomiques nationales;

     b)  Agir a` tous les niveaux pour permettre aux femmes d'influencer les
de'cisions, processus et syste`mes politiques et e'conomiques;

     c)  E'tablir des banques de donne'es sur les femmes et leurs
qualifications, sur la base desquelles l'on nommerait des femmes a` des postes
de haute responsabilite' et de consultants, et les diffuser aupre`s des
gouvernements, des organisations internationales et des entreprises prive'es.

           H.  L'insuffisance des me'canismes charge's, a` tous les
                 niveaux, de favoriser la promotion de la femme   

140. Des me'canismes nationaux charge's de favoriser la promotion de la femme
ont e'te' e'tablis dans pratiquement tous les E'tats Membres.  Cre'e's pour
sensibiliser, mettre en place, surveiller et mobiliser l'appui en faveur des
politiques de promotion de la femme, ces me'canismes nationaux sont divers
dans leur forme et dans leur efficacite'.  Souvent a` la pe'riphe'rie des
structures gouvernementales, ces me'canismes souffrent de leur ro^le mal
de'fini, du manque de personnel, de formation, de donne'es ade'quates, de
ressources suffisantes et de l'absence de ferme soutien de la part des
autorite's nationales.  Au niveau international, les me'canismes charge's de
la promotion de la femme dans le cadre des activite's ge'ne'rales - action
politique, de'veloppement ou droits de l'homme - connaissent les me^me
proble`mes, imputables a` un manque de de'termination au plus haut niveau.

141. Des confe'rences internationales successives ont montre' la ne'cessite'
de tenir compte des facteurs lie's au sexe dans les politiques et dans la
planification.  Les organes re'gionaux oeuvrant pour la promotion de la femme
ont e'te' renforce's, de me^me que des me'canismes internationaux tels que la
Commission de la condition de la femme et le Comite' pour l'e'limination de la
discrimination a` l'e'gard des femmes.  Des me'thodes visant a` tenir compte
des proble`mes des femmes dans les politiques et les programmes et a`
e'liminer les disparite's engendre'es par les politiques entre les hommes et
les femmes ont e'te' e'labore'es dans de nombreuses organisations et sont
pre^tes a` e^tre mises en pratique.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE H.1

                 Cre'er ou renforcer les me'canismes nationaux
                       et autres organes gouvernementaux

Mesures a` prendre

142. Les gouvernements devraient :

     a)  Cre'er, s'il n'en existe pas, un me'canisme national charge' de
favoriser la promotion de la femme, ayant des fonctions clairement de'finies
et un objectif politique, capable d'influer sur la politique et charge' des
campagnes de sensibilisation, de l'analyse des politiques, de la
communication, de la coordination et du suivi;

     b)  Fournir du personnel a` la fois sensibilise' aux questions
d'e'quite' entre les sexes et forme' a` la gestion, charge' de l'analyse des
politiques, des ne'gociations, de la communication, et de la conception et du
suivi des activite's;

     c)  E'tablir des proce'dures permettant au me'canisme susvise' de
collecter rapidement des informations sur les questions de politique et de les
utiliser dans le processus d'e'laboration de la politique au sein du
gouvernement.

143. Les me'canismes nationaux devraient :

     a)  E'tablir des relations de coope'ration avec les parlementaires, les
centres d'e'tude et de recherche sur les femmes, les organes et entreprises du
secteur prive' et les organisations non gouvernementales;

     b)  E'tablir des rapports directs avec d'autres me'canismes nationaux et
avec les organes internationaux;

     c)  Assurer la formation et fournir une aide consultative aux
institutions gouvernementales afin d'introduire dans leurs politiques des
de'marches soucieuses d'e'quite' entre les sexes;

     d)  Rendre compte pe'riodiquement au parlement et au gouvernement.

144. Les organisations internationales, et plus particulie`rement le Fonds de
de'veloppement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et les donateurs
bilate'raux devraient :

     a)  Fournir aide consultative et assistance financie`re aux me'canismes
nationaux pour les rendre mieux a` me^me de collecter des informations,
d'organiser des re'seaux et d'entreprendre des analyses sexospe'cifiques;

     b)  Renforcer les me'canismes internationaux charge's de la promotion de
la femme.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE H.2

              Inte'grer les proble`mes des femmes dans toutes les
                       politiques d'inte're^t ge'ne'ral

Mesures a` prendre

145. Les gouvernements devraient :

     a)  E'valuer pe'riodiquement les politiques et les projets afin de
s'assurer qu'ils refle`tent les cou^ts et les be'ne'fices de la contribution
des femmes a` l'activite' e'conomique et tiennent compte de l'effet des
politiques sur la situation des femmes en matie`re d'emploi et de revenu;

     b)  Exiger des fonctionnaires qu'ils proce`dent a` une analyse par sexe
lorsqu'ils e'laborent leurs politiques et programmes et qu'ils assurent la
formation du personnel dans le domaine de la planification, de la mise en
oeuvre, de la surveillance, et de l'e'valuation des programmes et des projets;

     c)  Mettre en place des re'seaux de responsables dans tous les
ministe`res et organisations, charge's d'e'valuer les politiques et
programmes, et cre'er les me'canismes permettant aux inte'resse's de suivre
les progre`s dans la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE H.3

       Produire et diffuser des donne'es et des informations ventile'es
              par sexe aux fins de planification et d'e'valuation

Mesures a` prendre

146. Les services statistiques nationaux et internationaux, agissant en
coope'ration avec les organisations scientifiques, devraient, dans leurs
domaines de compe'tence respectifs :

     a)  Collecter des donne'es ventile'es par a^ge, par sexe et selon les
indicateurs socio-e'conomiques, a` utiliser dans la planification et la mise
en oeuvre des politiques;

     b)  Inte'grer les centres d'e'tude et de recherche sur les femmes dans
la de'finition de nouveaux indicateurs et le suivi des objectifs de la
Plate-forme d'action;

     c)  Veiller a` ce que toutes les statistiques relatives aux individus
soient collecte'es, analyse'es et pre'sente'es selon l'a^ge et le sexe et
refle`tent les questions et les proble`mes se rapportant aux hommes et aux
femmes dans la socie'te';

     d)  Renforcer la structure et le programme dans le domaine des
statistiques par sexe et s'assurer qu'elles correspondent a` toutes les
e'tudes statistiques, en nommant du personnel charge' de coordonner et de
suivre ces e'tudes et de mettre au point des produits prenant en
conside'ration les statistiques relatives aux diffe'rents domaines en
question;

     e)  Ame'liorer les concepts et les me'thodes de collecte de donne'es
concernant la participation des hommes et des femmes a` l'activite'
e'conomique, notamment dans le secteur non structure', l'agriculture, et en
particulier dans les petites exploitations, l'industrie, le commerce et le
secteur des services domestiques, et e'valuer le travail, re'mune're' ou non,
des hommes et des femmes, y compris les travaux me'nagers et le temps
consacre' au soin des enfants;

     f)  E'laborer une classification internationale des activite's, qui sera
utilise'e pour e'tablir des statistiques relatives au budget temps, the`me qui
fera aussi l'objet d'une e'tude des gouvernements; poursuivre des e'tudes au
niveau national visant a` e'tablir des comptes satellites distinguant la
contribution des hommes et des femmes a` la production et au revenu national;

     g)  Ame'liorer les concepts et me'thodes de collecte de donne'es
concernant l'e'valuation de la pauvrete' chez les hommes et les femmes, et de
leur acce`s aux ressources;

     h)  Renforcer les syste`mes d'e'tablissement des statistiques de l'e'tat
civil et introduire des analyses par sexe dans les publications et la
recherche; donner la priorite' aux spe'cificite's de chaque sexe dans la
recherche, la conception, la collecte et l'analyse de donne'es, afin
d'ame'liorer les donne'es concernant la morbidite'; ame'liorer la collecte de
donne'es relatives a` l'acce`s aux soins de sante', notamment la sante'
maternelle et la planification familiale, en accordant la priorite' aux me`res
adolescentes.

147. Les gouvernements devraient :

     a)  Publier un bulletin statistique contenant des donne'es ventile'es
par sexe, qui pre'sente et interpre`te des donne'es the'matiques concernant
l'un et l'autre sexe, sous une forme compre'hensible par un large auditoire
d'utilisateurs non spe'cialise's;

     b)  Pre'voir une e'tude a` re'aliser par les producteurs et les
utilisateurs de statistiques de chaque pays, tendant a` e'valuer l'efficacite'
du syste`me statistique officiel, de la couverture des questions lie'es aux
distinctions fonde'es sur le sexe, et e'tablir un plan visant a` apporter les
ame'liorations ne'cessaires;

     c)  E'tablir des statistiques et mener des e'tudes qualitatives sur le
partage des responsabilite's et de l'influence dans la socie'te', notamment
sur la proportion respective d'hommes et de femmes occupant des postes de
responsabilite' tant dans le secteur public que prive';

     d)  Utiliser davantage de donne'es non sexistes dans la formulation des
politiques.

148. L'Organisation des Nations Unies devrait :

     a)  Promouvoir la mise au point de me'thodes statistiques permettant
d'ame'liorer les donne'es concernant les droits fondamentaux des femmes, et
notamment la violence a` leur e'gard, afin que ces donne'es puissent e^tre
utilise'es par la Commission des droits de l'homme, le Comite' pour
l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes et par d'autres
organes charge's de l'application des traite's relatifs aux droits de l'homme;

     b)  E'tablir tous les cinq ans une e'dition actualise'e de la
publication Les femmes dans le monde;

     c)  Aider les pays a` e'laborer des programmes et des produits
statistiques ventile's par sexe;

     d)  Rendre compte, de fac'on coordonne'e, des progre`s re'alise's aux
niveaux national et international, a` la Commission de statistique de l'ONU et
a` la Commission de la condition de la femme.

