Engagements obtenus de parties aux conflits

Au cours des dernières années, la Représentante spéciale, les départements des affaires politiques et des OMP ainsi que l'OIT et l'UNICEF ont engagé le dialogue de manière systématique avec les parties en infraction. Le but est d'obtenir de ces dernières un engagement ferme de ne pas recruter ni d'utiliser d'enfants soldats ; de relâcher les enfants dans leurs rangs ; de respecter les cessez-le-feu déclarés pour des raisons humanitaires afin de faciliter la vaccination, l'alimentation et la protection de populations déplacées.

Le processus dynamique que le Conseil de sécurité a initié avec la résolution 1612 (2005) combiné à l'application des normes internationales ont considérablement renforcé le travail des spécialistes de la protection de l'enfance. Pendant les trois dernières années du mandat de la Représentante spéciale, les concertations politiques consacrées à la protection de l'enfance ont donné des résultats tangibles, sous la forme d'engagements pris par les parties aux conflits, ce qui a aussi débouché sur des réalisations concrètes sur le terrain dans plusieurs situations préoccupantes. Dans son dernier rapport à l'Assemblée générale, la Représentante spéciale a souligné les progrès accomplis en Côte d'Ivoire dans la mise en place des plans d'action visant à libérer des enfants associés aux forces combattantes. En 2007 les Forces nouvelles et quatre milices armées progouvernementales ont fini par cesser de recruter des enfants et par prendre des mesures pour identifier et libérer tous ceux qui se trouvaient encore dans leurs rangs. Ces cinq parties ne figurent de ce fait plus dans les annexes au rapport annuel du Secrétaire général.

En outre, des plans d'action ont été développés avec des forces et des groupes armés au Burundi, au Myanmar, en Ouganda, en République centrafricaine, au Soudan et à Sri Lanka. Au Tchad, le Gouvernement a conclu un accord avec l'UNICEF en vue de démobiliser les enfants soldats qui se trouvaient dans ses forces armées.

En sa qualité d'autorité morale indépendante et d'ambassadrice de haut niveau de la cause des enfants, la Représentante spéciale s'est livrée, avec l'assentiment des États Membres concernés, à des concertations sur la protection de l'enfance avec des parties à des conflits, notamment des acteurs non étatiques de tous bords politiques et ayant différents statuts juridiques. En République centrafricaine, elle a récemment pris part à des échanges avec l'Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie, dont elle a obtenu qu'elle s'engage à relâcher tous les enfants associés à ses forces. Le dialogue avec ces acteurs, avec l'aval des gouvernements concernés, est essentiel pour obtenir la libération des enfants. Étant donné que dans leur vaste majorité, les parties à des conflits figurant dans les annexes au rapport annuel du Secrétaire général sont des acteurs non étatiques, il est primordial que les États Membres facilitent les contacts et le dialogue entre elles et l'Organisation des Nations Unies pour l'élaborer et l'exécuter de plans d'action visant à mettre fin au recrutement et à l'emploi d'enfants et à lutter sans discrimination contre toutes les autres violations graves commises à l'encontre d'enfants.