Bangladesh : l'hygiène dans les camps de réfugiés rohingyas doit être améliorée d'urgence, selon l'ONU

Des femmes puisent de l’eau d’une pompe installée par une organisation non gouvernementale dans le camp de Kutupalong pour les réfugiés rohingyas, au Bangladesh. Photo UNICEF/Brown

21 novembre 2017 – Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a plaidé mardi pour une amélioration urgente des conditions d'hygiène dans les camps de réfugiés rohingyas au Bangladesh.

Depuis le 25 août 2017, plus de 620.000 Rohingyas ont fui les violences dans l'Etat de Rakhine, au Myanmar. Au Bangladesh voisin, les différents sites abritant ces réfugiés dans le district de Cox's Bazar sont désormais fortement congestionnés. Pour de nombreuses organisations humanitaires, ce surpeuplement et les conditions de vie difficiles dans les camps de fortune accroissent les problèmes de santé ou d'assainissement.

Dans l'ensemble de ces camps, l'accès à une eau potable est une question d'urgence. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 60% de l'eau utilisée par les réfugiés à Cox's Bazar est contaminée. À l'approche de la saison sèche, l'accès à l'eau potable constitue une source d'inquiétude particulièrement importante pour l'ensemble des organisations humanitaires.

L'UNICEF s'est déclarée « profondément préoccupée » par le niveau élevé de bactéries e-coli observé dans les camps, indiquant que la raison principale présumée réside dans la mauvaise qualité de la gestion des points d'eau.

« Nous avons observé une tendance à la hausse des taux d'infection », a souligné le porte-parole de l'UNICEF, Christophe Boulierac, dans un point de presse à Genève.

Selon l'agence onusienne, plus de 36.000 personnes - dont plus de 40% d'enfants de moins de 5 ans - subissent des maladies diarrhéiques. Dix décès ont été répertoriés à ce jour. « Alors que la cause exacte de l'augmentation de ces cas de diarrhée aqueuse aiguë reste incertaine, cette situation est peut-être liée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés », a fait remarquer le porte-parole.

Dans ces conditions, l'UNICEF collabore avec le gouvernement du Bangladesh pour enquêter d'urgence sur les niveaux de contamination et garantir de meilleures pratiques de construction et de forage des puits afin de les mettre en conformité avec les normes internationales. Le Fonds travaille aussi avec les autorités bangladaises pour améliorer la situation dans les camps.

Depuis le début de l'afflux massif de Rohingyas vers le Bangladesh, l'UNICEF et ses partenaires approvisionnent les camps de réfugiés en eau potable et installent des latrines et des systèmes d'assainissement. Près de 430 points d'eau pour servir près de 150.000 personnes ont été depuis installés et chaque jour, l'agence continue d'apporter près de 200.000 litres d'eau à plus de 50.000 personnes.

Ne pas perdre de vue les camps de réfugiés « plus petits »

Si la majorité des 622.000 Rohingyas réfugiés à Cox's Bazar sont installés sur les sites principaux de Kutupalong et de Balukhali, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a appelé mardi la communauté internationale à ne pas oublier les personnes vivant dans les campements plus « modestes » de Shamlapur (22.067 personnes), de Leda (22.130) et d'Unchiprang (29.915).

Pour l'OIM, ces trois sites doivent être développés d'urgence à travers l'acheminement d'infrastructures vitales telles que des routes d'accès, de l'éclairage et la gestion des déchets. Le site d'Unchiprang, qui a connu une vague énorme de peuplement spontané au cours des trois derniers mois, est le site le plus à risque, selon l'agence de l'ONU pour les migrations.

Comme dans les principales zones d'installation des réfugiés, les habitants des campements « plus petits » souffrent de conditions de vie surpeuplées qui empêchent l'expansion des services d'eau, d'assainissement et d'hygiène (WASH) vitaux.

« La plupart des latrines temporaires sont pleines », a déclaré Stephen Waswa Otieno, spécialiste WASH de l'OIM. « Avec peu ou pas de terres à déblayer, elles deviennent inutilisables et représentent un danger pour les communautés vivant à proximité ».


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