          I.  La me'connaissance des droits fondamentaux de la femme
               reconnus sur le plan international et national et le 
               manque d'engagement en leur faveur                   

149. Le respect universel des droits fondamentaux indivisibles et
inalie'nables des femmes de tout a^ge constitue la base de tous les efforts de
promotion de la femme.  Dans la plupart des pays, des mesures ont e'te' prises
pour inscrire ces droits dans la le'gislation nationale.  Mais, dans d'autres,
les instruments relatifs aux droits fondamentaux de la femme ne peuvent
produire pleinement leurs effets en raison de re'serves qui vont a` l'encontre
de leur objet et de leur but.  Faute d'e^tre pleinement applique's,
interpre'te's et rendus exe'cutoires par leur inscription dans les codes
civils, pe'naux et de commerce et dans les re`glements administratifs, les
droits fondamentaux de la femme, tels que de'finis dans les conventions et les
normes internationales, seront inope'rants.  Dans de nombreux pays, la
me'connaissance par les femmes de leurs droits et des moyens de les exercer
reste un obstacle de taille qui les empe^che d'en jouir pleinement, dans des
conditions d'e'galite'.

150. La Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme a clairement
re'affirme' que les droits fondamentaux des femmes a` toutes les e'tapes de la
vie, font inalie'nablement, inte'gralement et indissociablement partie des
droits universels de la personne.  La Confe'rence internationale sur la
population et le de'veloppement a re'affirme' les droits des femmes en
matie`re de reproduction et leur droit au de'veloppement.  La De'claration des
droits de l'enfant et la Convention relative aux droits de l'enfant
garantissent les droits des enfants et consacrent le principe de
l'inacceptabilite' d'une discrimination fonde'e sur le sexe.  Les trois quarts
des E'tats Membres de l'Organisation des Nations Unies sont parties a` la
Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a`
l'e'gard des femmes.  Un nombre croissant de pays ont e'tabli des me'canismes
visant a` permettre aux femmes d'exercer leurs droits.

151. Dans les pays qui ne sont pas partie a` la Convention ou qui ont
formule' des re'serves qui en restreignent conside'rablement la porte'e, ou
dans les pays dont la le'gislation nationale n'a pas e'te' mise en conformite'
avec les normes internationales, l'e'galite' de jure de la femme n'est pas
encore assure'e.  La rigidite' des syste`mes juridiques, la complexite'
extre^me des proce'dures administratives, l'indiffe'rence du personnel
judiciaire et l'insuffisance des me'canismes de surveillance des violations
des droits des femmes empe^chent ces dernie`res de jouir de l'e'galite' et
d'exercer pleinement leurs droits.  La non-application des codes civils,
pe'naux et de commerce et des re`glements administratifs empe^che les femmes
de be'ne'ficier de la protection que leur offrent les instruments
internationaux relatifs aux droits de l'homme.

152. En outre, le manque de me'canismes de recours approprie's aux niveaux
national et international et l'insuffisance des ressources dont disposent les
instances charge'es de surveiller le respect des droits fondamentaux de la
femme au niveau international, comme le Comite' pour l'e'limination de la
discrimination a` l'e'gard des femmes, viennent aggraver le proble`me.

153. Il est ne'cessaire de modifier les connaissances, les mentalite's et le
comportement a` la fois des hommes et des femmes si l'on veut e'tablir un
partenariat harmonieux entre eux.  Il est essentiel d'ame'liorer la
communication entre les femmes et les hommes sur les proble`mes lie's au
partage des responsabilite's, y compris en matie`re de sexualite' et de sante'
ge'ne'sique, afin qu'ils deviennent des partenaires e'gaux dans la vie
publique et prive'e.  Il faut en particulier mettre l'accent sur les
responsabilite's des hommes et les encourager a` adopter un comportement
responsable en matie`re de paternite', de sexualite' et de procre'ation.

154. Une importance particulie`re devrait e^tre accorde'e a` la pre'vention
de la violence a` l'e'gard des femmes et des enfants.  Toutes les formes de
violence a` l'e'gard des femmes, qu'elles se manifestent dans la vie prive'e
ou publique ou qu'elles re'sultent de conflits arme's, constituent des
entorses au droit international humanitaire.

155. Les femmes les plus vulne'rables, comme les femmes migrantes,
re'fugie'es ou de'place'es et les femmes qui appartiennent a` des minorite's
ou a` des groupes autochtones, sont souvent de'savantage'es ou marginalise'es
parce qu'elles ne connaissent pas leurs droits fondamentaux et ne disposent
d'aucun me'canisme ni d'aucun recours pour obtenir re'paration en cas de
violation de leurs droits.

156. Les programmes visant a` leur inculquer des notions e'le'mentaires de
droit et les efforts de'ploye's par les me'dias ont aide' les femmes a`
comprendre le lien entre leurs droits et les autres aspects de leur vie.  Ils
ont e'galement de'montre' qu'il est possible, sans que cela cou^te des sommes
exorbitantes, de prendre des mesures efficaces pour les aider a` faire valoir
ces droits.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE I.1

       Appliquer pleinement la Convention sur l'e'limination de toutes 
       les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes et les autres
                  instruments relatifs aux droits de l'homme

Mesures a` prendre

157. Les gouvernements devraient :

     a)  Ratifier la Convention sur l'e'limination de toutes les formes de
discrimination a` l'e'gard des femmes ou y adhe'rer, s'ils ne l'ont pas encore
fait, sans formuler de re'serves, de fac'on que cet instrument soit
universellement ratifie' d'ici a` l'an 2000;

     b)  Pre'senter re'gulie`rement au Comite' pour l'e'limination de la
discrimination a` l'e'gard des femmes des rapports sur l'application de la
Convention, en suivant a` la lettre les directives e'tablies par le Comite' et
en faisant participer des organisations non gouvernementales a` l'e'laboration
de ces rapports;

     c)  Traiter des aspects inte'ressant spe'cifiquement les femmes dans
leurs rapports sur toutes les autres conventions relatives aux droits de
l'homme, ainsi que sur les conventions de l'OIT;

     d)  Modifier la dure'e pre'vue dans la Convention sur l'e'limination de
toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes pour les re'unions
du Comite' de fac'on que celui-ci dispose de suffisamment de temps pour
s'acquitter convenablement de son mandat;

     e)  Reconside'rer les re'serves sur le fond qu'ils ont pu formuler
concernant la Convention, l'objectif e'tant d'obtenir le retrait de toutes les
re'serves avant l'an 2000;

     f)  Adopter un protocole facultatif se rapportant a` la Convention afin
d'instituer une proce'dure de pre'sentation et d'examen de communications qui
soit en place avant l'an 2000;

     g)  Appliquer la Convention relative aux droits de l'enfant afin de
garantir des droits e'gaux aux filles et aux garc'ons.

158. Le Haut Commissaire aux droits de l'homme devrait :

     a)  Dans le cadre de son mandat, promouvoir le respect universel et
l'exercice de tous les droits de la personne humaine et accorder autant
d'attention aux droits des femmes qu'a` ceux des hommes;

     b)  Prendre en compte les proble`mes spe'cifiques des femmes dans ses
activite's en matie`re de services consultatifs, d'assistance technique, de
coordination, d'information du public, et d'e'ducation dans le domaine des
droits de la personne humaine;

     c)  Superviser les travaux de tous les me'canismes et organes charge's
de promouvoir les droits de l'homme ainsi que de leurs secre'tariats afin de
s'assurer qu'ils prennent bien en compte les droits des femmes et qu'ils
veillent a` coordonner leurs activite's a` cet effet;

     d)  Faire en sorte, par le biais des services consultatifs sur les
droits de la personne, qu'une place suffisante soit accorde'e au proble`me de
l'e'galite' entre les sexes dans les programmes d'action nationaux et dans les
institutions de'mocratiques et de de'fense des droits de l'homme.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE I.2

          Garantir la non-discrimination et l'e'galite' devant la loi

Mesures a` prendre

159. Les gouvernements devraient :

     a)  E'dicter des constitutions qui interdisent la discrimination fonde'e
sur le sexe et confe`rent aux femmes de tout a^ge la ple'nitude des droits
civils sur un pied d'e'galite' avec les hommes, et en garantir l'application;

     b)  Adopter, le cas e'che'ant, des lois visant a` assurer l'e'galite'
des chances afin de donner effet aux garanties constitutionnelles;

     c)  Proce'der d'ici a` l'an 2000 a` une re'vision le'gislative en vue
d'incorporer dans leur le'gislation nationale les normes internationales
ge'ne'ralement accepte'es et d'abroger toutes les lois discriminatoires encore
en vigueur;

     d)  Entreprendre de sensibiliser aux droits des femmes et a` la
ne'cessite' d'assurer l'e'quite' entre les sexes tous les agents publics, y
compris les agents de la force publique, le personnel judiciaire et me'dical
et les travailleurs sociaux, ainsi que les membres du parlement afin qu'ils
exercent mieux leurs responsabilite's publiques;

     e)  Renforcer les me'canismes administratifs et les programmes
d'assistance juridique existants ou en cre'er de nouveaux en vue d'aider les
femmes de'favorise'es a` obtenir re'paration en cas de violation de leurs
droits;

     f)  Promouvoir le renforcement ou la mise en place d'institutions
nationales inde'pendantes charge'es d'aider les individus a` faire respecter
leurs droits fondamentaux, telles que des commissions des droits de l'homme ou
des me'diateurs; et leur accorder un statut et des ressources approprie'es
ainsi que l'acce`s aux autorite's gouvernementales.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE I.3

                 Propager des notions e'le'mentaires de droit

Mesures a` prendre

160. Les gouvernements et les organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Traduire dans les langues locales et diffuser les instruments
juridiques et la documentation relatifs aux droits de l'homme, y compris la
Convention sur l'e'limination de toutes les formes de discrimination a`
l'e'gard des femmes et la De'claration de Vienne adopte'e par la Confe'rence
sur les droits de l'homme14 14/, notamment la section intitule'e "E'galite' de
condition et droits fondamentaux de la femme";

     b)  Introduire l'enseignement des droits de l'homme dans les programmes
scolaires et entreprendre des campagnes, dans les langues les plus pratique'es
dans chaque pays, pour sensibiliser filles et garc'ons, en particulier les
adolescents, a` l'e'galite' entre femmes et hommes, et leur faire connai^tre
les droits fondamentaux de la femme et les instruments destine's a` en
garantir l'exercice.

