Pourparlers sur la Syrie : l'ONU confirme que la délégation du gouvernement est attendue dimanche à Genève

Staffan de Mistura, l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, informe la presse lors des pourparlers intra-syriens, à Genève. Photo: ONU/Violaine Martin

7 décembre 2017 – L'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a confirmé jeudi que la délégation du gouvernement syrien allait rejoindre dimanche les négociations sur la Syrie organisées par l'ONU à Genève. Depuis mardi, le médiateur onusien poursuit ses consultations avec la délégation de l'opposition désormais unifiée au sein de la Commission syrienne pour les négociations (CSN).

« La délégation du gouvernement syrien nous a informés qu'elle s'envolerait pour Genève le dimanche 10 décembre. Nous en avons pris note », a dit M. de Mistura lors d'un point de presse au Palais des Nations – siège de l'Office des Nations Unies à Genève. « Nous sommes prêts à continuer à nous entretenir avec les deux parties syriennes jusqu'au 14 décembre », a-t-il précisé.

Le médiateur de l'ONU a mis en garde contre toute tentative de « sabotage » des pourparlers de Genève par Damas ou l'opposition. Staffan de Mistura entend évaluer la semaine prochaine si l'une des parties syriennes conviées au Palais des Nations a ainsi tenté de saboter le processus de Genève. Le diplomate onusien jaugera le comportement des deux camps à savoir le gouvernement et l'opposition. « Et sur cette base, nous déciderons de la suite et à partir de là, on verra s'il y a de bonnes dispositions ou s'il s'agit d'un sabotage des pourparlers de Genève », a-t-il dit.

« Nous espérons que ceux qui seront présents à Genève s'engageront sérieusement sur ces pourparlers », a ajouté l'Envoyé spécial de l'ONU

« Il y a beaucoup d'initiatives qui sont planifiées, mais nous évaluerons le comportement des deux parties, gouvernement et opposition », a dit le médiateur, mettant en garde sur l'impact que cela pourrait avoir « sur toute autre tentative politique pour tenir des processus ailleurs ». Une façon pour M. de Mistura de rappeler que les pourparlers de Genève restent le seul processus de paix soutenu par le Conseil de sécurité des Nations Unies, bien que de nombreuses autres initiatives soient prévues sur la situation en Syrie.

Dans tous les cas, l'Envoyé spécial souhaite concentrer cette fois les négociations sur la rédaction d'une nouvelle Constitution et sur l'organisation d'élections sous la supervision de l'ONU. Mais ces pourparlers doivent se tenir sans pré-conditions, a-t-il rappelé.

La Ghouta orientale : « épicentre de la souffrance en Syrie »

En marge de ces discussions inter-syriennes, le Bureau de l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie a également tenu, ce jeudi à Genève, une réunion du Groupe de travail sur l'accès humanitaire, un organe créé par le Groupe de soutien international à la Syrie.

A l'issue de cette session, Jan Egeland, le Conseiller spécial de M. de Mistura, a une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme sur le sort des civils dans la Ghouta orientale. Cette province jouxtant la capitale syrienne, est présentement « l'épicentre de la souffrance en Syrie », a déclaré M. Egeland.

Près de 400.000 personnes vivent encore dans cette enclave près de Damas contrôlée par les rebelles et assiégée par les forces gouvernementales. Et pour les humanitaires, l'urgence est d'avoir l'autorisation pour procéder à l'évacuation médicale d'urgence d'environ 500 patients de l'enclave, dont 167 enfants. Parmi ces malades de la Ghouta orientale, « 282 doivent urgemment subir une opération chirurgicale, d'autres souffrent de cancer et au moins cinq enfants sont atteints de malnutrition aigüe sévère », a précisé M. Egeland.


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