Faits nouveaux survenus aux Philippines

Information basée sur le rapport 2009 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/63/785–S/2009/158) publié 26 mars 2009. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.

Le Front de libération nationale Moro a reconnu la présence d’enfants dans ses rangs lors d’une réunion avec la Représentante spéciale en décembre 2008, et il a accepté d’engager des négociations avec les Nations Unies en vue d’établir un plan d’action.

La Nouvelle armée populaire (NPA) maintient catégoriquement sa position selon laquelle elle ne recrute ni n’emploie d’enfants, et elle a réaffirmé auprès de l’ONU sa politique de non-recrutement. On signale cependant qu’en mars 2008, trois enfants auraient avoué leurs liens avec la NPA lors de leur reddition aux autorités gouvernementales dans la province de Catanduanes.

De longue date, le Groupe Abou Sayyaf est connu pour compter des enfants dans ses rangs. Ces informations ont été confirmées par une correspondante d’un média local qui a été retenu en captivité par le groupe dans la province de Sulu en juin 2008. À sa libération, elle a révélé que des adolescents figuraient au nombre de ses ravisseurs.

Des tentatives de recrutement d’enfants autochtones au profit du groupe paramilitaire des Unités géographiques des forces armées civiles (CAFGU) ont été signalées dans la province de Quezon.

Au cours de la période considérée, 48 enfants en tout, dont 27 filles, ont été tués ou blessés, dont 81% lors de conflits armés qui ont éclaté entre les Forces armées philippines et le Front de libération islamique Moro à la suite de l’échec de la signature du mémorandum d’accord sur les domaines ancestraux en août 2008.

Plus d’une centaine d’habitants de la ville de Kolambugan, dont 28 enfants, ont été momentanément pris en otages et utilisés comme boucliers humains par des éléments du commandement de la 102e base du Front de libération islamique Moro lors d’attaques contre des collectivités civiles dans la province de Lanao del Norte le 18 août 2008. Le Front avait aussi rasé cinq salles de classe pendant ces événements.

On a relevé quatre cas d’occupation militaire où des écoles ont servi de camps temporaires. En mars 2008, des soldats des 50e et 503e bataillons d’infanterie de l’Armée philippine ont installé des campements dans une école primaire de la ville de Tubo (province d’Abra) et mené, depuis ce site, des opérations aériennes.

Les ex-enfants soldats sont réadaptés et réinsérés dans la société grâce à la mise en œuvre des programmes gouvernementaux de réinsertion sociale qui comportent un soutien financier et juridique, et un accès à l’éducation, aux services de santé et aux services psychosociaux destinés à ces enfants. Toutefois, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour aligner les mécanismes de libération et de réintégration des enfants sur les bonnes pratiques.

Parties au conflit qui recrutent et utilsent des enfants

  1. Groupe Abou Sayyaf*. Situation : en l'absence d'organisation politique et compte tenu des risques énormes encourus, les Nations Unies n'ont pas été en mesure d'entamer un dialogue avec le Groupe Abou Sayyaf.
  2. Front de libération islamique Moro* : autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : meurtres et mutilations et enlèvements d'enfants. Situation : Un dialogue a été entamé par l'Organisation des Nations Unies afin que les engagements énoncés se concrétisent en un plan d'action. Au cours de la visite qu'a effectuée la Représentante spéciale en décembre 2008, les dirigeants du Front de libération islamique Moro sont convenus d'appliquer un plan d'action visant à mettre un terme au recrutement et à l'emploi des enfants et à assurer leur libération et leur retour à la vie civile.
  3. Nouvelle armée populaire*.  Situation : aucun plan d'action n'a été adopté. Le Gouvernement philippin a formulé des réserves quant à l'engagement des Nations Unies avec la Nouvelle armée populaire. Il n'en reste pas moins que l'équipe de pays des Nations Unies envisage un dialogue éventuel sur la question de la protection des enfants avec le Bureau du Conseiller présidentiel pour le processus de paix dans le cadre du processus de paix en cours.

*Les parties marquées d'un astérisque* ont figuré sur les listes de l'annexe pendant au moins quatre ans.

Press Releases by the Special Representative:

*Information basée sur le rapport 2007 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/62/609-S/2007/757) publié 21 décembre 2007