Libye : le Conseil de sécurité plaide pour une intensification de la lutte contre la traite des personnes

Un migrant derrière les barreaux d’un centre de détention en Libye, le 31 janvier 2017. Photo UNICEF/Romenzi

7 décembre 2017 – Profondément préoccupé par les informations faisant état de la vente de migrants comme « esclaves » en Libye, le Conseil de sécurité a exhorté jeudi l'ensemble des États membres à mettre en œuvre efficacement le Plan d'action mondial des Nations Unies pour la lutte contre la traite des personnes afin de répondre à ces violations des droits de la personne « susceptibles d'être constitutives de crimes contre l'humanité ».

Dans une déclaration publiée par la Présidence du Conseil de sécurité trois semaines après l'adoption à l'unanimité de la résolution 2388 (2017) portant sur le trafic des êtres humains en contexte de conflit, le Conseil appelle d'autre part l'ONU à intensifier ses efforts, notamment par l'intermédiaire du Groupe inter-institutions de coordination contre la traite des personnes.

Les membres du Conseil considèrent, à cet égard, que la prévention et la protection des victimes de la traite, notamment à des fins d'esclavage, doivent être placées au centre de toute réponse nationale et internationale.

Ils préconisent le renforcement des mesures d'identification, d'enregistrement et d'assistance adaptée au sexe et à l'âge, des services de réadaptation physique, psychologique et sociale et des soins apportés aux victimes. Ils enjoignent en outre les États membres et l'ONU de mener, chaque fois que nécessaire, une « évaluation systématique de la vulnérabilité à la traite des personnes », et encouragent par ailleurs les États de transit et de destination à élaborer et à mettre en place des mécanismes d'alerte et de dépistage précoces.

Inquiet des implications que la criminalité transnationale organisée et les activités illicites ont pour la stabilité régionale, le Conseil de sécurité avertit que les individus et entités qui « préparent, donnent l'ordre de commettre ou commettent », en Libye, des actes contraires au droit international des droits de l'homme ou au droit international humanitaire peuvent faire l'objet d'une désignation par le Comité des sanctions créé par la résolution 1970 (2011).

De surcroît, le Conseil engage les États membres à redoubler d'efforts pour « désorganiser et démanteler » les réseaux qui se livrent à la traite des personnes dans les zones touchées par les conflits armés et à mener des enquêtes à leur sujet. Il convient de « prendre toutes les mesures appropriées pour recueillir, conserver et stocker les éléments de preuve de la traite d'êtres humains et aider à en punir les auteurs ».

Soucieux de pouvoir compter sur une « Libye stable », il réaffirme, enfin, son appui au Plan d'action des Nations Unies en faveur de ce pays et engage, de nouveau, tous les Libyens à travailler ensemble, dans le cadre du processus politique ouvert à tous facilité par le Représentant spécial du Secrétaire général, Ghassan Salamé, tout en encourageant l'Union européenne, l'Union africaine et l'ONU à coopérer pour protéger la vie des migrants sur les routes migratoires.


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