Human Rights Watch - Chad: Government Keeps Children in Army Ranks - 16 July 2007
Évolution de la situation au Tchad
Information basée sur le rapport 2009 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/63/785–S/2009/158) publié 26 mars 2009. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.
Le recrutement d’enfants est une pratique constante et systématique des forces gouvernementales et des groupes rebelles, y compris dans les camps de réfugiés et les sites de déplacés, en particulier dans l’est du pays. Dans la plupart des camps, des dirigeants de réfugiés coordonnent et facilitent le recrutement d’enfants, en particulier pour le MJE. Selon les indications reçues, ils profitent d’occasions telles que les célébrations religieuses ou les mariages pour inciter les enfants à rejoindre la rébellion. Le Gouvernement tchadien est apparemment au courant de cette situation et, d’après des informations concordantes, des fonctionnaires locaux aident au recrutement.
Le recrutement et l’emploi d’enfants est aussi le fait d’autres groupes armés soudanais généralement appelés Toroboros.
Des milliers d’enfants sont encore associés à des groupes armés appartenant à diverses factions rebelles telles que la Convention révolutionnaire démocratique du Tchad (CRDT), la Concorde nationale tchadienne (CNT), le Front uni pour le changement (FUC) et l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD).
Les responsables publics soutiennent que l’Armée nationale tchadienne (ANT) ne recrute pas d’enfants. Cependant 13% des 555 enfants ayant quitté les forces et les groupes armés en 2007 et 2008 venaient de l’ANT. La plupart des éléments des groupes d’autodéfense tchadiens présents à Ade, Dogdore et Mogororo, cités dans le dernier rapport annuel, ont été intégrés dans l’Armée nationale tchadienne. Ces éléments ont reçu un entraînement officiel au centre d’instruction militaire de Moussoro. Ils ne comptent plus d’enfants dans leurs rangs.
Fin de 2007 et tout au long de 2008, des enfants auraient été recrutés au sud et à l’est de N’Djamena par la direction générale de sécurisation des services et institutions de l’État (DGSSIE), directement responsable des opérations militaires spéciales, et auraient reçu la somme de 333 000 FCFA (600 dollars des États-Unis) ou une motocyclette.
Dans les camps de réfugiés et les sites de déplacés, ainsi que dans les villes et villages environnants, des femmes et des filles ont été victimes d’agressions sexuelles et de viols, qui sont surtout commis par des hommes armés en uniforme non identifiés mais aussi par des soldats de l’ANT appartenant aux unités opérant sur les collines de la zone de Goz Beida et Modeina. Dans les affaires de violence sexuelle ou sexiste, on constate une tendance à la hausse des sévices commis à l’encontre des réfugiées et des déplacées, en particulier des filles de moins de 10 ans.
Au cours de la période à l’examen, le personnel et les biens d’organismes humanitaires ont été la cible d’attaques. Dans la plupart des cas, les attaquants se sont contentés de faire main basse sur le matériel mais dans d’autres cas, ils se sont montrés plus violents et ont tué des agents humanitaires. Il s’agirait surtout d’éléments armés et de membres des groupes rebelles, qui utilisent le matériel en question dans leurs campagnes militaires. Ces agressions ont eu des conséquences graves, surtout pour les civils et les enfants. En effet, les programmes humanitaires ont été interrompus à Iridimi, Touloum, Ade, Adre et Dogdore. Il convient de noter que dans nombre d’attaques de véhicules humanitaires, les voleurs des véhicules ont ensuite pris la direction du Soudan, ce qui souligne le caractère transfrontalier de ce problème.
Parties au conflit qui recrutent et utilsent des enfants
- Armée nationale tchadienne : autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : viols et autres sévices sexuels graves et refus de laisser les enfants accéder à l'aide humanitaire. Situation: pas de plan d'action. Un accord a néanmoins été conclu le 9 mai 2007 entre le Gouvernement tchadien et l'UNICEF dans le cadre du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion au Tchad en vue de libérer tous les enfants associés aux forces et groupes armés et de favoriser leur réintégration à long terme dans leur communauté et famille. En outre, lors de la visite qu'a effectuée la Représentante spéciale en mai 2008, le Gouvernement tchadien s'est engagé à autoriser des visites de contrôle par les équipes des Nations Unies dans les centres de détention, les centres d'entraînement militaire et les camps militaires; à libérer, à titre prioritaire, les enfants associés aux groupes armés qui sont détenus; et à créer une équipe spéciale interministérielle chargée de coordonner la réintégration des enfants et d'en assurer l'efficacité. Une commission mixte a été constituée par le Gouvernement et l'UNICEF en août 2008. La commission a effectué des visites de contrôle dans les centres d'instruction militaire de Moussoro et Lumia, où on a signalé la présence d'un enfant, qui a été relâché. À ce jour, 555 enfants ont été démobilisés, dont 13 % par l'Armée nationale tchadienne et 87 % par la Convention révolutionnaire démocratique du Tchad (CRDT), la Concorde nationale tchadienne (CNT), et le Front uni pour le changement (FUC).
- Concorde nationale tchadienne (CNT).
- Convention révolutionnaire démocratique du Tchad (CRDT)
- Direction générale des services de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE).
- Front uni pour le changement (FUC).
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Groupes armés soudanais sous le contrôle du Gouvernement tchadien :
- Mouvement pour la justice et l’égalité;
- Toroboros ou groupes armés soudanais liés au Gouvernement tchadien.
- Union des forces pour la démocratie et le développement.
