Plan stratégique du Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés

Objectifs

  1. Appuyer les initiatives entreprises au niveau mondial pour mettre fin aux abus graves commis contre des enfants touchés par un conflit armé
  2. En tant que voix indépendante et de défenseur des enfants touchés par un conflit armé, la Représentante spéciale fera connaître, favorisera et appuiera les initiatives menées au niveau mondial par les nombreux acteurs et entités dont la tâche est de prévenir les abus graves dont sont victimes les enfants et d’y mettre fin et d’amener devant la justice ceux qui s’en rendent coupables. La Représentante spéciale plaidera également pour des initiatives et programmes de réadaptation et de réinsertion rigoureux en faveur des enfants après un conflit.

    Il convient de noter que l’un des grands progrès marqués récemment s’agissant du programme de travail en faveur des enfants en situation de conflit armé est l’intervention du Conseil de sécurité de l’ONU et l’adoption de sa résolution 1612 le 26 juillet 2005. Dans cette résolution, le Conseil a demandé que soit mis en place un mécanisme de surveillance et de communication de l’information qui puisse éventuellement conduire à l’adoption de mesures ciblées contre les parties en infraction. Il demande également que soit créé un groupe de travail du Conseil de sécurité spécifiquement consacré aux enfants et aux conflits armés. L’objectif principal du Bureau de la Représentante spéciale sera de jouer un rôle de chef de file, en étroite consultation avec l’UNICEF, pour les questions relatives au processus du Conseil de sécurité susmentionné, en vue d’obtenir un engagement accru du Conseil de sécurité en faveur de cette question et pour faire en sorte que le processus mis en place au sein du Conseil conduise en dernière analyse à une meilleure protection des enfants sur le terrain.

    Le Bureau de la Représentante spéciale suivra également de près d’autres initiatives d’une importance cruciale, notamment les procédures engagées devant la Cour pénale internationale dans les affaires qui se rapportent à des abus graves commis contre des enfants, en particulier le recrutement d’enfants. Si nécessaire, il consultera des partenaires pour mettre au point des interprétations juridiques en ce qui concerne les crimes contre l’humanité dont des enfants auraient été victimes, à l’appui des travaux de la CPI.

  3. Promouvoir la protection des enfants touchés par un conflit armé sur la base des droits de l’enfant
  4. Outre les mesures qu’il prend pour contrôler et signaler les violations ainsi que pour mettre fin à l’impunité, le Bureau de la Représentante spéciale s’emploiera à promouvoir, en étroite consultation avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et avec l’UNICEF, l’adoption d’une démarche fondée sur les droits de l’enfant pour ce qui est de la protection des enfants touchés par un conflit armé.

  5. Faire des préoccupations liées aux enfants touchés par un conflit armé un aspect intégral du maintien et de la consolidation de la paix
  6. Du fait de l’importance qu’attache l’ONU au renforcement de ses capacités et de son infrastructure pour mieux maintenir et consolider la paix, la question revêt une priorité cruciale à l’échelle du système. Le Bureau de la Représentante spéciale travaillera étroitement avec les États Membres, ses partenaires compétents du système des Nations Unies et la nouvelle Commission de consolidation de la paix pour faire en sorte que les besoins des enfants en matière de protection, de démobilisation et de réinsertion soit pris en compte dès les premières étapes de la planification et de la mise en œuvre des opérations de maintien ou de consolidation de la paix. Elle s’attachera également à souligner le rôle majeur des conseillers à la protection de l’enfance et d’autres mécanismes de protection de l’enfant dans les opérations de maintien de la paix. La Représentante spéciale plaidera également pour la protection des enfants et leur participation aux mécanismes et procédures judiciaires transitoires après un conflit.

  7. Faire connaître toutes les autres questions qui se rapportent aux enfants touchés par la guerre avant, pendant et après un conflit
  8. Le mécanisme de surveillance, de communication d’informations et d’application effective qui a été mis en place fait ressortir la nécessité d’aller plus loin que la lutte contre l’emploi d’enfants soldats et de prendre conscience de cinq autres catégories d’abus graves commis contre des enfants. La Représentante spéciale continuera de sensibiliser l’opinion à ces abus où qu’ils se produisent. Il est néanmoins indispensable de savoir que la protection de l’enfance dans un conflit armé va même plus loin que la lutte contre les six catégories d’abus envisagés par le Conseil de sécurité, et englobe des problèmes tels que le rétablissement psychosocial, les difficultés de réinsertion d’enfants précédemment associés à des groupes armés, la question des enfants aux prises avec le VIH/sida, les interruptions dans la scolarisation, le manque d’accès à des soins de santé et la traite d’enfants. La Représentante spéciale s’attachera donc à sensibiliser l’opinion et à appuyer de nouvelles études sur les préoccupations qui se font jour concernant les enfants, en particulier les questions que pourraient soulever des organismes du système des Nations Unies et leurs partenaires parmi les ONG, afin de favoriser une plus grande concertation.

    Stratégies

    Afin d’atteindre les objectifs décrits plus haut, le Bureau de la Représentante spéciale appliquera, en étroite consultation avec ses partenaires du système des Nations Unies, des États Membres, des organisations non gouvernementales et des groupes de la société civile, les stratégies clefs suivantes :

    • Surveillance et communication de l’information, en particulier en ce qui concerne les abus graves;
    • Sensibilisation et mobilisation, en ce qui concerne tous les aspects du programme de travail relatif aux enfants et aux conflits armés;
    • Coordination et généralisation, en ce qui concerne tous les aspects du programme de travail;
    • Travaux de recherche et études axés sur les enseignements tirés de l’expérience, les pratiques optimales et les nouvelles sources de préoccupation.