Évolution de la situation au la République Centrafricaine

Information basée sur le rapport 2009 du Secrétaire général au Conseil de sécurité (A/63/785–S/2009/158) publié 26 mars 2009. Des informations plus détaillées se trouvent dans le rapport.

Selon les éléments d’information disponibles, l’Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie (APRD), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), les Forces démocratiques populaires de Centrafrique (FDPC), et le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) recrutent et emploient des enfants. Les milices d’autodéfense comptent également des enfants dans leurs rangs, en particulier dans la région d’Ouham Pende. Il est à craindre que ces milices aient dans certains cas reçu l’appui du Gouvernement de la République centrafricaine et qu’elles aient servi d’auxiliaires aux Forces armées centrafricaines (FACA). Même s’il ne s’agit pas d’une pratique systématique, il semble que certains éléments des FACA et de la Garde présidentielle commettent des violences graves à l’encontre d’enfants, tels que le meurtre, la mutilation et les attaques contre les établissements scolaires.

En février et mars 2008, l’Armée de résistance du Seigneur a attaqué des villages de la région d’Obo, au sud-est du pays, et enlevé 55 enfants (40 garçons et 15 filles). La plupart des enfants enlevés avaient moins de 15 ans. D’après certains d’entre eux, qui avaient été relâchés, les enfants devenaient des soldats ou accomplissaient des tâches auxiliaires, et certaines des filles étaient réduites à l’esclavage sexuel.

L’incidence du viol et de la violence sexuelle commis contre des enfants par des éléments armés y compris par l’UFDR est extrêmement préoccupante. On a aussi signalé des cas de viol et de violence sexuelle, ainsi que des enlèvements, des meurtres et des mutilations d’enfants attribués aux zaraguinas, qui viennent de la République centrafricaine, du Soudan, du Tchad, du Cameroun, du Mali et d’Ouganda, et comptent aussi parfois dans leurs rangs des éléments de groupes rebelles centrafricains ou encore des forces armées tchadiennes et centrafricaines.

En République centrafricaine, les modèles de déplacement sont particuliers; on peut les classer en deux catégories. Dans le premier cas, les villageois organisent leur départ puis se réfugient pendant quelques jours dans la brousse. Ces déplacements, « préventifs » (ou encore qualifiés de stratégie de survie), sont généralement déclenchés par des rumeurs selon lesquelles des forces ou groupes armés ou des zaraguinas sont en chemin. Dans le second cas en revanche, le déplacement se produit lorsque des forces ou groupes armés ou des zaraguinas attaquent soudainement des villages dont la population n’a généralement pas le temps de s’organiser ni d’emporter des articles de première nécessité. Les fuyards se cachent parfois dans la brousse, errent d’un village à l’autre ou finissent par arriver dans le camp de déplacés de Kabo (centre-nord). Dans de telles conditions, les enfants sont particulièrement vulnérables puisqu’ils sont parfois abandonnés sur place ou victimes de graves violations telles que des enlèvements et enrôlements, des meurtres, des mutilations ou des sévices sexuels.

Parties au conflit qui recrutent et utilsent des enfants

  1. Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie (APRD). Situation: dialogue entamé par l'ONU pour traduire les engagements annoncés en plan d'action. Au cours de la visite de la Représentante spéciale en République centrafricaine en mai 2008, le dirigeant de l'APRD, Laurent Djim Wei, s'est engagé à établir une liste de tous les enfants appartenant à son groupe armé et de les libérer dès que des dispositions adéquates auraient été prises afin d'assurer leur protection et leur réinsertion dans leur communauté. Le 20 octobre 2008, l'APRD a remis à l'UNICEF et à ses partenaires une liste de 105 enfants devant être libérés.
  2. Forces démocratiques pour la rassemblement (UFDR): autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : viols et autres sévices sexuels graves concernant des enfants. Situation: dialogue entamé par l'ONU pour traduire les engagements annoncés en plan d'action. En juin 2007, un plan d'action tripartite a été conclu entre le Gouvernement centrafricain, l'UNICEF et l'Union, par lequel l'UFDR a accepté de démobiliser et de libérer tous les enfants associés à son groupe armé et de favoriser leur réinsertion.
  3. Forces démocratiques populaire de Centrafrique (FDPC)
  4. Lord's Resistance Army (LRA): autres violations commises par cette partie pendant la période considérée : enlèvements, viols et autres sévices sexuelsgraves concernant des enfants.
  5. Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ)
  6. Milices d'autodéfense. Situation: Pas de plan d'action. Le 13 décembre 2008, l'UNICEF a rencontré le Ministre de la défense afin de lui présenter une demande d'accès à ces milices. Comme suite à son accord, l'UNICEF et ses partenaires ont rencontré le dirigeant de la milice de la préfecture d'Ouham-Pende, qui a accepté de collaborer afin de libérer les enfants qui sont dans ses rangs.

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