Exploitation illicite des ressources naturelles dans les conflits

L'exploitation illicite des ressources naturelles dans les zones de conflit a des conséquences désastreuses pour les enfants. Ils sont souvent exploités comme main-d'oeuvre bon marché et forcés de travailler dans les mines dans des conditions insalubres et dangereuses qui mettent leur avenir en péril. Enrollés dans les pillages systématiques ils se voient privés de leur droit légitime à l'éducation, aux soins de santé et au développement. De plus, ce phénomène alimente et prolonge les conflits, dont les principales victimes sont les enfants.

Le phénomène des « guerres de ressources » est étroitement relié à la zone grise qui existe entre les motivations criminelles et politiques des groupes armés. Les conflits visent souvent à contrôler un territoire ou un appareil d'État pour pouvoir mettre la main sur des ressources naturelles comme le pétrole, les diamants, l'or, le coltan, le bois ou le cacao. Ces guerres impliquent généralement toutes sortes d'acteurs, forces armées gouvernementales, groupes armés d'opposition ou encore des intérêts internationaux comme d'autres États, des sociétés multinationales ou des organisations criminelles. Le conflit est souvent étroitement lié à des activités commerciales lucratives et majoritairement illicites comme le trafic d'armes ou de drogues, qui l'alimente et le prolonge. Les enfants risquent alors non seulement d'être utilisés comme soldats ou de subir d'autres types de violations graves de leurs droits mais également d'être forcés à travailler dans les mines ou d'être exposés à des réseaux criminels pratiquant la traite des enfants.

Les conflits de ce type entraînent souvent des situations complexes d'économie de guerre, et les affrontements armés s'étendent souvent à d'autres pays. Il est donc très difficile pour la communauté internationale de résoudre ce genre de problème, même en prenant des mesures ciblées. Les régimes de sanctions ou autres initiatives doivent être de plus en plus sophistiqués pour réussir à punir les responsables des guerres ou ceux qui en tirent profit. Il faut aussi que les entreprises et les secteurs industriels qui profitent du commerce illicite des ressources naturelles respectent des normes et standards de responsabilité plus élevées.

Les mesures adoptées par le Conseil de sécurité, qui ont porté sur l'application et la surveillance des sanctions en Angola, en Sierra Leone et au Libéria et sur la réalisation d'enquêtes en République démocratique du Congo et au Libéria, ont eu des effets remarqués. La mise en oeuvre de nouvelles mesures ciblées par le Conseil renforcerait l'impact ainsi obtenu.

Les groupes d'experts indépendants créés par le Conseil de sécurité pour enquêter sur les violations des sanctions ont constaté que les diamants jouaient un rôle singulièrement important dans la persistance du conflit en Angola et ont découvert au Libéria et en Sierra Leone l'existence d'un lien étroit entre le commerce des diamants du sang et le trafic des armes légères par le Gouvernement et par les rebelles.