Évolution de la situation dans le territoire palestinien occupé et en Israël
Information basée sur le rapport 2009 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/63/785–S/2009/158) publié 26 mars 2009. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.
Du début de la période considérée au 26 décembre 2008, 112 enfants palestiniens ont été tués dans le Territoire palestinien occupé; 431 autres ont été tués au cours des affrontements qui se sont déroulés du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009. Quelque 96 % de ces 543 enfants ont été tués lors d’opérations menées par les Forces de défense israéliennes (FDI), les 4 % restant ayant perdu la vie à l’occasion de violences entre factions rivales. La majorité de ces enfants ont été tués à Gaza. Les principales causes sont les suivantes : coups de feu tirés lors de raids des FDI, campagnes israéliennes de perquisitions et d’arrestations, missiles sol-sol tirés par les FDI ou missiles tirés par l’aviation israélienne, obus tirés par les chars des FDI lors d’opérations terrestres, bombardements aériens et coups de feu tirés à proximité de postes de contrôle des FDI (quelques cas). Des enfants ont également trouvé la mort lors d’affrontements armés entre factions palestiniennes.
Du début de la période considérée au 26 décembre 2008, 581 enfants palestiniens ont été blessés dans le Territoire palestinien occupé, dont 71 % en Cisjordanie. Du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, 1 871 autres ont été blessés à Gaza. Les principales causes sont les suivantes : tirs d’artillerie et bombardements aériens des FDI, balles souples tirées par les FDI sur des manifestants, opérations militaires des FDI, y compris campagnes de perquisitions et d’arrestations, incursions militaires et attaques perpétrées par des colons israéliens. En avril 2007, lors de sa visite en Israël, la Représentante spéciale a soulevé auprès des autorités israéliennes la question des attaques fréquemment dirigées par des colons contre des enfants palestiniens à Hébron et dans le village d’al-Tuwani et insisté sur la nécessité de faire respecter la loi et d’amener les auteurs à répondre de leurs actes. Le Gouvernement israélien s’est engagé à mener des enquêtes sur les affaires en question, sans que l’issue de ces enquêtes soit connue à ce jour. Par ailleurs, environ 35 enfants ont été blessés lors d’affrontements armés entre factions palestiniennes.
85. Quatre enfants israéliens ont été tués par un tireur palestinien lors d’une attaque dirigée contre un établissement d’enseignement religieux juif de Jérusalem-Ouest. De plus, 15 enfants israéliens ont été blessés, principalement par des roquettes lancées sur Israël depuis la bande de Gaza et par des jets de pierres.
Bien qu’il ait été signalé que des groupes d’activistes palestiniens entraînent ou ont recours à des enfants à Gaza, les habitants répugnent à fournir des informations sur le recours à des enfants par les forces armées ou par des groupes armés, par crainte des représailles. Des avancées importantes ont été réalisées dans la mise en œuvre d’un mécanisme informel de surveillance des atteintes aux droits de l’enfant.
Il a été avancé que le Hamas se serait servi d’enfants comme boucliers humains et se serait positionné dans des écoles, des hôpitaux ou des zones voisines pour lancer des roquettes sur Israël pendant les hostilités de décembre 2008 et janvier 2009. Il reste à faire la lumière sur ce point.
Le 15 janvier, à Tal al-Hawa, au sud-ouest de la ville de Gaza, les FDI ont forcé un garçon de 11 ans à les accompagner pendant plusieurs heures, durant une phase d’opérations intenses. Au moment d’entrer dans le bâtiment abritant la Société palestinienne du Croissant-Rouge, les soldats l’ont contraint à les y précéder. Ils ont fait de même pour leurs déplacements dans les rues de la ville, même quand ils se sont heurtés à des résistances et ont essuyé des tirs. À l’arrivée du groupe devant l’hôpital Al-Qods, le jeune garçon continuait d’ouvrir la marche, mais il a ensuite été libéré. Cet incident semble être en contravention directe avec la décision par laquelle, en 2005, la Haute Cour de justice israélienne a déclaré illégal le recours aux boucliers humains.
Les raids effectués par les FDI et les colons israéliens contre des écoles et l’utilisation des bâtiments, ont entraîné des dommages matériels mais, surtout, fait des morts et des blessés parmi les élèves et les enseignants. Au total, 27 attaques lancées par les FDI ou les colons israéliens contre des écoles publiques et des établissements de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), et contre leurs élèves, ont été signalées. Au cours des affrontements de décembre 2008 et janvier 2009, sept établissements ont été détruits et 157 écoles publiques ont été endommagées à Gaza. Au total, 36 écoles de l’UNRWA ont été légèrement endommagées. De plus, 14 hôpitaux et 38 dispensaires ont été endommagés ou détruits. Huit établissements de soins de l’UNRWA ont été légèrement endommagés.
Neuf écoles et jardins d’enfants de Sderot, Be’er Sheva, Ashdod, Ashkelon et Kiryat HaHinoch ont été endommagés par des roquettes Qassam et Grad lancées par le Hamas au cours des affrontements de décembre 2008 et janvier 2009.
L’accès à Gaza à des fins humanitaires, très malaisé pendant une grande partie de la période considérée, est devenu encore plus difficile avec les affrontements de décembre 2008 et janvier 2009. Si Israël a laissé un point de passage partiellement ouvert pendant les hostilités, des points clefs sont restés fermés et les déplacements ont été fortement entravés à l’intérieur de la bande de Gaza. Tant en Cisjordanie qu’à Gaza, des vies d’enfants continuent d’être mises en péril car le passage de la frontière fait l’objet de restrictions et il faut un laissez-passer pour franchir les postes de contrôle, ce qui entrave l’accès aux soins médicaux spécialisés assurés à Jérusalem-Est.
L’arrestation d’enfants par les autorités militaires israéliennes et leur placement en détention constituent toujours une source de préoccupation majeure. Des enfants sont arrêtés et condamnés pour des infractions diverses, parmi lesquelles des jets de pierres sur la barrière ou sur les forces de sécurité israéliennes, des manifestations contre l’occupation ou des violences contre les forces de sécurité israéliennes. Tout au long de la période considérée, 281 à 337 enfants palestiniens étaient détenus dans les prisons et centres de détention israéliens, y compris des enfants âgés de 12 ans à peine, au mépris du droit international humanitaire. D’après les témoignages de 21 enfants arrêtés et détenus, les enfants continuent de faire l’objet de maltraitances : passages à tabac, port d’un bandeau sur les yeux, mise au secret, extorsion d’aveux dans une langue qu’ils ne lisent ni n’écrivent, privation de nourriture, cris, insultes et exposition à des niveaux de bruit élevés, entre autres. À leur libération, un certain nombre d’enfants ont indiqué qu’on leur avait demandé de servir d’informateurs aux services secrets israéliens.
Quelque 1 369 Palestiniens ont été victimes de déplacements forcés ou touchés par la démolition par les forces israéliennes de 192 habitations palestiniennes occupées à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Les affrontements de décembre 2008 et janvier 2009 ont conduit à une augmentation considérable d’habitations démolies, puisqu’au moins 112 ont été détruites durant cette période, ce qui a touché des centaines d’enfants.
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Pour plus d'information, visitez le site UNICEF sur les Territoires Occupés ainsi que le Centre des nouvelles de l'ONU