          J.  La mobilisation insuffisante des me'dias pour favoriser
             l'apport constructif des femmes a` la socie'te'          

161. Au cours des 10 dernie`res anne'es, les progre`s de la technologie de
l'information ont facilite' le de'veloppement d'entreprises de communication
internationales qui transcendent les frontie`res nationales et qui sont
capables d'influer sur la politique des pouvoirs publics et les attitudes des
individus.  Ces me'dias promettent de de'velopper l'interaction entre les
peuples, d'acce'le'rer les e'changes de connaissances et de faciliter l'acce`s
a` l'enseignement.  Ce sont des instruments puissants qui peuvent e^tre
utilise's aussi bien pour promouvoir le de'veloppement et le progre`s social
que pour renforcer des ste're'otypes qui favorisent l'exploitation, notamment
celle des femmes.  Dans de nombreux pays, les femmes s'emploient a`
sensibiliser les me'dias a` la situation de leurs semblables et a` la nouvelle
re'partition des ro^les entre hommes et femmes.  Partout dans le monde, les
me'dias pourraient participer beaucoup plus activement a` la promotion de la
femme dans la socie'te' et sensibiliser davantage l'opinion publique par
rapport au ro^le qu'elle joue re'ellement.

162. Les femmes sont de plus en plus nombreuses a` travailler dans les
industries de la communication, mais pas au niveau de la prise de de'cisions. 
La persistance ge'ne'ralise'e de ste're'otypes sexistes dans la production des
principales entreprises internationales de communication te'moigne de
l'absence de pouvoir et d'influence des femmes au sein de ces entreprises, ou`
elles sont souvent cantonne'es a` des ta^ches de re'daction et de production.

163. Il est grand temps de mettre un terme a` la diffusion d'e'missions qui
donnent des femmes une image pe'rime'e par le biais de ce syste`me
international.  Les organes de presse et de radiodiffusion de la plupart des
pays ne donnent pas une repre'sentation exacte des ro^les et de la valeur des
femmes dans un monde en pleine e'volution.  Leurs programmes tablent encore
trop sur des images de violence et de domination, qui pre'sentent
invariablement les femmes comme des victimes.  Les programmes produits par des
entreprises e'trange`res ont souvent un effet de'stabilisateur sur le plan
culturel car ils donnent une perception ne'gative du ro^le et du comportement
des femmes et ont des conse'quences ne'fastes sur l'identite' culturelle de
leur public.  La tendance a` la privatisation et a` la commercialisation qui
se fait sentir partout dans le monde a instaure' un climat consume'riste dans
lequel les publicite's pre'sentent essentiellement les femmes comme des
consommatrices et ou` jeunes femmes et petites filles sont souvent la cible de
messages publicitaires contestables.

164. A` un autre niveau, l'essor des autoroutes de l'information a permis aux
femmes d'e'tablir des contacts et de cre'er des re'seaux entre elles pour
disposer d'autres sources d'information, ce qui leur permettra de renforcer
leurs moyens de combattre les images ne'gatives des femmes sur le plan
international et battre en bre`che une industrie qui e'chappe a` tout
contro^le de l'opinion publique et qui n'obe'it qu'a` ses propres lois.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE J.1

         Encourager et aider les femmes a` s'exprimer et a` participer
               aux prises de de'cisions dans et par les me'dias

Mesures a` prendre

165. Les gouvernements devraient :

     a)  Faciliter la participation des femmes au fonctionnement des me'dias,
dans des conditions d'e'galite' avec les hommes, notamment dans le domaine de
la production, de l'e'ducation, de la formation et de la recherche;

     b)  Nommer autant de femmes que d'hommes dans tous les organes
consultatifs, administratifs et de surveillance lie's aux me'dias nationaux;

     c)  Renforcer et reconnai^tre le ro^le des re'seaux de communication de
femmes en tant qu'interme'diaires assurant la diffusion d'informations aupre`s
des femmes et les concernant.

166. Les me'canismes nationaux de promotion de la femme devraient :

     a)  E'laborer des programmes et former des femmes a` la production
d'informations pouvant e^tre diffuse'es par des me'dias et financer des
projets expe'rimentaux dans ce domaine;

     b)  Former des femmes a` l'utilisation de l'informatique applique'e aux
communications et aux me'dias, publics ou prive's;

     c)  E'laborer des codes de conduite et promouvoir la cre'ation d'autres
formes d'autore'glementation des me'dias afin que ceux-ci donnent une image
re'aliste et positive des femmes et que celles-ci participent davantage a` la
production.

167. Ses organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Cre'er des groupes de surveillance des me'dias capables de
contro^ler la fac'on dont les femmes et leurs pre'occupations sont
repre'sente'es;

     b)  Utiliser davantage l'informatique pour communiquer.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE J.2

               Promouvoir la diffusion d'une image plus positive
                          des femmes dans les me'dias

Mesures a` prendre

168. Les gouvernements et les organisations internationales devraient :

     a)  Encourager la recherche et les campagnes de sensibilisation visant
a` promouvoir des images positives et re'alistes des femmes et des jeunes
filles dans les me'dias;

     b)  Encourager les me'dias et les publicitaires a` cre'er des programmes
spe'cifiques pour faire mieux connai^tre la Plate-forme d'action, notamment en
ce qui concerne la pauvrete', l'e'ducation, la sante', la violence, les droits
de la personne humaine et leur impact sur les femmes.

169. Les me'dias et les socie'te' de publicite' devraient e'tablir des codes
de conduite et d'autres formes d'autore'glementation pour promouvoir la
diffusion d'images positives et re'alistes des femmes.

170. Les me'dias et les organisations non gouvernementales, en collaboration
avec les me'canismes nationaux de promotion des femmes devraient :

     a)  Organiser syste'matiquement des programmes e'ducatifs et des
se'minaires pour diffuser des informations sur le partage des responsabilite's
au sein de la famille;

     b)  Produire et/ou diffuser des documents audio-visuels sur les femmes
qui occupent des postes de direction, ainsi que sur les femmes cadres et chefs
d'entreprise, notamment en vue d'inciter les jeunes femmes a` suivre leur
exemple;

     c)  E'laborer et financer de nouveaux moyens d'information et
l'utilisation des communications e'lectroniques afin de diffuser des
informations sur les femmes et leurs pre'occupations aupre`s des femmes.

          K.  L'insuffisance de la reconnaissance et du soutien de la
             contribution des femmes a` la gestion des ressources    
             naturelles et a` la protection de l'environnement       

171. C'est au cours des 10 dernie`res anne'es que l'on a re'ellement pris
conscience de l'e'puisement des ressources, de la de'gradation des syste`mes
naturels et des risques que repre'sentent les substances polluantes.  Toutes
les re'gions du monde subissent le contrecoup de l'acce'le'ration de
l'e'puisement des ressources et de la de'gradation de l'environnement lie'e
aux se'cheresses, a` la de'sertification, au de'boisement, aux catastrophes
naturelles, a` la pollution due a` la production de de'chets toxiques et aux
conse'quences de l'utilisation de produits agrochimiques nocifs.  Guerres,
troubles civils et conflits arme's, densite' de'mographique et gaspillage sont
autant de facteurs qui ont contribue' a` la de'gradation de l'environnement. 
Les manipulations ge'ne'tiques pre'sentent de graves risques pour
l'environnement et la sante' de la population.  De nombreux e'cosyste`mes
garantissant une diversite' e'cologique et biologique conside'rable sont
menace's.  Cette de'te'rioration de la situation provoque la destruction
d'e'cosyste`mes fragiles; elle contraint des communaute's, et des femmes en
particulier, a` se de'tourner des activite's productives et entrai^ne la
ne'gation, dans toutes les re'gions, du droit a` be'ne'ficier d'un
environnement su^r et sain.

172. Or, les femmes n'ont pratiquement pas acce`s aux prises de de'cisions
concernant la gestion, la protection et la re'ge'ne'ration de l'environnement.

Les organes de de'cision continuent a` faire peu de cas de l'expe'rience et
des compe'tences des femmes en matie`re de promotion et de surveillance de la
gestion des ressources naturelles.

173. Les femmes, et en particulier les femmes autochtones, jouent un ro^le
de'cisif dans la protection de l'environnement, car elles cumulent des
fonctions et des responsabilite's au sein de leur famille et de leur
communaute', sont conscientes de l'interde'pendance des e'le'ments qui
composent le milieu naturel, savent ge'rer des e'cosyste`mes fragiles, et sont
soucieuses de pre'server la qualite' et la durabilite' de la vie pour les
ge'ne'rations pre'sentes et futures.  Dans certaines re'gions, les femmes sont
les membres les plus stables de leur communaute', car les hommes quittent
souvent leur foyer pour des saisons entie`res, laissant aux femmes le soin de
pre'server l'inte'grite' de l'environnement et d'assurer une re'partition
ade'quate des ressources dans leur foyer et leur communaute'.

174. Pauvrete' et de'te'rioration des milieux naturels sont lie'es.  Dans les
zones urbaines comme dans les zones rurales, la de'gradation de
l'environnement a un impact ne'gatif sur la sante', le bien-e^tre et la
qualite' de vie des femmes et des jeunes, en particulier des jeunes filles et
des femmes qui appartiennent a` des populations de'place'es (notamment des
re'fugie'es), qui travaillent dans l'agriculture, qui vivent en zone rurale,
ou dont les foyers sont pauvres ou sont situe's soit dans des zones isole'es
soit dans des zones dans lesquelles les conditions e'cologiques sont
difficiles.  Dans de nombreuses re'gions, les femmes ont joue' des ro^les
moteurs : elles ont promu une e'thique e'cologique, mis en avant de nouvelles
valeurs et re'duit la production de de'chets et le gaspillage en re'utilisant
et en recyclant les ressources.  En outre, les femmes ont contribue' a` la
gestion de l'environnement au niveau local, la` ou` une action de'centralise'e
est aussi ne'cessaire que de'cisive.

