L'ONU appelle à combattre la faim, la pauvreté et les conflits pour que la migration devienne un choix

Le Pape François prononce un discours lors d’une cérémonie pour la Journée mondiale de l’alimentation au siège de la FAO, à Rome. Photo FAO/Giuseppe Carotenuto

16 octobre 2017 – A l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation 2017 (16 octobre), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) appelle à investir dans la sécurité alimentaire et le développement rural pour changer l'avenir des migrations.

Chaque année, des millions de personnes abandonnent leurs maisons pour échapper à la faim, à la pauvreté et aux conflits.

« De plus en plus de personnes migrent car elles ne peuvent pas rester dans leurs maisons ou sur leurs terres », a déclaré José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO lors d'une cérémonie organisée pour la Journée au siège de l'Organisation à Rome en présence du Pape François, du Président de Madagascar, Hery Martial Rakotoarimanana Rajaonarimampianina, et de plusieurs responsables gouvernementaux en charge de l'agriculture et de l'alimentation.

« Nous travaillons à lutter contre les causes profondes de la migration, telles que la pauvreté, l'insécurité alimentaire, les inégalités, le chômage et le manque de protection sociale », a dit M. Graziano da Silva. « Pour sauver des vies, nous devons renforcer l'environnement dans lequel vivent les gens, renforcer leur résilience et leur garantir des moyens d'existence afin de leur donner la possibilité de mener une vie digne ».

La faim alimente les migrations

Cette année, la Journée mondiale de l'alimentation est marquée par la hausse des souffrances liées à la faim à travers le monde - une première depuis plus d'une décennie. 815 millions de personnes soit 11% de la population mondiale, souffrent de la faim. Cette augmentation s'explique en grande partie par la prolifération de conflits violents et de chocs liés au climat qui sont d'importants facteurs conduisant à la migration de détresse.

Pour la FAO, la migration devrait être un choix et non une nécessité. La FAO travaille avec plusieurs partenaires et des communautés à travers le monde pour redonner aux gens ce choix.

Entre 2008 et 2015, 26,4 millions de personnes en moyenne se déplaçaient chaque année suite à des catastrophes météorologiques. Selon les dernières estimations, au total, il y aurait à travers le monde près de 244 millions de migrants, soit plus de 40 fois plus qu'en 2000. Une grande partie de ces migrants viennent des zones rurales où plus de trois quarts des personnes pauvres à travers le monde dépendent de l'agriculture des ressources naturelles pour leurs moyens d'existence.

Ces larges mouvements de population présentent des défis complexes qui nécessitent des solutions humanitaires et en même temps liées au développement. La FAO estime que beaucoup des problèmes conduisant ces personnes à migrer peuvent être traités en investissant dans le développement rural, en soutenant la création d'emplois décents en milieu rural, en garantissant une protection sociale. Des actions qui contribueront également à réaliser l'Objectif de développement durable de 'Faim Zéro' d'ici 2030.

Investir dans les jeunes et mettre fin aux conflits

Les chefs des deux autres agences onusiennes chargées de financer une agriculture durable et de combattre la faim dans le monde se sont fait l'écho du message du Directeur général de la FAO.

« Les inégalités et le manque d'opportunités dans les zones rurales sont des facteurs majeurs faisant perdre aux communautés leurs atouts le plus précieux : les jeunes », a déclaré Gilbert F. Houngbo, le Président du Fonds international de développement agricole (FIDA). « Mon souhait pour la Journée mondiale de l'alimentation 2017 est de continuer les investissements en faveur des transformations rurales de manière à ce que les jeunes puissent se bâtir une meilleure vie, » a-t-il ajouté.

Pour le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, « le plus gros problème que nous avons aujourd'hui, c'est la guerre, les conflits provoqués par l'homme ».

80% des dépenses (plus de 6 milliards de dollars) du PAM sont injectées dans des programmes dans des zones de conflit provoqués par l'homme comme en Syrie, en Iraq ou encore en Somalie, a précisé M. Beasley. « Nous n'arriverons jamais à atteindre l'Objectif de « Faim Zéro » d'ici 2030 si nous ne mettons pas fin aux conflits », a-t-il prévenu.


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