Myanmar : l'ONU a le feu vert pour distribuer de la nourriture au nord de Rakhine

Des réfugiés arrivent dans la région d’Ukhiya, au Bangladesh, juste après avoir traversé la frontière avec l’État de Rakhine au nord du Myanmar. Photo: HCR / Vivian Tan

27 octobre 2017 – Les autorités du Myanmar ont accepté d'autoriser les Nations Unies à reprendre la distribution de nourriture au nord de l'Etat de Rakhine où l'aide était suspendue depuis deux mois, a annoncé vendredi à Genève le Programme alimentaire mondial (PAM).

L'accord, dont les détails sont encore en cours d'élaboration, est intervenu alors que le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a rapporté que les enfants réfugiés rohingyas qui fuyaient au Bangladesh arrivaient « presque mourant » après avoir tant souffert de malnutrition.

Lors d'un point de presse ce vendredi à Genève, une porte-parole du PAM a indiqué qu'il restait désormais aux agences onusiennes de déterminer les contours de cet accord avec le Myanmar pour apporter l'assistance, aux côtés des différentes entités de la Croix-Rouge.

« Nous n'avons pas encore de calendrier ou plus de détails sur la distribution proposée de rations alimentaires au nord de Rakhine », a souligné cette porte-parole, Bettina Luescher. « Le nombre de personnes qui seront aidées n'est pas encore connu », a-t-elle ajouté. En attendant, « il faut juste voir quelle est la situation sur le terrain ». « Il est très difficile de dire ces choses si vous ne pouvez pas entrer », a déclaré Bettina Luescher.

Le PAM distribuait avant des rations alimentaires à 110.000 personnes dans le nord de l'État de Rakhine - à la fois aux communautés bouddhistes ainsi qu'à la minoritaire musulmane Rohingya. Mais depuis le 25 août dernier et le regain des violences, les agences humanitaires onusiennes n'ont plus été en mesure d'accéder au nord de Rakhine pour fournir de l'aide. Les livraisons du PAM ont continué pour les 140.000 personnes vivant au centre de Rakhine.

Par ailleurs, au Bangladesh, où sont arrivés de Rakhine plus de 605.000 Rohingyas musulmans en deux mois, l'UNICEF entend évaluer d'ici novembre le nombre d'enfants atteints de malnutrition sévère aiguë. Mais les seuils d'urgence sont dépassés, a mis en garde une porte-parole de l'UNICEF, Marixie Mercado.

L'agence onusienne indique avoir mené un examen rapide lors du dernier afflux entre le 16 et 18 octobre dernier à la frontière. Sur les 340 enfants consultés, 33 souffraient de malnutrition aiguë grave. « Parmi les réfugiés arrivés à Cox's Bazar depuis le 25 août dernier, l'UNICEF et ses partenaires ont contrôlé à la date du 25 octobre près de 60.000 enfants dont plus de 1.970 souffrant de malnutrition aiguë grave et 6.971 enfants atteints d'une malnutrition aiguë modérée », a souligné Marixie Mercado. En outre, le risque de maladies diarrhéiques « reste extrêmement élevé », a-t-elle relevé.

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) note que la seconde partie de la campagne de vaccination contre le choléra doit cibler la semaine prochaine environ 180.000 enfants de 1 à 5 ans.

Face à l'afflux sans précédents de ces réfugiés rohingyas, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé un centre de transit pour prendre en charge les plus vulnérables. Elle a aussi réinstallé depuis mardi dernier vers un nouveau site lancé par le gouvernement 1.700 réfugiés qui figuraient parmi les milliers de Rohingyas bloqués récemment pendant plusieurs jours après avoir franchi la frontière. Au total, 5.000 personnes vont être déplacées du camp de Kutupalong vers cette zone qui fait partie des 3.000 parcelles de terre prévues pour les nouveaux réfugiés.


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