175. Les femmes n'ayant pas pouvoir de de'cision, leur ro^le dans la gestion
de l'environnement passe souvent inaperc'u.  Elles rec'oivent rarement une
formation d'inge'nieurs agronomes, de sylvicultrices, de spe'cialistes des
sciences de la mer ou de l'ame'nagement du territoire, etc., qui leur permette
de devenir des professionnelles de la gestion des ressources naturelles qui
aient un pouvoir de de'cision.  Elles sont sous-repre'sente'es dans les
organismes officiels, en particulier aux postes de direction des organismes
lie's a` la protection de l'environnement.  En outre, me^me si les
organisations non gouvernementales de femmes qui travaillent sur les questions
d'environnement a` tous les niveaux ont re'cemment connu un de'veloppement
rapide et acquis une certaine notorie'te', leur coordination avec les
organismes nationaux pre'sente des faiblesses institutionnelles.

176. Une gestion saine de l'environnement requiert des actions strate'giques
qui s'inscrivent dans une approche inte'gre'e, multidisciplinaire et
intersectorielle a` laquelle il est indispensable que les femmes participent
en tout point et a` tous les niveaux.  La Confe'rence des Nations Unies sur
l'environnement et le de'veloppement et la Confe'rence internationale sur la
population et le de'veloppement, ainsi que les confe'rences re'gionales
pre'paratoires de la quatrie`me Confe'rence internationale sur les femmes, ont
de'clare' que les politiques de l'environnement ne faisant pas intervenir les
femmes ne sauraient e^tre couronne'es de succe`s a` long terme.  Elles ont
pre'conise' la pleine participation des femmes a` la production de savoir, aux
prises de de'cisions et a` la gestion a` tous les niveaux.  Les opinions des
femmes, leur expe'rience et leur contribution a` l'instauration d'un
environnement rationnel doivent donc figurer parmi les questions a` l'ordre du
jour du XXIe sie`cle.  Tant que la contribution des femmes a` la gestion de
l'environnement ne sera pas reconnue et suffisamment encourage'e, le
de'veloppement durable restera un objectif abstrait.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE K.1

           Assurer une participation active des femmes aux prises de
           de'cisions concernant l'environnement a` tous les niveaux

Mesures a` prendre

177. Des gouvernements devraient :

     a)  Promulguer et appliquer des lois visant a` combattre - en
particulier dans les foyers et sur les lieux de travail - la pollution et
l'e'cotoxicite', ainsi qu'a` contro^ler les manipulations ge'ne'tiques;

     b)  Prescrire la participation des femmes aux prises de de'cisions, a`
l'encadrement, a` la conception, a` la planification, a` la mise en oeuvre et
a` l'e'valuation de projets concernant l'environnement;

     c)  E'valuer les politiques et programmes en fonction de leur impact sur
l'environnement et des possibilite's qu'ils donnent aux femmes d'acce'der aux
ressources naturelles et de les utiliser;

     d)  Pre'server l'inte'grite' des connaissances et des compe'tences des
femmes autochtones, notamment dans le domaine des me'decines traditionnelles,
de la biodiversite' et des techniques autochtones, et assurer la protection de
leurs droits de proprie'te' intellectuelle.

178. Les gouvernements, les organisations internationales et les
organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Pre'voir des e'tudes prenant en compte les spe'cificite's de chaque
sexe dans le cadre des travaux d'e'laboration, d'analyse et de suivi des
politiques de la Commission du de'veloppement durable;

     b)  Associer les femmes a` la conception et a` la se'lection de projets
finance's par le Fonds pour l'environnement mondial et d'autres projets
internationaux en veillant a` ce que ces projets tiennent compte de la
spe'cificite' des proble`mes des femmes;

     c)  E'laborer des programmes dans les quatre domaines d'intervention du
Fonds pour l'environnement mondial afin de financer des projets destine's a`
des femmes et ge're's par des femmes, en particulier dans le domaine de la
diversite' biologique;

     d)  Assurer une repre'sentation e'quitable des femmes aux postes de
de'cision et d'encadrement au sein des organismes responsables de projets et
programmes concernant l'environnement et les ressources naturelles.

179. Les organisations non gouvernementales et les organismes du secteur
prive' devraient sensibiliser l'opinion aux proble`mes de l'environnement et
diffuser des informations afin de mobiliser des ressources et les affecter a`
la protection de l'environnement.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE K.2

         Veiller a` inte'grer les besoins, pre'occupations et opinions
          des femmes dans les politiques et programmes en faveur du 
                    de'veloppement e'cologiquement durable

Mesures a` prendre

180. Les gouvernements devraient :

     a)  Tenir compte des connaissances des femmes autochtones des zones
rurales en matie`re d'utilisation durable des ressources dans l'e'laboration
des programmes de gestion du milieu naturel et des programmes de vulgarisation
sur l'environnement;

     b)  Subventionner des recherches sur le ro^le des femmes et plus
particulie`rement des femmes autochtones dans la conservation des sols,
l'irrigation et l'ame'nagement des bassins versants, la gestion des zones
co^tie`res, la lutte inte'gre'e contre les ravageurs, la planification de
l'utilisation des sols, la conservation des fore^ts et la foresterie
communautaire;

     c)  De'terminer les obstacles qui s'opposent a` la pleine participation
des femmes au de'veloppement e'cologiquement durable et e'tudier leur impact
sur les moyens dont disposent les femmes pour ge'rer l'environnement et les
ressources naturelles;

     d)  Promouvoir l'e'ducation des jeunes femmes et des jeunes filles en
science, technique et e'conomie, de fac'on a` ce qu'elles puissent faire des
choix et des propositions en connaissance de cause, et qu'elles puissent
participer a` la de'termination des priorite's e'conomiques, scientifiques et
e'cologiques au niveau local en matie`re de gestion des ressources locales et
des e'cosyste`mes;

     e)  E'laborer des programmes qui permettent a` des femmes cadres et
dote'es de compe'tences spe'cialise'es - spe'cialistes scientifiques,
e'conomistes, enseignantes, formatrices, inge'nieurs, agents de vulgarisation,
etc. - de participer a` la gestion de l'environnement en de'veloppant la
formation des jeunes filles et des femmes, en favorisant l'embauche et en
acce'le'rant la promotion des femmes, et en mettant en oeuvre d'autres mesures
temporaires spe'cifiques qui permettent aux femmes d'accroi^tre leurs
compe'tences techniques et de participer aux activite's mene'es dans ce
domaine;

     f)  Identifier et promouvoir des technologies e'cologiquement
rationnelles, conc'ues, e'labore'es et ame'liore'es en accord avec des femmes,
qui re'pondent aux besoins des femmes et qui soient e'galement adapte'es aux
spe'cificite's des diffe'rents e'cosyste`mes et environnements;

     g)  Permettre aux femmes de disposer de technologies e'nerge'tiques qui
soient su^res, d'emploi durable et accessibles.

181. Les organisations internationales, les organisations non
gouvernementales et les organismes du secteur prive' devraient :

     a)  Inciter les femmes travaillant dans les me'dias a` sensibiliser les
consommateurs aux proble`mes de l'environnement;

     b)  E'tablir un code de de'ontologie sur la publicite' et
l'environnement;

     c)  Mener des campagnes de sensibilisation afin d'inciter les femmes a`
utiliser le pouvoir d'achat qu'elles posse`dent en tant que consommatrices
pour encourager la production de produits respectueux de l'environnement, et
pour les encourager a` investir dans des activite's agricoles, commerciales et
industrielles productives qui soient e'cologiquement rationnelles.

                           OBJECTIF STRATE'GIQUE K.3

           Cre'er des me'canismes aux niveaux national, re'gional  
            et international pour e'valuer l'impact des politiques
            de de'veloppement et de gestion de l'environnement sur
                                  les femmes

Mesures a` prendre

182. Les gouvernements, les organisations internationales et les
organisations non gouvernementales devraient :

     a)  Favoriser le renforcement de la collaboration dans le domaine de la
gestion de l'environnement et du de'veloppement durable aux niveaux
international et national en introduisant des analyses des ro^les des hommes
et des femmes par rapport a` l'environnement dans les programmes en matie`re
de de'veloppement durable afin de mettre au point une me'thode syste'matique
pour examiner l'impact spe'cifique des interventions en faveur du
de'veloppement sur les femmes et les hommes, ainsi que sur les e'cosyste`mes
et l'environnement;

     b)  En collaboration avec les universite's et les chercheuses locales,
constituer des bases de donne'es et des syste`mes informatise's, effectuer des
recherches, e'laborer des me'thodologies et re'aliser des analyses
de'cisionnelles, dans une perspective pratique, participative et soucieuse de
l'e'quite' entre les sexes, en vue de :

     i)  Recenser les connaissances et l'expe'rience des femmes en matie`re
         de gestion et de protection des ressources naturelles afin d'en
         tirer parti dans les bases de donne'es et les syste`mes
         informatise's utilise's en vue du de'veloppement durable;

    ii)  De'terminer l'impact sur les femmes de la de'gradation de
         l'environnement, et notamment de la se'cheresse, de la
         de'sertification, des substances chimiques toxiques et des conflits
         arme's;

   iii)  Analyser les liens structurels existant entre les relations
         hommes-femmes, l'environnement et le de'veloppement, en particulier
         dans certains secteurs comme l'agriculture, la pe^che,
         l'exploitation forestie`re, l'hygie`ne du milieu, la biodiversite',
         etc.;

    iv)  De'terminer les mesures a` prendre et faire pre'ce'der
         l'e'laboration et le suivi des programmes et politiques par la
         re'alisation d'analyses concernant leurs conse'quences e'cologiques,
         sociales et leur impact sur les hommes et les femmes;

     v)  E'laborer des programmes afin de cre'er des centres de formation
         rurale et urbaine, de recherche et de documentation dans les pays en
         de'veloppement qui permettront de diffuser des technologies
         e'cologiquement rationnelles aupre`s des femmes;

     c)  Promouvoir les nouvelles modalite's ope'rationnelles et la
coordination des programmes - tant a` l'inte'rieur des organismes qu'entre eux
- qu'exigent la mise en oeuvre de la pre'sente Plate-forme d'action et le
chapitre 24 d'Action 21, le renforcement des capacite's en matie`re de gestion
de l'environnement, et la promotion du de'veloppement durable;

     d)  Promouvoir la coope'ration intersectorielle dans le domaine de
l'environnement et d'autres domaines apparente's concernant les femmes;

     e)  Charger la Commission du de'veloppement durable de suivre et
d'e'valuer re'gulie`rement la mise en oeuvre d'Action 21 en ce qui concerne
les femmes et l'environnement.

