Un large consensus scientifique

Il existe un large consensus scientifique selon lequel le climat de la planète est en train de changer et que l’activité humaine contribue fortement à cette tendance. Le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat EN conclut, avec un taux de certitude de 95 %, que

« l’influence humaine sur le système climatique est évidente en raison des concentrations croissantes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, du forçage radiatique positif, du réchauffement observé et d’une meilleure compréhension du système climatique. »

Tous les cinq ou six ans, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat rédige un rapport détaillé évaluant les articles publiés par des climatologues et soumis à l’examen des comités de lecture dans les revues scientifiques, où intervient la plupart des débats scientifiques sur les changements climatiques. Les comités de lecture, tout en n’étant pas parfaits, garantissent que les publications n’acceptent que les articles faisant preuve d’une grande rigueur scientifique et d’objectivité. Plusieurs évaluations des études publiées dans le domaine de la climatologie ont confirmé que la quasi-totalité des articles publiés reconnaissaient les fondements scientifiques des changements climatiques induits par l’activité humaine.

Le consensus scientifique sur les changements climatiques induits par l’activité humaine est également confirmé par une déclaration commune, signée par 11 personnalités scientifiques éminentes du monde représentant l’Allemagne, le Brésil, le Canada, la Chine, les États-Unis, la France, l’Italie, l’Inde, le Japon, la Russie et le Royaume-Uni. De nombreux autres organismes scientifiques ont publié des déclarations similaires.

Si le fait que les émissions humaines de gaz à effet de serre contribue aux changements climatiques ne prête plus à controverse, les scientifiques continuent d’étudier la manière dont le climat répondra à l’augmentation des niveaux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère avec le temps, dans les diverses régions du monde.

Le cinquième rapport, le plus récent, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est en cours de publication. Il comprend quatre parties: sur la physique, sur les conséquences des changements climatiques et l’adaptation à ces derniers, sur l’atténuation des changements climatiques et un rapport de synthèse qui reprend les principaux éléments des trois premières parties.

Groupe de travail I : Changements climatiques 2013 : Fondements scientifiques

Couverture du rapport 2013 sur les changements climatiques

 

 

 

 

 

 

