Syrie : dans la Ghouta orientale, des centaines de personnes risquent de mourir en l'absence d'accès de l'aide humanitaire (OMS)

Une rue à Douma, Ghouta orientale, Syrie. Photo: UNICEF / Amer Al Shami

12 novembre 2017 – L''Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé dimanche à un accès humanitaire immédiat et sans entrave à la Ghouta orientale, en Syrie.

400.000 personnes sont assiégées dans cette zone rurale près de la capitale Damas, où elles sont confrontées à une détérioration des conditions humanitaires, de santé et de sécurité.

Selon l'OMS, plus de 240 personnes ont besoin de soins médicaux d'urgence, dont 29 patients prioritaires (principalement des enfants) dont l'état critique requiert une évacuation médicale immédiate.

« La situation est déchirante », a déploré dans un communiqué la Représentante de l'OMS en Syrie, Elizabeth Hoff. « Pendant des mois, les habitants de la Ghouta orientale ont été victimes de privations durables, de restrictions à l'accès humanitaire et de graves violations des droits de l'homme.

Pour la responsable de l'OMS en Syrie, la situation dans la Ghouta orientale a désormais atteint un point critique où la vie de centaines de personnes, y compris de nombreux enfants, est en jeu. « S'ils ne reçoivent pas immédiatement les soins médicaux dont ils ont besoin d'urgence, ils mourront très probablement », a prévenu Mme Hoff.

L'OMS et ses partenaires du secteur de la santé ont préparé un plan d'évacuation médicale de la Ghouta orientale vers des centres médicaux à Damas, dans la zone rurale à l'extérieur de la capitale et à Idlib, en fonction du consentement des patients. Des médicaments ont également été préparés pour une expédition immédiate afin de minimiser le nombre d'évacuations médicales nécessaires. Le 6 novembre, le Croissant-Rouge arabe syrien (SARC) a pu procéder à l'évacuation médicale d'une fillette de quatre ans originaire de Douma, dans la Ghouta orientale.

Mais à ce jour, aucune approbation officielle des évacuations n'a été reçue de la part des autorités nationales compétentes. L'OMS est également préoccupée par les informations faisant état de malnutrition dans la Ghouta orientale, en particulier chez les enfants. Les rapports récents du Programme alimentaire mondial (PAM) indiquent de graves pénuries de vivres. Les enfants déjà faibles et affamés sont beaucoup plus susceptibles de contracter des maladies infectieuses potentiellement mortelles.

En raison des restrictions d'acheminement de l'aide humanitaire dans la région, presque tous les médicaments et les fournitures médicales sont limités. Une situation qui peut entraîner la mort de patients. Dimanche, une personne souffrant d'insuffisance rénale serait décédé en raison du manque d'eau potable.

Dans la Ghouta orientale, des maladies comme la brucellose, l'hépatite A et la tuberculose sont réapparues.

Le 30 octobre, un convoi inter-agences dirigé par le SARC est entré dans les localités assiégés de Kafr Batna et de Saqba avec des vivres, des produits de santé et de nutrition pour près de 40.000 personnes.

Grâce à ce convoi, l'OMS a distribué cinq tonnes de produits de santé essentiels à la survie pour fournir 35.000 traitements médicaux. Les fournitures de l'OMS comprennent, entre autres, quatre types différents de lait thérapeutique, des médicaments antiépileptiques, des médicaments psychotropes et des médicaments contre les maladies chroniques, y compris l'insuline.

Alors que la situation dans la Ghouta orientale continue de se détériorer, l'OMS exige que toutes les parties au conflit respectent leurs obligations juridiques d'arrêter les attaques contre les civils, en particulier les enfants; de faciliter l'évacuation immédiate et en toute sécurité des malades et des blessés; et de permettre le passage sécurisé des médicaments et des fournitures médicales.


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