Évolution de la situation en Colombie

Information basée sur le rapport 2009 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/63/785–S/2009/158) publié 26 mars 2009. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.

Le Gouvernement colombien a adopté une politique globale de prévention du recrutement et de l’emploi d’enfants par des groupes armés illégaux, créant notamment, en décembre 2007, une commission intersectorielle de haut niveau chargée de réduire les risques d’enrôlement des enfants, et de violences à leur égard. Le Gouvernement poursuit par ailleurs son programme d’action en faveur de la réinsertion, dans leur collectivité, des enfants démobilisés de ces groupes.

Selon certaines informations reçues, des enfants ont été recrutés et utilisés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie-Ejército del Pueblo (FARC-EP) et il en est de même pour l’Ejército de Liberación Nacional (ELN). Ces deux groupes recruteraient dans les écoles.

Le recrutement conduit au déplacement des populations touchées qui cherchent à éviter l'enrôlement de leurs enfants.

Le recrutement d’enfants est par ailleurs une pratique courante parmi les groupes armés qui sont apparus après la démobilisation. Un cas d’enrôlement au sein des Autodefensas Campesinas Nueva Generación (AC-NG) a été confirmé en mars 2008 dans le département de Nariño. Les Nations Unies ont recueilli plusieurs témoignages d’enfants et d’adolescents démobilisés des anciennes Autodefensas Unidas de Colombia (AUC), témoignages selon lesquels ils auraient été contactés pour rejoindre ces groupes armés.

Selon des renseignements fournis par l’Institut colombien de protection de la famille, pendant la période considérée, 402 enfants au total sont sortis des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Ejército del Pueblo (FARC-EP), 86 de l’Ejército de Liberación Nacional (ELN), et un autre a quitté l’Ejército Popular Revolucionario (EPR). L’Institut a également indiqué que 44 enfants en tout ont quitté des groupes armés tels que les AC-NG et l’Ejército Revolucionario Popular Antiterrorista (ERPAC), ainsi que d’autres éléments armés tels que les Aguilas Negras, les Rastrojos et la Cooperativa de Seguridad de Meta y Vichada. Le Gouvernement assimile ces groupes à des bandes de malfaiteurs se livrant dans une large mesure à des activités criminelles liées en particulier au trafic de drogue. On présume que des enfants sont toujours présents au sein de ces groupes.

Selon le Haut-Commissaire colombien pour la paix, 391 enfants ont été relâchés entre 2002 et 2006 par les Autodefensas Unidas de Colombia (AUC), dans le cadre du dispositif de démobilisation prévu par la loi Justice et Paix. En dehors des négociations avec les AUC, 432 enfants ont été démobilisés individuellement, bien que, selon des informations crédibles, un plus grand nombre d’enfants associés aux AUC n’aient pas été soumis à un processus de démobilisation formel.

L’ONU a été saisie d’informations crédibles selon lesquelles des enfants auraient été utilisés par les forces de sécurité pour collecter des renseignements en dépit de la politique gouvernementale officielle qui y est strictement opposée. Le Ministère de la défense a publié trois directives interdisant cette pratique, conformément à la loi nationale sur l’enfance et l’adolescence.

Les enfants sont souvent victimes d'attaques indiscriminées par des groupes armés illégaux, ou pris dans le feu croisé des tirs que ceux-ci échangent lors de leurs affrontements avec les forces armées nationales.

L’ONU a recueilli des informations crédibles sur des cas d’exécutions extrajudiciaires d’enfants. En octobre, le Ministère de la défense a publié trois directives expresses et établi une commission transitoire dans le cadre d’une enquête sur les exécutions extrajudiciaires, qui a abouti au renvoi de 37 officiers depuis janvier 2009.

Selon l’ordonnance no 092 de la Cour constitutionnelle, datant d’avril 2008, les violences sexuelles à l’égard des filles sont en augmentation. Des groupes armés illégaux et des membres des Forces armées figurent parmi les coupables. Le ministère public a ordonné des enquêtes et, depuis décembre 2008, plusieurs condamnations ont été prononcées.

Pendant la période considérée, des groupes armés ont continué d'attaquer ou d'occuper des écoles à des fins militaires, de même que de prendre pour cible les enseignants. Les écoles sont souvent endommagées à la suite d'affrontements entre les groupes illégaux et les Forces armées.

Parties au conflit qui recrutent et utilsent des enfants

Ejército de Liberación Nacional (ELN)* : autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : meurtres et mutilations, viols et autres sévices sexuels graves concernant des enfants, et attaques visant des écoles.

Forces armées révolutionnaires de Colombie-Ejército del Pueblo (FARC-EP)* : autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : meurtres et mutilations, enlèvements, viols et autres sévices sexuels graves concernant des enfants, et attaques visant des écoles.

*Les parties marquées d'un astérisque* ont figuré sur les listes de l'annexe pendant au moins quatre ans.