                      V.  DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES

183. La Plate-forme d'action de'finit un ensemble d'actions qui conduiront a`
un changement fondamental.  Une action imme'diate et une obligation
redditionnelle sont essentielles pour atteindre les objectifs fixe's d'ici a`
l'an 2000.  La mise en oeuvre de'pend d'une large gamme d'institutions, dans
les secteurs public, prive' et non gouvernemental, depuis les collectivite's
locales jusqu'aux niveaux national, re'gional et international.

184. Lors de la De'cennie des Nations Unies pour la femme (1976-1985), de
nombreuses institutions spe'cifiquement consacre'es a` la promotion de la
femme ont e'te' cre'e'es aux e'chelons national et international.

185. Au niveau national, un certain nombre de pays ont instaure' ou renforce'
des me'canismes nationaux pour pre'coniser la promotion de la femme, planifier
les activite's et suivre les progre`s re'alise's dans ce domaine.

186. Au niveau international, comme conse'quence directe de la premie`re
confe'rence mondiale des Nations Unies sur la femme (Mexico, 1975), deux
organismes de promotion de la femme ont e'te' cre'e's : l'Institut
international de recherche et de formation pour la promotion de la femme
(INSTRAW) et le Fonds de de'veloppement des Nations Unies pour la femme
(UNIFEM).  Apre`s l'entre'e en vigueur, en 1981, de la Convention sur
l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes,
un comite' a e'te' cre'e' en 1982 pour surveiller l'application de la
Convention.  Ces nouveaux organes, avec la Commission de la condition de la
femme et son secre'tariat ainsi que la Division de la promotion de la femme,
sont les principaux organismes du syste`me des Nations Unies oeuvrant a` la
promotion de la femme sur le plan mondial.

187. En 1993, le Secre'taire ge'ne'ral a pre'sente' au Conseil e'conomique et
social un projet de fusion de l'INSTRAW et d'UNIFEM qui reposait sur une
recommandation faite par un groupe de consultants de haut niveau charge'
d'examiner la restructuration des secteurs e'conomique et social de
l'Organisation.  Cette proposition a par la suite e'te' de'veloppe'e par un
groupe d'e'tude mis en place par le Secre'taire ge'ne'ral.  Elle avait pour
but de renforcer les programmes de promotion de la femme et d'ame'liorer le
fonctionnement des deux entite's, ainsi que d'en ame'nager la structure afin
de les rendre plus efficaces et plus rentables.

188. Le Conseil e'conomique et social, dans sa re'solution 1994/51, qu'il a
adopte'e par consensus a` la reprise de sa session de fond de 1994, a
recommande' notamment que l'Assemble'e ge'ne'rale lui demande de re'examiner
la question de la fusion, a` une reprise de sa session devant avoir lieu
apre`s la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes, compte tenu des
de'libe'rations de la Commission de la condition de la femme a` sa
trente-neuvie`me session et de la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les
femmes concernant les dispositions institutionnelles en vue de la promotion de
la femme dans le cadre du syste`me des Nations Unies.  Le Conseil a en outre
recommande' que l'Assemble'e ge'ne'rale prenne, a` sa cinquantie`me session,
une de'cision finale sur le projet de fusion compte tenu des recommandations
du Conseil et des de'libe'rations de la Commission de la condition de la femme
et de la quatrie`me Confe'rence des Nations Unies sur les femmes.

189. La mise en oeuvre de la Plate-forme d'action par des institutions
nationales et internationales publiques ou prive'es serait facilite'e par la
transparence et un e'change constant d'informations entre tous les
inte'resse's.  Il faut des objectifs clairs et des me'canismes permettant a`
ces institutions de rendre compte de leurs activite's.  Il faut aussi que des
liens soient noue's avec d'autres institutions aux niveaux national, re'gional
et international ainsi qu'avec les re'seaux et organisations qui se consacrent
a` la promotion de la femme, notamment les organisations non gouvernementales
et les organisations locales.

190. Un exe'cution efficace exigera e'galement des modifications des valeurs,
du comportement, des re`gles et des proce'dures, et notamment une action en
vue d'assurer l'e'galite' des chances au niveau de l'emploi et de la
promotion.  La modification des dynamiques internes du pouvoir et de la
culture en matie`re d'organisation est la clef d'un soutien ve'ritable aux
institutions et d'une inte'gration re'elle des femmes.  Il faudrait en
particulier e'liminer le harce`lement sexuel.

191. Les institutions devraient e^tre dote'es de mandats solides et de
l'autorite', des ressources et des me'canismes redditionnels requis pour mener
a` bien les ta^ches de'finies dans la Plate-forme d'action.  Leurs me'thodes
de fonctionnement devraient assurer l'application effective et efficace de
cette dernie`re.  Toute action entreprise doit se fonder sur un engagement
absolu envers les normes et re`gles internationales d'e'galite' entre les
sexes.

                            A.  Au niveau national

192. C'est sur les gouvernements que repose la responsabilite' premie`re de
la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action.  Un engagement au niveau
politique le plus e'leve' est essentiel a` l'application de celle-ci, et les
gouvernements devraient prendre la direction des activite's de coordination,
de suivi et d'e'valuation des progre`s dans le domaine de la promotion de la
femme.

193. Il faudrait encourager la participation active d'un e'ventail large et
varie' d'autres acteurs institutionnels : organes le'gislatifs,
e'tablissements d'enseignement et de recherche, associations professionnelles,
syndicats, coope'ratives, groupes d'inte're^t local, associations de femmes,
me'dias, organisations non gouvernementales, organisations de jeunes,
associations culturelles et organisations financie`res et autres organismes a`
but lucratif, etc.  Les gouvernements devraient collaborer avec ces
institutions et organisations pour formuler une strate'gie de mise en oeuvre
et l'appliquer.

194. Pour re'aliser la Plate-forme, il faut e'tablir ou renforcer les
me'canismes nationaux de promotion de la femme, les services statistiques
nationaux, les organes de liaison ministe'riels et autres institutions
charge'es d'inte'grer les pre'occupations des femmes dans les politiques et
dote's des moyens de ce faire.  Pour toutes les institutions, la premie`re
e'tape de ce processus devrait e^tre de re'viser leurs objectifs, leurs
programmes et leurs proce'dures ope'rationnelles en fonction des actions
demande'es dans la Plate-forme.

195. Les institutions et me'canismes nationaux charge's de la promotion de la
femme devraient participer a` la formulation de la politique ge'ne'rale et
encourager la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action par divers
institutions et organismes et, le cas e'che'ant, jouer un ro^le catalyseur
dans l'e'laboration de nouveaux programmes dans les domaines non couverts par
les institutions actuelles.

196. Les gouvernements devraient, en faisant appel a` des personnalite's aux
niveaux d'autorite' les plus e'leve's du gouvernement, aux parlements
nationaux, aux universite's, au secteur prive' et aux organisations non
gouvernementales, instaurer un me'canisme charge' de suivre la mise en oeuvre
de la Plate-forme et d'en rendre compte.  Ce dernier devrait e^tre un plan
national d'action avec un calendrier pre'cis et des dispositifs d'exe'cution
et de suivi.  Il faudrait de'signer les institutions responsables et en
pre'voir des cre'dits re'alistes pour accomplir la ta^che.  Il devrait y avoir
une participation de la communaute' internationale, et les ONG devraient
collaborer a` la conception, a` l'application et au suivi du plan national
d'action.  Les organisations non gouvernementales sont encourage'es a`
formuler leurs propres programmes pour exe'cuter la Plate-forme d'action.  Des
rapports en la matie`re devraient e^tre examine's re'gulie`rement par le corps
le'gislatif.  Au niveau des pays, le PNUD, gra^ce a` son re'seau de bureaux
exte'rieurs et de coordonnateurs re'sidents, devrait faciliter les efforts
de'ploye's par le syste`me des Nations Unies pour faire en sorte que le
de'veloppement et le renforcement des capacite's profitent tout autant aux
femmes qu'aux hommes et apporter son soutien pour l'application de la
Plate-forme d'action.

197. Les gouvernements devraient veiller a` ce qu'il y ait parite' entre les
sexes dans tous les comite's, conseils et autres organes officiels.

                            B.  Au niveau re'gional

198. Les commissions re'gionales de l'Organisation des Nations Unies et
d'autres structures re'gionales devraient promouvoir et surveiller la mise en
oeuvre de la Plate-forme mondiale sur le plan re'gional, en collaboration
e'troite avec la Commission de la condition de la femme et les autres
organismes des Nations Unies traitant des questions relatives aux femmes.

199. Les centres de coordination/groupes de femmes des commissions
re'gionales devraient be'ne'ficier du statut et des ressources voulus pour
soutenir le processus re'gional de suivi, d'application et d'e'valuation et
assurer la coordination avec l'ensemble du syste`me.

