Tsunami : une réponse généreuse attendue par Kofi Annan à l'appel de fonds du 6 janvier 2005

Dévastation au Nord du Sri Lanka

29 décembre 2004 – Des milliards de dollars seront nécessaires pour reconstruire les régions touchées de l'Asie du Sud, estime Kofi Annan à l'annonce du lancement d'un appel de fonds le 6 janvier prochain, tandis que le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU affirme que la coordination de l'aide est à présent vitale pour les survivants, alors que le nombre de victimes du tsunami dépasse les 80.000 morts.

« Je pense qu'il faudra des milliards de dollars » pour faire face aux secours d'urgence et au relèvement dans les pays touchés dimanche par le tsunami qui a ravagé l'Asie du Sud, a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, lors d'un entretien donné hier soir à la chaîne de télévision américaine CNN.

« Le 6 janvier, nous allons lancer un appel de fonds pour couvrir tous les aspects de l'opération d'urgence, à New York et à Genève, et j'espère que la réponse sera généreuse », a-t-il précisé.

Le porte-parole du Secrétaire général, Fred Eckhard, a déclaré aujourd'hui à New York que le Secrétaire général entendait écourter ses congés pour superviser les efforts d'assistance de l'ONU.

Il a précisé qu'il s'était entretenu avec les chefs d'Etat des pays touchés afin de connaître leurs besoins, ainsi qu'avec les pays donateurs et le Secrétaire d'Etat américain, Colin Powell.

Par ailleurs, lors d'une conférence de presse donnée aujourd'hui au Siège de l'ONU, à New York, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, a fait le point des efforts en cours, en présence de son adjointe Margareta Walhstrom, précisant que « la coordination était maintenant vitale pour ce qui constitue une des opérations d'assistance les plus importantes jamais réalisées ».

Selon Jan Egeland, 220 millions de dollars ont été pour l'instant promis en contributions financières, une somme égale ayant été promise en nature, sans compter les sommes consacrées par les pays touchés eux-mêmes.

Il faut aussi noter la présence de nombreux donateurs nouveaux, dont les pays du Golfe persique et d'Asie notamment l'Inde.

Selon Jan Egeland, le nombre de victimes confirmées s'élève déjà à 80 000 morts et il existe des centaines de milliers de blessés, alors que l'infrastructure médicale a été détruite.

« Le nombre de victimes s'accroît chaque heure », a précisé Jan Egeland, qui a indiqué que « Sumatra et Banda Aceh ont été les régions les plus touchées ».

A cet égard, il a rendu hommage à tous les gouvernements de la région et au gouvernement indonésien qui n'ont imposé aucune restriction à l'accès de l'assistance, même si pour des régions logistiques toutes les régions ne sont pas accessibles.

« Il existe un manque total d'infrastructures, mais un quart de la population pourrait avoir été touchée à Sumatra ». Tout doit être apporté de l'extérieur. Les équipes d'assistance devront apporter tout ce dont elles auront besoin, en termes de fournitures médicales, d'assainissement ».

En Somalie, des villages ont été détruits. La Somalie a été largement oubliée parce que nous n'avons eu accès aux informations que tout récemment.

Dès à présent, les équipes de pays de l'ONU ont identifié des besoins à hauteur de 70 millions de dollars pour le Sri Lanka, 20 millions pour les Maldives et 40 millions pour l'Indonésie, a-t-il indiqué, précisant que l'appel prévu pour le 6 janvier serait bien plus important car il couvrirait les six prochains mois.

Il faudra des sommes bien plus importantes encore pour la reconstruction, a-t-il indiquant, soulignant que le moyen le plus utile d'apporter une aide était de consulter les pays concernés, l'ONU ou la Croix-Rouge.

Interrogé sur la destination des 220 millions de dollars déjà promis, Jan Egeland a indiqué qu'il couvriraient en partie le premier appel lancé, mais qu'une grande partie de ces fonds étaient promis directement à la Fédération internationale de la Croix-Rouge et aux organisations non gouvernementales (ONG).

« Dans ce type d'effort d'assistance, la générosité des contributeurs est phénoménale […] et c'est la première fois qu'au troisième jour d'une crise on dispose déjà de 220 millions de dollars » a déclaré Jan Egeland, en réponse à une question portant sur ses commentaires sur le niveau global d'assistance des pays riches (voir notre dépêche du 28 décembre 2004), et sur la réaction du Président des Etats-Unis, George Bush, qui a insisté sur la générosité de son pays.

« Mon commentaire portait sur le niveau général d'assistance, qui est en pente descendante, pour de nombreuses situations d'urgences oubliées » a-t-il déclaré.

« Je comprend la réponse du Président Bush » dans la mesure où la question qui lui a été posée portait sur l'aide des Etats-Unis dans la crise qui a suivi le tsunami, a-t-il déclaré, ajoutant : « les Etats-Unis sont de loin notre premier donateur ».

« C'est mon travail, toutefois, après avoir voyagé de pays en pays où nous recevons un tiers de ce que nous avons demandé pour prêter assistance aux plus pauvres parmi les pauvres, de dire que les nations riches pourraient donner plus » alors que la proportion de leur assistance au regard de leur PNB a baissé et que l'économie mondiale a connu une croissance. « Il s'agit donc d'une autre question », a précisé le Coordonnateur de l'aide humanitaire de l'ONU.

Interrogé par ailleurs sur l'effet politique de la catastrophe naturelle, Jan Egeland a exprimé l'espoir qu'elle contribue au règlement de certains conflits dans la région.

Retransmission de la conférence de presse de Jan Egeland et Margareta Walhstrom [52mins]

- Dossier spécial 'tsunami' sur le site de l'ONU