Venezuela : le référendum du 15 août doit être acceptable par tous, insiste l'Envoyé de l'ONU

Diego Cordovez {r} avec le Secrétaire général Kofi Annan (archives)

23 juillet 2004 – Le Conseiller spécial du Secrétaire général sur les questions latino-américaines, achève aujourd'hui sa visite au Venezuela qui avait pour objectif de tenir le Secrétaire général informé des dernières évolutions concernant le référendum prévu pour le 15 août.

Alors que le porte -parole de l'ONU, Fred Eckhard, indiquait lors de son point de presse quotidien au siège de New York, que Diego Cordovez, le Conseiller spécial du Secrétaire général sur les questions latino-américaines terminait aujourd'hui son voyage au Venezuela, M. Cordovez tenait une conférence de presse dans les locaux du PNUD, le Programme des Nations Unies pour le développement, à Caracas.

« Ce qui nous paraît important, c'est que le processus de référendum soit mené selon une procédure et dans des conditions acceptables par tous [...] Il faut que ce soit un processus accepté. Un processus qui a de plus été établi par la Constitution », a déclaré le Conseiller spécial à cette occasion

Il a précisé qu'il avait achevé ses consultations après s'être entretenu pendant deux heures avec le Président de la République, avec le Vice-Président et avec tous les secteurs politiques, les membres du Conseil national électoral, les représentants du Centre Carter et de l'Organisation des Etats américains.

En janvier dernier, le Secrétaire général de l'ONU avait rendu hommage à l'attitude constructive adoptée par toutes les parties dans la recherche d'une solution constitutionnelle conformément à l'accord signé le 29 mai 2003 entre le Gouvernement et le groupe de l'opposition « Coordinadora Democrática », par lequel le Président du Venezuela, Hugo Chavez, a accepté d'organiser de nouvelles élections présidentielles s'il perdait le référendum organisé le 15 août prochain.

A cette occasion, il avait loué la décision du Conseil national électoral (CNE) d'associer des observateurs internationaux à ses travaux et souhaité que l'on puisse trouver une “solution électorale pacifique, respectueuse de la constitution, à l'impasse politique au Venezuela”.

M. Cordovez a par ailleurs précisé qu'il « semblait aussi conforme à l'esprit de la Constitution, et cela devrait être le cas pour tous les secteurs, que le 15 août aboutisse à une définition menée conformément au processus électoral pour les Vénézuéliens ».

« Nous avons souligné également qu'il ne s'agit pas seulement d'un processus sans précédent, mais aussi d'un processus admirable, en ce sens qu'il confie aux Vénézuéliens une décision fondamentale [...]. Mais nous pensons aussi qu'il est indispensable qu'il y ait plus de dialogue sur les détails, sur la forme que va prendre le processus » a précisé le Conseiller spécial, enjoignant le peuple du Venezuela à « pratiquer ses traditions » tant admirées des autres pays d'Amérique latine, à savoir « la facilité de dialogue au niveau politique », a-t-il déclaré.

Soulignant que le processus était non seulement constitutionnel et démocratique mais également politique, M. Cordovez a appelé les politiques à participer au débat, considérant que la réaction du Président de la république, du Vice-Président comme des différents secteurs politiques montrait de façon « très, très positive et expressive qu'ils étaient prêts au dialogue ».

Les conditions préalables à la convocation du référendum ont « créé une situation malheureusement très difficile », a rappelé le Conseiller spécial, qui a souhaité que les milieux politiques surmontent leurs désaccords pour « mettre en place le mécanisme le plus adéquat possible ». Cela semble en bonne voie, selon les informations des représentants du Centre Carter et de l'OEA, a souligné M. Cordovez, qui a indiqué que lorsque les politiques souhaitent régler un problème, « ils peuvent le faire en cinq minutes ».

« J'ai eu le sentiment que le Venezuela a connu un moment de grande tension, qu'il existe un élément de tension au niveau politique, une polarisation au niveau politique que nous souhaitons voir éliminer par la voie du dialogue. Je ne me lasserai pas de le répéter », a-t-il déclaré, enjoignant la presse à contribuer au processus pour en faire un succès et que ce pays retrouve « la tranquillité et la stabilité qu'il mérite. Cela comporte malheureusement certains risques, dont je pense que tout le monde est conscient qu'il faut les éviter ».

---

En savoir plus