Évolution de la situation au Libéria
L’entrée en fonctions de la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf en janvier 2006, à l’issue d’élections extrêmement importantes tenues en novembre 2005, a marqué l’avènement d’une nouvelle ère de paix et de justice au Libéria. La Présidente a pris une mesure cruciale en demandant officiellement au Nigéria de remettre l’ancien Président Charles Taylor. Celui-ci a été transféré à La Haye, où il est en attente de jugement pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et autres violations graves du droit international humanitaire, notamment l’utilisation d’enfants soldats, les enlèvements et les travaux forcés.
Depuis juillet 2006, aucune information n’a été reçue concernant l’utilisation ou le recrutement d’enfants soldats ou d’anciens enfants soldats par un groupe quel qu’il soit. Bien que des allégations faisant état d’activités de ce genre dans le contexte de la situation politique instable dans la Côte d’Ivoire et la Guinée voisines aient été présentées, elles n’ont pas été corroborées par les missions de contrôle conjointes de l’ONU, les opérations de maintien de la paix sous-régionales ou les opérations des Nations Unies. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a néanmoins continué à faciliter le rapatriement d’anciens enfants combattants étrangers. La situation dans ces pays mérite une attention particulière et fait l’objet d’un contrôle constant par la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), en étroite coopération avec le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’ouest, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et d’autres acteurs. La MINUL et l’ONUCI mènent des patrouilles coordonnées à la frontière pour décourager toute tentative visant à recruter des Libériens, tandis que l’UNICEF et d’autres organismes chargés d’assurer la protection des enfants ont mis en place un mécanisme visant à empêcher que ceux-ci ne soient de nouveau recrutés, en renforçant les programmes de réintégration le long des frontières.
De 2004 à 2005, le programme de désarmement et de démobilisation de la MINUL a donné d’assez bons résultats, vu que 10 963 enfants ont été démobilisés. Sur ce total, on comptait 77 % de garçons et 23 % de filles. Le 13 avril 2006, la Présidente Johnson-Sirleaf a signé le décret no 4, prorogeant d’un an le mandat de la Commission nationale de désarmement, de démobilisation, de réadaptation et de réinsertion. L’UNICEF, la MINUL et d’autres partenaires clefs continuent à mener des activités de suivi des anciens enfants combattants en faisant intervenir les familles et les collectivités.
*Information basée sur le rapport 2006 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/61/529-S/2006/826) publié 26 octobre 2006