200. Les commissions re'gionales de l'Organisation des Nations Unies
devraient collaborer sur les questions d'e'quite' entre les sexes avec
d'autres organisations re'gionales intergouvernementales, des organisations
non gouvernementales, des e'tablissements financiers et de recherche et avec
le secteur prive'.  Chaque re'gion devrait e'tablir un plan re'gional de mise
en oeuvre de la Plate-forme d'action en collaboration avec les organisations
intergouvernementales re'gionales et sous-re'gionales concerne'es de chaque
re'gion, comme l'Organisation de l'unite' africaine, l'Organisation des E'tats
ame'ricains, le Conseil de l'Europe, l'Union europe'enne, l'Association des
nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), la Confe'rence pour la coordination du
de'veloppement de l'Afrique australe (SADCC), la Communaute' des Carai"bes
(CARICOM), le Conseil nordique, ainsi qu'avec les banques de de'veloppement,
les organisations re'gionales non gouvernementales et les bureaux re'gionaux
des organismes et institutions spe'cialise's du syste`me des Nations Unies.

201. Les organisations re'gionales non gouvernementales et autres structures
re'gionales devraient poursuivre l'implantation de re'seaux de coordination
charge's de faire connai^tre et de diffuser les informations relatives a` la
Plate-forme d'action mondiale et aux diffe'rents plates-formes ou plans
d'action de leurs re'gions respectives.

                          C.  Au niveau international

202. Il faudrait renforcer la capacite' institutionnelle et financie`re de
l'Organisation des Nations Unies pour lui permettre de faire face a` ses
responsabilite's concernant la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action.

203. Pour le suivi de la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes, il
faudrait que les entite's du Secre'tariat qui s'occupent tout
particulie`rement de la promotion de la femme disposent des ressources voulues
et collaborent e'troitement avec d'autres entite's et organismes du syste`me
des Nations Unies, notamment les centres de coordination des travaux
concernant les femmes des commissions re'gionales, des institutions
spe'cialise'es, des institutions financie`res et des fonds et programmes,
ainsi qu'avec les me'canismes nationaux et re'gionaux.

204. Il conviendrait de renforcer la capacite' des organismes charge's de
favoriser la promotion de la femme, et d'inte'grer les efforts des agents de
coordination charge's de faire respecter l'e'quite' entre les sexes au sein
des organisations dans une politique, une planification, une programmation et
une budge'tisation globales.

205. Des mesures devraient e^tre prises au niveau international par les
organisations, y compris l'Organisation des Nations Unies, pour e'liminer les
obstacles qui entravent la promotion de la femme et changer la dynamique du
pouvoir et la culture en matie`re d'organisation de fac'on a` appliquer la
Plate-forme d'action dans l'esprit et dans la lettre.

206. Au cours de la pe'riode 1995-2000, il faut que tous les organismes des
Nations Unies oeuvrent a` l'application des aspects de la Plate-forme qui
rele`vent de leur compe'tence, tant ponctuellement que dans le cadre d'une
programmation plus large.  Les questions relatives a` l'e'quite' entre les
sexes seront aborde'es compte tenu de l'Agenda pour la paix et l'Agenda pour
le de'veloppement, de l'application des recommandations des confe'rences
mondiales telles que la Confe'rence mondiale sur l'e'ducation pour tous, la
Confe'rence des Nations Unies sur l'environnement et le de'veloppement, la
Confe'rence internationale sur la nutrition, la Confe'rence mondiale sur les
droits de l'homme, le Sommet mondial pour les enfants, la Confe'rence
internationale sur la population et le de'veloppement, le Sommet mondial pour
le de'veloppement social et la Confe'rence des Nations Unies sur les
e'tablissements humains (Habitat II).

                 1.  La Commission de la condition de la femme

207. La Commission de la condition de la femme est le centre de coordination
intergouvernemental pour la mise en oeuvre des Strate'gies prospectives
d'action de Nairobi pour la promotion de la femme.  En tant qu'organe de
coordination du programme pour la promotion de la femme, elle jouera un ro^le
central dans le suivi de la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action.  Il
faudrait lui donner un mandat clair pour lui permettre de suivre et de
coordonner syste'matiquement la pre'sentation des rapports dans ce domaine.

208. La Commission de la condition de la femme avait pour mandat initial de
promouvoir les droits de la femme en vue d'appliquer le principe de
l'e'galite' des droits des hommes et des femmes et de formuler des
propositions pour parvenir a` cet objectif.  Le mandat de la Commission
devrait lui permettre d'examiner l'aspect "femmes" de toutes les questions
pertinentes, y compris celles relevant d'autres organismes
intergouvernementaux.  Afin d'aider a` formuler et a` suivre une approche de
la mise en oeuvre a` l'e'chelle du syste`me, elle devrait recevoir des
rapports de suivi, y compris des organismes et institutions des Nations Unies.

Cela aurait pour effet de faire de la Commission l'organe spe'cialise' du
Conseil e'conomique et social pour l'analyse des questions d'e'quite' entre
les sexes.  Cela contribuerait e'galement a` renforcer la fonction de
coordination des politiques du Conseil.

209. A` sa quarantie`me session, en 1996, la Commission devra e'laborer un
plan d'application pour le syste`me des Nations Unies, base' sur des
propositions de toutes les institutions et de tous les programmes et
organismes compe'tents du syste`me, notamment ceux qui s'occupent
particulie`rement de promotion de la femme, tels que la Division pour la
promotion de la femme.

210. Lorsqu'elle e'laborera son programme de travail pour la
pe'riode 1996-2000, la Commission devrait passer en revue les domaines de la
Plate-forme d'action dans lesquels les proble`me sont les plus pre'occupants
et inscrire a` son ordre du jour une question touchant l'analyse, du point de
vue "femmes", des proble`mes les plus critiques dont est saisie l'ONU, dont le
contenu serait de'termine' en fonction des questions aborde'es par le Conseil
e'conomique et social et par l'Assemble'e ge'ne'rale ou par des organes
subsidiaires du Conseil comme la Commission des droits de l'homme, la
Commission de la population et du de'veloppement, le Comite' de la science et
de la technique au service du de'veloppement et la Commission du
de'veloppement durable.  Il faut e'toffer le point actuel sur les questions de
coordination et de programmation en incluant dans le de'bat une e'tude plus
de'taille'e des programmes de tous les principaux organes de l'Organisation
des Nations Unies charge's des questions relatives a` la Plate-forme d'action
et aux aspects connexes des autres confe'rences mondiales, dans le contexte du
plan a` moyen terme a` l'e'chelle du syste`me en ce qui concerne la promotion
de la femme qui sera re'vise' apre`s la quatrie`me Confe'rence mondiale sur la
femme.

                  2.  La Division de la promotion de la femme

211. La Division de la promotion de la femme du De'partement de la
coordination des politiques et du de'veloppement durable a pour ta^che
essentielle d'assurer le secre'tariat de la Commission de la condition de la
femme et de fournir un appui fonctionnel aux autres organes
intergouvernementaux lorsqu'ils ont a` traiter des questions relatives a` la
promotion de la femme.  Elle assure e'galement le secre'tariat du Comite' pour
l'e'limination de la discrimination a` l'e'gard des femmes.  Elle a e'te'
de'signe'e agent de coordination pour l'application des Strate'gies
prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme, et devrait
jouer le me^me ro^le dans la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action. 
Conforme'ment a` la re'solution 37/9 de la Commission 15/, il faudrait
prendre les mesures ne'cessaires pour renforcer la Division, maintenir son
identite' et son statut et lui assurer des ressources ade'quates en
permanence.  Il faudrait aussi lui allouer davantage de ressources humaines et
financie`res pour lui permettre d'assumer les fonctions supple'mentaires
lie'es a` la mise en oeuvre de la Plate-forme et au secre'tariat de la
Commission de la condition de la femme et du Comite' pour l'e'limination de la
discrimination a` l'e'gard des femmes.

212. Lorsqu'elle e'labore des e'tudes de fond a` l'intention de la Commission
de la condition de la femme et d'autres organes subsidiaires du Conseil
e'conomique et social, du Conseil lui-me^me et de l'Assemble'e ge'ne'rale, la
Division devrait proce'der a` une analyse des proble`mes du point de vue des
femmes.  Apre`s la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes, elle
devrait diriger la re'vision du plan a` moyen terme a` l'e'chelle du syste`me
en ce qui concerne la promotion de la femme pour la pe'riode 1996-2001, et
continuer de servir le secre'tariat pour la coordination interinstitutions
dans le domaine de la promotion de la femme, en s'appuyant sur le re'seau
d'interlocuteurs pour les questions relatives aux femmes au sein du syste`me
des Nations Unies.  Elle devrait en outre veiller a` maintenir un e'change
d'informations sur la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action avec les
organisations non gouvernementales, les commissions nationales et les
institutions nationales charge'es de la promotion de la femme.

           3.  L'Institut international de recherche et de formation
               pour la promotion de la femme                        

213. Conforme'ment au mandat qui lui a e'te' confie' dans les domaines de la
recherche, de la formation et de la diffusion d'informations aux fins de la
promotion de la femme, l'Institut international de recherche et de formation
pour la promotion de la femme devrait revoir son programme de travail en
fonction de la Plate-forme d'action qui, avec Action 21, le Programme d'action
de la Confe'rence internationale sur la population et le de'veloppement et le
Programme d'action du Sommet mondial pour le de'veloppement social, fournira
des directives pour l'e'laboration d'un programme en vue d'appliquer les
points de la Plate-forme d'action qui rele`vent de sa compe'tence.  Il devrait
de'terminer les types de recherche et les me'thodes de recherche a`
privile'gier, renforcer les potentiels nationaux de recherche sur les
questions concernant les femmes, et e'tablir des re'seaux de centres de
recherche pouvant e^tre mobilise's pour servir ces objectifs.  L'Institut
devrait e'galement de'terminer les types de formation qu'il est en mesure
d'appuyer et de de'velopper avec succe`s, et servir d'agent de coordination
pour l'ensemble du syste`me des Nations Unies dans la promotion de l'e'galite'
des sexes en matie`re de formation.

