Évolution de la situation au Yémen
Information basée sur le rapport 2011 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/65/820-S/2011/250) publié 23 avril 2011. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.La signature en février 2010 de l’accord de cessez-le-feu par le Gouvernement yéménite et le groupe armé Al-Houthi a entraîné la désescalade du conflit au Yémen, seuls des combats sporadiques entre les parties ayant eu lieu lors de la période à l’examen. Malgré le cessez-le-feu et les pourparlers de paix en cours, 20 % des effectifs d’Al-Houthi et 15 % de ceux de la milice tribale affiliée avec le Gouvernement, Al-Jaysh Al-Sha’bi, sont des enfants. Un partenaire de l’ONU a constaté que 75 enfants avaient participé à des conflits tribaux dans le gouvernorat d’Ad-Jawf et 123 dans celui de Sa’ada. Dans les gouvernorats du nord, 90 prestataires ont signalé qu’au moins un des enfants dont ils s’occupent avait participé au conflit armé. On a vu des enfants assumer des fonctions de sécurité tant pour la milice progouvernementale que pour Al-Houthi. Pour le groupe armé Al-Houthi comme pour la milice progouvernementale, ce sont surtout les garçons qui joueraient des rôles de combat et de logistique, tandis que les filles auraient des rôles auxiliaires (repas, collecte de renseignements militaires et transport de détonateurs) et seraient formées à l’emploi des armes. L’engagement d’enfants chez Al-Houthi et dans les milices progouvernementales aurait des mobiles idéologiques, politiques et/ou économiques; de plus, on a reçu des allégations de recrutement par le mariage forcé de filles à des membres d’Al-Houthi et des milices progouvernementales. Cinquante-cinq enfants ont dit avoir été approchés par Al-Houthi pour y adhérer. En 2010, les médias ont signalé que deux jeunes recrues d’Al-Qaida dans la péninsule arabe (dont un Iraquien et un ressortissant allemand), accusées de préparer des attentats au Yémen, ont été jugées par le Tribunal pénal spécial. On n’a pas d’autres renseignements sur le recrutement et l’utilisation d’enfants par Al-Qaida dans la péninsule.
Le gouvernement a incarcéré des enfants pour association avec Al-Houthi lors des six cycles du conflit. Pendant la période à l’examen, il en a libéré 34, dont 31 dans le cadre des pourparlers de paix en cours. Lors de la rédaction du rapport, l’ONU n’avait pas eu accès à ces enfants et n’a donc pas pu vérifier le nombre total des enfants détenus ou libérés. Les motifs de leur détention ne sont d’ailleurs pas clairs.
Du seul fait des combats entre Al-Houthi et la milice progouvernementale, 42 enfants auraient été tués et 55 blessés. De plus, 34 ont été tués et 24 grièvement blessés par des restes explosifs de guerre dans tout le Yémen en 2010.
De sources dignes de foi, on a appris qu’à la fin de 2010, environ 43 % des écoles du gouvernorat de Sa’ada avaient été détruites en tout ou en partie par des tirs de mortier et des feux croisés lors de heurts entre les parties au conflit. Dans deux incidents distincts, des munitions non explosées ont été repérées dans des écoles de Malaheed (gouvernorat de Sa’ada) et trois bombes ont été trouvées dans une école de filles du gouvernorat d’Aden.
Plus de 80 % des installations de santé ont été endommagées ou détruites dans le gouvernorat de Sa’ada du fait du conflit, ce qui a continué de nuire gravement aux prestations de santé à la collectivité et à ses enfants. Dans ce seul gouvernorat, environ 35 % des structures sanitaires ont été détruites en tout ou en partie par des tirs de mortier et des feux croisés lors de heurts entre les parties au conflit, et la majorité des travailleurs de la santé ont quitté le gouvernorat. Le 28 novembre, Al-Qaida dans la péninsule arabe a enlevé le Directeur de l’hôpital Al-Salam à Sa’ada, ce qui en a entraîné la fermeture pendant deux jours alors qu’il avait accueilli environ 3 000 malades par jour.
Pour les organismes des Nations Unies et les services humanitaires, l’accès aux populations affectées par les conflits dans les gouvernorats de Sa’ada et de Al-Jawf a été problématique, le gouvernement le refusant souvent aux missions humanitaires; et même s’il est accordé, les gardes gouvernementaux interdisent à de multiples occasions au personnel et aux convois d’aide de l’ONU de franchir les points de contrôle. Les groupes tribaux ont eux aussi arrêté les missions humanitaires aux points de contrôle. Ces groupes et Al-Houthi ont volé des aliments et des fournitures scolaires destinés à ces zones et pillé des entrepôts. S’ajoutant à une pauvreté extrême et au manque de services de santé et de nutrition, le refus de l’accès humanitaire a nui gravement aux enfants dans les gouvernorats du Yémen affectés par le conflit : on a constaté que 11 931 enfants des districts occidentaux du gouvernorat de Sa’ada souffraient de malnutrition aiguë globale.
Informations sur les progrès accomplis par les parties à un conflit concernant l’ouverture d’un dialogue et la mise en œuvre de plans d’action visant à mettrefin au recrutement et à l’emploi d’enfants ainsi qu’aux assassinats, mutilations, viols et autres formes de violence sexuelle dont sont couramment victimes les enfants en période de conflit armé
La poursuite du dialogue entre l’UNICEF et le Gouvernement yéménite en vue de la libération immédiate d’enfants détenus pour leur association avec Al-Houthi a abouti à l’ouverture de négociations avec le Ministère de la défense sur le problème du recrutement et de l’emploi d’enfants, et notamment à l’élaboration d’un plan d’action visant à mettre un terme à toutes les violations graves commises à l’encontre d’enfants.
Parties au conflit au Yémen
- Rebelles d’Al-Houthi *
- Milices tribales favorables au Gouvernement *
