Mali : à Vancouver, le chef du maintien de la paix de l'ONU souligne les défis importants que rencontre la MINUSMA

À Kidal, au nord du Mali, un Casque bleu cherche des morceaux de d’artillerie dans un camp de la MINUSMA endommagé par une attaque au mortier intense la nuit du 8 juin 2017. Photo de l’ONU / Sylvain Liechti

15 novembre 2017 – Le « très grave défi » auquel sont confrontés les Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) exige que des efforts supplémentaires soient déployés pour que l'opération puisse remplir son mandat.

C'est le constat présenté mardi aux États membres par le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, lors d'une réunion de travail organisée en marge de la Conférence ministérielle de l'ONU sur le maintien de la paix qui se tient à Vancouver, au Canada.

Pendant deux jours (14-15 décembre), des ministres de la Défense et de hauts responsables militaires ainsi que des organisations et groupes de plus de 80 pays impliqués dans le maintien de la paix ont rejoint les responsables onusiens pour discuter des défis croissants rencontrés par les missions de maintien de la paix sur le terrain et des moyens de combler les lacunes de financement.

Plus de la moitié des Casques bleus tués entre 2013 et 2017 ont trouvé la mort au Mali

Sur les 170 Casques bleus tués depuis le début de l'année 2013 jusqu'à la fin de septembre 2017, 86 sont tombé au champ d'honneur en servant la MINUSMA créée il y a quatre ans.

En juin 2015, un accord de paix a été signé entre le gouvernement malien et plusieurs groupes armés avec l'espoir d'instaurer un cessez-le-feu durable dans le pays, dont la région nord a été envahie par des extrémistes en 2012.

A Vancouver, M. Lacroix a déclaré qu'il y avait des lacunes importantes dans en termes d'équipements des opérations de maintien de la paix, citant le besoin d'hélicoptères et de véhicules de transport de troupes robustes. Il a appelé les autres pays fournisseurs de contingents à venir aider le personnel de la MINUSMA considérée comme l'une des missions de maintien de la paix de l'ONU les plus dangereuses au monde.

« Nous devons en faire plus en termes de formation, d'organisation de la force, et de modalités dont nos forces se protègent et protègent mieux la population contre les menaces », a déclaré le Secrétaire général adjoint.

Avec plus de moyens, la MINUSMA peut réussir

Egalement présent dans la métropole de Colombie britannique, le Commandant de la Force de la MINUSMA, le Général Jean-Paul Deconinck, a fourni une évaluation franche des difficultés et déficiences opérationnelles auxquelles il est confronté lorsqu'il doit déployer des Casques bleus et des équipements. Dans un entretien accordé à ONU Info, le général belge s'est déclaré « confiant mais réaliste » et que s'il disposait des outils dont il avait besoin, la mission « réussirait ».

Le Commandant de la Force de la MINUSMA a insisté sur la nécessité de surmonter les menaces de violence extrémiste contre les civils, mais aussi sur la consolidation de partenariats durables avec l'armée malienne et les missions internationales déployées au Mali et dans les pays voisins. Une référence à la force antiterroriste régionale connue sous le nom de 'G5 Sahel' qui, en plus du Mali, comprend le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie.


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