Évolution de la situation en Somalie

Information basée sur le rapport 2009 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/63/785–S/2009/158) publié 26 mars 2009. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.

Une analyse de la situation effectuée par l’UNICEF et des partenaires, avec la participation de notables du centre et du sud de la Somalie, a montré qu’environ 1 300 enfants avaient été recrutés par les forces du Gouvernement fédéral de transition, les vestiges de l’Union des tribunaux islamiques, Al-Shabab et des groupes armés claniques partout dans le centre et le sud de la Somalie, et surtout à Mogadiscio et aux alentours. Les notables locaux ont indiqué qu’Al-Shabab envoyait des garçons combattre en première ligne et recrutait des filles pour faire la cuisine et le ménage. La majeure partie du recrutement s’effectue dans les écoles. Des témoins des affrontements qui ont éclaté à Gurieel et Dhusamareb en décembre 2008 ont rapporté qu’entre 30 et 45 % des combattants d’Al-Shabab étaient des enfants.

Les affrontements se sont intensifiés entre les forces et groupes armés, tout particulièrement entre les forces de sécurité du Gouvernement fédéral de transition, les Forces nationales de défense éthiopiennes, les forces de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et les groupes d’opposition, y compris les vestiges de l’Union des tribunaux islamiques, Al-Shabab et d’autres groupes armés claniques, et des enfants sont souvent tués ou blessés lors des échanges de tirs. Des enfants ont été tués ou mutilés dans le cadre d’attaques aveugles à l’artillerie, au mortier, à la roquette, à l’arme légère ou à l’engin explosif improvisé lancées dans des zones à forte densité de population civile, y compris des marchés très fréquentés et des zones résidentielles. Il a été signalé que des groupes armés rebelles, y compris Al-Shabab et des groupes armés claniques, usaient de techniques leur permettant de se fondre dans la population, mettant ainsi en danger les civils, et faisaient déclencher par des enfants des engins explosifs improvisés visant des soldats du Gouvernement fédéral de transition et des Forces nationales de défense éthiopiennes.

Profitant d’un climat d’anarchie, des membres des forces et groupes armés, mais aussi des civils, se sont livrés à des viols et à d’autres formes de violences sexuelles. De nombreux viols ont été signalés par des enfants et des femmes des camps de déplacés situés à Bossaso, à Galkayo, à Hargeisa et le long du corridor d’Afgoye ont été signalés. Entre juillet et septembre 2008, 303 viols (ayant eu pour victimes 292 filles et 11 garçons) ont été signalés dans le nord-ouest de la Somalie. Les auteurs de ces actes font rarement l’objet de poursuites et, dans certains cas, les victimes sont contraintes d’épouser leur agresseur ou mises à mort en application du droit traditionnel. En octobre 2008, à Kismayo, une fille de 13 ans qui avait été violée par trois hommes a été condamnée pour adultère par les autorités locales et lapidée à mort.

Depuis la mi-2007, 144 écoles de cinq districts de Mogadiscio ont été fermées à diverses reprises car elles faisaient l’objet d’attaques ou risquaient d’être attaquées quand éclataient aux alentours des affrontements entre les Forces nationales de défense éthiopiennes, les forces du Gouvernement fédéral de transition, les forces de l’AMISOM et les groupes armés rebelles, parmi lesquels Al-Shabab et des groupes armés claniques. Le Gouvernement fédéral de transition a ainsi délibérément ciblé les élèves et les enseignants d’écoles coraniques de Mogadiscio parce qu’il considérait que les élèves de ces établissements étaient en cours de mobilisation pour rejoindre les rangs des insurgés et, en tant que tels, constituaient des cibles militaires légitimes. Au total, 34 écoles ont été temporairement occupées par des groupes armés ou ont servi de bases militaires aux forces armées à divers moments de la période considérée.

Les attaques visant le personnel humanitaire s’étant multipliées, elles ont entravé l’accès aux 3,2 millions de Somaliens, dont environ 1,6 million d’enfants, ayant besoin d’une aide d’urgence.

Parties au conflit qui recrutent et utilsent des enfants

  1. Al-Shabab : autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : meurtres et mutilations d'enfants, attaques visant des écoles.
  2. Vestiges de l'ancienne Union des tribunaux islamiques (UTI) : autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : meurtres et mutilations d'enfants, attaques visant des écoles. Situation : pas de plan d'action. Tout dialogue avec l'Union des tribunaux islamiques ou tout autre groupe armé en Somalie est fortement entravé par les restrictions d'accès et les attaques contre le personnel humanitaire.
  3. Gouvernement fédéral de transition* : autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : meurtres et mutilations d'enfants, attaques visant des écoles. Situation : pas de plan d'action. Une campagne de sensibilisation visant à prévenir le recrutement d'enfants et s'adressant aux groupes armés, aux représentants de l'État ainsi qu'aux responsables locaux et aux dirigeants religieux, est en cours afin d'obtenir un appui soutenu en faveur de la mise en place de plans d'action.

*Les parties marquées d'un astérisque* ont figuré sur les listes de l'annexe pendant au moins quatre ans.

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