Le chef de l'ONU juge indispensable un soutien fort du Conseil de sécurité au G5 Sahel

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres (au centre) devant le Conseil de sécurité. A ses côtés, le Ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et son homologue malien, Abdoulaye Diop. Photo ONU/Rick Bajornas

30 octobre 2017 – A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée au Sahel ce lundi, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a encouragé le Conseil à apporter un soutien fort à la force du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie).

« La situation dans le Sahel nous interpelle tous. La pauvreté, le sous-développement et le changement climatique ont contribué aux crises humanitaires et sécuritaires. La faiblesse des institutions, l'exclusion et la marginalisation de certains groupes sont exploitées par les extrémistes et les terroristes », a déclaré M. Guterres lors de ce débat auquel participaient notamment le Ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le Ministre malien des affaires étrangères, Abdoulaye Diop.

Le débat à l’initiative de la France, qui préside le Conseil pendant le mois d’octobre, fait suite à la récente visite du Conseil de sécurité au Sahel.

« Les frontières poreuses facilitent la traite des êtres humains, les trafics de drogue et d'armes, et d'autres activités criminelles. Les récentes attaques mortelles contre les gendarmes nigériens et les soldats américains, et les attaques incessantes contre les Forces maliennes de défense et de sécurité, les Casques bleus de la MINUSMA (Mission des Nations Unies au Mali), et les soldats de la Force Barkhane, illustrent l'ampleur de la menace sécuritaire », a ajouté M. Guterres. « La crise humanitaire s'aggrave. Près de cinq millions de personnes sont déplacées. Vingt-quatre millions ont besoin de l'aide humanitaire ».

Selon le Secrétaire général, face à l'urgence de la situation, il faut réfléchir à des actions innovantes en soutien aux efforts du G5 Sahel dans le domaine sécuritaire, mais aussi dans les domaines du développement et de la gouvernance.

« La création de la Force conjointe démontre la volonté des pays du G5 Sahel de coopérer étroitement afin de faire face, ensemble, à la menace », a-t-il souligné. « Nous avons aujourd'hui l'opportunité de les soutenir et d'ensemble inverser le cours des évènements ».

« J'ai soutenu dès leur appel une force dotée d'un mandat à la hauteur des menaces auxquelles elle sera confrontée et d'un financement pérenne », a-t-il ajouté. « Au vu de l'évolution rapide de la situation et des risques de contagion généralisée, ne pas agir pourrait avoir de graves conséquences pour la région et au-delà ».

« J'invite donc ce Conseil à faire preuve d'ambition dans le choix qu'il doit faire. Un soutien politique fort au G5 Sahel et un soutien matériel et opérationnel à la mesure des défis sont indispensables », a dit le chef de l'ONU.

Il a rappelé que le Conseil de sécurité est saisi de quatre options. « Les Nations Unies pourraient mobiliser rapidement un soutien essentiel, en complément de l'action des partenaires bilatéraux. Un tel soutien viendrait non seulement renforcer utilement la force G5 Sahel, mais contribuerait également à atténuer les menaces qui affectent directement la MINUSMA », a-t-il dit.


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