Mali : quatre Casques bleus et un soldat malien tués lors de deux attaques dans les régions de Ménaka et Mopti

Des Casques bleus au Mali. Photo MINUSMA/Harandane Dicko (archives)

24 novembre 2017 – Quatre Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et un soldat malien ont été tués et 21 autres personnes, dont un sous-traitant de la MINUSMA et un membre des forces armées maliennes, ont été blessées vendredi lors de deux attaques séparées dans les régions de Ménaka de Mopti.

« Ce matin, un détachement de la force de la MINUSMA a repoussé une attaque lors d'une opération coordonnée avec les forces armées maliennes (FAMas) dans la région de Ménaka», a indiqué la Mission dans un communiqué de presse.

« Selon un bilan provisoire, lors de l'attaque, trois Casques bleus de la MINUSMA ont été tués, et plusieurs ont été blessés, certains sont dans un état critique. Un soldat malien a aussi perdu la vie lors de l'attaque, un autre a été blessé », a ajouté la Mission.

Plusieurs assaillants ont également été tués lors de la riposte des Casques bleus et des forces armées maliennes, d'autres ont été blessés.

Des renforts aériens ont immédiatement été déployés afin de renforcer la sécurisation du périmètre et permettre les évacuations médicales.

La deuxième attaque a eu lieu vendredi vers midi contre un convoi de la force de la MINUSMA au nord de Douentza, dans la région de Mopti.

« Suite à l'attaque, les Casques bleus ont engagé une poursuite contre les assaillants. Cette attaque complexe, incluant l'usage d'engins explosifs et lance-roquettes, a coûté la vie à un Casque bleu et grièvement blessé trois autres », a indiqué la MINUSMA.

Le Représentant spécial du Secrétaire général au Mali et chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif, a condamné fermement ces attaques qui endeuillent « une nouvelle fois la force de la MINUSMA, ainsi que les FAMas ».

« J'adresse mes condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés», a-t-il dit.

Il a rappelé que les attaques visant les forces de maintien de la paix des Nations unies peuvent constituer des crimes de guerre en vertu du droit international et a appelé à ce que les auteurs de ces attaques soient rapidement traduits en justice.

M. Annadif a salué « la bravoure de nos contingents et des FAMas dont l'engagement a permis de neutraliser plusieurs terroristes ». « J'en appelle à la vigilance, à la solidarité et à l'unité des Maliens pour faire face à la lâcheté de nos adversaires », a-t-il ajouté.

Condamnations du Conseil de sécurité et du Secrétaire général

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et le Conseil de sécurité ont condamné fermement l'attaque dans la région de Ménaka, qui a causé la mort de trois Casques bleus nigériens et d'un soldat malien, et celle dans la région de Mopti qui a causé la mort d'au moins un Casque bleu burkinabé.

« Le Secrétaire général transmet ses sincères condoléances aux gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ainsi que sa profonde sympathie aux familles des victimes. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés », a dit son porte-parole adjoint Farhan Haq, dans une déclaration à la presse.

Le chef de l'ONU « rend hommage au dévouement des femmes et des hommes courageux de la MINUSMA, qui se consacrent à la mise en œuvre et à la défense du mandat de la mission, ainsi qu'aux soldats des forces armées maliennes, malgré l'environnement sécuritaire de plus en plus difficile », a-t-il ajouté. « Le Secrétaire général rappelle que les attaques visant les forces de maintien de la paix des Nations Unies peuvent constituer des crimes de guerre en vertu du droit international et que les responsables sont passibles de sanctions. Il réaffirme le soutien sans faille des Nations Unies au peuple malien dans sa quête pour la paix et la stabilité au Mali et au Sahel ».

Dans deux déclarations à la presse séparées, les membres du Conseil ont également présenté leurs sincères condoléances aux familles des victimes, ainsi qu'au gouvernement du Niger, au gouvernement du Burkina Faso, au gouvernement du Mali et à la MINUSMA. Ils ont souhaité un prompt et complet rétablissement aux blessés.

Le Conseil de sécurité s'est dit inquiet de la situation sécuritaire au Mali et de la dimension transnationale de la menace terroriste dans la région du Sahel. Les membres du Conseil ont exhorté « les parties prenantes maliennes à pleinement mettre en œuvre l'accord (de paix) sans délai supplémentaire ».

Par ailleurs, l'Expert indépendant sur la situation des droits de l'homme au Mali, Suliman Baldo, se rendra dans le pays du 27 novembre au 1 décembre 2017, dans un contexte des graves préoccupations liées aux retards persistants dans la mise en œuvre de l'accord de paix.

« Des abus et des violations graves des droits de l'homme continuent en dépit de la signature de l'Accord pour la Paix et la réconciliation en juin 2015. Lors de cette neuvième visite, je vais porter une attention particulière à la situation des victimes, y compris les femmes survivantes de violences sexuelles, et à la question de l'impunité », a dit l'expert.

Durant sa mission, M. Baldo rencontrera les autorités maliennes, le corps diplomatique, des représentants de la MINUSMA et des agences de l'ONU, des défenseurs des droits de l'homme, et des organisations de la société civile.


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