Évolution de la situation en Iraq

Information basée sur le rapport 2011 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/65/820-S/2011/250) publié 23 avril 2011. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.

En Iraq, des enfants ont été utilisés par Al-Qaida pour mener des activités de renseignement et de reconnaissance, transporter des fournitures et du matériel militaires, enregistrer des vidéos d’attaques, poser des bombes et prendre une part active dans les attentats perpétrés contre les forces de sécurité et la population. En 2010, l’ONU a reçu régulièrement des rapports émanant de groupes de la société civile, des autorités nationales et des forces de sécurité, ainsi que des Forces des États-Unis en Iraq, faisant état d’une branche d’Al-Qaida en Iraq constituée d’enfants de moins de 14 ans appelés « Oiseaux de paradis » (également connus sous le nom de « Garçons du Paradis » ou « Jeunesse céleste ») et chargés de lancer des attaques-suicides contre des cibles militaires, gouvernementales et civiles. Les informations relatives à cette branche d’Al-Qaida en Iraq sont difficiles à vérifier en raison du caractère clandestin du groupe et de l’opacité entourant sa direction et sa chaîne de commandement. Al-Qaida en Iraq ciblerait toutefois les enfants les plus vulnérables tels que les orphelins, les enfants vivant dans la rue et les handicapés mentaux pour les forcer à s’enrôler. Dans d’autres cas, les éléments armés auraient utilisé les enfants comme porteurs de bombe à leur insu, dans l’intention de faire exploser le dispositif à distance sans les en avertir.

En 2010, au moins 194 enfants ont été tués et 232 autres blessés du fait du conflit persistant. La majorité de ces faits se sont produits dans les provinces de Bagdad, de Ninive, de Kirkük et de Bassora. En raison des conditions de sécurité, le personnel des Nations Unies n’a qu’un accès limité à plusieurs régions du pays, ce qui n’a pas permis de vérifier tous les faits et porte à croire que ces chiffres sont en dessous du nombre réel de victimes sur l’année. La plus grande part des victimes est à mettre au compte d’Al-Qaida en Iraq et de l’État islamique d’Iraq qui pratiquent les attentats aveugles, par le moyen d’attentats-suicides à la bombe, de voitures piégées et de bombes d’accotement, entre autres, dans le but de semer la terreur au sein de la population et d’engendrer un climat de peur dans les espaces publics propres aux rassemblements, notamment d’enfants. L’État islamique d’Iraq avait revendiqué l’attentat du 31 octobre perpétré contre l’église Notre-Dame du Salut à Bagdad, qui avait provoqué la mort de 55 personnes dont trois enfants. En outre, des enfants ont également été tués ou mutilés pour avoir été pris entre le feu de groupes insurgés et celui des forces militaires ou de police en action, ou lors d’affrontements à des postes de contrôle.

Dans certains cas, les conditions de sécurité qui règnent dans le pays ont également compromis l’accès des enfants à l’éducation. Plus particulièrement, les menaces et pressions dont certains groupes font l’objet demeurent préoccupantes. Ainsi, en octobre 2010, après l’attentat perpétré par l’État islamique d’Iraq contre l’église Notre-Dame du Salut, il a été signalé que plusieurs écoles de Bagdad, certaines partageant souvent le terrain de leur église, avaient suspendu les cours durant plusieurs semaines, par peur de subir un attentat similaire par ce même groupe ou un autre groupe terroriste.

Au cours de la période concernée, les Forces des États-Unis en Iraq ont cessé de maintenir des enfants en détention. L’accord sur le statut des forces entre les États-Unis et l’Iraq stipule que les mineurs détenus par les Forces des États-Unis en Iraq doivent être libérés ou, si des preuves suffisantes existent, être remis entre les mains de la justice iraquienne afin d’être jugés. En juin 2010, plus aucun mineur n’était détenu par les Forces des États-Unis en Iraq. En 2009, avec l’appui de l’UNICEF, le Ministère du travail et des affaires sociales a lancé un projet nommé « Justice pour les enfants » qui associe des actions de prévention, de protection, de réintégration et de justice réparatrice à l’intention des enfants. En 2010, à Bagdad et à Bassora, quatre équipes mobiles de juristes ont continué de porter assistance à de jeunes garçons en détention provisoire ou emprisonnés après leur procès. La plupart de ces garçons étaient accusés d’avoir participé à des activités terroristes, les rendant passibles d’une peine d’emprisonnement de 15 années en cas de culpabilité reconnue. D’autres étaient maintenus en détention depuis plus d’un an sans motif d’inculpation.

Parties au conflit en Iraq

  1. Al-Qaida en Iraq, y compris sa faction jeunesse armée dénommée « Oiseaux de paradis »a, b *, †
  2. État islamique d’Iraqb †
* Parties qui recrutent et utilisent des enfants.
† Parties qui tuent et mutilent des enfants.