        4.  Le Fonds de de'veloppement des Nations Unies pour la femme

214. En tant que fonds autonome associe' au PNUD, le Fonds de de'veloppement
des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) travaille a` de'gager de nouvelles
possibilite's pour le de'veloppement e'conomique et social de la femme dans
les pays en de'veloppement.  UNIFEM devrait re'examiner son programme de
travail compte tenu de la Plate-forme d'action et, sur cette base, e'laborer
un programme en vue d'appliquer les points de la Plate-forme qui rele`vent de
sa compe'tence.  Il faudrait le renforcer pour lui permettre de s'engager de
manie`re concre`te et efficace en offrant son appui et sa collaboration a` une
gamme de partenaires de de'veloppement, en vue de mobiliser les ressources
techniques et financie`res indispensables a` l'inte'gration de la dimension
"femmes" dans le de'veloppement, a` tous les niveaux.  Il faudrait aussi
renforcer ses activite's de plaidoyer en sensibilisant l'opinion
internationale a` l'autonomisation des femmes.  L'Institut devrait disposer de
ressources suffisantes pour pouvoir s'acquitter des ta^ches qui lui ont e'te'
confie'es.

            5.  Le Comite' pour l'e'limination de la discrimination
                a` l'e'gard des femmes                             

215. En s'acquittant des responsabilite's que lui confe`re la Convention sur
l'e'limination de toutes les formes de discrimination a` l'e'gard des femmes,
le Comite' devrait s'attacher particulie`rement a` e'valuer la suite donne'e
a` la Plate-forme d'action par les E'tats parties au regard de la Convention. 
Il devrait continuer a` revoir les articles de la Convention, en privile'giant
ceux qui sont de'cisifs pour la mise en oeuvre de la Plate-forme, notamment
l'article 4, et formuler des recommandations approprie'es.

216. Le Comite' devrait renforcer sa coordination avec les autres organes de
suivi des traite's relatifs aux droits de l'homme et lors de l'application des
recommandations e'nonce'es dans la De'claration de Vienne et dans le Programme
d'action adopte' par la Confe'rence mondiale sur les droits de l'homme,
devrait prendre en compte le proble`me de la discrimination fonde'e sur le
sexe a` tous les stades de ses travaux a` l'aide des ressources alloue'es a`
cette fin.

                          6.  L'Assemble'e ge'ne'rale

217. L'Assemble'e ge'ne'rale devrait jouer un ro^le moteur dans la mise en
oeuvre de la Plate-forme d'action en veillant a` inte'grer les questions
relatives aux femmes dans toutes les activite's engage'es dans les domaine
social, politique et e'conomique et celui du maintien de la paix.  A` sa
cinquantie`me session, en 1995, l'Assemble'e ge'ne'rale examinera un rapport
sur le suivi de la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes en tenant
compte des recommandations de la Confe'rence conforme'ment a` la re'solution
49/161 de l'Assemble'e.  Elle devrait contro^ler la re'alisation de la
Plate-forme en 1996, puis ensuite tous les deux ans jusqu'a` l'an 2000.

                     7.  Le Conseil e'conomique et social

218. Le Conseil e'conomique et social devrait suivre l'application de la
Plate-forme d'action en examinant les rapports de la Commission de la
condition de la femme.  Lorsqu'il examine des questions de politique
ge'ne'rale au cours de ses de'bats de haut niveau, le Conseil devrait tenir
compte des proble`mes spe'cifiques des femmes, en s'appuyant sur les
recommandations formule'es par la Commission de la condition de la femme.  Il
faudrait qu'avant l'an 2000, il consacre au moins un de'bat de haut niveau a`
la question de la promotion de la femme et a` l'application de la Plate-forme
d'action.

219. Avant l'an 2000, le Conseil e'conomique et social devrait consacrer au
moins l'un de ses de'bats sur les questions de coordination a` la coordination
de la promotion de la femme, sur la base du plan re'vise' a` moyen terme a`
l'e'chelle du syste`me en ce qui concerne la promotion de la femme. 

220. Le Conseil devrait consacrer au moins l'un de ses de'bats sur les
activite's ope'rationnelles a` la coordination d'actions concre`tes lie'es a`
la promotion de la femme, en vue de de'finir des directives et proce'dures
pour l'application de la Plate-forme d'action par les fonds et programmes des
Nations Unies.

221. Le Comite' administratif de coordination (CAC) est responsable du suivi
et de la coordination de la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action par les
organismes des Nations Unies.  Il devrait arre^ter la marche a` suivre par ces
organismes pour contro^ler la coordination a` l'e'chelle du syste`me de
re'alisation de la Plate-forme, y compris sur le terrain, et pre'senter des
rapports pe'riodiques au Conseil par l'interme'diaire de la Commission de la
condition de la femme.

                      8.  Autres services du Secre'tariat

222. Les diffe'rents services du Secre'tariat de l'ONU devraient revoir leurs
programmes pour de'terminer les moyens d'assurer une re'alisation optimale de
la  Plate-forme d'action.  Le plan re'vise' a` moyen terme a` l'e'chelle du
syste`me en ce qui concerne la promotion de la femme pour la pe'riode
1996-2001 et le projet  de plan a` moyen terme pour la pe'riode 1998-2002
doivent tenir compte des propositions formule'es pour cette mise en oeuvre. 
La nature des activite's envisage'es doit e^tre fonction de la ta^che
assigne'e a` chaque organe.

223. Le Bureau de la gestion des ressources humaines, en collaboration avec
les directeurs de programme dans le monde entier, devrait prendre les mesures
ne'cessaires pour atteindre l'objectif de 50 % de femmes dans les postes
soumis a` la re'partition ge'ographique.  Il devrait aussi faire en sorte
qu'au moins 40 % de femmes occupent les postes de la classe D-1 et des classes
supe'rieures d'ici a` l'an 2000.  Le service de la formation devrait organiser
des cycles spe'cifiques de sensibilisation au proble`me de l'e'quite' entre
les sexes, ou inte'grer cette dimension a` l'ensemble de ses activite's.

224. Le De'partement de l'information devrait renforcer ses programmes sur
les femmes, notamment l'e'mission de radio hebdomadaire qui leur est
consacre'e, et charger un agent de liaison de mettre au point et de coordonner
une strate'gie de communication multime'dia sur cinq ans qui appuierait la
mise en oeuvre de la Plate-forme d'action, en tenant pleinement compte des
technologies nouvelles lors de son e'laboration et de sa production.  Il
devrait e'galement inclure re'gulie`rement dans ses e'missions et publications
des informations visant a` promouvoir les objectifs de la Plate-forme, en
ciblant particulie`rement les femmes, les jeunes et les associations locales.

225. La Division de statistique du De'partement de l'information e'conomique
et sociale et de l'analyse des politiques devrait assurer la coordination des
travaux effectue's dans le domaine des statistiques a` l'e'chelon
international, conforme'ment a` l'objectif strate'gique H.3 de'crit plus haut
a` la section IV. 

             9.  Institutions spe'cialise'es et autres organismes
                  des Nations Unies                             

226. Il faudrait que chaque organisme mette au point un plan d'action assorti
de calendriers pre'cis pour la re'alisation de la Plate-forme, en pre'cisant
a` qui incombe la responsabilite' des diverses sections et en indiquant les
cre'dits budge'taires dans leurs grandes lignes et les me'canismes a` mettre
en place en matie`re d'obligation redditionnelle.  Les propositions formule'es
devraient figurer dans le plan a` moyen terme a` l'e'chelle du syste`me
pour 1996-2001 en ce qui concerne la promotion de la femme.

227. Il faudrait que chaque organisme prenne des mesures visant a` renforcer
le ro^le et les responsabilite's des centres de coordination sur les questions
relatives aux femmes.

228. Il faudrait que chaque organisme prenne des mesures visant a` augmenter
la proportion de femmes parmi les administrateurs pour atteindre l'objectif
d'un minimum de 50 %, notamment aux postes de de'cision. Les organismes
devraient e'galement pre'senter des rapports pe'riodiques a` leurs organes
directeurs sur la mise en oeuvre des aspects de la Plate-forme relevant de
leur compe'tence.

                   10.  Autres institutions internationales

229. Les organisations non gouvernementales internationales ont un ro^le
important a` jouer dans la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action.  Elles
devraient envisager de pre'senter a` la Commission de la condition de la femme
des plans d'exe'cution unifie's et de mettre en place un me'canisme leur
permettant de collaborer dans le suivi de l'application de la Plate-forme, a`
tous les niveaux.

230. Dans le cadre de l'application de la Plate-forme d'action, les
institutions financie`res internationales devraient analyser et modifier leurs
politiques, leurs proce'dures et leurs ressources en personnel, pour s'assurer
que leurs investissements et leurs programmes tiennent compte des inte're^ts
des femmes, et contribuent ainsi au de'veloppement durable.  Elles devraient
augmenter la proportion de femmes aux postes de responsabilite', ame'liorer la
formation du personnel a` l'analyse des besoins propres a` chaque sexe et
de'finir des lignes d'action visant a` diffe'rencier la participation des
hommes et des femmes aux programmes de pre^t et autres ope'rations
financie`res.  Une coope'ration plus e'troite entre les organismes issus des
institutions de Bretton Woods et les autres organismes de de'veloppement en ce
qui concerne les proble`mes spe'cifiques des femmes contribuerait a` rendre
plus efficace l'action internationale mene'e dans ce domaine. 