Principales conclusions

  • Le réchauffement du système climatique est indéniable et, depuis les années 50, un grand nombre des changements observés sont sans précédent depuis des décennies et des millénaires. L’atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté et les concentrations de gaz à effet de serre ont progressé.
  • Chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude à la surface de la planète que toute autre décennie depuis 1850. Dans l’hémisphère Nord, la période
    1983-2012 était probablement la période de 30 ans la plus chaude au cours des 1 400 dernières années.
  • Le réchauffement des océans, qui contribue à la majeure partie de l’augmentation de l’énergie stockée dans le système climatique, représente plus de 90 % de l’énergie accumulée entre 1971 et 2010. Il est virtuellement certain que la couche supérieure de l’océan (zéro à 700 m) s’est réchauffée entre 1971 et 2010 et qu’elle s’est probablement réchauffée entre les années 1870 et 1971.
  • Au cours des deux dernières décennies, les calottes polaires au Groenland et dans l’Antarctique ont fondu, les glaciers ont continué de fondre presque partout dans le monde, et la banquise arctique et le manteau neigeux de printemps dans l’hémisphère Nord ont continué de diminuer.
  • Le rythme de l’élévation du niveau de la mer depuis le milieu du XIXe siècle a été plus important que la moyenne au cours des deux millénaires précédents. Au cours de la période 1901-2010, le niveau moyen de la mer a augmenté de 0,19 m dans le monde (entre 0,17 et 0,21 m).
  • La concentration dans l’atmosphère de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote a atteint des niveaux sans précédent au cours des 800 000 dernières années. Les concentrations de dioxyde de carbone ont augmenté de 40 % depuis l’époque préindustrielle en raison, essentiellement, des émissions de combustibles fossiles et, indirectement, des rejets nets dus à la modification de l’occupation des sols. Les océans ont absorbé environ 30 % des émissions de dioxyde de carbone dues à l’activité humaine, entraînant leur acidification.
  • Le réchauffement du système climatique est indéniable et, depuis les années 50, un grand nombre des changements observés sont sans précédent depuis des décennies et des millénaires. L’atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer s’est élevé et les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté.
  • La modélisation climatique s’est améliorée depuis le dernier rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat en 2007. Les modèles reproduisent les schémas et tendances observés dans la température à la surface de la planète sur tous les continents, pendant de nombreuses décennies, notamment le réchauffement plus rapide depuis le milieu du XXe siècle et le refroidissement qui suit immédiatement les éruptions volcaniques importantes.
  • L’influence des activités humaines a été décelée dans le réchauffement de l’atmosphère et des océans, les changements intervenus dans le cycle global de l’eau, la réduction de la neige et de la glace, l’élévation du niveau moyen des mers dans le monde et les changements dans certains phénomènes climatiques extrêmes. Les preuves de l’influence des activités humaines se sont accumulées depuis la publication du quatrième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Il est extrêmement probable que l’influence des activités humaines est la principale cause du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle.
  • Les changements dans le cycle global de l’eau par suite du réchauffement au cours du XXIe siècle ne seront pas uniformes. Les différences dans les précipitations entre les régions humides et les régions sèches et entre les saisons humides et les saisons sèches deviendront plus importantes bien qu’il puisse y avoir des exceptions régionales.
  • Les océans continueront de se réchauffer dans le monde au cours du XXIe siècle. La chaleur se propagera des couches superficielles aux couches profondes des océans et elle affectera la circulation de ces derniers.
  • Il est extrêmement probable que la calotte glaciaire de l’Arctique continuera de fondre et que le manteau neigeux de printemps dans l’hémisphère Nord continuera de se réduire au cours du XXIe siècle à mesure que la température moyenne à la surface de la planète augmentera. Le volume global des glaciers diminuera également
  • Le niveau moyen des mers dans le monde continuera d’augmenter au cours du XXIe siècle. D’après tous les scénarios RCP (voies de concentrations représentatives), le taux d’élévation du niveau de la mer dépassera très probablement celui qui a été observé entre 1971 et 2010 en raison du réchauffement accru des océans et de la fonte plus importante des glaciers et des calottes polaire.
  • Les changements climatiques affecteront le cycle du carbone d’une manière qui exacerbera l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
  • L’absorption du dioxyde de carbone par les océans contribuera à leur acidification croissante.
  • Les rejets cumulatifs de dioxyde de carbone contribuent pour une large part au réchauffement de la surface de la planète d’ici la fin du XXIe siècle et au-delà. La plupart des changements climatiques persisteront pendant de nombreux siècles, même si les émissions de dioxyde de carbone cessent. Les émissions passées, présentes et futures de dioxyde de carbone contribuent donc à des changements climatiques importants qui vont durer plusieurs siècles.

Rapport du Groupe de travail II : Changements climatiques 2014 : Conséquences, adaptation et vulnérabilité

Climate Change 2014 - Impacts, Adaptation, and Vulnerability. Volume II: Regional Aspects

 

 

 

 

 

 