231. Les organismes des Nations Unies et les institutions de Bretton Woods,
de me^me que les re'seaux de me'dias et les socie'te's prive'es, peuvent
contribuer pour beaucoup a` appuyer les efforts faits par les pays pour mettre
en oeuvre la Plate-forme d'action.  En diffusant des informations, en
dispensant une formation et en mobilisant des ressources humaines et
financie`res, elles peuvent jouer un ro^le constructif en faisant reconnai^tre
la ne'cessite' de surmonter les obstacles qui, au niveau local, empe^chent les
femmes de participer pleinement et sur un pied d'e'galite' a` la vie de la
socie'te'.

                         VI.  DISPOSITIONS FINANCIE`RES

232. Il ne sera ve'ritablement possible de re'aliser les objectifs
strate'giques et de prendre les mesures voulues que si l'on est de'termine' a`
de'gager les ressources ne'cessaires.  Les ressources financie`res et humaines
consacre'es a` la promotion de la femme ont ge'ne'ralement e'te'
insuffisantes, ce qui a e'galement contribue' a` freiner le progre`s de
l'application des Strate'gies prospectives d'action de Nairobi.

233. Pour re'aliser pleinement et efficacement la Plate-forme d'action, il
faudra de'ployer et re'affecter des ressources existantes de fac'on plus
rationnelle, et mobiliser des ressources supple'mentaires a` bien des sources.

Il faudra peut-e^tre aussi modifier qualitativement les me'thodes et
programmes en place pour lesquels un financement existe de'ja`.  Les re'formes
le'gislatives et l'application de mesures spe'ciales, par exemple, peuvent,
pour une bonne part, e^tre re'alise'es dans le cadre de programmes existants. 
Pour nombre d'autres interventions, en matie`re d'e'ducation et de sante'
notamment, il faudrait surtout que les engagements pris lors de sommets et
confe'rences ante'rieurs soient honore's.  Mais pour ce faire, ils seront
peut-e^tre amene's a` transfe'rer des fonds publics actuellement affecte's a`
des fins moins productives.  Le financement des institutions charge'es de
guider, faciliter, suivre et e'valuer la re'alisation de la Plate-forme
ne'cessitera aussi des fonds nouveaux ou la re'affectation de fonds existants.

234. Les e'tudes re'alise'es montrent que quand on consacre des
investissements aux femmes, en ge'ne'ral le rendement de'passe largement les
cou^ts : pour re'aliser les objectifs de de'veloppement, il faut affecter aux
programmes de promotion de la femme des fonds de de'veloppement et d'autres
fonds sectoriels (agriculture, e'ducation, population) financ'ant des
activite's qui favorisent l'autonomie des femmes et e'liminent la
discrimination fonde'e sur le sexe.

235. Les fonds ne'cessaires pour faciliter l'activite' e'conomique des femmes
devraient provenir des secteurs public et prive', sous forme de cre'dits et
d'autres ressources e'conomiques.  Les gouvernements devraient cre'er un
environnement porteur qui encourage le secteur prive' a` agir en ce sens et
lui facilite la ta^che.

                            A.  Au niveau national

236. Chaque pays, au moment ou` il e'tablira le plan d'action national pour
l'application de la Plate-forme d'action, doit indiquer clairement les
cre'dits budge'taires et les ressources ne'cessaires a` chaque e'chelon et
dans chaque secteur.  Il est en outre demande' aux ONG, au secteur prive' et
aux autres institutions de de'gager les ressources ne'cessaires pour la
re'alisation de la Plate-forme.

237. Il faudrait allouer des ressources suffisantes aux institutions
nationales de promotion de la femme et aux autres institutions charge'es de
mettre la Plate-forme en oeuvre.  Si ces institutions sont actuellement
finance'es a` titre temporaire, il conviendrait d'envisager d'en rendre le
financement permanent.

238. Pour de'gager des ressources a` re'affecter, les cre'anciers
internationaux devraient ne'gocier un alle'gement de la dette qui soit
conditionne' par la mise en oeuvre de la Plate-forme; les gouvernements, pour
leur part, devraient re'duire leurs de'penses militaires.

239. Les gouvernements devraient faire imme'diatement le ne'cessaire pour
promulguer des textes juridiques et administratifs qui incitent le secteur
prive' et les communaute's a` produire des ressources pour l'application de la
Plate-forme.

240. Il faudrait aider les ONG, et notamment les organisations et re'seaux
fe'minins, a` collecter plus aise'ment des fonds, et les gouvernements, qui
devraient e^tre encourage's a` travailler en e'troite collaboration avec
elles, devraient leur apporter un appui, car ce sont des partenaires
essentiels pour la promotion de la femme.

                            B.  Au niveau re'gional

241. Les banques de de'veloppement re'gional, les associations d'affaires
re'gionales et les autres institutions re'gionales devraient contribuer a` la
re'alisation de la Plate-forme d'action par leurs activite's de pre^t et
autres, et aider a` mobiliser des ressources a` cette fin.

                          C.  Au niveau international

242. Il faudrait des ressources financie`res internationales suffisantes pour
la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action.  A` cet e'gard, les pays qui
apportent une coope'ration bilate'rale au de'veloppement devraient re'examiner
d'un oeil critique leurs programmes d'assistance, en vue de re'affecter des
ressources a` la re'alisation des objectifs de la Plate-forme.  Il faudrait
maintenir l'objectif de 0,7 % du produit national brut (PNB) des pays
de'veloppe's fixe' pour l'aide publique au de'veloppement et encourager ces
pays a` consacrer une part accrue aux interventions visant l'application de la
Plate-forme.  L'Organisation de coope'ration et de de'veloppement e'conomiques
devrait reconduire les arrangements de coordination mis en place pour
pre'parer la quatrie`me Confe'rence mondiale sur les femmes, afin de suivre et
d'orienter l'aide au de'veloppement, et devrait e'galement pre'senter chaque
anne'e un rapport sur l'e'volution de la situation.

243. Les institutions financie`res internationales, et notamment le groupe de
la Banque mondiale, le Fonds mone'taire international, le Fonds international
de de'veloppement agricole et les banques re'gionales de de'veloppement,
devraient examiner leurs subventions et leurs pre^ts, de manie`re a` les axer
plus pre'cise'ment sur les programmes d'application de la Plate-forme, surtout
dans les pays les moins avance's.

244. Les fonds et programmes de de'veloppement des Nations Unies devraient
imme'diatement e'valuer dans quelle mesure leurs programmes et projets
concourent a` la mise en oeuvre de la Plate-forme d'action et, lors du
prochain cycle de programmation, s'efforcer de doubler au moins l'assistance
technique et les pre^ts consacre's a` l'e'limination des disparite's entre
hommes et femmes.

245. Compte tenu du ro^le particulier d'UNIFEM et de l'INSTRAW pour
l'autonomisation des femmes, il faudrait que les gouvernements augmentent
sensiblement les ressources mises a` la disposition de ces institutions d'ici
a` l'an 2000.

246. Il faudrait envisager de renforcer, selon qu'il conviendra, la Division
de la promotion de la femme, les programmes re'gionaux de promotion de la
femme et les centres de coordination pour les questions fe'minines dans les
organismes des Nations Unies.  Il conviendrait aussi de renforcer le poste de
responsable des questions relatives aux femmes au De'partement de
l'administration et de la gestion du Secre'tariat de l'Organisation des
Nations Unies.  Il faudrait envisager d'ouvrir des montants supple'mentaires
pour ces programmes dans les futurs budgets-programmes compte tenu de la
Plate-forme d'action.


                                     Notes

1/    Rapport de la Confe'rence mondiale charge'e d'examiner et d'e'valuer
les re'sultats de la De'cennie des Nations Unies pour la femme : e'galite',
de'veloppement et paix, Nairobi, 15-26 juillet 1985 (publication des
Nations Unies, nume'ro de vente : F.85.IV.10), chap. I, sect. A.

2/    Re'solution 34/180 de l'Assemble'e ge'ne'rale, annexe.

3/    Re'solution 44/25 de l'Assemble'e ge'ne'rale, annexe.

4/    Rapport final de la Confe'rence mondiale sur l'e'ducation pour tous :
Re'pondre aux besoins e'ducatifs fondamentaux, Jomtien (Thai"lande),
5-9 mars 1990, Commission interorganisations (PNUD, UNESCO, Banque mondiale)
de la Confe'rence mondiale sur l'e'ducation pour tous, New York, 1990,
appendice 1.

5/    Rapport de la Confe'rence internationale sur la population et le
de'veloppement, Le Caire, 5-13 septembre 1994 (A/CONF.171/13 et Add.1),
chap. I, re'solution 1, annexe.

6/    Re'solution 48/104 de l'Assemble'e ge'ne'rale.

7/    Re'solution 317 (IV) de l'Assemble'e ge'ne'rale, annexe.

8/    Documents officiels de l'Assemble'e ge'ne'rale, quarante-septie`me
session, Supple'ment No 38 (A/47/38), chap. I.

9/    Nations Unies, Recueil des Traite's, vol. 1125, No 17512. 

10/   Voir l'additif au rapport du Secre'taire ge'ne'ral sur la pre'paration
d'un plan d'action en vue d'une de'cennie des Nations Unies pour l'e'ducation
dans le domaine des droits de l'homme (A/49/261/Add.1-E/1994/110/Add.1),
annexe, et la re'solution 49/184 de l'Assemble'e ge'ne'rale.

11/   Nations Unies, Recueil des Traite's, vol. 189, No 2545, p. 150.

12/   Ibid., vol. 606, No 8791, p. 267.

13/   Re'solution 2200 A (XXI) de l'Assemble'e ge'ne'rale.

15/   Documents officiels du Conseil e'conomique et social, 1993,
Supple'ment No 7 (E/1993/27), chap. I, sect. C.

                                     -----




    	

 


This document has been posted online by the United Nations Department of Economic and Social Affairs (DESA). Reproduction and dissemination of the document - in electronic and/or printed format - is encouraged, provided acknowledgement is made of the role of the United Nations in making it available.

Date last updated: 06 December 1999 by DESA/DAW
Copyright Š 1999 United Nations