Principale conclusions

  • Les conséquences des changements climatiques se font déjà sentir sur tous les continents et dans tous les océans.
  • Les glaciers continuent de fondre presque partout dans le monde par suite des changements climatiques, entraînant des conséquences sur les eaux de ruissellement et les ressources en eau en aval. Les changements climatiques entraînent le réchauffement et la fonte du pergélisol dans les régions de haute latitude et de haute altitude.
  • Les conséquences négatives des changements climatiques sur le rendement des cultures ont été plus importantes que les retombées positives. Les changements climatiques ont perturbé le rendement du blé et du maïs dans de nombreuses régions comme au niveau mondial.
  • Les dangers climatiques touchent directement les pauvres en fragilisant leurs moyens d’existence, en réduisant le rendement de leurs récoltes ou en détruisant leurs maisons et, indirectement, en contribuant à l’augmentation, par exemple, des prix des denrées alimentaires.
  • De manière générale, le monde est mal préparé aux risques qu’entraînent les changements climatiques.
  • Il existe de nombreuses possibilités d’interventions face à ces risques, encore qu’il soit difficile de gérer ceux-ci étant donné les niveaux élevés de réchauffement.
  • La nature des risques qu’entraînent les changements climatiques est de plus en plus claire bien que les changements climatiques continuent également de susciter des surprises. Le rapport décrit les populations, les industries et les écosystèmes qui sont vulnérables dans le monde.
  • Les risques occasionnés par les changements climatiques sont dus à la vulnérabilité (manque de préparation) et à l’exposition (populations ou biens se trouvant dans des situations dangereuses) qui s’ajoutent aux dangers (tendances ou phénomènes climatiques déclencheurs). Chacun de ces trois facteurs peut faire l’objet de mesures judicieuses visant à réduire les risques.
  • Les mesures d’adaptation permettant de réduire les risques dus aux changements climatiques commencent maintenant à être prises mais ces interventions sont menées en réaction à des événements passés et non en prévision d’un avenir en mutation.
  • Les risques qu’entraîneront dans l’avenir les changements climatiques dépendent fortement de l’importance de ces derniers.
  • À mesure que le réchauffement climatique prendra de l’ampleur, la probabilité de répercussions graves et généralisées qui risquent d’être imprévues ou irréversibles augmentera elle aussi.

Rapport du Groupe de travail III : Changements climatiques 2014 : Atténuation des changements climatiques

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Principales conclusions

  • Les émissions de gaz à effet de serre dans le monde ont atteint des niveaux sans précédent malgré un nombre croissant de politiques visant à atténuer les changements climatiques.
  • Les émissions ont augmenté plus rapidement entre 2000 et 2010 qu’au cours de chacune des trois décennies précédentes.
  • Il est encore possible, grâce à de nombreuses mesures technologiques et à des changements de comportement, de limiter l’augmentation de la température moyenne dans le monde à 2° C par rapport aux niveaux préindustriels.
  • Les principaux changements institutionnels et technologiques permettront de garantir que le réchauffement mondial ne dépassera pas ce seuil.
  • Divers scénarios indiquent que, pour pouvoir limiter à 2° C l’augmentation de la température moyenne dans le monde, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront être réduites de 40 à 70 % par rapport aux niveaux de 2010 avant le milieu du XXIe siècle et à presque zéro à la fin de ce siècle. Des mesures ambitieuses d’atténuation pourront même demander l’élimination du dioxyde de carbone de l’atmosphère.
  • Dans les scénarios de maintien du statu quo, la consommation augmentera de 1,6 à 3 % par an. Des mesures ambitieuses d’atténuation ramèneraient cette augmentation à environ 0,06 % par an. Cependant ces estimations ne prennent pas en compte les gains économiques qu’entraînera l’atténuation des changements climatiques.
  • Pour stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, il faut réduire les émissions provenant de la production et de l’utilisation de l’énergie, des transports, des bâtiments, du secteur industriel, de l’occupation des sols et des établissements humains.
  • Les sols sont une composante importante de l’objectif de 2° C. Le ralentissement du déboisement et la plantation de forêts ont mis un terme à l’accroissement des émissions provenant de l’occupation des sols et ont même inversé cette tendance. Grâce au boisement, il sera possible d’utiliser les sols pour absorber le dioxyde de carbone de l’atmosphère.
  • Il sera également possible de réduire les émissions en associant la production d’électricité à partir de la biomasse au captage et au stockage du dioxyde de carbone. Cependant, du fait qu’à l’heure actuelle cette stratégie n’est pas disponible à grande échelle, le stockage souterrain permanent du dioxyde de carbone est difficile, d’autant qu’il faudra gérer les risques de concurrence accrue dans l’occupation des sols.

Rapport de synthèse : sera lancé le 2 novembre 2014 à Copenhague.